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Vous pouvez effectuer des recherches en ligne dans le texte intégral de cet ouvrage à l'adressefhttp: //books .google. com| J 1 \ INSCRIPTIONS DE uORRHON DECHIFFREES PAK YILH. THOMSEN, FC0PES6EUK DE PHILOLOGIE COMPAREE A LUKIVERSITE DE COP' AOUE. Suomalais-ugrilaisen seuran toimituksia. V. — Mémoires de la Société Finno-Ougrienne. V. ~TP?-> ^"» HELSINGFORS. IMPRIMERIE DE lA SOCIÉTÉ DE LITTÉRATURE FINNOISE. 1896. Table des matières. Pages. I. L'alphabet 5. Voyelles 10. Consonnes 16. H. <1,4' 18. =1, R 19- Y, $ 20. ^, h 22. B, X 23. 1 - à.Sdi) 24. D, ^, B 26. H, ). rf, >^ 28. H, T 31. nI, Y 33. A, Y 34. S. |. ¥, fi' 36. n, ^, ^ 40. Double point 43. Remarques sur l'origine de l'alphabet 44. II. Transcription et traduction des textes (monuments I et II) 55. Introduction 57. Monument I. Côté de l'Est, avec II, Côté de l'Est, 2—24 97. — Côté du Nord 111. 4Ô5144 Pages. Monument I. Côté du Sud, avec II, Côté du Nord 1—8 114. — Côté du Nord-Est 119. — Côté du Sud-Est 120. — Côté du Sud-Ouest — — Côté de l'Ouest 121. Monument II. Côté de l'Est 122. — Côté du Sud-Est 128. — Côté du Sud 129. — Côté du Nord 131. — Côté de l'Ouest, Fronton 133. — Côté du Sud-Ouest 134. Notes 135. Additions et rectifications 188. I. Index analytique des matières 199. II. Index turc. a. Lexique 201. b. Grammaire 209. Appendice. L'inscription chinoise du monument I. Nouvelle traduction anglaise par M. E.-H. Parker 212. Remarques finales 217. Dans la Notice préliminaire intitulée Déchiffrement des inscrip- tions de VOrkhon et de Vlénisséi et que j'ai publiée dans le Bulletin^ (le r Académie Royale des Sciences et des Lettres de Danemark pour Tannée 1893 (p. 285—299), j'ai communiqué l'alphabet des remar- quables inscriptions mentionnées, surtout de celles de l'Orkhon, tel que j'ai réussi à le déchiffrer, et j'ai brièvement indiqué la voie suivie par moi pour atteindre à ce résultat, voie qui m'a conduit à commencer par déterminer les signes des voyelles par opposition aux consonnes, puis à apprécier séparément tous les autres signes, les mots h T H h tàngri, rV $ h h Y f^ ^ kûHigin et R T P K ^f^rk me servant de point de départ. Finalement j'ai montré que la langue de ces inscriptions qui proviennent essentiellement du peuple appelé Tou-kioue par les historiens chinois, est un idiome turc pur, plus ancien qu'aucune des langues turques que nous connaissons jusqu'ici. Je terminai cette courte notice en disant que je me réservais de communiquer ailleurs et en détail les résultats de mon déchiffre- ment C'est là ce que je vais soumettre au monde savant. Je ferai d'abord quelques remarques sur l'alphabet, soit pour montrer ou — comme il serait prolixe, sinon impossible de répéter en détail toutes les considérations qui ont précédé les résultats définitifs, — au moins indiquer par une série d'exemples pourquoi j'ai assigné à chaque signe la valeur que je lui ai donnée, soit pour faire ressortir ce qu'il pourrait d'ailleurs y avoir à remarquer à l'égard de la ma- nière dont l'alphabet sert dans les inscriptions à représenter les divers sons. Ceci me fournira aussi l'occasion de parler de divers phénomènes en fait de grammaire, tandis qu'il est en dehors du plan de cet ouvrage, de donner sous forme cohérente une grammaire ou un vocabulaire. J'y ajouterai quelques mots sur l'origine présu- mable de l'alphabet. Dans la seconde partie de mon ouvrage, j'es- sayemi de donner une transcription et une traduction des deux grandes inscriptions de l'Orkhon. — 4 — Je dois tout d'abord faire remarquer que, si les langues tur- ques ne me sont point étrangères, il s'en faut pourtant bien que je puisse me vanter d'en faire une spécialité. Si donc on veut consi- dérer la difficulté particulière du sujet, Ton s'étonnera d'autant moins d'y voir que j'ai dû renoncer à expliquer divers détails ou qu'il y en a qui ne me font que trop bien sentir l'insuccès de ma tentative pour aller jusqu'au fond. En général je ne doute point que le langage et le texte des inscriptions ne renferment un grand nombre de choses susceptibles d'être modifiées dans l'avenir par les recherches de savants plus versés que moi dans les langues turques et dans Thistoire de l'Asie orientale. Néanmoins j'ai l'espoir que mon travail pourra en tout cas servir de base à des études ulté- rieures sur les remarquables monuments devenus aujourd'hui abor- dables à la science ^). ^) A regard du premier monument de TOrkhon, l'éminent turcologue M. Kadloff, a déjà pris les devants sur moi en publiant une nouvelle reproduction typographiée de Tinscription de ce monument, suivie d'une transcription et d'une traduction allemande et en se servant de la clef trouvée et communiquée par moi (Die àlttûrkischen Inschriften der Mongolei, L Dos Denkmal bu Ehren des Ptineen Kûl Tegin. Von W. Eadîoff. St. Petersburg, 1894, 35 pages. Dans ce qui suit, je désigne cet ouvrage par Denkm, Kûl T.). Mon travail était déjà à peu près terminé, quand je reçus ce mémoire de M. Radioff ; mais après l'avoir reçu j'ai pensé devoir faire subir une revision à mon travail avant qu'on l'impri- m&t. C'est pour moi une grande satisfaction que non seulement M. Radioff ait accepté mon déchiffrement de l'alphabet — quant à un très petit nombre d'ad- ditions qu'il a cru devoir faire, j'en parlerai dans la suite — mais encore qu'à l'égard du déchiffrement des inscriptions, la grande majorité de ses résultats concordent parfaitement avec ceux auxquels j'étais déjà arrivé, tandis qu'il y a également des points dont l'intelligence lui a aussi peu réussi qu'à moi. Si, d'autre part, pour être juste, je dois reconnaître l'appui que m'a procuré le travail de M. Radioff en ce qui concerne l'intelligence de divers détails difficiles ou dou- teux, il y a aussi, soit pour fixer les leçons du texte, soit relativement aux prin- cipes de la transcription et à la manière de concevoir les formes de la langue en question, soit enfin concernant l'interprétation, un assez grand nombre de détails oit je suis arrivé à des résultats différents et, j'ose le croire, plus exacts que les siens. Il y a même certains points où son travail — je ne puis pas me dispenser de le dire, — me parait dénoter une exécution trop précipitée. Pour cette raison je n'ai pas non plus pensé que le travail de M. Radioff devrait me détourner de publier celui que j'avais annoncé dans ma Notice préliminaire. J'ai l'espoir qu'au moins dans une partie des points où je m'écarte de M. Radioff, j'ai réussi à approcher plus que lui de la vérité. V — 8 — que les fragments peu nombreux nous permettent d'en juger, le dia- lecte de cette inscription n'est pas „turc" proprement dit, mais ouigour. D'autre part j'ajoute les variantes les plus importantes et les moins douteuses qu'offrent les inscriptions de l'Iénisséi ^). Du reste, quant à ces dernières inscriptions, je n'y toucherai que rarement: elles présentent tant de particularités qu'on doit en faire l'objet d'un travail à part. Ces particularités se révèlent, non seulement par les formes des lettres, mais encore pas la négligence qui y règne souvent, soit dans Tépellation des mots^ soit dans la manière dont les inscriptions ont été taillées. On ne peut donc pas s'étonner qu'évidemment l'édition imprimée n'ait pas réussi à surmonter tou- tes les difficultés que présentent l'identification des signes et la reproduction typographique de ces inscriptions, et qu'il y ait beau- coup de détails qui suscitent de grands doutes (nous en verrons des exemples plus loin): je suis convaincu que sans pouvoir consulter les originaux ou des estampages exacts, ce serait peine perdue que de vouloir en tenter le déchiffrement ou l'intei'prétation en totalité. Même le dialecte paraît différer un peu de celui des inscriptions de l'Orkhon: on peut supposer que c'est une forme ancienne du kirghiz 2). (Parmi les variantes, j'exclus les formes à rebours employées dans les cas où exceptionnellement on a écrit de gauche à droite. Je désigne par " qu'on emploie aussi la forme des inscriptions de l'Or- khon, et par — que telle lettre fait défaut, excepté les inscriptions dont le numéro est ajouté entre parenthèses.) Dans le tableau j'exprime par un ^ les signes de consonnes qui ne s'emploient qu'en combinaison avec les voyelles vélaires {a, 0, u et, en général, y), et par 2 les consonnes dont l'emploi est restreint aux voyelles palatales. *) Inscriptions de Vlénisséi recueillies et publiées par la société finlandaise d^ archéologie. Helsingfors 1889. — 0. Donner, Wôrterverzeichniss zu den Inscriptions de VUnissé'i, Ibid. 1892. ') Gomp. Klaproth, Journal asiatique II, 1823, p. 5 et suiv. = Mémoires relatifs à VAsie I, 1824, p. 160 et suiv. — Inscr, de Vlénisséi p. 7. -~ 9 - Orkh. III. lénisséi. Orkh. III. lénisséi. 4" a, « nM ^ i* »p(P) h y, i 1 .V B ': — {% XXXVII) > >• 0, M )■ n H « (»».7) A V Vô,n H nH ) «» n H ri î (/^^) » rf »^ »rr / 4 !/ (levant ou — (> XXXVII) :^ w » après y H r' »1 h •\, n devant ou T T r* 77 après 0, ti Y r iu') '1' ).( ¥ K T nI ^ C) „ V ^ k (k^) ? n?? n /; devant ou B Y « ('") n après 0, « A^ »X e 9(0^) nf ^ jC Yis p t t' 6â ^ h ht' ji S.' — (comp. ») 1 rf' r, l l (O-^OO 1 «^ («) n X d^ » ¥5 Y YP^I/^nnno? 1 P ïï ff rf -- % »4i^-f ^ t d ^' „ J ^ etc. /> O o o ? %lh-^ ^ ^5 ) u$ .^U 1 \> / , O 0 ny — (XXXIII, XXXVIl) Ajoutez encore le double point : qu'on emploie pour séparer les mots. Eu allant faire plus ample mention des divers signes, je ferai encore reraarciuer une fois pour toutes que dans la transcription j'exprime des voyelles qui, dans le texte original, ne sont pas écri- tes, mais (lu'il faut sous-entendre, à Taide de petits caractères, par exemple "t^p i >J , et que j'emploie ^ entre deux mots qui dans l'original ne sont pas écrits séparément. Dans les exemples que je cite en cette partie de mon ouvrage, avec renvoi aux inscriptions I — 10 — ou II, je suis la (fausse) iudicatiou des lignes ^) donnée par les Ins- criptions de rOrkfiofi. Mais en général je n'ajoute point de renvois aux exemples, ces derniers étant aisés à retrouver à l'aide du voca- bulaire joint à l'édition mentionnée. De même, je regarde en géné- ral comme supei*flu que les exemples cités par moi soient addition- nés de parallèles avec les autres langues turques: je crois pouvoir supposer que, grâce au conservatisme phénoménal de cette famille de langues, la plupart de ces exemples seront d'emblée intelligibles poui* quiconque a de simples connaissances d'une langue turque. Voyelles. Pour désigner les voyelles, on a les quatre signes que voici: ^ Qy à h y, * y Oj u ^ ô, û. Le premier de ces signes, J" , s'emploie presque exclusivement à la fin des mots, et y revient aussi avec une fréquence extraordinaire ; d'autre part, je ne saurais citer aucun exemple sûr dans lequel un a, à final des inscriptions de l'Orkhon eût été laissé sans indice 2). Au contraire, tant au commencement des mots qu'à l'intérieur, les voyelles a, à restent presque toujours sans indice. S'il faut lire a ou a, soit que la voyelle figure dans l'écriture, soit qu'on l'y omette, cela dépend des consonnes du mot. Il est ti^ès rare de rencontrer un mot où aucune consonne ne fournisse de renseignement décisif sur la nature des voyelles. Je cite comme exemples: ^^ ^ > ^ tuta^ tenant (gérundium), J' ^ Y Z i'^Y^cij sur la montagne, ^^ X f^ X S h i^nridd, au ciel, ^^ H ) Y H Q"Y"^gcij au khan, ^^ ^ T h ^ jfrkà, au pays, |^ ) "wy, ace, ^ >| "/iV, dat., J^ viv "nrfa, là (locatif, de n| > ol, il), rt* h ^ H "QJ'^î/^h son cheval blanc, ^^ S >> , à moi, sans doute comme dans la plupait des autres langues turques mana, non mVm*, en dépit du nominatif ^ >^ nvht. Comme exemples de remploi exceptionnel de J^ dans d'autres positions, Ton peut citer r^ h ^ J^ 1,34 = rt* h ^ n,35 atyn, son nom; J^ H >> J' ^ > ô Ij« >) Voir ma Notice préliminaire p. 5—6 = 289—290. *) M. Kadloflf l'admet assez souvent A mon sens, il a tort. — 11 — bujiamqay ces signes; | >^ ^^ si Y > D ' I >^ ^^ ^ Y h S I»»' sffYtam^s ju^lam^s, ils se lamentaient et pleuraient (comp. la traduc- tion). Parmi les autres signes de voyelles, le signe f^ est, à propre- ment parler, la voyelle t; mais, employé en combinaison avec les signes de consonnes qui caractérisent les voyelles vélaires, ce même f^ représente certainement un autre son, savoir la variation mixte qui se retrouve encore dans la plupart des langues turques, et res- semble à Vy polonais. Dans ce sens, par conséquent avec les con- sonnes du premier groupe (celles qui se combinent avec les voyelles vélaires), nous transcrivons f^ par y, et n'employons i qu'avec les consonnes du second groupe (avec les voyelles palatales). La pos- sibilité d'une troisième signification de f^ n'est peut-être pas exclue: j'y reviens tout de suite. — > est à la fois u (ou français) et o, \f sert et d'tï {u français) et d'd* {eu français). Quant à décider la- quelle des deux valeurs assumables pour chacun de ces signes on doit choisir pour les divers cas. Tunique règle pour nous est de suivre les dialectes turcs encore en usage. Il faut certainement admettre que la place des sons o, o a été, comme dans la grande majorité de ces dialectes, limitée à la première syllabe du mot. C'est donc seulement pour la part de cette syllabe qu'il peut quelquefois y avoir doute sur ce point, et cela dans les seuls cas où les dialec- tes actuels sont incertains, ou daas les mots qu'on ne retrouve dans aucun de ces dialectes. Ces trois signes de voyelles s'écrivent toujours, ainsi que J", à la fin des mots, par exemple f^ ^ n| "^/y, six, h h h ^ ï^^h sept, r* T f' h ^^^'j "oï \ 1^8 ^sez nombreux dérivés adverbiaux en > 4 Y 'Y'^ru^ V T ^ •//*'*" comme > 4 V h 4 > vU Qtiryy'^ru^ en arrière, f' T (^ Y h %^''w, en avant; les géniudiums à terminaison vocali- que (égaux au thème du présent, moins r ?) comme | >^ T h ^ h 'J "iyjbirm's, littéralement: en prenant il donna, ^ h h *^*> faisant, r* Y r* olil mourant, > D s] ¥ ô ^'^^>, commençant, f^ ^ Y f^ I sul^jtl, entrant eu campagne, faisant une expédition, etc. Au contraire, dans les affixes, eu dehors de la fin du mot, ces trois voyelles s'omettent plus souvent qu'elles ne s'écrivent, par exemple rP H ) s] V > o^/^/M^^, vos garçons (soldats P), rV >$> $ J — 12 — "H^m^^j nous prîmes, Y ^ H T >^ h i^>nW^(i''pfY, porte de fer, ^ h h ^ hii^g^ écrit, Y (^ X h I ^sidi/l, écoute, >> X = ^ h À ^^^^^ ^^^ oncle; rP^>(=^>^> lén. XX,64) o/**^, trente, ) ^ > ô (= ) > ^ > ô 1,27 lén. XX,73, XXV,4ii) hud-n, peuple; ¥ >> f^ ^ kum^^ê, argent, rt^Àt* = rt'f^Àf^ ^^^^«, à cause de. Dans les cas tels que vU ^ 4 artuq^ plus, surplus, < >J ^ ^"'^^'j ville, la voyelle de la seconde syllabe est indiquée par la consonne finale. En raison de la relation réglementée qui, dans tous les idiomes turcs, existe entre les voyelles d'un mot, il est, la plupart du temps, facile de suppléer la voyelle sous-entendue, et en tout cas c'est à peine si, pour les lecteurs du temps, ce point a pu susciter aucune difficulté. Autre chose est le fait qu'il n'en reste pas moins diverses séries de cas où nous sommes fondés à douter de la nuance de la voyelle ou, en d'autres termes, de la portée que peut avoir eue riufiuence de l'harmonie des voyelles. En cela ma pensée porte sur- tout sur les cas où, à proprement parler, un affixe a les voyelles grêles y, i et où le thème contient une voyelle labiale: o, m, o, î7. Dans les langues turques connues, ces cas admettent, en plus ou moins forte proportion, une afi'ection labiale de la voyelle de Taffixe 0* La question est celle-ci: Quelle attitude la langue de nos inscrip- tions a-t-elle piîse à cet égard ou, en tout cas, quels principes doit- on suivre dans la transcription? En somme, à mon sens, on doit soutenir qu'au moins dans la langue des deux grands monuments I et II, l'influence labiale de ce genre a été moins prononcée que dans la plupart des idiomes turcs plus récents, principalement dans les mots ayant plus de deux syllabes; mais en tout cas il n'y en a pas moins eu un commencement. Le phénomène de la labialisation se manifeste plus fortement dans la langue du monument m, qui ressemble à cet égard à Fouigour tel que nous le rencontrons dans le Koudatkou Bilik (comp. p. 7 — 8). Parmi les affixes commençant par une consonne, nous trouvons toujoui's, par exemple, la terminaison de la 3® personne du prétérit sous les formes rfy, rf/, ty, ti finissant par f^ , par exemple h fi ^ ô *) Voir Eadloff, Vergleich, Grammatik der nôrdlichen Tûrksprachen, L Phonetik (Leipzig 1882) §§ 35—40, 50—53. Comp. le même auteur dans V Inter- nationale Zeitschr. fur allgem, Sprachwiss. II, p. 18—20. — 13 — bohjy, il devint, h ^ rl^ > ô ^w^^'y? îl détruisit, h h Y f' ^'^^ ^^ mourut. D'après quoi, Ton a bien aussi ^ ^ ^ y (^ luzd^m^ je détruisis (c'est indubitablement ainsi qu'on doit lire 11,5, au lieu de y ^ ^ y b)i ^ ^ ^ ^ y b bu^d^^ l*^® personne du pluriel, etc. — La terminaison -myë^ -mië du (participe du) prétérit garde également partout y, /, comme le montre Tépellation fréquente par I , car ce signe, en tant qu'il remplace ¥ §, ne peut s'employer qu'après y, i (voir plus bas), par exemple | >^ s] > ô boim% 'fn^ë. — Quand à côté de Y s| -i^^y^ ^ Y '^*9 ^^ trouve des formes sans y, y, comme h Y ^ t* ^ bôkli, fort, puissant, cela montre que la voyelle de l'affixe n'a pas été labialisée. D'autre part, la transcription chi- noise de Kout'tho-louk (nom du père de Kûl-téghin) suppose une forme telle que qutiuy, heureux (formé du thème monosyllabique qut + iyy\ qui concorde avec h ^ /v P ^ ^^ (* Ure de gauche à droite) lén. X,i; nous trouvons également, Orkh. HI, 4, s, $ p Y À H ? hiicKlg^ fort (comp. aussi Y > >J > HI, 2, lo uiuy^ grand = Y >J > ailleurs). Eu fait d'afflxes commençant par une voyelle (ou ajoutés à l'aide d'une voyelle insérée), l'influence labiale a manifestement été un peu plus forte, surtout quand l'affixe se termine par une con- sonne; mais c'est à peine si cette influence s'est exercée dans toute sa portée. Dans TafSxe pronominal de la 3® personne, nous trouvons toujours f^ y, ?, même après les voyelles labiales, par exemple h 'J Y > oyiy, ace. rt* h vl Y > ^'yw, son fils; 1^ ) ^ > c) budrny, ace. ^\^y •nyttj son peuple; h | f' | susi^ ace rt* h I t* I susin, son armée {sti). Il est donc vraisemblable qu'on a également eu, avec y, ?, >^ si Y > oyf^m, mon fils, >^ ) ^^ > ^ bud**n»m, mon peuple, >^ (V [^ ôz^fiiy moi-même. C'est seulement dans I,i7 qu'apparaît H f' R S f' | sÔHffkiln, tes ossements (rt' f^ T f^ h tôrun? 11,68), et HI, 5, ♦, ^ H 4i H oziim, qui dénote au moins un certain degré d'influence labiale. — Devant la marque d'accusatif Y Y (après les voyelles palatales, ^ g ; comp. plus bas) nous trouvons > w en Y > vU >J H H (c'est ainsi qu'il faut lire 1,68) q^'rhiquy, le(s) Karlouk(s) (nom de peuple), Y > D ^ > vU qotià**jt4y I,2i = Y D® H»*», sens douteux, vraisemblablement épouse^). Mais est-ce qu'alors^ par exemple M Non pas qunÔaj- avec a, comme le transcrit Kadloit', Denkm. Kûl 71, — 14 — Y ) ^ y à désigne budunyy, ou forcément rien que budunuy? Je n'ose en décider, mais en transcrivant je préfère employer les formes non labialisées «'y, % — Devant le suffixe du gérundium ^ -p, on n'écrit jamais la voyelle (excepté dans ^ f^ V| > [)I,6 = ^4>P 1^1 joryp, du thème dissyllabique jory-, aller); ou ne peut donc pas démontrer rigoureusement quelle a été la voyelle de la dernière syl- labe dans des mots tels que i ^ > ô , étant, devenant, boi^p ou — comme dans presque toutes les langues turques modernes — boi**p? i 4 >| >, étant assis, oi^'r^p ou oi**r'*p? A l'égard de ce point tout entier, il faut donc renoncer à ac- quérir certitude parfaite ou conséquence dans la transcription. Dans la première syllabe d'un mot, et plus encore au commen- cement des mots, il est assez rare qu'on omette > et \^, et on les omet presque uniquement lorsque la présence d'une de ces voyelles est appelée par d'autres conditions, surtout quand elle est indiquée par Tune des consonnes vl^ ou R, par exemple vU I> = vU > \)joq, non, tV > >lt pa^im, fV vU ^ n,8 (rP H > ^ n 41, 49, lén. XXV,6, 324) toquz^ neuf (nom de nombre) (>| J ^ H, 39, abusivement pour H si > Ô îWd. bui**n, coin [du monde]); | >> T ^ R ^ I>39 (23) = 0 vi>r ^ P ^ juhlncPmi% il fit se baisser, il courba ; h ^ 4 > ) > vU 1,5, 8, ce qu'à mon avis il faut lire ogun^uriy (oqun, cas instrumen- tal de oq, flèche), il frappa de flèches, tua de coups de flèches; ¥ V R!I>« = Y ^ ^ 11,71 et ailleurs, ôkûë, nombreux. Bien qu'on pût être porté à le soupçonner, la combinaison h | t* ^ h ^, par exemple, dont le sens doit être „son nom et sa renommée", ne peut donc pas représenter Hyjkusij (racine ok, louer), mais il faut suppo- ser un mot Icû (ou ^kû P). (Est-ce que nous avons ce même mot dans 1 X I f^ ^ 1,29, peut-être kûj^s^dfp^ en entendant le bruit?) Dans la première syllabe il en est autrement de f^ . On doit ici, à ce qu'il semble, faire une distinction de deux séries difiéren- tes de mots, à l'égard desquelles on constate une concordance re- marquable avec les relations phonétiques des langues apparentées. K20, Kb9, comp. P > { > H lén. 1,9, D > O H XX,i2. XV,. il faut sans doute lire >> D > O H ou >> D ^® au lieu de :^ D ( 5 ^ H> leçon de l'édition imprimée. (Comp. turc orient., osm. qonèu, voisin?) — 15 — D'un côté se trouvent les mots qui, dans tous les idiomes turcs, ont Vi pur. Dans ces mots-là, nos inscriptions ne comportent jamais l'omission de f^; en tout cas c'est tellement exceptionnel, qu'il faut y voir une erreur, par exemple h rt* h ^^^"> fr^^"® cadet; r* T (^ Y h %*'*", en avant (très souvent; une seule fois \^T ^ Y I)2o); h I h ^) h ¥ h ^ ^^h homme; T h 5^» ^'^ ^^\ toutes les formes de la racine Y h 5^ ^^"j savoir, par exemple, très souvent J^ ^ Y h ^ W/^a, sage (seulement ^^ Ç^ Y ^ Y h II»32 = J^ (^ Y h 5^ Y h 1,30 <^6%^, etc.). H y a, au contraire, d'autres mots où f^ tantôt s'écrit, tantôt s'omet: dans le sens d'y, le cas est pourtant assez rare, par exemple H¥^^ = H¥^h^ Jy^^^Qj roou, tendre (turc orient, etc. jum§aq)y tandis que, pour Yi palatal, la fréquence est d'autant plus grande, par exemple '^ ^ = '^ f^ ^ jir, terre, pays ; >^ h f 5^ = ^ T h 5^ 6/r/'w, je donnai, et autres formes de la même racine; I h % iis, cinq, mais < s] J | 5^ iï,u h^sl^it/q, Bichbalik („Cinq- ville"), nom propre ;|^h^ = hhh^ i^'^'j sept ; |^ >^ '^p ^ ^ = ®Ç^ h ^ jV^wî, vingt; formes du thème Y = Y h ^h peuplade, empire; f^ ^ toujours dans les inscriptions de l'Orkhon = f^ ^ f^ iki lén. XXI V,74, deux ; de même, sans doute rP >^ X h Ij^^^j ^ côté de rP ^ X h h iiâf'ni^z^ nous fîmes; rt* (^ h Y f' ^ Ij«2) autrement c'est toujours rt* 6^ h h®> kul^iig^n, etc. Dans ces cas, les langues apparentées ont en majeure partie à (e), parfois /, par exemple, al, el, il, peuplade. Sans doute il est tout à fait invraisemblable que dans le dialecte même de nos inscriptions l'on ait fait indistinctement usage des deux formes, en sorte que, par exemple, X ^ indique la prononciation jâr, et X h ^ "^ prononciation jir. Je suis plutôt porté à admettre qu'ici — comme aussi dans certains autres mots, qui ne figurent accidentellement que, soit avec f^ , comme ®f^ h ti, dire, soit sans f^ , comme la première syllabe de x M ^^id, écoute, — - le dialecte n'a eu ni a ni /, mais un troisième son intermédiaire à ii (qui doit avoir été à peu près l'a dans l'anglais fat) et i, de même que (d'après l'échelle phonétique des idiomes turcs) o inter- médiaire à a et ti, les rapports avec i devenant par conséquent ceux de o à u, iVo à ii: ce serait donc telle ou telle espèce , ^, B) et 6 (^, ^). Consonnes. Relativement aux consonnes, il faut d'abord rappeler de nouveau que, pour la plupart d'entre elles, il y a deux signes diflférents, dont >) En somme, les idiomes turcs auraient-ils eu dès Toriginc un pareil son, capable de se fusionner plus tard soit avec â, soit avec iV Quant à la possibi- lité de retrouver, dans la langue comane, un e différent de à et de i, voir Codex Cumanicus, ed. Cornes Géza Kuun (Budapestini ISSO), p. XC et suiv. Comp. d'autre part Radloff dans V Internationale Zeitschr, II, p. 23 et suiv.; là, cepen- dant, la possibilité d'un e n'est pas mentionnée directement. *) Dans son ouvrage plusieurs fois cité, Benkm. Kûl 71, p. 1 et suiv., M. RadlofiF a aussi mentionné le même phénomène et avancé l'opinion que voici: le signe ^ ne représente pas seulement y, i, mais au commencement d'un mot et dans la V*^ syllabe il peut aussi être tout simplement l'expression du son a. M. Radloff transcrit donc partout jdr, àl^ etc. (mais hiîgày etc.). Toutefois je doute fort que ce soit fondé. On doit entre autres faire ressortir que cet alter- nat entre ^ et un d non figuré ne peut généralement se présenter que dans une certaine série de mots, tandis qu'il y a beaucoup de mots qui de fait ont â à la première syllabe et dans lesquels la figuration de ce son pourrait paraître aussi nécessaire, sinon plus nécessaire que dans beaucoup de ces mots-là, mais où l'on ne trouvera jamais tracé le ^. Et, en somme, pourquoi écrire, par exemple, '^ ^ ^ , si la prononciation était jàr tout simplement? C'est bien X ^ qui en serait l'expression adéquate, ne pouvant signifier autre chose que jàr, tandis que le ^ rendrait seulement équivoque la lecture. — 17 - Tun ne sert qu'en combinaison avec les vo3^elles vélaires (a, o, u et en général y), l'autre ne servant que combinée avec les voyelles pa- latales a, ô, il, i). Le son propre de la consonne a été sans doute dans la plupart des cas tout à fait le même; ^ l'% par exemple, n'a pas été différent de h ^"; ô ^" »'*^ P^^ différé de ^ h^, etc. Toute- fois il est indubitable (lue, tout comme aujourd'hui encore dans la plupart des idiomes turcs, il a existé une différence déterminée entre les sons vélaires ^ (avec les formes latérales ^ et 4^), Y ^^ les sons palataux ^ (et R), ^. C'est pourquoi en transcrivant j'emploie différents signes: pour les premiers sons, (? et y, pour les derniers, h et g. Eux aussi, les deux signes de l, savoir >] et Y > ^^^ PU dé- signer deux sons différents, i et /, que nous trouvons aujourd'hui encore dans la plupart des langues turques; j'ai cru utile de les distinguer dans la transcription ^). Il est fort rare de voir confon- dues les deux séries de consonnes dans les inscriptions de l'Orklion, surtout dans celles du monument I, où la taille est très soignée (on doit ici faire abstraction de certaines particularités qui marquent cons- tamment l'emploi de | s^ et de ^ tv^', à ce sujet, voir plus bas). En voici des exemples: ^^ X rp jt^ H I>«3 au lieu de J' )) r|^ ^ ri n,ii, h X Y ^ H I>59 au lieu de |^ ^ Y $ ^ 1,53, tandis que, dans la reproduction typographique des Inscr. de TOrkhon, les formes h À ^ Y ^ I 1^59, fV h ^ si I»68, h Y D > ^ 1,70, par exemple, sont dues à une faute de lecture : il faudrait lire ®Y h I > rP ^ ^ n| ^ ) Y» . Il est beaucoup plus fréquent de rencontrer de pareilles confu- sions dans les iiftcriptions de l'Iéuisséi, dans des formes telles que ^ /v T P^w^ ^ h T ^'''*''* e^ ^^^ fo^l® d'autres semblables. On peut encore remarquer que les consonnes qui peuvent se présenter au commencement des mots sont g. A*, /, t, j, s, c, plus ra- rement, w, m, S et, seulement dans des mots empruntés au chinois, /, jamais y, //, rf, //, r, ^ et, paraît-il, p. Quand, au commencement d'un mot écrit, on trouve un signe représentant un de ces sons (ou les groupes m/, wc, W), on doit toujoure considérer ce signe comme précédé d'une voyelle sous-entendue (comp. plus haut), tandis *j Coucernaut ces sons-là, comp. Kadloff, Phonetik, p. XVI— XVll et § 14d et suiv. 2 — 18 — que le reste des consonnes est équivoque à cet égard. On doit au contraire, faire ressortir que toutes les consonnes simples, entre autres aussi y, (/, d, peuvent figurer aussi bien à la fin de mots ou de thèmes que dans le corps. Plusieurs difficultés se rattachent à la question de la réparti- tion de t et de d au commencement d'affixes, cas où dans certaines occurrences (comp. plus bas) il paraît y avoir quelque chose de con- ventionnel, sans que cependant j'ose nier qu'en tout ce qu'il y a d'essentiel, l'écriture n'ait tout de même reproduit les formes de la langue parlée^). Comme exemple de redoublement de consonnes pourrait servir ^ Y Y h ^^^*9 (^^ ^^ peuplade, empire + -lig). Toutefois on omet souvent de redoubler les consonnes en de pareils cas. Nous allons maintenant examiner de plus près les divers signes de consonnes. H» <1j 4-- rj est le signe ordinaire de la vélaire explosive soufflée q (voir plus haut, p. 17), qui peut figurer en combinaison avec chacune des voyelles vélaires a, o, u et y, par exemple, ) Y H 9^y"w, khan 2), n| ^ H 9^^j esclave, | >^ s] h H Qy^^^ A^î nT H "?^> terminaison du datif (= ouig.) comme ^^ H ) Y H Qy"M^, au khan, ^^ H h rP D fzyqa^ à la plaine; H H n| > vU Q^^Q^Qi oreille (ouig. id.), H n| ô D j^bi^qj lâche, méchant (= ouig.). A côté de rj et alternant avec ce signe ^gurent cependant deux autres signes, plus limités dans leur emploi et qui ont mani- festement tout à fait la même valeur phonétique, savoir ^ , dont *) Dans Denkm, Kûî T., M. Radloff suppose une vaste confusion de con- sonnes soufflées (sourdes) et de consonnes vocaliques (sonores), surtout t et d, partiellement aussi q et yj k et g ; par conséquent il introduit, dans la transcrip- tion, de nombreux changements motivés par la théorie ou réglés sur les formes des idiomes turcs modernes. Je considère un pareil procédé comme mal fondé et, sous ce rapport aussi, je m'en tiens ponctuellement à la désignation telle que la donne Poriginal. *) Le signe qui figure, par exemple, sur le fronton du mon. I, côté de l'Est, «marque du khan", est évidemment dû à un entrelacement des lettres de ce mot. — 19 — l'emploi n'a lieu que devant ou après la voyelle y ([^), et 4^ (lén. '^\ celui-ci ne s'employant que devant ou après les voyelles o, u (» ^)j par exemple, h M h ^ Hj^s = |^ [^ [^ ^ ibd. qyidy, il fit, H H h < !»'« = H 4 h H Ijfis ^Fî» quarante; rV H H h <1 ^^^s et ailleurs = fV H H h H Ij*^ |>vU = n|>H (Zî<^, un es- clave ; i > vU n,39 et ailleurs = ^ > ^ 1,39 go/?, beaucoup 2) ; fV > vU ^ souvent = rV H > ^ ^,41, 49, 4i H > -^ I^^. XXV,8, 324, ioqxiz^ neuf (nom de nombre); >> ^) ^ h vU ^ I," = T H > ^ I?" to- qyt(Pm, j'ai fait tailler; h vU 4 D > ô ^^frtiqy^ son commandement. ^ est l'explosive palatale Zr, et peut figurer combinée avec cha- cune des voyelles palatales â^ i, 0, il, par exemple, h h Y ^ ^^^^h il vint, h ¥ h ^ kiëi, h I h ^ kisi, homme, a^ ^ h h Y M ktlL tiffn, n. pr., ^ f' ^ kôh, bleu, H f' ^ ^'^^'h une esclave, ^^ ^ T h ^ jirkd, au pays, ^ Y (^ 5^ h^gVk, principauté, noblesse. *) Lorsque, devant ou après ces deux signes, la voyeHe, soit ^, soit ^, est omise dans l'écriture, j'emploie pour ^ dans la transcription qy^ vg et pour v^, uq, etc., au lieu d'écrire la voyelle avec un petit caractère. *) Il est possible que ce mot qui revient si fréquemment, n'ait pas partout la môme signification. Toutefois, dans la grande majorité des passages, il signifie évidemment beaucoup et correspond au kôp à voyelle palatale des autres dialec- tes. L'alternat des vocalisations palatale et vélaire n'est, bien que rare, pourtant pas impossible à rencontrer dans les idiomes turcs (comp. p. ex. |^ '^ ^ |^ ^ jôg^hru I,jo, 50 = turc or., osm. joqary, la partie supérieure, en haut). En com- binaison avec un substantif, qop prend le plus souvent place après lui (de même que, par exemple, jitnà, qamyy^ tous) et fréquemment il semble presque rem- placer le pluriel formé par la terminaison -iar^ -lâr, dont l'emploi dans nos inscriptions est très restreint. M. RadlofiF, dans Denkm. Kûl 71, traduit ordi- nairement qop par „sich erhebend" (en s'élevant), qu'il considère par conséquent comme gérundium au lieu de *qopupj et fait allusion (loc. cit., p. 8, note) à la possibilité d'une autre explication comme répondant au persan lû^ i>gut gewirkt'' (bien travaillé). Je ne puis adhérer à aucune de ces explications: même abstrac- tion faite des difficultés de forme, la première n'est applicable au contexte que dans le plus petit nombre des passages, et il en est également ainsi de l'autre: en outre, à ce qu'il parait, on ne trouve pas, dans nos textes, des mots empruntés au persan. — 20 — A côté de ^, et tout à fait avec la même valeur phonétique; figure R (lén. ^; comp. Donner, Wôrterverzeiclmiss, p. 24), mais seulement avant ou après o, u (f'), par conséquent parallèle à la consonne vélaii-e v|^ ^), par exemple ^ f' R 1,38 (^ ]^ *^. lén. V,8i ; comp. Donner, 1. c. p. 18) = ^ t* ^ Uk, bleu; r^ ^ |^ h Y 1^ R 1,15, 56 = «Y r^ ^ hiUji9% n. pr.; rV r R 1,33, 37 = ,V 1^ ^ n,34, 37 kiin, soleil, jour; ¥ t* R 1,45 qkiië = ¥ ^ f' II,7i ôk^ê, nombreux; ^ R h p 1,47 = ^ ^ 1^ h r ibd., ôtûk% épithète ou nom propre de la „foret natale" des Turcs (voir la traduction); | >^ X ^ R ^ 1,39 = I >> 4 vi:^ ^ [r* ^] 11,39 j'ù¥fid^rm% il fit se baisser; R T t* h mrk\ turc; R X >^ Y h 5^ bilm^duk^ ignorance. Y, e. Parallèlement aux sons soufflés ^ et A; dont on vient déparier, nous avons pour les sons en g correspondants les deux signes Y, que je transcris y et qui ne s'emploie qu'avec les voyelles vélaires, et ^, (7, en combinaison avec des voyelles palatales. Aucun de ces sons ne peut figurer au commencement des mots, tandis que, dans d'autres positions, ces sons reparaissent très fréquemment et corres- pondent souvent aux q, k des langues apparentées; mais, d'autre part, à un seul phénomène près, ils se sont conservés là où les lan- gues modernes les ont modifiés ou rejetés *); par exemple, ) Y /^ îT'w, khan, [^ Y "Yl/i richesse, f^ Y D fYI/y ennemi; rV (^ h h ^^[f*^h prince, ^^ ^ Y h 5^ bilgà, sage, f^ ^ h ^^9^ (après un datif) jusque; Y Z ^y* montagne, Y 1 H Q^P^i Porte (ouig. qapuq, osm. qapu)\ ^ S( ^% prince, chef, $ h h 5^ ^'^'//» écrit (ouig. bitik), ^ Y h ^ biUgj savoir, sagesse (ouig. bilik); de même ^ h '^^9j ^^u* comme, particule affixe qui n'est pas soumise à l'harmonie des voyelles, par exemple, ^ h h T f' 5^ buritsg, comme un loup, des loups, (^ h B > vU Qoiiy, comme un mouton, des moutons. *) En transcrivant j'emploie pour R, sans [^ f i^k^ kû, etc.; comp. p. 19, note 1. •) Le r intermédiaire n'empêche donc point que dans ce seul mot û influe sur la figuration de A:. Il serait certainement inadmissible de songer ici à une prononciation dissyllabique: *tûrûk, >) Comp. Radlofif, Phonetik §§ 269, 3G3— 364. — 21 — Eutre d'autres terminaisons qui contiennent ces sons, on peut signaler Taflixe adjectif extrêmement fréquent Y >] -/yy, ^ Y "'^//j comme Y J ) Y H ^"ï^^^'^ï^ ayant un khan, Y 'J ¥ ô i"^^^^? ayant une tcte, chef, ^ Y ^ T "Vâ:/' ô buny, ace. de tw, celui-ci, (proprement hun'y\ et l'on peut très bien penser que cette terminaison a pu, dès le commencement, être limitée aux pronoms et qu'elle a pu plus tard être étendue aux substantifs par voie d'analogie (obs. encore, dans les affixes prono- minaux, les formes d'accusatif en n extraordinairement nombreuses telles que rV h J Y > ^ï^U^^ ^cc. de f^ s| Y > ^ï^y^ son fils). — Une autre particularité de la langue des inscriptions, est Tusage de y, g dans les affixes de la 2"" personne du sing. et du plur. du pré- térit des verbes, au lieu de n que nous rencontrons dans toutes les langues apparentées, par exemple, Y ^^ H ô ^''riPï, tu allas, Y N h H qyM^ty tu fis, ^ h Y r olVo^ tu mourus; ^ Y ^ ^ b h^'rd^r^z.l.ix, vous allâtes (mais 4i H )M ô h^^rcpH^Zy Atlas Radl. pi. XXVI, 4, tombeau à Askhete), rP ^ h T ^*'i'|), et c'est pure excep- tion, à peine même dans le mon. I, si y, ^ a pénétré jusqu'ici, comme Ç^ R S [ t* | ] [sH]ùilk'g, 11,22 = >| f^ R n| |^ | sunfgun, I,i7, tes ossements; rV (^ T t* h tôr^!/% 11,23 = rV H ^ T t* h torunhi, 1,19, tes lois (ace.). *) Est-ce que y^ g a pu d'abord se développer comme remplaçant de y, i après les thèmes en voyelle, (comp. le mongol, où en ce cas on a -gi au lieu de -i)? — 22 — Eu somme, à cet égard aussi, Tesprit de conséqueuce est telle- ment dominant qu'il n'y a pas lieu de douter que récriture ne re- produise en essence les formes de la langue parlée même^). Pour t l'on a les deux signes ^ (mon. III q, Ongin ô» Kn. ^) et h, le premier pour les voyelles vélaires, l'autre pour les voyelles palatales, mais évidemment sans différence de prononciation, par exemple, Y ^ i^f, montagne, rV > \1^ ^ toquz^ neuf (9), ^ > S ^ i^'iiut, Tangout (n. pr.), ^ Y h | syr^t, lamentation, ^ > ot^ feu, f^ ^ Hy 1® son nom, 2® son cheval, h ^ s] ""tly^ six, ) > ^ s| «//mm, or; - h T H h i'nri, ciel, rV ^ h h ti(j% prince, R T f h t^K turc, T >^ h i^'ni^r^ fer, h T t* h ^^^^ quatre, h h h ^ P^ù sept. En fait d'affixes commençant par /, nous trouvons au locatif (et à l'ablatif?) -ta, -ià au lieu de l'ordinaire -da, -dà, après /, /, (r, w), comme ^^ ^ ^ > I) joita, sur le chemin, ^^ h Y S t* ^ kônHtâj dans le cœur, J^ h T ^ />^<^\ !>«, à, un lieu, nT h rt* 1 T ^ ôrp^nta, à Eurpen (P). — De même, au prétérit, -ty, -ti au lieu de -dy, -di, en général après /, Z et r ainsi que d, qui alors s'efface, comme h ^ ^J ^ty, il prit, h h Y f olti, il mourut; ^ h T ""rti, il fut, ^ h T M kôrti, il vit, voyait, >^ h T h 5^ biri*m, je donnai, >^ h T Y t* ôl^ri^m, je tuai; ^ ^ f^ yty, il envoya (yd+ dy), ^ h 6^ h ^^'^*^> je relevai, rétablis {iyid + di). En outre le nom verbal en -tuq, -ttik ') Je suis étonné de voir que, dans Denktn. Kûl T.j p. 3, M. RadlofiF dit que nY ^t ^ comme marques flexionneUes à la fin des mots semblent avoir une valeur un peu différente", et je m'étonne que plus tard, dans sa transcription, il reproduise ces signes (je substitue ici mes signes aux siens) tantôt y, g, tantôt n (2® personne des verbes), tantôt n ou ny, ni (à l'accusatif), tantôt ya^ gà (dans des formes d'accusatif où il voit un datif). On ne comprend pas pourquoi l'on s'aviserait d'écrire y, g dans certains cas déterminés et sans aucune inconséquence, si la langue avait ici des sons tout autres, sons que, bien entendu, l'écriture est en état de représenter, et représente, dans d'autres cas, d'une manière tout aussi conséquente. Je ne puis donc pas non plus comprendre qu'on soit fondé à faire des changements aussi arbitraires, si ce n'est naturellement dans les très rares cas où il serait permis de supposer une faute réelle commise par celui qui a gravé l'inscription. — 23 — à côté de -duq, -dilk, comme ^^viy[^v^^^^>^ hoîtuqyiida^ lors- qu41 était devenu; R h T h ^ 6/WwA;, donné, don. Les signes de d sont ^ avec les voyelles vélaires, x avec les palatales. Le son même ne figure point au commencement des mots, mais souvent dans le corps, plus rarement à la fin, par exemple, H ^ "^^'^Qi PÎ^d (ouig. adaq, t. or., osm., etc. ajaq), [^ ^ X ^dgii, bon (ouig. àtkii ou adgu)\ Y ^ [) j"rf"y, qui marche à pied, fantassin (ouig. jadaq^ t. or. jajaq, osm. jaja)y ) )^ > ^ hud^n^ peuple (ouig. hudun ou pudun), h X f^ idi, maître; ^ Y §% 1,27, 24, u, etc., un titre (voir la traduction), x f^ | ^sid^ écoute, x f^ od, V temps, 2® bile. Le sens de ces joignes ressort le plus manifestement de certains affixes (comp. plus haut, t) comme locatif (et ablatif) 4^ ^ -da, ^ x -(/a, par exemple, ^f" ^ Y ^ tyda^ sur la montagne, ^^ ^) ¥ ô ^"^^a, à la tête (sur le sommet, etc.), >r ^^ ^ 4 > I) jurtda, à la yourte, ^^ ]t^ < >| Ô h^'iyqda, dans la ville, ^^ X h T H H tHridà, au ciel, ^^ X T h ^ j^rfa, dans le pays (= J^ h T ^frta, p. 22); ou le pré- térit (l'imparfait) f^ ^ -dy, f^ X -rf/, par exemple, h ^^ ^ > ^ tutdijy il tint, h X h h ^^^'> î" fi^ h ^^ A > w^rfy» U s'envola, ^ ^^ S Ô ^"^^d^m, je comprimai, attaquai, >^ ^^ rV > ô ^"-^^^^"^ je dévastai, h X ^ h ^^fJ^^^^ U atteignit, attaqua, ^ ^^ 4 c) h'*rdy^ il alla (après r autrement en général i), ^ ^ ^ \^ ^ y udym"d^m, je ne dormais pas, >^ X f^ h h 5^ hitidUn^ j'ai écrit; en outre le nom verbal en -duq^ -duk, par exemple, >r ^^ vl^ ]t^ A ]> ucduqda, quand il s'envola, R X ^ h ^^9^^^ assaut, R X >> Y h ^ hilm^duk, igno- rance. Comp. avec t et d plus bas M » ^ • Il ne peut y avoir aucun doute que ce signe ne signifie p , sans distinction aucune suivant la sorte de voyelles que contiennent les mots en question. ^ figure le plus souvent comme finale, surtout dans les gérundiums en -p (et aussi -paw, -pan) si extraordinaire- — 24 — ment fréquents ici comme dans tous les idiomes turcs 0, par exemple, 'l ^ > ^ tui^P, ) 1 ^ > ^ tuii^P"ih tenant, ayant tenu, ^ .J «/^p, prenant (aiy dans la locution | >^ T h ^ h ^ ''hjj)irmfs est une autre formation du gérundium, voir p. 11), "1 s] > ô ^oi^p ou -"j; (voir p. 14), étant devenu, 'l Y ^ ^^^hh rV 1 Y ^ Wp^n, venant, étant venu, 'l ^ h ^^P» disant, etc. De même ^ ^ */p, vaillant, 1 > vU ^op^ beaucoup (voir p. 19). Dans le corps des mots aussi, ^ figure assez souvent, par exemple, ^^ H Y 1 H T ^ h i^ni'r^(fp^r^aj à la porte de fer, ^ ^Z i^'pa, contre, h t^ 1 t* h ^^2>u<, le Thibet. Au contraire, le son p, ici comme dans la plupart des idiomes turcs et mongols, semble ne pas figurer au commencement des mots, où il est remplacé pai* h (si surtout certaines langues turques du Nord ont aujourd'hui le p dans cette position, c'est que très certai- nement il n'y faut pas voir un trait primitif, mais au contraire une évolution postérieure). Les seuls exemples qu'on ait de ^ écrit au commencement des mots, sont les noms de peuple >^ 4 > i I 4 i 1,37, 11,37, noms inconnus, et ^ >^ J" ^ 1,22 (comp. >^ >r 1 >^ f' A 1,28, 40, 11,30, 39), ainsi que [)] H 4 ^ nT 1 11»*^, qui doit être apparenté avec le mot précédent. Il est indubitable que pailout ici l'on a une voyelle a précédant p : "p^'rj'pur^m, ''p'^m^z \ ""pa^ à. % (5). Pour h l'on a deux signes: avec les voyelles vélaires, ^ (avec diverses variantes dans les inscriptions de l'Iénisséi, voir p. 9) ; avec les voyelles palatales, % (I,7o 5 , mon. m ^ , Ongin 5 , 5 ; de même lén. ^ et 5, sans qu'il me soit clair s'il y a quelque difierence dans la signification spéciale des deux signes; quelquefois même ils *) Voir par ex. Mirza Kasem-Beg, Gramm. d. tûrk.-tatar. Sprache, Leipzig 1848, p. 140 et suiv., § 312—317. *) Ce thème ^pa- figure seulement combiné avec le thème |^ X ^*^^" ou plutôt ^cù'y dans les formes ^cumj^pam et ^ ^ bit, celui-ci, ) ^ y d '^w^'"''j peuple, | >^ >] > ô ^oim^s, fut, et autres formes de la même racine, h ^) H ô ^"'''^y» î' alla, ¥ ^ h^s, tête; e S( h% prince, T h 5^ ^ir, un, J^ Y T h 5^ ^irla, avec, >> h T h 5^ hiri^m, je donnai, $ h h 5^ ^'^^^» écrit, h T 1^ 5^ ^"^'> '^"P- On doit remarquer spécialement qu'ici nous trouvons h dans les cas où la syllabe thématique se termine par une nasale et où autre- ment tous les idiomes turcs (même Touigour), à la seule exception des langues méridionales telles que Tosmanli, ont permuté h en m. Ce point est donc un témoignage remarquable de l'ancienneté de notre langue, mais ne saurait servir de preuve péremptoire d'une plus proche parenté avec les idiomes turcs méridionaux ^). Ainsi nous trouvons h ) > ^ huny^ accusatif, et J^ viv > ^ huiida^ locatif et adverbe, ici, de > ^ iw, celui-ci (ouig., djag., etc. mwn/, munda, osm. bunijf hunda)\ i iV h 5^ hin'p^ en montant (à cheval) (ouig., djag., etc. mil}', osm. hin-y, >| h 5^ (p h '5^ ^^^' III,i87, H h '^ XIX,io) hin, mille (ouig., djag., etc. min, osm. hin)\ de même t^ ^ H 5^ ¥ngil^ éternel, ¥ ^ t^ $ H 5^ h^nyil^V^è, „pierre éternelle", monument, et dans les inscriptions de Tlénisséi ( i' >^ K (^ H '5^ XXI,i66?, > $ H -5^ XXIX,29, avec > au lieu de t^P)4'0HH^H'^ ¥nkii^q-ja, XXXII,i, Totteiman, Fiinf Suljckinschriften, Helsingfors 1891, pi. IX en haut, = >r(lHt^^H>> fn^nhl^q"ja, XXXII,37, Tôtterman, 1. c, pi. V, Vin,3, rocher étemel, commémoratif, monumental (ce mot ne figure d'ailleui-s que dans les langues ayant wi, telles que ouig., djag. màm/i^ altaï moAku, comp. mongol môngkc)\ de plus H > ^ huit^ peine, chagrin, 1,52, fP H H > ù huns^z, I,5o, II,i3, 64, ee, jjf M H > 0 biitïsyz, lén. XIX,2i3, sans peine (ouig. mutuj, munqsuz, djag., yakout muiuj, comp. osm. hunal- être asphyxié, anxieux) 2). Le seul mot *) Comp., par exemple, J. Schmidt: Die VericandtschaftsverhàUnisse der indogerm, Sprachen, Weimar 1872, p. 19 et suiv. *) M. Radloff, Denkm. Kûl 7'., p. 8, note 3, explique huh et huhsaz (c'est là sa leçon) par „eine aus China zuerhaltende kostbare Waare" (marchandise précieuse qu'on peut tenir de la Chine). L'impossibilité de cette explication — 26 — qui paraisse faire exception à cette règle, est ^ >^ m^Uy je, J^ >| >^ m"/ia, à moi, mais léu. ^ ^ h\ voir les citations dans Donner, Worierver:^. p. 12 (comp. osm. bàtij bana). Comp. ) ô H ^ t* H ^ k^huVrh^n, 11,24 = ) >^ 4 ^o 'i^rm^'n I,2o, nom de lieu. Comme exemples de h dans le corps des mots ou à la fin je cite A Y ô ^ ^""^î^^ (ouig. tapqac), auguste, chinois^ H >j ô P j^^^â'» lâche (ouig. jabiaq, javiaq)j (V d ^ J"^^^^ faible, vilain (ouig. jaiw^, javu.s, turc or. ) ^ ^ b j^^^^) osm. \ • b j^^^)j h ô S *"%> son message, son édit (pas sa renommée) (ouig. sab, sav, saii), 0 > H ^^^j eau (ouig. sub, suv)^ >r X 5^ bdà, à la maison, iV h 5^ ^bin^ sa mai- son (ace.) (donc àb maison = ouig. àp^ àb, av, osm. àv)y i iV 5^ I s'"*bùi% se réjouissant (ouig. sàbin-, savin-, osm. sdvin-). Concer- nant quelques-uns de ces mots on pourrait peut-être demander si b après une voyelle eût pu servir à exprimer v {iv)\ mais il est plus probable que partout le vrai sens est t, ancienne forme qui repré. sente le v des dialectes plus récents *). t>, ^, B- Parmi ces trois signes [) représente j (i consonne) avec les voyelles vélaires, ^ (lén. XXXVII p?) avec les palatales; toutefois, au moins au commencement des mots, ^ s'emploie aussi toujoui^ devant la voyelle mixte y. Au commencement des mots ou des syl- labes, ces deux caractères sont très communs, pai* exemple, h V I), jyy, ennemi, fp Y [) jy^ brun, sombre, h fp I) j^^y, plaine, ¥ I) 1® ressort clairement de II,i3, ei et de lén. XIX,2i3, ce dernier passage montrant de plus qu'on doit lire buhsyzy par conséquent avec Taffixe ordinaire -syz, sans, privé de. >) Quant aux formes ouigoures, comp. Radioff, Das Kudatku Bilik, I, St.-Pétersb. 1891, p. LXXXEX. Se pourrait-il que ^ ^ ) Ci lén. XXXII,49, Tôtterman, loc. cit., pi. I, 6—9, VII, doive se lire ^bi^j^pj en chassant? En ce cas, notre ah signifierait nécessairement ati, car originairement, parait-il, ce thème ne contient pas 6, mais n ou y. Les cinq lettres précédentes ^1 h I T ^ devraient donc, à mon avis, se lire "nc"y^*st p, „en persécutant comme cela (et chassant)". Le reste de cette inscription est gravé d'une manière si désordon- née qu'il est impossible de le déchiflfrer avec certitude. — 27 — âge, au, 2® larme, | >^ ^ H P fr*Hm^s^ ((lui) a organisé 0, sU > I) , ^ I) (lén. ^I^ I)) jo(2^, uon, 4^ ^) ^ H > ^jurlda, à la yourte; T h ^j T ^ jir, terre, pays, h>>T$h^»^^^ jigirmi viugt, h h h ^ , h h ^ (h h P léu. XXXVn,43p) jiti, sept, ^p ^ ^ (:|. p ibd. uo?) juz, ceut; (4^ H)nI h ^ Mî«), (dans r)auuée, hHNlh^(h>YP ibd. 172?) jylqy, (troupeau de) chevaux, (4^ H) ¥ h ^ JvKd^Oi (à la) forêt, ri ¥ ^ h ^> ^ ^ jyn^^"Q, mou, tendre. Il est très rare que j soit tombé au commencement des mots devant y, i, ce qui est souvent le cas dans les dialectes modernes 2), par exemple, H H h yr^q, lointain, pas jtjraq. Comme exemples des deux signes à l'inté- rieur des mots, je cite: sU H P > ô buj**ruq, commandement, officier, > I) >] ¥ 0 ^"^^"iw, commençant, iV h I) ^ ^) h t/^ni^jf^n, je n'enverrai pas, iV ^ h h ^0*^> ®^ disant (afin que). A la fin d'une syllabe, [) figure comme formant le dernier élé- ment d'une diphtongue en i, par exemple, [) aj (ai), mois (accolé toujours, dans l'écriture, à d'autres mots, comme h sU ^ H P Ij^?, ''jj'rtuqy, un mois plus (quatre jours), I) M h 5^ H»*» bis*ncj'j, le cinquième mois, [) ^ baj, riche, H Y P > 11,5, H > Y P > m? 1» h tijyur, ouigour. (En fait de diphtongues palatales, il n'y a pas d'exemples; ^ semble donc ne jamais servir de cette manière à la fin d'une syllabe.) Toutefois, en ce même sens, on emploie aussi, dans les inscrip- tions de rOrkhon, 5, j^ue je transcris / et qui ne figure qu'à la fin d'une syllabe, le plus souvent dans le sens de 0(; Y ^ ''/yy, vertueux, civilisé (P), civilisation (P), >^ ^) B P fk^^^^ 11,9, j'étendis, je disper- sai, B Y h A ^yfh pauvre, B ^ h ^ qy^^'h ^'^^ propre de peuple ^), ') C'est sans doute ainsi qu'il faut lire aussi II,4i, dans le titre du khan: t^riH j^r"im^éj à sens passif, ^institué par le ciel" (non pas j^r^tm^è^ „qui a illuminé le ciel", comme je l'avais interprété dans ma Notice préîim, p. 13 = 297). *) Comp. Radloff, Fhonetik §§ 244, 247. •) Radloflf, Denkm, Kûl T., lit aiduq pour le mot nJ^ ^ h ? qui reparait plusieurs fois, et le traduit par „ nommé". Ceci étant correct, nous aurions donc ici ai exprimé par f^. Mais il est très étonnant que dans ce seul mot on ait été conséquent en faisant usage de cette désignation-là, qui autrement ne figure jamais, et de plus, l'ordre des mots dans certains passages me parait susciter des difficultés contre cette interprétation. Il m'est impossible de lire ce mot — 28 — De la même manière on trouve aussi ^ après o dans (^ h B > si' qoiff/, comme un mouton, et après y dans 4^ B ^ fp "'^qi/f^ci, 1,7, très peu, à moins que ce ne soit une faut« pour J^ Y "^qyna, — az, peu, + Taffixe diminutif -qi/na {-fyna) ^). Les inscriptions de Tlénis- séi, au contraire, n'emploient pas ce signe. Seulement dans celle de Kemtchik, Djirgak (XXXVII), qui présente beaucoup de particulari- tés, on trouve ^, par ex., >^ ^ >] ^ ^ 31 V'ii'^r^m, mes poulains (P). Ces caractères représentent les diverses nasales. Je considère aussi comme appartenant à cette catégorie le son figuré par >|, la nasale vêlai re-palatale n (ou ly), bien que ceux qui ont inventé l'alphabet et ceux qui l'ont employé, aient pu y pressentir plutôt un symbole de la combinaison ng^ parallèle à viv m/, ^ i/c*. Ce même signe est commun à toutes les voyelles. Le son n ne peut jamais figurer au commencement d'un mot. Quand nous trouvons >| écrit en pareil lieu, il y a toujours de sous- entendu une voyelle qui précède >|, par exemple 4 n| ";iv (égal à l'ouig.), à lui, lui (datif), h ^ Y H ''^*^*', ^ h Y H ""''^'l^K le premier, premièrement (an, particule devant le superlatif et semblables). Voici d'autres exemples: h T H h ^*'*'^'j ^^^1, t^ $ H 5^ Vngû^ éternel (voir plus haut p. 25), H f^ ^ hun, (unej esclave (à côté de >| > nJ^ qui^ (un) esclave), Y H t^ ^ hdn% cœur, esprit, ^ > H ^ i'^Mt, Tangout, nom propre, H >] > 0 ftw/»*//, coin, point cardinal (ouig., koïbal, kara- gasse, mongol, bouriate id.), iV t^ H I 6*/'ww, titre d'un haut fonction- naire, emprunté, selon moi, au chinois siany- ou tsiangkiuv, général ou un titre analogue. En fait d'affixes ou peut remarquer n comme désinence du génitif, par exemple H iV >^ m^n*n, mon, à moi, H fp h 5^ bizh), notre, à nous, n| ) ^ y d ^^d'^n^n, II,4o, du peuple, autrement que yduq, envoyé, donné par le destin, bienheureux, béni (venant de yd, envoyer; conipT Radloff, Worterhuch d. Tûrk- Dialecte, I, p. 1383 et 1381). En tant que ce mot est joint à des noms de montagnes ou de sources, cela pourrait bien avoir rapport à la foi des Turcs païens, dont comp. Radlofif, Aus Sibiriefi, Leipzig 1884, U, p. 7. ») Comp. azyyna, Radloflf, Wôrterb. I, p. 575; Phonetik p. 239 § 399; p. 33. — 29 — HiVÇ^hKYt^^ 1iî*l^i^9*nh\ (cette formation est assez rare dans les substantifs, car le génitif s'exprime presque toujours sans dési- nence particulière, et par Taffixe possessif ajouté au mot régissant, par ex. f^ ^ : ) ^) > ^ hud**n Hy, le nom [ai] du peuple) ; n| -n sei-t également d'affixe possessif pour la 2® personne du singulier; pluriel ^ >| '11% 'ièz (comp. sous Y, $, p. 21), par exemple H >] V > ofi^h, 1,17, ton fils, ) H nJ y > o^i^n^n^ acc, 11,22, etc.; en outre >| 'U constitue la désinence du pluriel pour la 2® personne de l'impé- ratif, par exemple H Y h 5^ Vil% 1,42, 43, n,9, sachez, >| x | VdV<, 1,19, écoutez. 4^ n| 'ha forme le datif des pronoms et de Taffixe pronominal de la 3® personne, par exemple 4^ H >^ mV^a, à moi, 4^ H h ¥ P j^^yna, dans sa (n®) année, 4^ H T h ^ jirUïà, à son pays. Le son n a les deux signes ) pour les voyelles vélaires et ^ (qu'il faut bien distinguer de fp z) pour les voyelles palatales. Après y, f^, cependant, l'emploi de j^^ est plus fréquent que celui de ). n n'y a que très peu de mots commençant par le son «, à peine d'autres que J^ j^^ m, quoi, quel, et ses dérivés 4^ ^ r^^ ncincàj com- bien, et >| j^^ nàûf quelque chose, chose, bien ^). Au contraire nous avons w, par exemple dans f^ ) «ny, le (acc), h ) H î^^y» où, ) > on, dix, ) Y H îV^ khan; ^ \ s^n 1,47, tu, j^^ $ f^ h tig% grince, >^ f\^ \^ inUn, mon frère cadet {ini), iV t^ ^ ^u^h jour; ) ¥ h ^ qyè^n, en hiver, ) fp [) j^^^w, au printemps (11,56; cas instrumental; ici, après y, on écrit toujours ) ), | >^ ) >] h H qyi^nm^s, fut fait *) 1,44 = 11,70 je trouve ce mot redoublé en ^ ^ ^ r|^, avec le sens de „quicquid", dans la phrase n^nn^h 8%^m ^rs'^r que j'interprète, mot à mot, „quoi que soit mon message, mon édit" (comp. turc or. nàtnà, nitnà, quoi, nàmàrsâ, nimàrsà, quoi que ce soit, dont Vm [pour n?] semble ôtre due à l'influence de kinty kimàrsà). D'après les photographies, les deux j/\^ sont très nets dans les deux inscriptions et ne peuvent être confondus avec ff ; la quatrième lettre seu- lement est douteuse: on ne voit distinctement que | , mais il y a des traces d'une barre transversale dans l'intervalle assez grand entre | et le double point. M. Radloff lit nnzs, ce qu'il corrige en nàiisiz („sans richesse"), et il traduit: yjWie mein Kuhm sich nicht auf Reichthum grtindet" (que ma renommée n'est pas fondée sur la richesse). A mon avis, non seulement la leçon nàhsiz, mais encore cette interprétation sont, à plusieurs titres, inadmissibles. En tout cas on aurait dû dire sabym nànsiz àrsàr. — 30 — {qyi + t/w, signe du passif), ) h ) Y H I>34 = ,|^ f^ )o 11,35 et ailleurs, qynyn, son, leur khan (ace.), ri^ h >] Y > oyfyn, son, leur fils, etc.; ) 1 ^ > ^ /«/y/)"n, ayant tenu, ri^ 1 Y ^ k^iyn, étant venu (comp. p. 23—24). >^ est w, sans égard à la nature des voyelles. Au commen- cement du mot, on trouve m dans ^ >^ m^n^ je (comp. p. 20 sous % et p. 28 sous >|); en outre, par exemple, ^ ^ >^ ^mg% peine, fatigue, 4^ >> h ^, 4" >> ^ jima, tous (ouig. id.), h >> T 6^ h ^ jiifrmi^ vingt. >^ est très fréquent comme affixe de la l*"® personne du singulier, par exemple >^ iV h «w'tw, mon frère cadet (m?), ^ >l Y > ofi^m^ mon fils, au datif 4^ >^ iV h m'ma, à mon frère cadet, 4^ >> ¥ I) i^^é^ma (4^ H ^® fè^mqa 11,27), dans ma (n®) an- née; au plur. f\f ^ -m^z^ -wfz^ comme rP >^ t* T t* h tôrilm'z, notre loi. Également dans les verbes, tels que >^ ^ >| "H^m^ je pris, >> h T h 5^ biri*m, je donnai, au pluriel fp >> ^ n| ""it^m^^j fP >^ h T h 5^ birt*m% et bien d'autres (remarquer cette dernière forme de la 1*^® personne du pluriel, différente de la forme ordinaire des langues turques: -rfyg, etc.). — Concernant Taffixe du participe (et de l'indicatif) du prétérit ¥ >^, | >^ -w^i, -m^ë, voir plus bas, sous ¥• A peu près dans le même sens, mais seulement comme une sorte de participe pur, se présente un affixe 4^ >^ Y» 4^ >^ 6^? ^^^^ la vocalisation est douteuse devant le m, -ywo, -Y^ma ou -y«maP etc., et auquel je ne connais pas de parallèle exact dans les langues ap- parentées, par exemple 4^ >^ $ T h ^ ^ kôi^g'mà? n,2i = ¥ >> T h M kôi^rm'é 1,16, qui a élevé, 4^ >> $ T h ^» ^ui a donné, I,i6, 4^>^^hh5^?Qïûa écrit, I,4i, 42, 4^ >^ Y H 0» Q^î est allé, 1,17, n,22. — Avec >^ -ma-, -mà'^ on obtient, comme dans les autres langues turques, la forme négative des verbes, par exemple, ^ ^ ^ \^ ^ y uâym^di^m^ je ne dormais pas, >^ ^ >^ >] h H qyhn"d^mj je n'ai pas fait, ff >^ Y h 5^ bilm^z (qui) ne sait pas, ) > fP ^ >j > 0 boim^zuti, qu'il ne soit pas. (Je dois mentionner ici que dans les deux inscriptions I et H, en turc proprement dit, il n'y a aucun exemple de cet affixe de l'infinitif, qui dans les lan- gues turques est d'ailleurs général -maq, -màk [r^^ h | h A H >^ H 1,35] P, tandis que nous trouvons dans m, 4,9:rJ>^Y^)>H • H >^ Y 6 H O qonu§m'*q V^Vfèm''q,) — 31 — H,T représentent r, 4 avec les voyelles vélaires, '\ auprès des pa- latales. La confusion des deux signes, dont les inscriptions de Tlé- nisséi présentent beaucoup d'exemples, est rare dans celles de TOr- khon, comme | >^ H ^ ^ [f^ ^] [j^J^'^w^^^^wV 11,39, au lieu de I ^ T® I>39 et ailleurs. Le son r ne figure jamais au commence- ment des mots; là où il paraît avoir cette position, il y a toujours une voyelle sous-entendue. En voici des exemples: 4^ H (ri^ h ^) (fkin^Yra, I,4o, entre (les deux), 4. ^ H "^^wg, plus, surplus; h^H> urty, il frappa, battit, h ^^ H ô ft**^^?/, il alla, J^ H H 2"^^^, noir; 6^ T ( ) » ionJ)^r% (dix) hommes (ace), h h T "^^^ il fut, T h 5^ bir, un, 4^ Y T h ^ ^«>^«? avec, h T H h ^"^^H ciel, R T f' h tûrh^ turc. Exemples de r en affixes : pluriel en -iar, -lâr comme T Y $ 5^ ¥gl^r^ plur. de ^ 5^, ¥g, prince, chef, dignitaire, >^ H n| P ^ > sU qonë**ji^r^m, mes femmes (P comp. p. 13) (le plus souvent le pluriel n'a pas d'expression spéciale; surtout cette désinence ne figure jamais dans aucune forme verbale, ou la 3® personne du pluriel est toujours la même qu'au singulier); > H Y h H ^ 4^ quryy^ru, en arrière, t^ T 6^ Y h i^g^ril, en avant; le présent des verbes en r (participe et indicatif) comme H h H ô ^"^2/^ ^t H > H ô b'^rur, allant, il va, T Y h ^ 6i/V, sachant, il sait, H > D ¥ D j^'^i^r, étant âgé, X I T ^rs^r, étant (osm. isàr) ^ ; des dérivations transitives telles que >^ ^ H > ^ H > uriuri^m^ j'ai fait frapper, graver (ur + -tur), >> h T Y \^ oVrt^m, je tuai {ôl mourir + -[^]wr), h h T t^ Y ^ ¥lurUy il fit venir, apporta (kàl venir) 2). Je mentionne encore ici le singulier affixe verbal H H > T I ®t^ avec le t transitif, ^ H H> h T L Qi^î sans doute doit se vocaliser 'S^r^'t'^ 'S*r^'t' et se rapprocher du kirghiz qati-syra-, perdre son sang („sich verbluten")^); par exemple | >> H H ) V H • I >^ T I Y *) Les formes en -sar, -sàr, à ce qu'il paraît, ne sont pas seulement des participes, mais aussi des subjonctifs, correspondant à -sa, -sa (3® personne) dans tous les autres dialectes turcs; voir par exemple I,i9, 59, 44, etc. *) Comp. par exemple Mirza Kasem-Beg, Gramm. §§ 218, 363. ') Cité dans Kadloff, PhonetiJcj p. 258 et 428. Dans les assez grandes portions de Radloff, Prohen der VolksUtteratur der tûrk, Stàtntne SM-Sibiriens, que j'ai lues, je n'ai accidentellement noté aucun exemple de cette formation. — 32 — Hsh-^mKs qY'nsyr^mKs^ 1,28, | >> h T I Y *ls*'f'^trn% | >> ^ H H ) Y H qyns^r'Hrn^s 1,26, 11,29. Cet affixe, j'en suis convaincu, a ici, tout comme dans le mot kirghiz, un sens privatif, en sorte que, par exemple, qayan'syra' signifie perdre le khan (déposer le khan, par opposition à qayan-la' 1,34, créer un khan?) et la forme transitive, faire perdre à qn son khan, piiver de son khan („dékhaniser" pour ainsi dire {sit venia verbo!))^). Je suis porté à relier cette forma- tion à Tafflxe 'Sy:s, -siz, privé de, sans, soit que -syra- représente 'syz-ra-, ou que r puisse être un simple changement de z^). >) Voici les exemples des susdites formations qui se présentent dans nos inscriptions: 1,28 (I E 13) HsW^m^s q^y^s^r^m^s hud^n^y kûh^dnCs qui^dm^s, ils dépossédèrent des peuples (indépendants), ils déposèrent des khans et réduisi- rent en servitude les peuples (hommes et femmes), ou peut-être: ils réduisirent en servitude les peuples qui avaient perdu leur indépendance et leur khan (Radloff, qui vocalise également cet affixe comme -syra-, -sirà-, traduit, mais à tort selon moi: „sie hildeten einen Stamm und er nahm die Chanswûrde an, das Yolk diente ihm als Enechte und Mâgde^). D'après le contexte, ce passage et les deux passages cités plus bas, parlent seulement des relations des Turcs aux autres peuples sur lesquels ils étendent leur domination, et non point de leur évolution intérieure propre. I, 2« (I E 15) = 11,2» (II E 13) ill^g*g *l8^r^tm% q'^y^nPy^Y q^y%s^r"tm^8, f*f^y y*z^q%flmè^8^ etc., à ceux qui formaient un peuple (indépendant), il enleva leur peuple (c.-à-d. leur indépendance); ceux qui avaient un khan, il les priva de leur khan; il pacifia les ennemis, etc. (Radlofi*: „er fngte die iu Stammeu lebenden wieder stanunweise zusanmien, brachte die Chans- wiirde [ici qayaniyy est absolument adjectif, comp. plus haut p. 21; *qayaniyq serait le substantif] wieder zu ihrer Geltung" [?], etc.) ; de même 1,23 [I E is] ilVg'g ih'r^tdWz, qYni^y^y q^m^r^'id^m^z; I,3i (I E 10) iark hud^'n ôfr^fn ur**ys^r"t^j^n^ je veux tuer le peuple turc et le rendrai sans postérité (ici Rad- loff lit uruy asratajyn, et traduit: „wir wollen das [Fûrsten-, lire:] TUrkenvolk tôdton und die Kachkommen cmâhren^, interprétation qui, d'après le contexte, est tout à fait invraisemblable). *) Comp. Radloff, Phonetik^ § 286, où sont cités quelques exemples de cette permutation, fort rare à la vérité, de z en r. (Au moment d'envoyer mon manuscrit tout prêt, je tombe par hasard, dans Radloff, Wôrterbtich der Tàrk- Dialectej I, p. 829 et suiv., sur le mot àlsirà, dialecte de Kasan, „kraftlos wer- den, schwach werden, ermûden" (devenir sans force, s'affaiblir, se fatiguer) et alsiràt, „schwàchen, schwach machen**, (affaiblir, rendre faible) [en kirghiz eUirà „zerfallen, aus einander gehen" (se disloquer, se disjoindre)], avec l'explication que voici: de àl [(kas., kirgh., = arab. hâî) „Kraft, Macht" (force, pouvoir)] -(-«»-? + rày — ce qui forme un important et intéressant parallèle à l'interpré- tation de cet affixe telle que je l'ai avancée plus haut.) — 33 - nI, Y sont les sigues de i: le premier, >|, avec les voyelles vélaires, /, (comp. plus haut, p. 17); Tautre, Y? ' ^vec las palatales. Au coni- raencemeut des mots turcs purs, /, l se comporte tout à fait comme r. Voici quelques exemples: 'l >| P "fp, vaillant, 2® ''f'^p, en prenant, h ^ nI "ffy 1^ six, 2» il prit, ) > ^ n| "^fun, or, >> ^ n| H q"ftf*ii^, je restai, n| > sl^ quf, un esclave, i H >j > oi"ryp, étant assis ^), nI h ^ iy^i an, I >> si f^ H Q!/f^^% i' fit, >> n| Y > offi^m, mon fils; — ^ Y ^''^ (proprement àllig?), cinquante, Y h? ^*'» peuplade, empire. *) Le thème o^ur- remplace une forme primitive *ohur-j de même que les formes transitives ôîûr-y tuer, kàîur-^ apporter, remplacent *ôUûr-, *kàltûr'; voir p. 31 sous le titre 4, ^. Du reste, M. Radloff transcrit partout ce thème verbal H ^ ^ j ^"^ figure avec différents affixes, non par oiur-, mais par iilar-, et en général il le traduit par „sich erheben" ou «erstarken** (s'élever, devenir fort). Toutefois je doute fort de la justesse de ce procédé, quoique, na- turellement, en face d'une autorité comme M. Radloif, je n'ose nier la possibilité d'une telle formation par r, si surprenante qu'elle puisse paraître: moi-même je ne connais que le turc oriental ulal-j yakout ulat- (f pour /), grandir (ouigour w^^^rfl-, uHa- id., Vàmbéry, Uigurische Sprachmonumente, p. 201, 202, turc orT -yaw-, -yrt/-, grandir, vieillir; comp. uiuq, ufuy, utu^ grand). Il y a tout« une suite de passages où le sens de s'asseoir, être assis, rester, demeurer, semble être la seule acception convenable et où, par conséquent, je n'ai point hésita à trans- crire ol^^r-; voir, par exemple, I,4i, i4, m, 47 (employé ici avec le régime direct au lieu du cas local, comme, par exemple, qon- 1,49). Ce qui est plus particulier, c'est l'emploi du thème H "J ^ ^ propos du khan (ou du chad)^ dans le sens de régner, monter sur le trône (et de la même manière la forme transitive ^ H "J ^ P<^"r signifier proclamer, créer khan qn, 1,15). Ici surgit donc la question de la possibilité de deux verbes diiférents, de telle manière qu'ici l'on doit peut-être lire M^ar-, ulari-. C'est ce que néanmoins je ne peux pas croire. Non seulement ladite hypothèse a priori serait invraisemblable, mais encore, à mon sens, il serait étonnant qu'on eût exprimé l'idée de régner par un verbe ne signifiant que grandir (on ne pourrait pas comparer remploi de kàHkr-, élever, 1,30, 16; 11,32, îi, ce thème ayant un sens tout différent, comp. Vàmbéry, Etymoî. Wôrterh. der turJcO'tatar, Sprachen, 1878, n° 114, I). On peut alors tout aussi bien admettre que nos Turcs ont employé le thème ofur- dans le sens de régner (être assis sur le trône ou monter sur le trône), figure dont nous trouvons le parallèle dans beaucoup de langues, bien que peut-être pas précisément dans les langues turques. Ce que considérant, j'emploie partout la transcription ohtr-. mais ce n'est pas sans hésiter. 3 — :u — ^ $ Y h 5^ bilffà, sage, -lY^ J^l% en venant, h h Y h^ oUi, il mourut, iV $ h h Y t^ ^ kuljig^n \ ^ V \ t" X 11,47 lisun = Li-tsoan (Schlegel) ou Li-tlisiouen (Stan. Julien; d'après la prononciation du temps, peut-être Li-tsûn?), nom propre chinois (voir la traduction). Des affixes contenant /, l sont, par exemple, 4 >j -f'r, X Y 'I^^j voir p. 31; Y J -i^r, $ Y '1% voir p. 21; h ^ Y, ^yyiy, h Y ^ -V/H, qui forme une espèce d^adjectifs verbaux, voir par exemple II,u, 10 (comp. des formes ouigoures en -yqiy, -ikli^)); [>j Y "/*''] Y $ -g% impératif, comme Y (^ X h I ^^cl9% IjS*, écoute; l est le signe caractéristique du passif, comme i Y T h h tir*l% 1,29, se rassemblant (tir + -lY-), etc. A, Y- La signification de ^ ®st manifestement c (c.-à-d. tch). La seule question possible est de savoir si, à côté de ^, la langue a pu avoir le son ^ (c.-à-d. dj), qui a dû alors être représenté par ce même signe. Dans la transcription j'emploie toujoui's c. Exemples: B Y h A ^yY% pauvre; X V ^^> ^^^^1 ï\^ V kV ^^***» P^^") ^ ^^^se de, $ A h ^ ^^^% peu, A Y 0 ^ i"bY"c, auguste, chinois (ouig. iapqai), A Y h Vf^'^^ ^^is. En outre, les affixes J^ X "^^j "^^^ *els que >r A ô > H 5M6ia, comme de Teau, >r A Y ^ i^r^a^ comme une montagne, >r A ^ > ^^^^» comme du feu, >r A H > ô ^^àa^ comme une tempête? (djag. huran), 4^ A fP (^ t^ ûifzàâ^ comme un fleuve; et f^ ^ "^Z/, "^) affixe bien connu qui revient dans toutes les langues turques et s'attache aux thèmes soit nominaux, soit verbaux pour former des noms d'agent, par exemple, h A ^l^ ^ ^ i^tnfcy, garde des sceaux, h A ^ Y h I • h A Y > P J^Y^y ^^^ày^ qui pleure *) Voir Vàmbér}', Uigurische Sprachmonumente, p. 39. (Si l'on ne considère que la forme de cet affixe, on pourrait bien le lire -y"^y, -g^H et le rattacher i\ des gérundiums en -yfl/y, -a/y, etc. dans certains des autres idiomes turcs, comp. Mirza Kasem-Beg, Gramm., p. 145 § 328; Ilminsky, Bull, de VAc. itnp. de St.-Péth. I, 1860 p. 566 = Mélanges asiatiques IV, p. 68. Vâmbéry, Ca- gataische Sprachsttidieft, Leipz. 1867, p. 26. Le sens général de ces gérun- diums. „depuis que — ". ne convient pas dans nos textes et défend de maintenir un tel rapprochement.) — 85 — et se lamente (des substantifs juy, pleurs, deuil, syyyi, lamentation), h A r* (^ h h itgùci^ faiseur (du thème verbal «7, faire, plus Taffixe nominal yw, gû; comp. ouig. -qu-cy, à présent -ufy, -y^y)* Attaché aux thèmes verbaux et ayant la signification d'un participe (présent ou futur), nous trouvons qu'après r et i, ?, cet affixe est généralement précédé d'un t, ou que i, l est remplacé par f^ , que je transcris Id. Je ne sais pas au juste si en pareils cas on a une syllabe entière où a, ci serait sous-entendu, par conséquent -taàyy -tdôi (on ne saurait guère comparer, par exemple, ouig. tut tacij qui tient, Vâmbéry, Uigtir. Sprachmonumente, p. 63, ch. IV, v. 26; p. 67, ch. V, v. 15, Radloff, Das Kudatku Bilik, p. 9 [11, 20], p. 10 [12,21] P), ou si, pré- cisément parce que tous les exemples ont l'élément en question, /, après r et i, l, ce t ne se rattache pas plutôt, sans voyelle inter- médiaire, à ô pour signifier telle ou telle particularité de la pronon- ciation, une certaine intensité ou quelque chose d'analogue, par exemple, h A ^ H nI > oi^rt'éy, 1,47, qui est assis (comp. p. 33, note), h A h T r* ^ 11,64 kort'ci, qui voit, h A h Y t^ olt'ci, mourant, mort, h A M H D fn^i^'cy, qui s'égare, h A M > ô f^ofd'cy I,6i, 59, 11,64 = h A ^ nI > ô ^of^'Sy 11,11, devenant, h A M H > ^ D j^tu^q^id'cy, I,6i, qui reste couché. Je ne sais guère comment h A >j ¥ 1 >l > ^^^ propre de cheval, doit se lire et s'expliquer. La forme la plus approchée est sans doute "fp^ë'^ôy; mais une forme comme, par exemple, ''Ipj'èi^cy n'impliquerait aucune impossi- bilité formelle. — Il y a quelque chose de singulier dans l'emploi de X d*^ 1* forme ) > A >l ^ 0 !>»«> IIj32, hoicun, dont le con- texte semble devoir faire une 3** personne de l'impératif au lieu de hoisun, qu'il existe, qu'il subsiste. Le caractère Y ^^ figure qu'un petit nombre de fois, mais re- présente évidemment le même son que X. Le seul document à l'aide duquel nous puissions déterminer la valeur de Jl^, est le dou- blet ¥ >> ^ Y n,83 = I >> ^ X h I»»ij «^'*^'^ (ow iSkWë?) dont le sens semble être quelque chose comme entra, ou rentra, retourna (formé, paraît-il, de iâ, intérieur, comme | >^ H ¥ ^ I»30j I >^ ^ ¥ ^ 1,29, ¥ >>® 11,10, i^Sifqm^S [ou C'Sq^m^ë?], sortit, de taë, extérieur). On a donc ici Y = A h '<^> ce avec quoi concorde 11,5, où nous trou- vons cote à cùt« les deux mots ayant clairement la même racine. - 36 — f^ X ^j Y • 4^ ^ 6^ ^ A h ^à*k(fùna i^'kdl?, et dont le dernier est encore identique à f^ x ^ X f^ 1,3. Je transcris donc ce signe je. \, l,¥, fi'. La parenté de ces caractères, au moins des trois premiers, se révèle tout de suite, sans qu'on ait à considérer leur valeur, quand on voit comment | alterne, dans certains cas, avec \ , dans d'autres avec ¥ (j'en citerai tout à l'heure des exemples); et si Ton consi- dère de plus près les cas où nous trouvons employés ces caractères, on ne tardera pas à voir qu'ils ne peuvent représenter que las sif- flantes. Des trois premiers caractères, les deux dont l'emploi est le plus nettement limité, sont \ , qui est le s soufflé, avec les voyelles vélaires, et Y, qui représente § (ch français) et est adaptable à toutes les voyelles, bien qu'il figure moins souvent avec les voyelles palatales qu'avec les voyelles vélaires. | , au contraire, est d'une application plus compliquée. A proprement parler, 1® c'est le signe de s avec les voyelles palatales; mais 2® souvent aussi un emploi collatéral le fait figurer avant ou après la voyelle y ^) au lieu de \ , et 3® enfin, il est commun, surtout dans l'inscription du mon. I, comme remplaçant de ¥ ^ avec (après) les voyelles palatales, en certains cas (la terminaison -m?/5), mais presque seulement dans le mou. I (et III), avec y. Le fait qu'en emi)loyant | dans ce dernier sens, ou est loin d'être conséquent, montre que ce ne peut être essen- tiellement qu'une particularité graphique de représenter le son .^ par le signe du s et qu'en règle générale du moins, on ne doit pas y voir de véritable changement phonétique de ë en s^)^ pas même une particularité de dialecte personnelle à celui qui a rédigé ou taillé l'inscription. Conformément aux principes que je suis généra- lement dans ma transcription, je n'en maintiens pas moins ici s par- tout où il est écrit | (et \), et j'emploie S là seulement où l'original ') Jamais avec les autres voyelles appartenant au groupe vélaire, a, o, u. Le signe | en combinaison avec les consonnes caractéristiques de ce groupe accuse toujours le voisinage de la voyelle y. *) Comp. Radloff Phonetik §§ 208, 278 et suiv., 344 et suiv. — 37 — porte Y . Je le fais d'autant plus qu'il y a des cas où Ton ne peut pas en toute certitude décider si c'est le son s ou le son § qu'on a voulu représenter; d'autant plus aussi qu'il y a des cas où, avec plus ou moins de probabilité, l'on peut présumer des traces du change- ment de § en s dans la langue même 0- Citons quelques exemples où figurent ces trois caractères: H î ô > S ^"^? eau, > I) X s'^ju, par (au sens distributif, ouig. id., yakout ajy, Bôhtlingk, JaJcut. Wôrterb., p. 7), fp ^ ) H ^"ns^^^, innombrable, fp S ) > ^ tons^^, sans vêtement, 4^ H S ''^^«^ ^^ bas (comp. coman astry, ouig. astyn), ^ ^) S 0 ^"*'^!/> il (pressa, foula aux pieds) attaqua. — Dans les mots ri S V > ^ toy^s^q-, lever du soleil (J" ^) H S Y > ^ iort^yq-da, dans l'orient, 4" H S ¥ > ^ datif, proprement toy^^s^q-qa), et rl H ^ ô f^^t^a^q-j coucher du soleil (h H ^) H H ^ ô h^'iyàyq'iV'qy^ qui sont dans l'occident), et en face du toYuê, haiys de la plupart des autres langues, ^ û'a certainement pas le sens de è\ mais ici l'on doit voir des formations avec un *) Au début j'avais pensé employer un caractère spécial, par exemple é, au lieu de | , dans les cas où il remplace 8\ mais la raison susmentionnée m'y a également t'ait renoncer. — 11 est singulier que, dans les inscriptions de l'Iénis- séi, non seulement le signe même manque, mais il ne semble pas exister de signe particulier pour 5 près des voyelles vélaires. Autant que je puisse voir, on em- ploie dans ce cas simplement la même désignation que pour s. Pour le son s on a deux ou trois signes différents: /\ (et plus rarement H) qui ne parait figurer — et avec les voyelles vélaires et avec les palatales — que dans ledit sens (voir quelques exemples dans ce qui suit), et f » signe équivalant au ¥ (III Y) ^^^ inscriptions de l'Orkhon, mais dont la valeur est peut-être s dans quelques cas, tels que XXV,96, où la désinence f^ Y représente peut-être -*i/, affixe pronomi- nal de la 3« personne, ou XXV,378 H Y /^ > /^ = XXI,33 H Y /^ > h tuts'W? (comp. des formes en 4 ^ [P* 31] dans les inscriptions de l'Orkhon, telles que H H ^) ^ ^ lj*7> 11:72?). Parmi ces signes, Y est indubitablement, au début, ê (comp. plus bas les remarques sur l'origine de l'alphabet), taudis que pour le moment je n'ose pas décider si /\ (ainsi que H?) n'a été originairement qu'une variante de Y ou s'il a pu avoir une autre valeur (par exemple, celle de &* ?). Dans ce dernier cas il a dû s'introduire une confusion dont il faut réserver à l'avenir, et par voie de recherches plus approfondies, une solution (telle que, par exemple, la possibilité d'un commencement de fusion entre les sons è et s?). — 38 — autre affixe, -syq et non -ê ^). (Sur le mouum. III, 3 on constate au contraire un écart d^avec le dialecte des autres monuments, savoir des formes qui concordent avec Touigour, telles que [>r H] > Y Y ^ o toréu[hal f>r SI h Y 6 Ô bHHy[fial) I : 1® 5 avec les voyelles palatales: ^ ^ | 8^k% huit, ^ Y h | sil% pur, [^ I 627, armée (= ouig.), h | M susi^ son armée, h | h ri^ h inisi^ son frère cadet, rP | $ Y h 5^ bîVgs% sans sagesse. 2® s avec la voyelle y : ^ Y M ^Vf^'» lamentation, ¥ >^ 4^ ^ Y M sijYiam^ë, 11,37 = | >^ 4^ ^ Y h H ^37, ils se lamentaient, 4^ H h ^ | ^ 0 bn^s^qyna, 1,53 = ®^ S ^ ô IIi'«) ^^ coucher (du soleil), à l'occi- dent (comp. plus haut), h | h Y P J^Yy^Vi son ennemi, fp | Y P ^^8% sans ennemis. 3® au lieu de Y ^: | f^ 5^ iw, cinq (plusieurs fois) = Y h 5^ bi$j 1,23; h I h ^ kisi = f^ Y h ^ ^'*^^ Ij*^> (II^u), homme; extra- ordinairement souvent | >^ -m^s, -m^s = Y >^ -^*'^> "^'^> affixe du prétérit (du participe), la première de ces formes surabondant en I, la dernière en II, (comp. | >^ >] ^ J buim^s, ayant trouvé, III, 1, 3, lén. I >> T ""rm's, était, XXII,i5, | >> ^ )h T ? XXXVn,2i5, comp. Donner, Inscr. de VOrkhon, p. XL Vil, autrement s, par exemple, .^ h >> T '''♦Wiô', XX,97, /\ >> T XVIII,i29); I >> h ^ fi^^% I>29 = Y >^ h ^ /^^»'^ II»3i» soixante-dix (comp. : /*v >^ : ^ n| ""U-m^s, soixante, lén. 1,35); | ^ R ôkûs, 1,49 = Y t* R, Y ^ t* ^**'*^» »o"ï- breux; | >> M ^'wm% 11,47, = Y >> M *^*^m"J I,5o, 58, 11,6?, argent; M t^ I sôn^s^ combat, 1,26, fp >^ X MM son^sdWz, nous combattîmes, 1,69, 63 = <>Y H t^ I ^oï*''^- partout ailleurs. Si Ton trouve seulement des formes en | , sans formes latérales en Yï i^^^s répondant aux formes en s des autres langues, il doit être vraisemblable que l'écart d'avec ces dernières formes est pure- ment graphique. Pourtant Ton ne peut pas nier a priori la possi- bilité d'un véritable changement phonétique de ê en s. Ainsi x f^ | ^sid, 1,53, Y (^ X h I "Mf/Hj I,.^, (11,77), écoute, H X M ^sid% 1,45, (II,7o), etc., écoutez (= dèit-^cHt', iëit- dans les autres langues); de même I f^ isy affaire, occupation, travail, dans la locution que présentent *) Comp. peut-être ^ | Y 1^» ^'*' <1^^*' J*' ^'^ "^" V^^ oh^k, mort (Radl.). mais iiV^ii^k, part, portion, division, comp. iïlâS et iilus dans les autres dialect<»s. La forme ^ | ^ O <^'*''' P^"'^ *'^s) indique que ralHxe a la voyelle y, î. — 39 — assez fréquemment soit I, soit II ®Th5^-$Ar*^Ç^Ih is^gjciic^g bir-, «donner (vouer) à qn (son) travail et (ses) forces", servir qn avec zèle, s'employer pour qn, comp., par exemple, osm. iè gii^j atfaires importantes, occupations sérieuses, ièlû gii^tii, sé- rieusement occupé 1). ¥ : ¥ ô f>''^'y tête, ¥ t ^% Pien*e, ¥ D (lén. /\ D, n D, D D) j^è âge, au ; larme, ff S ¥ ""^^^^j sans nourriture, ¥ h ^ Jv^^ '* forêt noire, H ¥ ^ h ^ jy^^^^Qj mou; comme affixe dans la forme réciproque des verbes, par exemple: fp >^ X ¥ Y fP M sôzl^èdfmfz, nous nous parlâmes. Pour plus d'exemples, voir plus haut sous 1 , 3^. Reste à parler d'un signe sur la nature duquel, en tant que sifflante, on ne peut avoir de doute, savoir ^ (en III et souvent dans les inscriptions de Tlénisséi, à l'envers : % [peut-être pour mieux le distinguer de ^ w^P]; pour d'autres formes de Tlén. voir p. 9). La valeur qui se présente immédiatement pour ce caractère et qui s'adapte partout, est z^ commun à toutes les voyelles. Ceci concorde avec le fait que rarement on le trouve écrit au commencement des mots et, en ce cas, manifestement de façon qu'on doit toujours le lire comme précédé d'une voyelle (a, a). Dans neuf cas sur dix nous avons ici le mot ^ (qui s'écrit toujours accolé au mot suivant) "^, peu, peu nombreux; autre exemple: h H > ft^ ''-^'Mgy, 1,2, ses (leurs) provisions (turc orient, azuq). Au contraire, ^ est fréquent dans d'autres positions, par exemple, rP > sU ^ toquz^ neuf, fp ^ > o/**^, trente, 4^ fi^ t* ozà^ en haut, dessus, h fp f^ ozi, lui-même, >^ rt^ r' o^'m, moi-même, h fp I) j^-sy, une plaine, ) Y fP H ff^îf^n- (avec différents affixes), gagner (djag. qazqan-), fp h 5^ biz^ nous; fp >^- 1® -myz, 'tniz, affixe de la V^ personne du pluriel, comme fp >> ^ T t^ h ioriim% notre loi; fp >> ^ s| ""Hym^z, nous prîmes, fP >^ h T 'V^m'^, nous fûmes, fP >> X h h itdhn% nous fîmes; 2» -mazj -màzj affixe de la forme négative du présent des verbes, comme ») Radlotf, Denkm. Kiil T., lit et transcrit «*•, intelligence, sens, le mot eu question. La locution osmanli citée plus haut me parait décidément parler contre cette manière de voir, (h T ^ ¥ h? comme on le lit dans les Inscr, de VOrkhon^ 11,67, n'a pas ici sa place, mais y figure par erreur au lieu de r T e Y r » rF >^ >| > ô hoim''zun, qu'il De soit pas, ue devienne pas. Ces trois caractères occupent une position particulière, car il est manifeste qu'ils ne représentent pas des sons isolés, mais des combinaisons phoniques. Chacun d'eux est applicable à toutes les voyelles. [^ ne figure pas très souvent; mais sa signification ressort du doublet >^ ri h H IIjis^ ^^ ailleurs = >^ ^ >) [^ f^ 1,12, qyil^m, je fis. On a donc ici [^ = ^ >) //. Avec ceci concordent les formes h M > ô» ¥ M H D (2*" personne), prétérit des thèmes >) > ^ hoi-, devenir, >) H D /''*'^^-> se tromper, commettre une faute. De ce dernier thème additionné de Taffixe du nom verbal -duq, -tuq, nous trouvons ri^ h si/ M H D H^^e, et finalement nous trouvons [^ au lieu de >) devant Taffixe f^ X "^' (comp. plus haut p. 35) dans 1^ M h À nS D I.« et h A n > ô I," (comp. h A ^ vl > ô 11,11) des deux mêmes thèmes, j"/*^/- et loi-, ainsi que dans ^ A N H 1,61, de ->) i\ q"l'j rester. Ces formes fournissent donc toutes des indications dans le même sens, relativement à la signification de ce caractère. Néanmoins on doit faire ressortir qu'en général, dans les ins- criptions de rOrkhon, [^ s'emploie seulement dans le petit nombre de thèmes que je viens de désigner, et seulement dans les cas où les langues apparentées ont hi, Id (/, l appartenant au thème, d à Taffixe); [^ au contraire ne remplace jamais un H^ /^commun aux langues tunjues (par exemple, c'est toujours exclusivement h ^ >) alff/, six, ou analoguas) ^). On doit donc laisser indécise la question *) Le texte typographie des Inscr. de VOrkhon 1,21 porte ^ Y I N » mais, p. 48, cette leyou est rectifiée eu >^ Y H i ' î » ^^^^ pourtant r| uc saurait être correct. [Radloff. Denkm. Kiil T., p. 13, lit >^ Y h Ni qu'il transcrit aiti/ (ilim^ et il traduit ce passage entier par „dem hatten wir uusere seclis Stamme dcr Kuntschajug verliehen**.] A n'en pas douter, on doit lire ^ Y I r I &tw7'i», ma sœur cadette (turc orient, singil) et ce passage si- gnifie: „nous lui donnâmes ma sœur cadette pour épouse" (quant au mot (/on c'MJ- comp. plus haut, p. 13). — 41 — de savoir si [^ est à proprement parler ^/, H ou si ce ne serait pas plutôt /cZ, /(/ (de telle sorte qu'une forme comme h t1 > ô serait parallèle à f^ ^) L| ^, voir plus haut, p. 23), ou en tout cas signe commun de it, H et de id, Id. Telles que sont les inscriptions de rOrkhon à cet égard, je préfère en tout cas transcrire ici le carac- tère en question id, Id, et ne saurais voir un obstacle qui s'y oppose, dans le fait qu'il n'alterne qu'avec it, It, non pas avec W, W, parce que, après /, l, on écrit toujours f, pas d (là où Ton écrit ^ >), X Y» les sons /, / et d sont, k ce qu'il semble, toujours séparés dans la prononciation par l'interposition d'une voyelle, comme )^ X Y M ^f"d'hl*nt, j'entrai en campagne, je fis une expédition, comp. J^ Y N ^"^^'là'i impératif, 11,2; h ^) n| A nI h <1 WJ^^ci^Hly 1,65, il sabra, de f* | sii, armée, *qyii/c (ouig., djag., etc.), sabre, épée, additionnés de l'affixe ia, là, qui forme des verbes dénomi- natifs). Parmi les inscriptions sibériennes, les n^« XXXIII (Tachebâ) et XXXVII (Kemtchik) sont seuls à fournir des exemples de [^ (Donner, WôrUrvcrz., p. 53, 65 et suiv). Mais ici la valeur parait être simplement //, //, par exemple, ) > M J'i/"''-^» XXXin,i6, or; l P h M "UuJ"-^^^ XXXVIL108, six cents?; ^ >^ >^ N "^pnys^at?, ibid. 234, soixante chevaux? viv (III o , Ongin id. à trois points) représente une combinaison semblable, dont le premier élément est n; c'est donc ni ou iid. En ce (lui concerne les inscriptions de l'Orkhon, je préfère transcrire partout m/, et cela pour les mêmes raisons qui m'ont fait transcrire Y\ fd. Voici les preuves de cette valeur du caractère en question: 1« les doubletis rF viv f^ ^ II,2o = rf^ h ri^ t^ ^ I,i*^ foVm/'V, ktmi% de jour (djag., osm. kiindiiz)\ f^ viv ^ I,i8, 11,23 = f* ^ ri^ ^ ^^^^ Jjhulfi, L'hiiii, lui-même (ouig. kandii, etc.); h viv (^ fp II,ii = h h ri^ (^ fP 1,63, ''^^(ftidi, -nti, n. pr.; '2® le fait qu'un n à la fin d'un thème est toujoui-s tombé devant kùj , tandis que les formes qui se produisent de cette manière sont parallèles à celles formées à laide d'affixes commentant par t ou d, par exemple, ^ ^ ^ y ç) hudiutda, dans le peuple () ^) > â), vT viv Y H î/T*(if/û> d« I^ part du khan 0 Y H )» t ^ h nI Y > oriyd(h dans, de son (ses) fils ( ^ M V > ), >^ ^ V fP H ff^^tiJ^in, je gagnai (= >^ <^ ) )/ ^ H lén. XX,3i; — 42 — thème ) Y rP H )» ^ ^ H S s^'q^tul^m, je pensai, je me désolai () H S ); 3® cette valeur donne, partout où on la substitue, des formes intel- ligibles et exactes, par exemple, ^^ viv > ^ bunda, ici, ^f" v^y (^ o III, 2,13) «m/a, là, Y ^ "'i^^y, ainsi ^), ) viv H g^^^n ou -d"/i, d'où, I >^ H viv > vl^ qond**rm^s^ il fit s'établir; de même H > viv Y è'^njuù (ou ë^'ntun), nom d'une localité à Test des Turcs, en chinois Chan- toung; A Y r • ) ^ h À II»*' cyti^'^n (ou àynV'n) yfc, espèce de bois précieux, (ouig. „tschintanj Aloeholz [bois d'aloèsj, chin. tschîn- thân^^ Klaproth, Abh. iib. die Sprache und Schrift der Uiguren, 1822, in-foL, p. 15). Reste encore le caractère ^. Ici, il est vrai, nous manquons de doublets graphiques pour indiquer la route; mais diverses raisons rendent évident que ledit caractère ne saurait représenter un son isolé et convient seulement à une combinaison de consonnes commen- çant par Uj et l'unique valeur applicable, qui convient d'ailleurs à tous les cas, est ne (y compris également n^, si toutefois la langue a comporté ce son, voir plus haut p. 34). De cette manière nous trouvons diveraes formes pronominales: ^^ ^ > ^ buti^a^ tant, cette quantité (turc orient, mun^à), ^ ^ ""nëa, tant, à ce degré (t. or. ancà), ^ ^ ^ H^ncdy combien (ouig. nànca)\ les nombres ordinaux se terminent par ^ nc^ fait qui a son pendant le plus approximatif en ouigour, par exemple, ^ A t^ uc^nc, 1,8,64, troisième, ^ h T T h tôriUiôj 1,64, U,ii, quatrième, M h 5^ hishiô, cin([uième, ^ h h ^ jU*nc, septième, ^ ) > on^nc^ dixième ; en outre ^^ ^ h | T T t* h tôrtmrwà, conformément à ses lois ( $m- + -èa). 1,44 ^) et 11,64 nous avons, deux fois même, le mot Y h ^ ^) ? Q^i® j® lis '"d^i^yy et rattache à l'ouigour adynzyq, -saq^ autrement (adyn, autre, en outre, au con- traire). Si j'ai raison, ne serait ici pour ns^ comme te pour is en bolcun, p. 35. — En dehors des affixes, nous avons ^, par exemple eu h ^) ^ S ^"a^ffyi il perça, vainquit (t. or., osm. b-an^-), ^ ^ h ^ jinèiij perle (t. or., osm. in^û). *) Oomp. Y ^ )> I^û. XXII.io, le seul exemple que j'aie noté de la com- l>inaison ^ ) . Dans les inscriptions de TOrkhon on ne trouve jamais ni ^ ) ni X jt* seulement [^ )?], h rt* ou ViV. ') Ou verra que dans la manière dont, après examen scrupuleux des pho- tographies, je lis et comprends tout ce passage, je m'écarte beaucoup de M. Radloff. - 43 — Do^ible point. Nous venons de parcourir en détail tous les 38 signes qui re- présentent les lettres de l'alphabet. L'écriture turque ajoute cepen- dant à ces caractères un signe de plus^ le double point (:), qui sert à la ponctuation^ car il est destiné à séparer les mots ou plutôt à marquer la fin d'un mot. Ce signe se met donc^ non seulement entre deux mots dans une même ligne, mais encore en général à la fin d'une ligne et jamais au commencement. (Je ferai remarquer entre parenthèses que jamais un mot ne se scinde d'une ligne à l'autre, mais que les lignes finissent toujours par un mot entier et peuvent en conséquence être d'inégale longueur. II ne faut en ex- cepter que les cas très rares où, pour des motifs spéciaux, on a visé à ordonner symétriquement les lettres, comme on Ta fait dans le fronton du monument III, où cet arrangement combiné avec les for- mes un peu raffinées des lettres mêmes, constitue un élément de Tomementation ; aussi dans ce fronton le double point ne figure-t-il nulle part.) Toutefois il s'en faut de beaucoup (lue ce signe soit constam- ment employé après chaque mot: très souvent nous trouvons deux et même trois mots écrits de suite sans être séparés par le double point, et paraissant alors ne former qu'un mot. Dans la plupart das cas, cela n'est dû qu'à des considérations d'art graphique, et la règle principale est la longueur de chaque mot: tel mot qui ne se compose (\\\e d'une lettre, comme ^ «/, cheval, [) "j, mois, f 'V, homme, ne s'écrit jamais seul, mais s'accole toujours au mot suivant ou au mot précédent; les mots de deux lettres se trouvent en général plus fréquemment fusionnés avec d'autres qu'écrits isolément; dans les mots de trois lettres, l'ordre est déjà renversé. En somme, moins les mots sont courts, plus la règle de les isoler par le double point fait loi, et plus les exceptions à cette règle se limiteront tout au plus aux cas où il y a une combinaison logique spéciale, par exemple, celle d'un substantif avec son adjectif, son nom de nombre ou ana- logue, les appositions ou les mots coordonnés, qui constituent comme un seul concept, une postposition avec le mot qu'elle régit, et autres — 44 — semblables. Voici quelques exemples épars : ri^ h $ H "flJ^ty^, 1,1, sou cheval blanc; : ^ Y H > $ toryj't, 1,8, cheval alezan, bai; • hhYr'vT^^Nl^ oij'tj'tuja ôlti, 1,8, ce cheval mourut là; :hTHh:^r^>rfFr i,*o = «h ^ M : >r rP r n,4o, ôzà kok i^nri, le ciel bleu en haut; : vT H ri^ h ^ ^kinj'ra, I,4o, entre les deux; : (^ T h ^ 'l^ijf% I,» (62), deux hommes (ace); : T rP T ^ h h ^ ytijUzJr, 1,28, 11,31, sept cents hommes; : ) Y h ^ h À *^"'*w. (/«y"/?, mon oncle le khan; : | >^ T ) Y H 1 nI Ij38 = «f • )® 11,38, "^^^^^''y"/* 'hm's, c'était un vaillant khan; : (^ A T ^ (^ I h is'gjiuvuj, travail et force (ace; voir p. 39); : ^ A |^ 4, ^) H nI H D 11,29 = : ri^ r À r* • 4^" I>26 fHi*(fduq ^) uciut, par le décret, par la grâce; .' | ^ >l 1 > H qopj^imys, 1,39, il(s) pri(ren)t beaucoup. liemarques sur l'origine de Talphabet. Reste encore la question de Torigine de cet alphabet si sin- gulier et de ses rapi)orts avec les autres alphabets. Je vais essayer de formuler brièvement ma manière de concevoir cette question, en- trant aussi peu que possible dans des détails inconnus sinon par hypothèse. S'en tenant exclusivement à la forme des lettres, sans pouvoir tenir compte de leur signification, il semble que jusqu'ici Ton ait été fortement enclin à chercher en Europe le point de départ de Talpha- bet, et Ton ne peut nier que plus d^iu signe présente effectivement par sa forme une ressemblance plus ou moins frappante avec telles lettres de divers anciens alphabets européens. Ainsi M. Donner ^) a cru pouvoir signaler „la conformité générale existant entre les ca- ractères de riénisséi et ceux qui dérivent des alphabets du système d'écriture grecque en Asie Mineure, notiimment ceux des Lyciens et des Cariens". Mais, outre que l'intervalle chronologique considérable *) Ou j"r'i(i*du(i? Les langues apparentées fluctuent entre l'une ou l'autre (le CCS formes, mais la première semble être la plus primitive. *) Inscriptions de VOrkhon, p. XLIII et suiv. — 45 — — environ raille ans — qui sépare les inscriptions turques des ins- criptions d'Asie Mineure dont il s'agit, doit éveiller de forts doutes sur la rectitude de l'assertion, la différence complète qui se révèle entre les significations respectives de tons les signes de forme ana- logue, s'oppose le plus carrément possible à ce qu'on cherche par la susdite voie la filiation de l'ancien alphabet turc. D'autres ont comparé notre alphabet aux anciennes runes du Nord et pensé qu'il a pu trouver son origine dans ces runes et venir d'Europe par le Nord de la Sibérie. Beaucoup d'autres aussi ont simplement appliqué à ces caractères turcs le nom de runes („runes de Sibérie", „runes de l'Iénisséi"); mais l'on ne saurait trop prému- nir contre cet usage. Il n'y a pas le moindre motif d'emploj^er le nom de runes pour désigner plutôt ces caractères que tant d'autres alphabets, et cette dénomination n'est propre qu'à éveiller de fausses idées. Car il appert aujourd'hui qu'à l'instar des rapports avec l'alphabet grec et ceux de l'Asie Mineure, il n'y a pas trace de ressemblance, quant aux détails, entre les deux alphabets en ques- tion, et qu'entre eux on ne peut pas non plus imaginer de solida- rité génétique. La ressemblance se réduit à certaines concordances de forme communes devant se présenter facilement d'elles-mêmes. Il y a surtout un point qu'on peut mettre en relief, c'est que l'alphabet turc, comme les runes, ne se compose essentiellement que de lignes verticales ou obliques et évite les traits horizontaux ^) (le turc pour- tant, contrairement aux runes, emploie parfois les lignes courbes; comp. ô? ^> D» ^)- Si mon ingénieux compatriote J.-H. Breds- dorff a eu raison de présumer, comme il Ta déjà dit en 1822, que pour la part des runes cette apparence est due surtout au fait que ces runes devaient être taillées dans le bois, ce qui rendait impra- *) La seule exception qui contienne d'une manière conséquente le trait horizontal, est le caractère Y des monuments de l'Orkhon I et II; mais c'est h peine aussi la forme originelle de ce signe, qui doit bien plutôt se présenter sous l'aspect de fî Y* Au surplus, la forme des signes de ces deux monu- ments est quelquefois sans doute moins primitive que dans certains autres monu- ments, surtout ceux de l'Iénisséi, par exemple, vU vis-à-vis de 't^, ^ [III o ] vis-à-vis de ^ . — 40 — ticables les traits suivant le fil ^), il ne serait pas invraisemblable que le même motif ait pu accidentellement être pris en considération pour la forme des caractères turcs '^). Ni dans le Sud ni dans le Nord de l'Europe, on ne trouve donc de point de ralliement pour l'alphabet turc, et toute idée de lui trouver une origine européenne doit par conséquent s'évanouir. Or, en examinant d'un peu plus près cet étrange alphabet et surtout l'originalité qui le détache de tous les alphabets que pourrait rappeler d'ailleurs la forme extérieure des caractères, savoir ses ditFérentes séries de signes pour les mêmes consonnes d'après les différentes voyelles, on ne saurait douter que, considéré dans son ensemble, il n'a pu surgir que pour s'adapter précisément à une de ces langues turques si distinctement caractérisées par la nature de leur vocalisme. S'il en est ainsi, on trouvera sans doute aussi tout de suite vraisemblable qu'un assez grand nombre de ces signes af- fectés aux mêmes sons doivent être l'invention libre de celui ou de ceux qui, appréciant le caractère phonétique de la langue turque, ont su composer si ingénieusement cet alphabet. D'autre part il n'est pas moins clair que, non seulement l'im- pulsion qui a fait naître cet alphabet, mais encore le fonds propre d'où furent tirés ses caractères, doit provenir du dehors, et, pour trouver dans quelle direction remonter au point de départ, il n'ast pas nécessaire de chercher longtemps. Comme je crois possible de le démontrer avec certitude, et comme je l'ai déjà brièvement donné à entendre dans ma Notice préliminaire, c'est dans le Sud-Ouest, dans la région iranienne. La source d'où est tirée l'origine de l'alphabet turc, sinon im- médiatement, du moins par intermédiaire, c'est la forme de l'alpha- *) Comp. Wimmcr, Die Bunenschrift, Berlin, 1887, p. 97 et suiv. *) Comp. ce que rapportent les écrivains chinois sur les Turcs (Tou-kioue) . „Ils n'ont point d'écriture [c.-à-d. d'écriture comme la chinoise], et pratiquent des entailles sur des plaques de bois pour faire des contrats", Stan. Julien, Documents historiques sur les Tou-kioue, dans le Journ. asiatique, 6^ série, III, 1864, p. 351. Autre part nous lisons: „Les caractères de leur écriture ressem- blent à ceux des barbares", ibid., p. 335. Comp. Abel Rémusat, Recherches sur les langues tartares, Paris 1820, p. 65 et suiv. — 47 — bet sémitique qu'on appelle araméenne ^). C'est ce que prouvent quantité de ressemblances spéciales dans la forme et la signification des lettres, outre que la direction de l'écriture de droite à gauche concorde aussi particulièrement bien avec cela 2). On sait quelle extension prit, à dater des Achéraénides, l'al- phabet araméen dans l'empire perse, et quel rôle important il y a joué. Non seulement il s'y est maintenu longtemps, même sous les *) De même que je dois considérer comme arbitraires et mal réussies les interprétations publiées par M. le professeur A. Tôtterman dans divers petits mémoires et portant sur certaines des inscriptions de l'Iénisséi (Souliek), je ne puis pas non plus approuver les rapprochements qu'il établit entre les signes de l'écriture de Souliek et ceux des alphabets sémitiques (Studien uber die SnljeJc- felsen-Inschri/ten dans l'Ôfversigt af Finska Vetensk. Societetens Fôrhandlingar, XXXI, Helsingfors 1889, pi. III; comp. Fûnf Suljekinschriften nach ihren Tex- ten festgestelît, ibid. 1891, in 4", pi. X). Le signe h * est le seul où par hasard nos opinions se rencontrent. — Dans le Babylonian and Oriental Recardy VIT, no 4, déc. 1893, p. 94, M. le professeur Terrien de Lacouperie a formulé l'hypothèse que notre alphabet est une adaptation des caractères indo-bactriens et himyarites. J'avoue que je ne peux aucunement me ranger à cette hypothèse du savant orientaliste. Il est vrai qu'en apparence cet alphabet indo-bactrien présente une certaine ressemblance d'habitus général avec l'alphabet turc; mais cette ressemblance s'efface entièrement, aussitôt qu'on passe aux détails, excepté peut-être un très petit nombre de points (tels que s, f, ï?), ce dont l'explication doit, à mon sens, être cherchée dans une souche commune: l'alphabet sémitique (araméen). En ce qui concerne l'alphabet himyarite, il m'est au contraire im- possible d'y trouver un point de ralliement quelconque pour notre alphabet, et je ne vois pas non plus que les faits historiques invoqués par ce savant auteur, suffisent i\ écarter les difficultés historiques et chronologiques qui s'opposent à l'admission de ladite hjrpothèse. ') Quand on écrit de haut en bas et, de plus, de telle manière que les lignes se suivent de droite à gauche (voir ma Notice préliminaire, p. 4 = 288 et suiv.), j'ai la plus grande tendance à y voir une imitation secondaire du chi- nois, laquelle, surtout dans les inscriptions I et II de l'Orkhon, a dû être très naturelle d'après les circonstances dans lesquelles elles ont été tracées (comp. la traduction). Le fait que dans ce cas les signes sont couchés, montre toutefois qu'antérieurement on a dû avoir l'habitude d'écrire par lignes horizontales, de droite à gauche. Je doute donc qu'on puisse d'emblée mettre ceci en parallèle avec ce que Hiouen-Thsang raconte des habitants de Souli (Kachgar), savoir qu'ils ont une écriture de 32 lettres et qu'ils lisent de haut en bas (Hiouen- Thsang, Mémoires trad. par Stan. Julien, Paris 1857, I, p. 13). — 48 — Sassanides, pour servii* à la langue araméenne, que parlait un grand nombre das sujets de Tempire perse, mais il est redevenu à son tour le prototype de divers autres alphabets qui plus tard se sont développés dans la région iranienne et chez les peuples voisins ^). Celui de ces alphabets que nous connaissons le mieux, est l'alphabet pehlvi t-el que nous Pavons dans ses différentes phases d'évolution, en mon- naies, inscriptions et manuscrits (ainsi que dans Talphabet zend, fort proche parent du pehlvi) ^). Mais à côté de l'alphabet pehlvi, l'épo- que s'étendant à peu près jusqu'au Vil*' siècle de notre ère, en a vu encore plusieurs autres, chez les peuples iraniens et leurs voisins. Ainsi on a signalé, dans des monnaies de Boukhara daUmt des VP et Vn* siècles, des traces d'un alphabet „sogdien", évidemment d'origine araméenne et ayant un cachet un peu moins cui'sif que Talphabet pehlvi^). Il y a encore une série de monnaies dont les légendes présentent un autre alphabet („khovarezmien"P) qui semble appartenir au même type principal que le sogdien, mais qu'on n'a même pas encore déchiffré *). A ceux-ci viennent s'ajouter divei-s autres alphabets qui ont été en usage chez différents peuples „toura- niens", devenus successivement voisins ou maîtres de peuples iraniens ^). *) Voir, par ex., Ph. Berger, Ilistoire de l'écriture dans Vantiquité, Paris 1891, p. 213 et siiiv., et le tableau vis-à-vis de la p. 300. Taylor, The Alphabet y London 1883, I, p. 250, II, 219 et siiiv. -) Comp. la Zeitschrift fttr vergleicli. Sprachforsch. XXIV, pi. I (Hilbsch- mann-Euting); Berger, loc. cit., p. 249 et suiv.; Taylor, loc. cit. II, p. 236 et suiv.; Drouin, Observations sur les monnaies à légendes en pehlvi et pehivi-arabe, Ucvuc archéologique, 3* série, IV— VI, 1884—85 (pi. V (XVII), XXIII); le môme, La numismatique araméenne sous les Arsacides, Journ. Asiat., 8^ série, XIII, 18vS9, p. 376 et suiv. ^) Lerch, Sur les monnaies des Boukhar-Khoudahs, Travaux de la 3« session du Congrès internat, des Orientalistes, St.-Pétersbourg 1876, II, p. 417 et suiv. Comp. Drouin, Revue archéol. VI, 1885, p. 146 et pi. XXIII,io; le môme. Journal numism. 1891, p. 222; Catalogue des monnaies arsacides, etc. décrites par A. de Markof (Collections scientifiques de l'Inst. des langues orientales, partie V, St.- Pétersbourg 1889), p. 133, n«« 1—9. *) Markof, 1. c, n<>« 734—771, p. 49—54: M. Drouin (Journ. num. 1891 p. 222, comp. p. 466) comprend ces deux alphabets sous le nom d'„araméo-kourhan**. •) Comp. Drouin, Journ. num. 1891, p. 215 et suiv. (Les monnaies toura- niennes), et ibid. p. 454 et suiv. (Sur quelques monnaies turco-chinoises des VI«, vue et Vm» siècles). — 49 - Toutefois ce que nous savons des détails de tous ces alphabets, présente de si grandes lacunes que, pour le moment, je ne vois pas la possibilité d'établir avec certitude à laquelle de ces sources on doit plutôt rapporter la base de Talphabet turc. Serait-ce directe- ment à l'alphabet araméen même ou indirectement, par l'intermé- diaire de l'un des alphabets iraniens qui en dérivent? Je dresse ici un tableau des caractères de Talphabet turc, tels qu'à mon sens ils proviennent, dii-ectement ou indirectement, de l'al- phabet araméen. Des raisons de typographie me forcent, en ce qui concerne la forme exacte des lettres de l'alphabet araméen et de ses dérivés, à me contenter de renvoyer le lecteur aux passages cités plus haut, où l'on trouvera des renseignements sur ces alpha- bets, et je ne fais qu'indiquer, à l'aide des lettres hébraïques corres- pondantes, les parallèles qui me paraissent évidents ou, en tout cas, plus où moins plausibles. Par l'addition de a, p, s, je désigne que le caractère turc en question me paraît plutôt ressembler à la lettre con-espondante de l'alphabet araméen, du pehlvi ou du sogdien. (Quant à ce dernier, l'on doit se rappeler que c'est seulement un très petit nombre de ses lettres qui, somme toute, figurent dans les légendes peu nombreuses et peu variées des monnaies: si nous en savions davantage sur cet alphabet, ses points de ressemblance avec l'alphabet turc seraient peut-être plus considérables qu'il ne le paraît.) n a, p {s retourné) = ^ n a, p = (^ P ■ («)• P (comp. zend), .9 = > '^ (a) p = 4) rP (additionné du trait vertical) {.a = |P) n = H? (^ P = h?) b a (l'angle à droite), ;>:=>) ^ P = >> : (a), p, s = ) 50 — (c p = A , n p. 37 noteP S P) s a, (p) = 1 (» P = 5^, 5P) :i a - s? i„ P [au '■ sens de c] = Y?) P a = ta) "1 a, (p), * = H ïï a, (p) = Y Y (¥) n (-J) a, ;» = h Comme signes caractérisant spécialement l'alphabet araméen et ses dérivés, je mets surtout en relief les trois derniers, H? Y> h» tandis que, tout en concordant exactement avec le type araméen, ^ , par exemple, ne fait que reproduire en même temps le cachet sémi- tique commun. Si mes rapprochements sont justes, on pouiTa en outre noter que nous trouvons la lettre p adoptée en turc (^) et, peut-être, :: dans le sens de 5 {\), Ceci pourrait dénoter que Tal- phabet père a servi à une langue sémitique et, par conséciuent, a pu être une forme de l'alphabet araméen même; mais, d'autre part, cette forme a dû être tellement récente (lu'elle a côtoyé les alpha- bets dérivés (pehlvi, khovarezmien-sogdien). puisque d'autres parmi ses caractères semblent plutôt avoir leui's parallèles dans ces deux alphabets, — à moins que l'alphabet turc n'ait achevé son évolu- tion seulement durant le cours d'une assez longue période et sous l'influence de l'alphabet primitif en ses diverses phases; à moins aussi que, dès Tabord, cet alphabet turc n'ait surgi d'un procédé éclecti(iue (comp. plus haut t , c P , r , :: ?). Quant aux autres caractères turcs inexplicables de la manière (ju'on vient d'indiquer, il est bien possible que (juehiues-uns provien- nent de l'emploi arbitraire de lettres supei'flues (telles X,Y)- Cependant tout cela resterait à l'état d'hypo- thèses dénuées de toute espèce de preuves. Après tout, on doit bien considérer tous ces caractères comme des formations nouvelles n'ayant pas de modèle direct. Ainsi il est hors de doute que les trois caractères voj^elles, [^, J", f*, sont composés d'après un plan commun, soit qu'ils résultent tous d'une invention libre, soit que [^ égale ■■ . En ce dernier cas, les deux autres ont dû être formés par analogie à f^, par l'addition arbitraire de traits accessoires dia- criticiues. Les caractères consonnes de ce genre ne désignent essen- tiellement pas d'autres sons que ceux qui sont représentés dans la série précédente de caractères, et pour la plupart leur formation s'est faite seulement en vertu du principe propre de l'écriture, savoir les séries doubles de signes consonnes, tandis qu'un très petit nombre (trois) est destiné à désigner des combinaisons de consonnes. Ni dans l'un ni dans l'autre cas nous ne trouvons, dans les alphabets avoisinants que nous connaissons et datant d'une époque générale- ment mentionnable ici, quoi que ce soit de cori'espoudant. Ajoutez à cela, sous le rapport des formes, que si d'une part les signes d origine araméenne sont, à très peu d'exceptions près, asymétriques, la relation des signes en question est telle que le nombre des carac- tères asymétriques est inférieur à celui des caractères symétriques «1, R [n D, ^P, BP, H, ^, - V, >^[$],x, T,Y, h À, Y?, O [viv], t1). Elles aussi, ces considérations donnent à croire que tous ces caractères sont au fond des formations nouvelles indépen- dantes. Si, en outre, on demande à quelle époque l'alphabet a pris naissance ou, en tout cas, est parvenu aux Turcs orientaux, nous pou- vons avec assurance répondre que ce dernier fait n'a guère été possible avant l'époque où ce peuple a commencé à jouer un rôle dans l'Asie Centrale, par conséquent vei's le milieu du VI* siècle de notre ère. C'est aussi à cette époque ou peu après qu'ils commencèrent à étendre à l'Ouest leur domination, entre autres sur la Sogdiane, après avoir vaincu les Ephthalites et s'être ainsi mis en contact avec les peuples iraniens et la civilisation iranienne. En tout cas, — 52 — c'est seulement peu de temps après ces événements que nous trou- vons les Turcs en possession d'une écriture, l'ambassade turque qui alla à Constantinople en 568 apportant des lettres (cfvXXapal, isttfïroXai, yçcififia (ïxv&ixov) que Tempereur lit avec Taide dlnter- prètes 0» Rien n'empêche de supposer que ces lettres ont été écrites avec cet alphabet; mais si les choses se sont passées ainsi, ou si leur alphabet a été un de ces autres alphabets dont on a laissé en- trevoir l'existence dans ce qui précède, c'est ce dont naturellement on ne saurait rien savoir ni rien prouver 2). En considérant les formes raides des lettres et l'affinité appa- rente de certaines d'entre elles avec les formes spécialement ara- méennes même d'ancien type, on aurait sans doute plutôt l'impres- sion que notre alphabet doit être un peu plus ancien qu'on ne le croirait d'après ces faits. Toutefois, si Thypothèse énoncée p. 45 et suiv., et concernant la cause des formes angulaires des lettres, à l'instar des runes, est bien établie, cette difficulté, il est vrai, disparaît ou peu s'en faut: alors on pourrait expliquer la chose en disant que les lettres auraient reçu pour ce motif un plus fort cachet de raideur et, en apparence, d'antiquité qu'on n'aurait dû s'y atten- dre d'après l'époque à laquelle elles appartiennent. Mais d'autre part il est naturellement possible aussi — comme des allusions faites par des auteurs chinois peuvent même sembler le confirmer -— que dès l'abord l'alphabet n'ait pas pris naissance chez les l'urcs propre- ment dits (Tou-kioue), mais chez une autre tribu turque, spéciale- ment celle des Ouigours, d'où il aurait été transporté chez les Turcs 3). En ce cas, la conclusion serait que l'origine de cet alphabet aurait pu devancer un peu l'époque indiquée. On doit bien sûrement espé- rer et compter que l'avenir amènera de nouvelles trouvailles qui *) Mcnandre Protector, ch. 18 (Fragm. histor. Graîc. coll. C. Miiller, IV, Paris 1851, p. 226). ') M. Drouin (Revue anliéol. VI, IHK'), p. 146; Krvue numism. 1891. p. 466) songe en ceci à l'alphabet „arainéo-kouchan** (khovare/mien et sogdien) en sup- posant que «cette écriture resta celle des Turcs occidentaux jusqu'à la conquête ouigoure '745), pendant (iu<' les caractères ^runiques" étaient employés par les Turcs orientaux de l'Altaï et de Karakorom*. •) Comp. Al). Kérausat, Recherches sur les langues tartares. p. 45; Drouin. Revue archéol. VI. 1885, p. 145; Radioff, Das Kudatku Hilik, p. LXXXIV et suiv. — 53 — éclaireront mieux toutes ces questions. Les expressions des annales ou des auteurs chinois concernant les écritures des peuples étrangère sont en général trop flottantes et trop vagues pour qu'on puisse rien tirer de solide d'elles seules. Des Turcs l'alphabet a continué sa route vers le Nord, surtout dans les régions de 1 lénisséi supérieur, c'est-à-dire, sans aucun doute, chez les Kirghiz, par conséquent encore chez une peuplade turque. Comme un certain nombre des formes de lettres que nous trouvons employées ici, sont indubitablement plus primitives que celles que nous rencontrons dans les deux grands monuments de l'Orkhon, nous pouvons supposer avec certitude que l'extension de l'alphabet aux ré- gions de riénisséi est de beaucoup antérieure à ces deux monuments, et a dû avoir lieu au moins dans le Vil® siècle, sinon déjà au VP. On peut présumer que, dans ces régions lointaines, cet alphabet s'est aussi maintenu un peu plus longtemps que chez les Turcs et les Ouigours; mais là-dessus on ne peut rien préciser, car, autant que je puisse voir, les inscriptions de l'Iénisséi ne contiennent aucune indication chronologique directe. Après le renversement de l'empire turc, en 745, par les Oui- goui*s, l'ancien alphabet turc se présente encore à nous, sous des tonnes évidemment plus jeunes et plus raffinées, dans le monument III de rOj'khon, qui provient de la dynastie ouigoure et paraît dater de 784. Mais ce serait bien aussi là le dernier document relatif à cette écriture, et en outre nous trouvons déjà sur le même monument l'écriture qui prend alors la haute main jusqu'au moment où, à son tour, elle est supplantée par l'alphabet arabe: l'écriture dite oui- f/oure, émanée de TEstranghélo syriaque. On doit supposer que si l'écriture ouigoure triomphe de l'ancien alphabet turc malgré la su- périorité de ce dernier pour les moyens de représenter les différents sons, c'est d'une part, en général, la puissance avec laquelle une ci- vilisation étrangère exerce son influence, d'autre part, le fait qu'é- tant cursifs à un haut degré, ces caractères sont plus commodes à tracer, tandis que la portée de l'ancienne écriture n'était calculée que pour Tentaille sur bois ou pierre. Il serait en outre intéressant de découvrir, dans l'écriture ouigoure, des réminiscences, non pas de forme naturellement, mais de principe datant de cette antique écri- — 54 — ture. Mais je ne crois pas qu'il y eu ait, de ces rémiuisceuces ^). Le seul point de ce genre dont il puisse être question, serait peut-être Tusage du caractère représentant i pour correspondre non seulement à i, mais fréquemment aussi à Va de la plupart des langues moder- nes, usage (iui se répète aussi dans l'emploi de l'alphabet arabe. Toutefois je doute que la supposition d'une telle filiation dans ce phénomène soit admissible, et je suis plutôt porté à voir partout des manifestations parallèles d'un seul et même motif, celui que j'ai in- diqué plus haut, p. 15 et suiv. Ainsi donc l'ancien alphabet turc disparait sans vestiges après une existence de quelques centaines d'années. *) J'ajoute que les ressemblances spécieuses de Talphabet turc et l'alpha- bet dit hunttO'Scythique (voir P. Kirâly de Dada. Babyl. and Oriental Kecord VI, n*> 10, 1893, p. 227 et suiv., 233) sont trop peu nombreuses et trop impercep- tibles pour justifier une parente des deux alphabets. II. TRANSCRIPTION ET TRADUCTION DES TEXTES (MONUMENTS I ET II). Introduction. Comme le peuple dont proviennent ces inscriptions, savoir les Turcs ou, comme les Chinois les appelaient, les Tou-kioue (Tou- kuc), avaient, pendant les deux siècles que dura leur empire, beaucoup de relations, soit de paix, soit de guerre, avec les Chinois, il est tout naturel que, dans les annales contemporaines de la dynastie des Thang, qui régna en Chine de 618 à 907, et dans d'autres ouvrages de la riche littérature chinoise, ouvrages qui ont puisé dans ces annales, nous trouvions bon nombre de détails sur ces relations et sur le peuple Tou-kioue lui-même. Divers auteurs ont communiqué des traductions ou des ex- traits de ces récits chinois, et par là les ont rendus accessibles à la science européenne. Les travaux les plus importants de ce genre dont j'aie pu disposer, sont les suivants: Deguignes, His- toire générale des Huns, des Turcs, des Mogols, etc., t. I, 2^ partie (Paris 1756), p. 367 et suiv. ; Visdelou, Supplément à la Bibliothèque Orientale d'Herbelot (Maëstricht 1776), p. 40 et suiv.; Stanislas Julien, Documents historiques sur les Tou- kioue (Turcs). Extraits de Pi en -i -tien et traduits du chinois (Journal asiatique, 6*^ série, t. III et IV, Paris 1864^)). *) Comp. en outre (Gaubil,) Abrogé de l'histmre chinoise de la grande dtjnnsiie Tang, dans les Mémoires concernant l'histoire, etc, des Chinois, XV (Paris 1791) et XVI (ibid. 1814; malheureusement je n'en ai pu consulter — 58 — Los Turcs entrèrent aussi en relations avec l'empire byzantin: en 508, ils envoyèrent une ambassade à Constantinople. En revanche. Tannée suivante, on envoya, sous la conduite de Ze- markh, une ambassade grecque au «khagan» turc cDizaboul». C'est surtout à ce propos que divers auteurs byzantins, notamment Ménandre Protector et Théophylacte Simocatta, donnent des ren- seignements sur les Turcs, renseignements qui sont pourtant assez iijsignifiants en comparaison de ceux dont nous sommes redevables aux Chinois. Pour servir de donnée à l'intelligence de la teneur des ins- criptions et contrôler ce qu'elles nous racontent, je jugerais con- venable de présenter ici quelques points principaux de l'histoire des Turcs en suivant, mais seulement en seconde main, la version chinoise. Cet exposé consiste en des extraits empruntés aux ouvrages précités, surtout au mémoire de Stan. Julien. (Les passages re- produits littéralement, sont mis en t >.) Quant à la reproduction des mots et noms chinois, je regrette de n'avoir pu être conséquent; toutefois je m'en tiens en général à ce même auteur, à moins d'indication contraire. Voici d'abord quelques notices sur les mœurs des Tou-kioue ') : «Les Tou-kioue laissent flotter leurs cheveux, jettent à gauche le pan de leur vêtement-), et habitent sous des tentes de feutre. Ils se transportent d'un lieu à un autre, suivant qu'ils y trouvent de l'eau et des herbes. Leur principale occupation est Télève des troupeaux et la chasse. Ils font peu de cas des vieillards, et montrent une grande estime pour les hommes qui sont dans la force de ITigo. Ils ont peu d'intégrité et de honte du mal, et ne que le tome XVI : Klai*roth, Tnhhunix hfsfnrif/ut\< de /'.l.SfV (Paris 1826\ surtout p. 113 et suiv ; A. Heikkl dans Insrri/ttinns dt* rOrkhon, p. XVII et suiv. Je regrette vivement que les ouvrages russes du Père Hyacinthe (Bit- chourin) relatifs à l'histoire de l'Asie Centrale, ne se trouvent pas dans nos bibliothèques, de sorte que je n'ai pu les utiliser. *) Journ. asiat , fi** s., III, p. H31 et suiv. (sous l'année 558), p. 351 et suiv. (sous l'année 581 ; Visdelou, 1. c. p. 56 et suiv Les notices regardent donc un temps plus ancien que celui d«* nos inscriptions; mais, à coup sûr, les détails rapportés n'ont subi que très peu de changements pendant cet intervalle. *"! «Les Chinois 1p jetteîil à droite, et consi est fautif pour €Ch^>. Je serais plutôt porté à supposer qu'il faut lire tCha(t)^ (comp. p. 74 , ce caractère ressemblant à tBouh autant que «C/ir» (voir par ex. Schlegel 1. c, p. 2i note, dernier carac- tère de la I. 3\ Sous les Thang, «le chef de la maison militaire était nommé Chris:;, et son second Tik-k'in, tandis que les grands officiers portaient res- pectivement les titres de Yepou, K' out-louttsoat , A/t'o, Souh'pat , Totoun, Sfiukin, Yen-houriy-iat, KiehUpnt et Tatkan"» (Schlegel, 1 c, p. 7; comp. Visdelou, 1. c, p. 42 a; Journ. asiat. IV, p. 201; Devéria dans Inscr. de f'Or'khon p. XXXVII [24]). Quant au mot tik-k'in^ voir plus loin, p. 7.S; totortn et taCt)kan sont évidemment les titres turcs ttidtin (inscription II E 40 ?) et tarqan (voir I N 12, 1 W 2, Il S 13;; yepou (= chehou, dans les auteurs antérieurs?), à mon avis, pourrait bien rendre la forme turque jabyu (voir I E 14 = H E 12, note 21). Pour le reste de ces titres, l'identification avec des formes turques est trop douteuse. -) En turc, bnri ou buri, loup. 5* — 60 — vorable, et brûlent le cheval que montait le défunt ainsi que tous les objets qui étaient à son usage. On en recueille les cendres, et on enterre le mort à des époques particulières. Lorsqu'un homme est décédé au printemps ou en été, on attend pour l'en- terrer que les feuilles des arbres aient jauni et soient tombées. S'il est décédé en automne ou en hiver, on attend que les feuilles soient poussées et que les plantes soient en fleur. Alors on creuse une fosse et on l'enterre. Le jour des funérailles, les parents et les proches offrent un sacrifice, courent à cheval et se tailladent la figure comme le premier jour où la personne est morte. Après l'enterrement, auprès de la sépulture, on place des pierres et Ton dresse un écriteau^). Le nombre des pierres est proportionné à celui des ennemis que le défunt a tués pendant sa vie. [S'il a tuè un homme, on dresse une pierre; il y en a pour qui l'on a dressé jusqu'à cent et mille de ces pierres.] Après la mort d'un père, d'un frère aîné ou d'un oncle, le fils, le frère cadet et les neveux épousent leurs veuves et leurs sœurs.» «Quoique les Tou-kioue émigrent ou changent de domicile, chacun d'eux a toujours une portion de terre. I-.e khan habite constamment sur le mont Tou-kin^). Sa tente s'ouvre du côté de l'orient, par respect pour le côté du ciel où se lève le soleil.» — «Ils révèrent les démons et les esprits, et croient aux magi- ciens. Us se font gloire de mourir dans un combat, et rougiraient de finir de maladie. En général, ils ont les mêmes mœurs que les Hiong-nou.» — D'après les auteurs chinois, les Tou-kioue étaient une race particulière des Hiong-nou (Huns) et demeuraient dans les monts *) «Ils dressent une haute porche, pour signaler le tombeau, et construisent au-dessus une maison, dans l'intérieur de laquelle ils peignent la personne du mort, et représentent les combats auxquels il a pris part pendant sa vie», Journ. as. 111, p. 352. Cette remarque doit avoir égard à des cas spéciaux et rares; comp. plus loin, p. 7H. *) Je ne sais pas la situation exacte de celte localité, mais je suppose qu'elle a appartenu aux ramifications orientales du système des monts Altaï. Deguignes, I, 2, p. 375, «ivers les sources de la rivière Irtisch»^^?); p. 395. «une des branches des monts Altaï. Inf^rr. rie l'Orkhon, p. XVII. où l'on s'appuie sur le Père Hyacinthe, v p 8*2 ot suiv ; Bret- schneider, 1. c. p. 208. — 62 — l'ouest, jusqu'à la mer Occidentale (la Caspienne ou le lac Bal- kach?), sur une étendue de dix mille //; au sud, depuis le nord du grand désert de sables (Cha-mo ou Gobi); au nord, jusqu'à la mer du Nord (le lac Baïkal?), sur un espace de cinq à six mille //. tout lui était soumis^).» «Mo-kan mourut après vingt ans de règne; il délaissa son fils Ta-lo-pien et se donna pour successeur son propre frère cadet. Celui-ci s'appela Tho-po-khan. Il donna à Che-thou, fils d'I-si-khan, le titre de Eul-fo-khan, et le chargea du commandement général de la partie orientale de ses États. Il donna au fils de son frère cadet Jo-tan-khan le titre de Pou-li-khan, et l'établit dans la partie occidentale. A cette époque, Tho-po-khan avait cent mille ar- chers, et il inspirait de sérieuses craintes au royaume du Milieu*).» «Il régna pendant dix ans, et mourut de maladie. Après sa mort, les grands de la nation voulurent placer Ta-lo-pien sur le trône; mais, comme sa mère était d'une famille obscure, le peuple ne voulait point se soumettre à lui. D'un autre côté, la mère de 'An-lo (fils de Tho-po-khan) étant d'une famille noble, les Turcs avaient pour lui la plus grande estime. Che-thou, étant arrivé le dernier, s'adressa aux grands et leur dit: 'Si vous placez sur le trône 'An-lo, je veux me mettre à son service avec mes frères; mais si vous lui préférez Ta-lo-pien, je suis décidé à garder les frontières et à l'attendre l'épée au côté et la lance au poing.' Comme Che-thou était d'une haute stature et plein de bravoure, les grands du royaume furent saisis de crainte, et nul n'osa lui faire opposition. En conséquence, ils prirent aussitôt 'An-lo pour succéder à Tho-po-khan. Ta-lo-pien, n'ayant pu monter sur le trône, ne se soumit pas du fond du cœur à 'An-lo. Chaque jour il envoyait des hommes pour l'injurier et Taccabler d'affronts. 'An-lo, ne pouvant réprimer ces outrages, céda le trône à Che- *) J. as. III, p. 331, 351; G. Schlegel, Stôfe funirnire, p. 32 et suiv.; Inscr. (le l'Orkhon, p. XVII. — Dix mille //* serait environ 5700 kilom., et cintj à six mille H, environ 3000 kilom., — pourvu que le // ait eu alors la môme lonjçueur qu'aujourd'hui, ce qui n'est point certain (comp. Bretschneider, 1. c, p. 15, note 10) C.'ost par inadv«îrtance que Stan. Julien traduit «jusqu'à dix mille li de la mer Occidentale» et «jusqu'à cinq à six mille li de la mer du Nord». •) Journ. as. III, p. 353. — 63 — Ihou. Les grands du royaume délibérèrent ensemble, et dirent: *Des fils des quatre khans, Che-thou est le plus sage.' En con- séquence, ils allèrent au-devant de lui, et le nommèrent roi sous le nom de Mi-kiu-liu-che-mo-hochi-po-lokhan; on l'appelait aussi Cha-po-lio; il fixa sa résidence sur le mont Tou-kin (voir p. 60, note 2). 'An-lo, s'étant soumis à lui, alla demeurer sur les bords de la rivière To-lo^), et reçut le titre de second khan. Ta-lo-pien adressa alors une demande à Cha-po-lio: 'Moi et vous, dit-il, nous sommes tous deux fils do khans, et chacun de nous a le droit de succéder à son père; mais, aiyourd'hui, vous êtes au sommet des honneurs, et moi seul je ne suis revêtu d'aucune dignité. Pourquoi cela?' Cha-po-lio*) en fut affligé et lui donna le titre d'A-po-khan. 11 s'en retourna et se mit à la tête de ses sujets').» Il y eut encore d'autres membres de la dynastie qui reçurent le titre de khan, sous la suzeraineté de Cha-po-lio. Tel fut en particulier Tien-kioue, frère (ou oncle?) de Cha-po-lio, et qui fut mis à la tête des Turcs occidentaux avec le titre de Ta-teou-khan (= Tardou, TàQÔ(yv des écrivains byzantins*)). De cette époque — vers l'an 600 — date la séparation des Turcs en deux empires, les Turcs orientaux et les Turcs occidentaux, ayant chacun leur khan, et ces derniers ne nous regardant pas (comp. p. 70, note 3). Les Tou-kioue furent toujours des voisins très gênants pour les Chinois: ils faisaient constamment des irruptions sur les fron- tières de la Chine et ravageaient le pays, ou bien ils s'immisçaient dans les troubles des Chinois si bien qu'ils savaient toujours en tirer parti. Tout en désirant se tenir bien avec ces voisins guer- *) Tola, affluent de l'Orkhon, en turc, Toyia, voir II E 30. ') C'est par inadvertance que Stan. Julien écrit Ta-lo-pien. *) Journ. as. III, p. 354 — 356. J'ai cité in extenso ce passage et un autre plus bas, parce qu'ils mettent en bonne lumière ce que disent les inscriptions I E 4—5 = 11 E 5—6. Comp. aussi ce que dit plus tard un prince turc, fils de Che-thou khan: «Depuis Mo-kan khan, un grand nombre de nos princes des Tou-kioue ont remplacé leurs frères aînés par leurs frères cadets, leurs fils légitimes par des bâtards. Ils ont manqué de respect à nos ancêtres et ont violé leurs lois.» Ibid p. 504. *) Peut-être = turc Tarduëf Voir I E 13, note 21; I N 13. — M — ricrs et puissants, les Chinois avaient toute la peine du monde à les tenir à l'écart, par force ou par ruse. Ainsi nous lisons, à la date de l'an 580, qu'un diplomate chinois, Tchang-sun-tching, qui avait été envoyé en ambassade chez les Tou-kioue, et qui avait eu l'occasion de bien les étudier sous tous les rapports, représenta à l'empereur cque Che-thou, Tien-kioue, A po, etc., qui étaient oncles et neveux, frères aînés et frères cadets, avaient chacun sous ses ordres des troupes nombreuses; qu'ils avaient tous hi titre de khan; qu'ils étaient établis séparément à l'est et à l'ouest, au midi et au nord; qu'intérieurement ils se -soupçonnaient et se détestaient, quoique au dehors ils parussent unis; qu'il était diffi- cile de les vaincre par la force, mais qu'il était aisé de mettre entre eux la division.» Ce plan fut suivi avec beaucoup d'astuce, et de cette manière les Chinois réussirent, en attendant, à affaiblir considérablement les Turcs en excitant les uns contre les autres les différents khans ^). Il serait inutile de s'arrêter davantage aux destinées de ces anciens khans et de leurs successeurs. Il suffit de rappeler que les choses continuent de se passer chez les Turcs comme aupa- ravant: plusieurs khans qui rivalisent entre eux; incursions con- tinuelles sur/ les frontières chinoises et guerres entre les deux nations (il va sans dire que, la plupart du temps, c'est là ce que nous apprennent les textes chinois, qui ne savent pour ainsi dire rien sur les rapports des Turcs aux peuples de l'Ouest). Cependant l'on voit que, grâce non seulement à leurs armes, mais encore à la supériorité de leur civilisation en général, les Chinois gagnent successivement et de plus en plus des avantages sur les Tou-kioue. Kn 630, les Chinois réussissent enfin à dé- faire complètement ces derniers et à faire prisonnier leur khan même, Kie-li^). Dès lors les Tou-kioue sont vassaux des Chinois. La plupart des hordes qui avaient fait partie de l'empire des Tou- kioue, s'étaient déjà partiellement soumises auparavant; en partie, elles se soumettent maintenant peu à peu à la Chine, tandis que ') .lourn. as. III, p. 358 et suiv. *) Ou Ki'et-li, comme récrit M. G. Schlegcl, conformément à l'ancienne prononciation. Journ. as. IV. p. 228 et suiv.; Dejruijînes. p. 4.SI et auiv.: Vis- (ielou, p. 13 et suiv. - 65 — certains autres des peuples asservis profitèrent de l'occasion pour s'émanciper. Le nouvel État tributaire, qui conserva toujours une certaine indépendance intérieure, se divise en une série de pro- vinces administrées par des gouverneurs ou commandants indi- gènes, pourvus de titres chinois; à leur tête est préposé un chef portant l'ancien titre de Chen-yu ou bien Khan. Beaucoup des Turcs avec leu^s chefs acceptent loyalement, ce semble, ce nou- veau régime, et un assez grand nombre vont successivement s'établir paisiblement en dedans des frontières de la Chine — où, à proprement parler, ils ne semblent pas avoir été vus d'un bon œil, — attirés par la civilisation supérieure et la vie plus aisée. Mais au fond la grande majorité des Turcs restent irréconciliables: ils ne peuvent oublier l'ancienne liberté. Les soulèvements vont en croissant; mais, même s'ils sont suivis d'un succès passager, les Chinois parviennent toujours à les étouffer provisoirement. Il se produit un changement complet à l'apparition d'un nou- veau chef ou khan des Turcs, qui descendait de Kie-li-khan'). C'est Ko-tO'lo (Stan. Julien) ou Kou-tou-lou ou, conformément à l'ancienne prononciation des signes en question, Kout-toutlouk ou bien Kout-tho-louk (G. SchlegeP)), c'est-à-dire le turc qutïuy, l'heureux, évidemment non pas son nom personnel, mais son sur- nom de khan, et, comme tel, fort approprié, si l'on considère les résultats de son activité. Après avoir d'abord commandé une bande de brigands de plus de 5000 hommes, il se proclama khan des Turcs en 681^). Il battit les Chinois en presque toutes les ren- contres et vint faire le ravage jusqu'en Chine*). Il paraît que les Turcs avaient fait également de grandes incursions dans l'intérieur *) D'après Deguignes, 1. c, p. 447; Visdelou, p. 46 b. ') Schlegel, Stètv Junrratrr, p. 23. C'est aussi sous ce nom qu'il est mentionné dans l'inscription chinoise du mon. I, tandis que ce nom ne se trouve pas dans la partie turque, qui ne lui donne qu'une seule fois le nom de II tard s (I E 11 = II E 10) et ne le mentionne d'ailleurs que comme «mon père le kagan>. ') Schlegel. I. c. D'après la date fournie en chinois, ibid., note 4 (la 2<* année de la période Yong-chun\ ce serait toutefois plutôt 683; de même dans Deguignes 1, 1, p. 227; 1, 2, p. 447. *) Joum. as. IV, p. 410 et suiv. ; Deguignes, I. c., p. 447—48; Visde- lou, I. c. — 66 - du Turkestan et dans les pays possédés par les Turcs occidentaux, qui s'en trouvèrent si incommodés qu'ils demandèrent aux Chinois d'être placés dans quelqu'une de leurs provinces*). Dans les ouvrages qui sont à ma disposition, l'on ne voit pas quelle est, dans les annales chinoises, la désignation de l'an de sa mort. Tandis que Stan. Julien (I. c p. 414) n'indique aucune année, on lit 693 dans Deguignes et SchlegeP), mais 690 dans Visdelou (p. 46 b). D'après ce qu'on peut déduire à cet égard de nos inscriptions, indiquant l'âge qu'avaient ses fils à la mort de leur père (voir plus loin), il semble plutôt qu'on doive en fixer la date à 691, peut-être, toutefois, à 690, mais non pas à 693. A la mort de Kou-tou-lou, ses fils étaient mineurs (nos inscriptions nous apprennent que l'aîné avait huit ans, le cadet, sept; voir II E 14 et I E 30); dans ces circonstances, le frère cadet du défunt, celui que les annales chinoises appellent Me-tch'oue (Stan. Julien) ou, d'après la transcription de Schlegel, Mik'tsoat% prit sa place et se proclama khan (il faut bien se rappeler que les Turcs restent, de nom du moins, vassaux de la Chine). Je vais présenter, sur ce khan, quelques détails qui me paraissent on*rir de Tintérêt, soit en général comme caractérisant ce type d'un khan turc, soit pour servir de comparaison à la teneur de nos inscriptions. En 694, dit-on "*), «il attaqua l'arrondissement de Ling-tcheou (sur le Hoang-ho), tua et enleva de force un grand nombre de magistrats et d'hommes du peuple.» Il fit de même pendant les années suivantes, et cela d'autant plus que les Chinois étaient affairés d'un soulèvement des Khi-tan et que, par conséquent, il pouvait penser qu'on ne pourrait lui opposer des forces con- sidérables. Mais ensuite il adopte un autre procédé, probable- *) Deguignes, p. 4i8 *) Deguignes I, 1, p. 227; 1. 2, p. 448; Schlegel, 1. c peutôtre seulement d'après Deguignes. ^) Ce nom ne paraît guère turc, et l'on ne sait pas trop quel était en turc le nom propre de ce khan. Les inscriptions ne l'appellent jamais par son nom, mais seulement «mon oncle le kagan». *) Joum. as. IV, p. 414 et suiv. — 67 - ment mieux adapte^, selon lui, ù la réalisation de ses divers plans: il sollicite la permission de marcher contre les Khi-tan rebelles afin de faire preuve de son dévouement. Dans ce temps-là, la Chine était gouvernée par l'impératrice Wou-heou, qui, après avoir déposé son fils, l'empereur Tchoung-tsoung, et l'avoir exilé, avait usurpé le pouvoir. Elle fit même tuer tous les membres de la dynastie régnante des Thang, à l'exception de deux princes, vou- lant que la couronne échût à un prince de sa propre famille, et à cet effet elle aurait bien accepté le secours des Turcs ^). Aussi donna-t-elle à Me-tch'oue la permission sollicitée avec le grade de général de la garde de la gauche. «Il amena alors ses soldats, attaqua les Khi-tan et battit leurs principaux chefs'). L'impéra- trice rendit un décret par lequel elle lui donna le nom de Kie- thie-li-chi-ta-chen-yu et lui conféra le titre de Kong-pao-koue-kho-han (c.'à-d. le khan qui, par ses services, a témoigné sa reconnais- sance au royaume).» Mais Me-tch'oue ne pensait nullement se contenter de si peu, et, «avant d'avoir reçu l'investiture, il attaqua tout à coup les arrondissements de Ling-tcheou et de Ching-tcheou et tua et enleva de force un grand nombre d'habitants.» Après avoir subi une défaite, il envoya des ambassadeurs pour présenter ses excuses et ses demandes: il désirait devenir le fils de l'im- pératrice et épouser une princesse chinoise^), et il ajoutait: 'J'ai des filles que je désire marier aux deux princes' (ceux qui res- taient de la dynastie des Thang). De plus, il demandait qu'on lui livrât les Turcs qui s'étaient soumis à la Chine et qui étaient disséminés dans six arrondissements situés près du coude du fleuve Jaune. Enfin il exigeait «un million de boisseaux de millet pour ensemencer ses terres, trois mille instruments d'agriculture et une énorme quantité de fer». Parmi les conseillers de l'impé- *) Deguignes, 1. c, p. i50. *) Plus lard il subjugua lui-même une partie au moins des Khitan et d'un peuple qui leur était très apparenté et que les Chinois appellent Hi (Deguignes, 1. c; Journ. as. IV, p 4"55— 57; Visdelou, 1. c, p. 47 aj. ^) II ne cesse de répéter jusqu'à ses dernières années cette prière; mais toutes les fois qu'il semble Ctre sur le point de voir s'accomplir son désir, il détruit luiniême le résultat par son manque d'égards. Les détails de cette affaire sont insignifiants pour notre sujet, bien que pour lui-même elle jouât toiyours un rôle très important. — 68 — ratrice, les opinions étaient fort partagées; mais on finit par ré- soudre td'accéder à ses demandes. En conséquence, on lui accorda du millet, des instruments d'agriculture et plusieurs mil- liers de tentes des Turcs soumis. Par suite de ces circonstances, les Tou-kioue devinrent très puissants.» Ensuite l'impératrice ordonna à son propre neveu, qui, on se le rappelle (comp. plus haut), n'appartenait pas aux Thang, et qu'elle destinait à lui succéder, d'aller demander au khan une de ses filles. Mais le khan le fit jeter en prison et déclara dans les termes les plus injurieux qu'il ne voulait donner sa fille qu'à un prince de la dynastie des Thang, dont les Turcs avaient reçu tant de bienfaits, et qu'avec toutes ses troupes il voulait courir au secours des deux princes survivants de la dynastie pour empêcher qu'on ne leur enlevât l'empire. Cette réponse, accompagnée d'une lettre d'une teneur pareille, fut cause coopérante que l'impératrice fit revenir l'empereur son fils à la cour'). Ce changement en faveur de l'empereur, n'empêcha point que le khan n'exécutât les menaces qu'il avait proférées. Il se mit à la tête de 100000 cavaliers, se dirigea vers le sud et pénétra en Chine. Toutes les villes situées au nord du Hoang-ho en furent en alarmes; il les prit et les saccagea l'une après l'autre, et semble même être entré dans la province de Chan-toung*); «il brûla les chaumières et les maisons, et convertit en désert les bourgs et les villages. L'impératrice fut transportée de colère. Elle rendit un décret par lequel elle mettait à prix la tête de Me-tch^oue, et promettait à celui qui le tuerait le titre de roi et le surnom de Trhantrh''oue (c.-â-d. celui qui a décapité Me-tch'oue).» Kn outre on envoya de nouvelles armées contre lui. Mais il se retira sans avoir été rejoint par elles. Auparavant cil prit les hommes et les femmes qu'il avait enlevés de force et les fit périr, au nombre de quatre-vingt-dix mille^).» Ceci eut lieu en 698, à ce qu'il semble. De la même ma- nière, il entrait tous les ans dans les frontières pour les ravager. ') Dejruignt's. p. iôO; Journ. a.s. IV, p. ilK. *) Ce ne serait pas là la seule fois qu'il envahit cette province; comp. le Journ. as. IV, p. 425 et l'inscription 1 E 17 -- H E 15. *) Journ. as. IV, p. 418 et suiv.; p. ilô. — 69 — «Les soldats chargés de les défendre, n'avaient pas un instant de repos.» La force des Turcs résidait surtout dans leur grande célérité: ils paraissaient subitement, se livrant au vol et au bri- gandage; mais, avant que les troupes chinoises se fussent mises en marche, ils avaient disparu. Ce n'est qu'assez rarement qu'on livrait bataille'). Ainsi Ton mentionne, à la date de 706, que le général chinois Cha-tcha-tchong-i «livra bataille aux Tou-kioue, près de Ming-cha, et fut vaincu*).» «Me-tch'oue, lit-on*), fier de ses victoires, méprisait le royaume du Milieu et se montrait plein d'orgueil. En général, son armée était presque égale à celle que possédait autrefois Kie-li- khan. Ses États avaient, en long et en large, une étendue de dix mille li; tous les barbares lui étaient soumis. Il donna le gouvernement d'orient à son frère To-si-fou*), et celui d'occident ^) Gomp. ce qu'avait dit autrefois un empereur chinois (Journ. as. III, p. 547, an 617): «Ce qui fait la supériorité des Turcs, ce sont les cavaliers et les archers. Quand ils se voient dans une position avantageuse, ils s'avancent avec ardeur; mais s'ils aperçoivent du danger, ils s'enfuient avec la rapidité du vent et disparaissent aussi vite que l'éclair, sans pouvoir se maintenir dans leurs rangs. L'arc et la flèche leur servent d'ongles et de dents. La cuirasse et le casque sont leur vêtement ordinaire. Leurs troupes ne marchent pas en ordre, leur camp n'a pas de place fixe. Ils campent partout où ils trouvent des herbes et des eaux; les moutons et les chevaux forment la nourriture de leur armée. S'ils sont vainqueurs, ils s'arrêtent et cherchent les richesses de l'ennemi; s'ils sont vaincus, ils s'enfuient sans éprouver un sentiment de honte. Ils ne prennent pas la peine de veiller pendant la nuit ni de faire des rondes pendant le jour; ils ne font point de dépenses pour construire des retranche- ments, ni pour se procurer des vivres et des provisions. Mais quand les sol- dats de la Chine vont en campagne, ils agissent tout autrement. S'ils entrent en lutte avec les Turcs, il est rare qu'ils puissent remporter la victoire.» L'em- pereur en conclut que, pour les vaincre, il faut adopter leurs procédés. — C'est aussi cette manière de faire la guerre qui explique le fait que le nombre som- maire de batailles qu'indiquent les inscriptions, est toujours inférieur à celui des campagnes (comp. I E 15 et 18). ') Joum. as. IV, p. 424 Je suppose que c'est la même bataille à laquelle fait allusion la p. 426 du même endroit, et où ce même général perdit près de dix mille hommes. L'année suivante il fut de nouveau «battu par les Tou- kioue», ibid. p. 427. Comp. I E 32 et note 39; II E 26. ') Ibid. p. 424. Deguignes, p. 451. *) Ou Tousik beg, Schlegel, 1. c, p. 23. - 70 — à Me-kiu, fils de Kou-tou-lou^). Chacun d'eux possédait vingt mille soldats. Son fils, Fou-kiu, qui avait le titre de petit khan, commandait aux deux précédents. Il avait sous ses ordres qua- rante mille hommes, et était appelé Tho-si-khan.» Il va de soi que Me-tch'oue a aussi fait une série d'expédi- tions contre d'autres peuples que les Chinois, surtout vers l'ouest; mais les textes chinois n'en disent que peu de chose. On rap- porte^) que vers 710 (en 708?) «il se porta à l'ouest avec toute son armée, et attaqua les Tou-ki'chi^).i> Alors les Chinois profi- tèrent de son absence pour élever quelques forteresses près de la frontière nord. En 714, il «ordonna à son fils 1-ni-khan de prendre sous ses ordres Thong-'o, du titre de Te-kin, Ho-pa, du titre de Kie-li-fa (Kieh-li-pat, Schlegel; p. 59, note 1), et Chi-chi-pi, et d'aller avec des cavaliers d'élite attaquer Pefij-thing^), Kouo- ^) Son titre exact n'est pas indiqué dans le passage cité; comp. Il E 14 — 15, note 21, et I E 17. ') Journ. aâ. IV, p. 428; Deguignes, p. 451; comp. Visdelou, p. 54. •) Les ToU'kichi, en turc, selon moi, Turgâs (Tûrgàsf Tûrgis ou -ièt) — voir surtout I E 18—19, 36 et suiv. — étaient à proprement parler une grande horde des Turcs occidentaux (comp. p. 63). A peu près au même temps que les Turcs orientaux, ou un peu plus tard, les Turcs occidentaux tombèrent aussi sous la dépendance des Chinois, dont ils subirent constamment la profonde influence: les Chinois déposaient et proclamaient des khans ou les emmenaient prisonniers en Chine; en même temps l'empire des Turcs souffrait beaucoup de luttes perpétuelles, entre autres avec les Persans. En 704, le der- nier khan de la dynastie ancienne, prince faible, fut déposé à la suite d'une révolte de ses sujets, qui antérieurement déjà avaient proclamé khan Ou-tche-le, l'habile et brave chef des Tou-ki-chi. De toutes parts on venait se soumettre à lui. Il campait au nord-ouest de la rivière Soui-che (Tchou?), située à l'occident du lac Issi-kul, proche de la rivière Ili. Il établit sa grande cour dans la ville de Koung- yue et sa petite cour sur les bords de la rivière Ili. Après la mort de ce khan, survenue en 706, son fils So-ko (ou Sou-kha) lui succéda Voilà donc comment l'empire des Turcs occidentaux avait été renversé et remplacé par celui des Tou-ki-chi ou Turghès, qui dura jusqu'en 766, époque où il fut renversé par les Ouigours Comp. Deguignes, p 493 et suiv.; Visdelou, p. 54; Klaproth, T ^) J. as. IV, p. 468 et suiv.; Deguignes, p. 456 et suiv. ; Visdelou, p. 47; Mém. sur les Chin. XVI, p. 18; Inscr. de l'Orkh., p. XIX. ') J. as. IV, p. 470; Deguignes, p 457 et suiv.; Mém. sur les Chin. XVI, p. 21. — 78 — F]n 732, il y eut de grands troubles dans le pays des Khi- tan. Leur roi venait d'être tué; un de ses ministres se sauva avec tous ceux de son parti auprès du khan, pendant que la reine des Khi-tan, qui était Chinoise, se retira en Chine, ce qui donna naissance à une guerre à laquelle les Turcs eurent quelque part, mais qui finit au désavantage des rebelles^). «La dix-neuvième année de la période Khai youen, c.-à-d. en 731, Kioue-te-kin mourut. L'empereur ordonna à Tchang-kiai^), dont le titre était Kin-'ou-tsiang-kiun^), et à Lia-hiang*), qui avait le titre do Tou-kouan-lang-tchong'^), d'aller, avec un décret muni du sceau impérial, porter des compliments de condoléance au grand khan, et déposer des offrandes. Il ordonna de graver une inscription sur une stèle, d'ériger une statue du défunt et de cons- truire un temple (une salle des ancêtres). Sur les quatre murs on devait peindre des tableaux de batailles. Il chargea six ar- tistes supérieurs de les peindre exactement et ressemblants et tels qu'on n'en avait jamais vus dans ce pays, et afin que le khan en fût ému quand il le verrait.» «Le khan demanda de nouveau la princesse, et l'empereur, voyant ses instances pressantes, la lui accorda. En conséquence, il députa un ambassadeur^) pour présenter ses remercîments à l'empereur et le prier de vouloir bien fixer l'époque du mariage. Mais inopinément il fut empoisonné par Meï-lou-tch'oue ') ; luttant 0 Deguignes, p. 458; Mém. sur les Chin. XVI, p. 24, 26. Comp. II S 7-8? •) Tchang Khût/ih, Schlegel, 1. c , p. 47. J'ai mis kiti au lieu de kin dans Stan. Julien, ce qui n'est sans doute qu'une faute d'impressionr. Dans Inscr. de i'OrkhoTiy p. XX, on écrit kionï, d'après le Père Hyacinthe. ■) «C'était un fonctionnaire qui précédait l'empereur lorsqu'il sortait, pour prévenir les dangers imprévus. Il tenait à la main un bâton de cuivre doré aux deux bouts, et qu'on appelait kin-'ou^ (kin-tcou, Schlegel). *) Corrigé par moi pour Linhianfj, St. Julien; Liihiang, Schlegel, 1. c, Lioal San, Insrr. de l'Orkhon, 1. c, d'après le Père Hyacinthe. Peut-être le même que Likâng, I N 12. *) «Maître des cérémonies des officiers de la capitale», Schlegel, 1. c. *) Stan. Julien, qui dit «son frère aîné, Kiaï-li-pi», a dû se tromper sur le sens du premier caractère du nom; car le khan ne peut pas avoir de frère aîné. M. Schlegel le nomme Kokailikpil (Inscr. de ï'Orkh. cGueguyeubi»). ^) Meïlouk toat, Schlegel, 1. c. - 79 ~ contre la mort, il fit tuer Meï-lou-tch'ouo et exterminer toute sa famille.» Ceci eut lieu dans l'automne de 734^). «L'empereur en témoigna une grande douleur, et ordonna à Li-thsiouen^)y dont le titre éfeit Tsong-tching-khing (surintendant de la famille impériale), d'aller porter ses compliments de con- doléance et ses offrandes. On profita de cette occasion pour élever un temple (une salle des ancêtres), et l'empereur ordonna à l'historiographe Li-hiong^) de rédiger l'inscription pour la stèle*).» Tous ses sujets, d'un commun accord, donnèrent à son fils l'jen le titre de khan^). Il mourut après huit ans de règne. Après cela, de grands troubles éclatèrent dans le pays des Tou-kioue, et en 745 le chef des Ouigours (Houi-ho) s'empara de tout le pays que les Tou-kioue avaient possédé, et tua leur der- nier khan. Après ce temps, les Tou-kioue ne sont mentionnés que très rarement dans l'histoire de la Chine; la dernière fois en 941, époque où, lisons-nous, ils envoyèrent une ambassade à l'empereur. Dans la suite, il n'y en eut plus aucune. A cette époque, les Tou-kioue étaient devenus extrêmement faibles*^). Sans doute ils ont succes- sivement dû perdre leurs particularités nationales et être absorbés par d'autres peuples de race turque. Ce sont ces deux monuments, mentionnés dans les sources chinoises, érigés en l'honneur de Kul-téghin et de son frère Bilghè *) «A la huitième lune» (septembre), Mém. sur les Chin. XVI, p. 26. Comp. pourtant II S 10. ') Li-tsoan, Schlegel. Comp. II S 9 et p. 34. ') Lijoung, Schlegel. *) Quant aux détails sur la mort de Kioue-te-kin et de Pi-kia-khan, voir J. as. IV. p. 471—472; Schlegel, 1. c, p 47; Inscr. de rOrkhon, p. XX. *; Son nom ne figure pas dans les parties de l'inscription II qui le re- gardent, non plus que ceux des autres khans. Son titre complet y est: (ààri- tây tùnri jaratmyè tûrk bihjà qaynn, c.-à-d. le sage kagan des Turcs, qui res- semble au ciel et est institué par le ciel; comp. p. 27, note 1 •) Journ. as., p. 476 — 477. — 80 — kagan, et restés dans l'oubli durant des siècles, qu'on vient de retrouver. Les deux monuments*), distants d'environ un kilomètre l'un de l'autre, se trouvent dans des entourages tout à fait déserts, près du lac Kocho Tsaïdam, à l'est de la rivière Orkhon. I^ localité est située à environ 60 kilomètres au nord du monas- tère d'Erdentsô (l'emplacement de l'ancienne ville de Karakorom) et à environ 30 kilomètres au nord-ouest de Kara-Balgassoun, restes de l'ancienne capitale des Ouigours, à l'ouest de l'Orkhon (comp. p. 75, note 1). Ce sont deux grands monolithes carrés, arrondis en demi- cercle vers le haut et qui ont été dressés sur un socle. L'un et l'autre ces deux socles restent en place, tandis que les monuments eux-mêmes se trouvent renversés, ce qui a amené la fracture du mon. II en quatre morceaux, sans compter que d'ailleurs la sur- face se trouve fort endommagée. La hauteur du mon. 1 sans le socle est de 332 ^"\ et l'inscription en couvre 231. La pierre mesure en largeur 132''" à la base et 122^"^ vers le haut; l'épaisseur est de 46^"* à la base et de 44*^"^ au sommet. — Originairement le mon. Il a eu une forme et des dimensions ana- logues, mais l'état de la pierre semble rendre impossible d'en in- diquer les mesures exactes. Près des deux monuments on trouve renversées un certain nombre de pierres hautes et étroites et plusieurs figures sculptées, dont aujourd'hui les tètes sont toutes abattues. Au mon. I, soit le nombre de ces pierres, qui ont dû primitivement être placées, d'une manière ou d'une autre, autour du monument même, soit l'espace occupé par elles, sont considérablement plus grands qu'au mon. IP). Ensuite on trouve au voisinage de chaque monument un amas de terre, indication évidente d'un édifice écroulé: on en a retiré des tuiles demi-rondes, telles qu'on les emploie encore généralement en Chine pour couvrir les toits des maisons. Il est hors de doute que ces édifices ont été ces temples ou salles des ^) Je m'en tiens à la description détaillée présentée dans Inscr. de r Orkhon, p. VII et suiv. •) Ces pierres auraient-elles rapport aux ennemis tués? Comp. plus haut, p. 60. — 81 — anrrtres mentionnés et dans les sources chinoises et dans les inscriptions turques^) comme se rattachant aux monuments. Outre les inscriptions volumineuses en caractères turcs aux- quelles je reviendrai tout à l'heure, chacun des deux monuments porte sur l'un de ses côtés, celui de l'Ouest, une, inscription en chinois. Ces dernières sont extraordinairement bien taillées et, au moins dans le mon. I, encadrées d'une large bordure à entre- lacs déliés dont le dessin est d'une grande beauté. L'inscription chinoise du mon. I, en l'honneur de Kul-téghin, est presque com- plètement conservée. G. von der Gabelentz en a donné une traduction allemande dans Inscr. de VOrkhon. p. XXV et suiv. Une traduction française considérablement améliorée et accom- pagnée de renseignements détaillés, est due à M. G. Schlegel, professeur à Leide (La stèle, funéraire du Téghin Gioghy Mé- moires de la société finno-ougrienne, III, Helsingfors, 1892*)). Cette inscription, rédigée au nom de l'empereur de Chine et qui est toute différente de l'inscription turque, commence, d'après la traduction de M. Schlegel. en ces termes: «0, Ciel si bleu! Il n'y çi rien qui ne soit abrité par Toi. Le ciel et les humains sont liés entre eux, et l'univers est homogène. Par son souffle il sépare le Yin et le Yang (les éléments positifs et négatifs), et par ce moyen ils deviennent séparément souverains-maîtres^).» Vient *) I S 12, II N 14. Le mot tare correspondant est barq, que je traduis par édifice. *) J'igouterai que M. W. P. Wassiliew vient d'en donner une traduction nouvelle, dans la 2e livraison, p. 167 et suiv , de Radloff, Die alttùrkischcn InschriJ'tvn der Mongolei (comp. plus loin), livraison qui me parvient seulement au moment où cette partie de mon travail est déjà chez l'imprimeur. Je me permets de reproduire quelques passages de cette traduction pour comparer avec celle de M. Schlegel. ') Selon M. Wassiliew: «(Da) dieser blaue Himmel das Ail bedeckt [wôrtl. Nichts nicht bedeckt], (so ist, wenn) Himmel und Menschen gegenseitig einlràchtig sind, das Weltall ganz einheitlich und (es besteht) kein Unterschied. Da (aber, wenn) ihr [des Himmels und der Menschen] Geist sich getrennt hat, die Anwcndung von Jin und Jang eintritt, so erscheinen (dann) verschiedenc Herrecher und Hauptlinge.y» — Dans ma Notice préliminaire, p. 8 (= 292), note 1, j'ai déjà fait remarquer que seul ce passage offre une ressemblance lointaine avec le commencement de l'inscription turque du côté de l'Est: «Quand — 82 — ensuite une allusion à des rapports antérieurs établis entre les Chinois et les Turcs et aux relations d'amitié qui se sont succes- sivement développées entre les deux peuples: «Nous étions liés avec vous comme un père avec son fils. Nous avons fait que les calamités du brigandage n'ont plus surgi, et qu'on pouvait rentrer dans leurs étuis les arcs et les flèches^).» Puis on lit: «Le Prince défunt, le Téghin KUuefi (ou K'ût^)), était le second fils du Khakan Kout-tho-louk, et le frère cadet du Khakan actuel Pitkia, Sa piété filiale et ses sentiments amicaux ont retenti jusque dans les pays lointains, et sa valeur était redoutée par [ — ]. Provien- drait-ce seulement des sentiments de fidélité envers son souverain (c.-à-d. l'empereur de la Chine), que son bisaïeul Iti-Mito beg avait multipliés et qu'il avaif su mener lui-même à bonne fin? Son aïeul (le grand-père du Téghin), Kouttho-louk K'ieh-kin, trai- tait ses sujets avec une profonde humanité, et son fils [et son petit-fils l'imitaient]^).» Après avoir continué de faire ressortir les nobles qualités du défunt, sa loyauté et sa bravoure, l'empereur exprime ses regrets de sa mort inattendue: «Je le dis et le redis: la douleur et la compassion remplissent mon cœur de douleur; car le Téghin était le frère cadet du Khakan, et le Khakan est le ciel bleu en haut et la sombre terre en bas furent créés, entre les deux furent créés les fils des hommes, etc.» *) Selon M. Wassiliew: «Was mich betrifft, so habe ich [mit ihnen] die gegenseitige Vereinigung eines Vaters mit (seinem) Sohne abgeschlossen und es dahin gebracht, dass Einfâlle und Beunruhigungen nicht (ferner) stattfanden. Bogen und Pfeile wurden in die Kôcher gelegt.» •) Je substitue cette forme à celle — Giogh — qu'emploie M. Schlegel lui-même; comp. p. 73, note 1. ■) Selon M. Wassiliew: «(Der hier begrabene) Herr (trug den) Namen Kiie [Kul]-Tegin, (er war) der zweite Sohn des Ku-tu-lu Kagan, der beriihmte jûngere Bruder des jctzigen Pi-kia [Bilgâ] Kagan. Seine Ëhrfurcht gegen die Eltern, und seine Freundestreue gegen Aile wurden gepriesen in femen Lan- dern, seine Hoheit und seine Tugend (veranlassten?) Furcht Q und Veranderung der Sitten. Wie war dies (môglich, wenn nicht) deshalb (, dass) sein Vorfahr Iti-mi-schi-fu, sammelnd [da er ausubtej Tugenden gegen den hohen (Himmel?), (seinen Kôrper bis zu Ende fûhren konnte [eines naliirlichen Todes starb], dass sein Grossvater Ku-tu-Iu hic-kin wahre Menschlichkeit gegen die Niedrigen aus- iibte und sein Sohn OOO [""d Ënkel fortfuhrenj.» ~ 83 — comme Notre fils, elc ')». Suit encore une pièce de vers en l'honneur du défunt. Enfin, vers la conclusion de l'inscription, l'on ajoute en ces termes la date exacte de l'érection du monument: c Érigé dans la 20® année de (la période) K'ai-youen (de la dynastie) des Grands T'ang, l'année cyclique étant Jin-chin, le ?*^ mois (appelé) Sin-tcheou, de la nouvelle lune le 7« jour (appelé) Tingw(e)i.» Le chiffre in- diquant le mois, est mutilé; selon moi, il faut lire 7, ce qui con- corderait avec ce qu'indique l'inscription turque de INE, savoir que notre monument fiit inauguré au 7® mois. En ce cas, la date complète correspondrait exactement au l®** août 732 d'après notre ère. Afin de ne pas interrompre ici l'exposition par une longue digression relative à la chronologie, je renvoie à la note con- cernant INE, à la fin de mon travail, l'argumentation de cette manière de voir personnelle. L'inscription chinoise du mon. II, en l'honneur de Bilghè kagan, est fortement mutilée, en sorte que c'est seulement une partie très restreinte qu'on peut lire de suite^). Sa fin porte pour date la 23® année de la période K'ai-youen, c'est-à-dire 735 d'après notre ère, et dans le corps du texte on cite la 22® année de la même période, soit 734; évidemment c'est l'année de la mort du khan, ce qui concorde avec les indications puisées autre part (voir plus haut, p. 79). Il va sans dire qu'originairement il s'est trouvé une addition des mois et jour, mais il n'y en a plus au- cune trace. Les autres côtés des deux monuments, tant le côté large de l'Est que les deux étroits du Nord et du Sud, sont couverts d'inscriptions serrées, exécutées avec les singuliers caractères turcs. Ces inscriptions sont au nombre des plus considérables qui existent d'ailleurs: celle du mon. I contient en tout près de 10000 caractères; celle du mon. Il, d'une écriture un peu plus *) Selon M. Wassiliew: «Ewig werde ich mein Mitgefûhl aussprechen, (denn) (1er Kuinmer ist in meinem Herzen. Dazu (war) der Tegin der jiingere Bruder des Kagan, und der Kagan ist gleichsam mein Sohn.» *) Voir Dbvéria dans Inscr. de VOrkhon^ p. XXVII et suiv., et à présent Wassiliew dans Radioff, 1. c, p. 170 et suiv. — 84 — serrée que celle do la première, a été un peu plus vaste encore alors qu'elle était entière. L'inscription du mon. I se compose de deux sections, rédigées l'une et l'autre au nom du khan. L'une de ces sections, la plus grande, couvre tout entier le côté de l'Est (je la désigne par I E), 40 lignes, et va se continuer sur le côté du Nord (I N), qui cons- titue 13 lignes. Après un court aperçu de l'histoire antérieure des Turcs et en s arrêtant surtout aux mérites du père et de l'oncle, comme à l'essor que prit l'empire des Turcs sous leur règne, le khan rapporte en détail ses exploits et ceux de son frère défunt *), ainsi que la mort de ce dernier, et enfin il dépeint les regrets qu'il éprouve à cette occasion et les compliments de condoléance qu'il a reçus de la part de différents peuples. La seconde section, moins grande, occupant le côté étroit du Sud (1 S), soit 13 lignes, et qu'on doit considérer ou comme épi- logue ou comme prologue de la section principale désignée la pre- mière, contient, sous forme d'allocution aux Turcs, soit des remanjues générales des vicissitudes qui se sont successivement déclarées dans leurs destinées par suite de leurs relations avec les Chinois, tout en déplorant la désobéissance et les dissensions des Turcs, soit la glorification des mérites du khan lui-même, soit, en terminant, la communication concernant le monument même et sa genèse. A ces inscriptions il s'en rattache d'autres encore, de peu d'étendue, chacune d'une seule ligne, aux trois angles de la pierre, savoir ceux du N.-E., 8.-E. et 8. 0., et dont l'une (I NE) nous renseigne sur ITige de Kul-téghin avec les dates de .sa mort et de ses funérailles, ainsi que de l'inauguration de la pierre. Dans les deux autres, ce n'est plus le khan qui parle: c'est un parent des deux frères, nommé Yolig- (ou Yollig-?)téghin^) et désigné comme ') Comme petit trait caractérisant ce pouplo de cavaliers, on doit faire ressortir que, dans le récit des diverses batailles auxquelles le défunt a pris part, on communique aussi les noms des chevaux qu'il y a montés, et leur sort respectif. *) La môme parenté 1(» relie aux deux frères, puis(ju*il est leur nti/ fhùf^ tifj'n f'tysy I SE, [q^^jy^n "tysi/ Il SVV); mais la signification de ce mot, qui ne semble pas se trouver dans les langues apparentées, est douteuse. Le titre - - 85 - celui qui a écrit toute rinscription. Je partage l'opinion de M. Radloff, savoir que ceci veut dire sans doute que c'est Yolig-téghin qui a rédigé l'inscription et Ta tracée sur la pierre, tandis qu'à coup sûr ce sont les ouvriers chinois qui l'ont gravée. Enfin nous avons à ajouter encore deux lignes placées sur le côte de l'Ouest, à côté de l'inscription chinoise (I W). Là c'est encore le khan qui parle à la !•* personne. Mais évidemment ces deux lignes n'ont été écrites que postérieurement à toutes les autres inscriptions et par une personne autre que celle qui a exécuté le reste: plusieurs des lettres sont façonnées autrement que celles du reste des inscriptions, par exemple 5 au lieu de S( 6-, et l'orthographe de certains mots diffère aussi légèrement. Cependant, que ces deux lignes émanent de Bilghè kagan lui-même, comme le pense M. Radloff, p. 3, c'est là une conclusion que, ce me semble, on n'est pas autorisé à faire. L'ensemble de l'inscription .du mon. I est de 71 lignes. L'inscription du mon. II qui, comme je l'ai déjà dit, est de beaucoup plus mutilée que celle du mon. I, est d'une composition tout à fait pareille à cette dernière. C'est encore ici le côté de l'Est (II E) qui porte la section principale historique, qui cepen- dant va se continuer sur le côté du Sud (II S) et non, comme dans I, sur le côté du Nord. Après une courte introduction ren- fermée dans les deux premières lignes de II K, où parle le fils et le successeur (l'I-jen khan des sources chinoises) du khan dé- funt, on passe immédiatement à répéter, presque mot à mot, l'inscription du côté oriental du mon. I. Ce mot-à-mot, qui pré- sente très peu d'écarts, la plupart d'un caractère graphique, va de la fin de II E 2 au milieu de H E 24, correspondant à 1 E 1, à de téghin paraît dénoter que ce doit être un agnat. Il n'y a donc guère d'au- tres possibilités sinon que (itt/ soit ou neveu ou bien cousin (peut-être demi- frère ou frère naturel?). M. Hadloff le traduit par neveu, sans doute seulement d'après I E 5 = II K 5, où il trouve ce mot (oyiy^^*tyj, ce dont cependant je ne saurais convenir (voir la note 10). Comme celui qui a rédigé l'inscription, doit probablement être un homme d'un âge plus mûr qu'on ne devrait le supposer dans un neveu (c àd. le fils d'un frère cadet) du khan et du téghin, j'aime mieux le triduire par cousin. Mais ce n'est là qu'une hypothèse. — 86 - partir du commencement, jusqu'au commencement de IE30. Aussi dans la suite, jusqu'à II E 32, qui traite, bien que d'une manière assez voilée, du môme combat où Kul téghin trouva la mort, on raconte jusqu'à un certain point les mêmes événements que dans I, quelquefois à peu près dans les mêmes termes. Cependant tout se rapporte ici exclusivement au khan, tandis que tout ce qui dans les récits du mon. 1 concerne Kul-téghin, est omis; bien plus, ce dernier n'est nommé nulle part dans toute l'inscription du mon. II, si ce n'est II E 21 et 22. La continuation de l'ins- cription n'a pas d'analogue dans le mon. I. Malheureusement ces parties sont trop mutilées pour donner autre chose qu'un tableau fort incomplet des événements qui y sont mentionnés; cela est d'autant plus à regretter que plusieurs de ces événements sont les mêmes qui sont mentionnés par les Chinois, et qu'il aurait été d'un intérêt spécial de pouvoir comparer plus en détail la version turque avec celle des Chinois. Cependant c'est toujours le khan défunt qui y parle à la \^ personne, jusqu'à ce que le récit, II S 8, atteigne à sa mort. Dès lors et sans aucune transition il est mentionné, dans le reste de cette section, à la 3*^ personne, tandis que c'est le nouveau khan qui parle. Les trois dernières lignes du côté du Sud (II S 13 — 15) cons- tituent une petite section à part, où le jeune khan énumère les nobles qui sont venus dans le temps rendre hommage à son père à l'occasion de son avènement au trône (et maintenant en- core à l'occasion de son propre avènement?). La seconde section principale, qui occupe tout le côté du Nord (II N, 15 lignes), contient essentiellement la répétition pres- que littérale de toute l'inscription du côté méridional du mon. I. Les lignes 1 — 8 se calquent pour ainsi dire sur I S 1 — 11. Mais ensuite on intercale un nouveau morceau, qui va de la fin de la I. 8 jusque vers le milieu de la 1. 14, malheureusement avec de grandes lacunes et, en tout cas, souvent difficile à lire. Autant que l'état mutilé permet d'en juger, la fin semble concorder avec les dernières lignes de I S. Comme dans la section nommée la première, II E et S, et dans I, c'est encore ici le khan défunt qui parle d'un bout à l'autre, à la i^ personne, et le titre du khan, au commencement de la I. 1, est celui qu'il emploie (p. 74, note). C'est seulement dans le dernier passage, qui traite du monument 87 - même et de sa genèse, qu'il faut voir dans celui qui parle le nouveau khan, quoique ce fait ne soit pas indiqué et que le texte concorde avec l'inscription de I S, où l'on met les mêmes mots dans la bouche de son père. Outre ces inscriptions couvrant les trois faces latérales unies, il y a une ligne sur l'angle qui sépare les côtés de l'Est et du Sud (II SE), ligne qui, je le suppose, doit se lire comme elle est située, c'est-à-dire entre la dernière ligne du côté de l'Est et la première du côté du Sud. Ensuite on trouve sur l'angle sud-ouest une ligne à part (II SW), où le même Yolig-téghin à qui l'on doit l'inscription ayant trait à Kul-téghin, se nomme comme celui qui a aussi rédigé celle-ci. Enfin il y a, s'écartant du mon. I, dans le fronton surmon- tant l'inscription chinoise du côté de l'Ouest, une petite inscription turque (II W) qui contient, ce semble, une expression lyrique du chagrin que le jeune khan éprouve à l'occasion de la mort de son père. Elle aussi, cette inscription est malheureusement assez mutilée. Elle ne me paraît guère avoir pu contenir plus de 9 lignes, 4 de chaque côté de la ligne qui se trouve à peu près sous le sommet du fronton. (Selon M. Radloff, cependant, il y aurait eu là 11 lignes.) De plus, chaque ligne de cette in.scriplion a été assez courte et n'a guère pu contenir plus de 13 à 16 lettres. Les inscriptions turques du mon. II ont donc présenté l'en- semble d'au moins 82 (peut-être 84) lignes. Reste à savoir quel est le mode de succession des deux sec- tions principales contenues dans chacune des inscriptions. Toute- fois c'est là une question d'importance secondaire. Si, dans ce qui suit, je me suis décidé à commencer par le côté de 'l'Est et à regarder par conséquent l'autre section des deux inscriptions, I S et II N, comme une sorte d'épilogue qui s'y rattache, c'est que, d'une part, la grande section historique est absolument la partie principale — et pour cette raison l'on pourrait aussi la supposer destinée à ouvrir l'inscription — ; d'autre part, j'y ai été amené par la raison pratiijue qu'en tout cas cette section est le meilleur moyen d'initier le lecteur au contenu des ins- criptions. Cependant des réflexions renouvelées m'ont rendu vraisemblable - 88 — que l'auteur même des inscriptions a pensé autrement. En ceci j'attache moins d'importance à ce qu'en soi il pourrait sans doute être probable que l'ensemble de l'inscription a commencé par la formule titulaire du khan qui l'a fait graver et qui par cette voie parle à son peuple et à la postérité. Mais il y a un autre détail qui mérite une attention spéciale. C'est le fait que, dans le mon. I, l'inscription du côté de l'Est, contrairement à ce qu'on devait attendre, ne se continue pas sur le côté du Sud, immé- diatement de l'autre côté de l'angle sud-est, où elle finit, mais bien sur le côté du Nord, ce qui fait faire un grand saut au lec- teur, jusqu'à l'angle diagonalement opposé, celui du Nord-Ouest. A coup sûr, la seule explication de cet étrange arrangement c'est le fait que le côté du Sud était déjà couvert de caractères lors- qu'on grava l'inscription du côté de l'Est. Il faut donc admettre que l'auteur a commencé par la section de moindre dimension I S, où il a visé à donner un prologue, une introduction à la grande section historique; mais par inadvertance on est venu à placer cette première section à droite de l'inscription chinoise, si celle-ci a été gravée la première, ou bien, si l'on y a travaillé en même temps qu'à l'inscription turque, il est arrivé qu'on a placé l'inscription chinoise sur le côté originairement destiné à recevoir la grande inscription turque. Dans le mon. II l'on a évité cette faute, et toutes les lignes de l'inscription s'y suivent dans l'ordre naturel, si l'on commence par le côté du Nord (la petite section = I S) et finit par le côté du Sud. C'est pourquoi sans doute, dans la reproduction suivante des inscriptions, j'aurais mieux fait de distribuer les diverses sections conformément à cette manière de voir; mais à présent il est trop tard pour changer le plan une fois tracé de l'arrangement, et, comme je viens do le dire, en elle-même toute cette question n'est pas d'une grande impor- tance. Dans l'édition présentée dans Inscr. de COrkhon, l'on a préféré compter de suite l'ensemble des lignes sur chacun des deux monuments en en arrangeant les différents côtés dans l'ordre suivant: Est, Sud, Ouest, Nord*). Pour ma part, j'aime mieux *) Dans ma Notire préliminaire, p. \ (— 288) et suiv., j'ai déjà dé- montré qu'il faut lire les lignes de droite à gauche, et non de gauche à — 89 — compter simplement les lignes sans sortir du cadre de chaque côté, de la même manière que l'a fait M. RadlofT. Seulement j'emploie une autre désignation que la sienne, en donnant à chaque côté le nom du point cardinal qu'il regarde (ou qu'il a regardé) et en employant à cela les marques N, S, E, W internationale- ment acceptées. Dans ma transcription je mets en marge cette désignation, tandis que, dans le corps du texte et au commence- ment de chaque ligne, je place la désignation fautive des lignes, qui se trouve dans Inscr. de UOrkhon, Le tableau ci-dessous montre la corrélation des désignations différentes: Inscr. (le rOrkhon. «*'ï'»^')- 1 K 1— 40 =40-1 =- K (40— l) 1— 40 INI— IH -= 69-57 = Kb (13— 1)1-13 I S 1—13 = 54—42 = Ka (13-1) 1—13 I NE =70 = K m I SK =41 = K II I SW =55 = K I I W 1—2 =56 = Kcl-2 II E 1—41 = 41—1 = X (41—1) 1 -41 II SE =42 = X II II S 1—15 = 57-43 =Xa (9-1) 1—13 UN 1-15 = 77—64 = Xb (15-1) 1—15 11 SW =58 = X ! n W 1-9(11?) = 63—59 = Xc 1-7 Quant au texte des inscriptions, l'on approuvera sans doute que j'en donne seulement la transcription. Les textes originaux ont déjà été publiés plusieurs fois de différentes manières: une copie nouvelle ne serait donc importante que si elle se fondait sur une collation critique nouvelle des monuments originaux droite, comme cela se fait et dans Inscr. de VOrkhon et dans l'Atlas de M. RadIoiT. ') Je mets entre parenthèses les chiffres de lignes fautifs de l'Atlas, et en dehors des parenthèses ceux qu'emploie M. RadIoiT dans sa publication récente. 7 — 90 — mêmes, et doit être réservée à cette collation. La publication dont j'ai fait la principale base de mon texte, est la copie typo- graphiée qu'on trouve dans Inscr. de VOrkhon. Elle a été géné- ralement exécutée avec beaucoup de précision, surtout en ce qui concerne le mon. l, et se fonde sur une copie faite, d'après les originaux mêmes, par le chef de l'expédition finnoise envoyée dans ces parages, M. le Dr. A. Heikel, secondé par son frère. Avant d'être imprimée, cette copie a été ultérieurement collation- née avec ce qu'on avait pris de plaques photographiées et d'épreuves sur papier représentant le mon. P). Un nombre assez considérable de détails de ce texte typographie^) se laissent cor- riger immédiatement et avec une parfaite certitude, dès que l'on connaît l'alphabet et la langue (p. ex. dans des mots ou phrases reparaissant souvent, tels que kûl-tig^n, bin^p op\"ju t"gdi et bien d'autres, ou bien là où les deux inscriptions contiennent des textes parallèles). Mais en outre j'ai rapproché le tout, avec le plus grand scrupule possible, tant des planches des Inscr. de [Or- khon (dont toutefois quelques-unes sont malheureusement très peu lisibles) que des planches non retouchées de l Atlas der Alter- thûmer der Mongolei par M. le Dr. W. Radloff, qui reproduisent, par voie photographique, des estampages sur calicot exécutés par M. Radloff comme chef de l'expédition russe envoyée dans ces régions^). Je crois que, grâce à cette collation, je suis parvenu, dans un nombre assez considérable de passages, à obtenir des résultats plus précis et plus sûrs que les textes typographies. Enfin, sur ma prière, M. Heikel a bien voulu collationner avec les photo- graphies originales et ses estampages divers passages où il m'im- pCJrtait de savoir plus exactement que ne me permettaient de le voir les planches, quelles traces de lettres on pourrait constater. Malheureusement, dans nombre de cas, cette revision renouvelée ^) Inscr. de VOrkhon, p. X. ^) Quand je cite exceptionnellement ce texte dans les notes, je le désigne par 10. Ordinairement je regarde comme superflu d'indiquer les écarts de mon texte par rapport à ce dernier, quand ils tiennent à une correction sûre et qui s'entend logiquement de la levon erronée ou défectueuse d'un mot. ') Au contraire, les planches retouchées que renferme cet ouvrage, sont très sujettes à caulioii et fort en arrièro du texte imprimé des Inscr. dr l'Or khon. — 91 — n'a point donné de résultats; mais en d'autres cas ce m'a été une satisfaction de voir confirmée une conjecture ou d'acquérir la certitude que telle ou telle leçon était ou possible ou impos- sible, et je me permets ici de remercier sincèrement M. Heikel d'avoir bien voulu se donner tant de peine pour moi à ce sujet ^). Ensuite je dois mentionner que, l'impression du présent mé- moire ayant à peu près atteint la fin de sa première partie, le travail de M. Radloff assez souvent cité par moi dans cette pre- mière partie, Denkm. Kûl T. (voir p. 4), a été remplacé, à titre de canevas provisoire, par une publication nouvelle et plus élaborée du même auteur et qui, sous le titre de Die alttûr- kischen Inschriften der Mongolei. Die Denkmâler von Koscho- Zaidam (St. Petersburg 1894), comprend les deux grands monu- ments. Toutefois les modifications (soit du plan, soit du texte, soit de la traduction de l'inscription I et des parties qu'elle a de commun avec II) par lesquelles ce travail se distingue du canevas dont je viens de parler, sont généralement assez superficielles; dans certains cas, j'ai éprouvé une satisfaction personnelle à y rencontrer les mêmes manières de voir auxquelles j'étais arrivé indépendamment, tandis que, d'autre part, il y a aussi des modi- fications qui ne me paraissent pas être des améliorations^). Au reste, le lecteur qui aura pris connaissance de la première partie *) Je désigne par H ce que je dois aux communications de M. le Dr. Heikel. *) Je ferai particulièrement ressortir qu'il arrive que tous les points à l'égard desquels j'ai émis des opinions divergentes dans la première partie de mon travail (sans compter bien d'autres de même nature que je n'ai pas for- mellement mentionnés) ont passé sans changement dans la publication re- maniée. A ceci ne font exception que quelques rares détails d'importance se- condaire: aujourd'hui M. Radloff traduit aussi la combinaison dêû-apa (voir p. 2'i, note 2) par «Vorfahr(en)», même signification que, indépendamment de lui, j'avais assignée à cette combinaison, et dans son glossaire, p. 84 et 14H, il lit aussi à présent buàsyz et traduit buft par cMaas, Ende (eigentlich [?])>, et buAsyz par ^ohne Ende (Maass), endlos, gross, mâch- tig» (sans fin, sans bornes, infini, grand, puissant), tandis que dans sa traduction il avait rendu ces mots de la même manière que dans son travail préliminaire; voir plus haut, p. 25, note 2. Cependant je dois regarder cette interprétation comme arbitraire et erronée, tout en maintenant nettement la justesse de l'interprétation que j'y ai donnée de ces mots. 7* — 92 — de mon travail ou qui voudra se donner la peine de comparer en détail la manière dont M. Radloff, d'une part, et moi, de l'autre, traitons ces anciens monuments, verra tout de suite que, indépen- damment du plus ou moins de familiarité avec les idiomes turcs, il y a une profonde différence de principe entre la méthode suivie par cet illustre savant et celle que je regarde comme juste. Ce lecteur verra que non seulement cette différence éclate en maint endroit quand il s'agit de fixer les leçons exactes du texte ^): elle se révèle à un degré éminent dans le plan à suivre pour la trans- cription: tandis que sur ce terrain je m'en tiens exactement à ce que donnent les inscriptions et sans rien changer, M. Radloff, tout en suivant parfois de trop près les langues turques (du Nord) modernes, a, selon ma conviction, traité tout au long ce point avec un tel arbitraire, qu'on acquiert même à certains égards une idée fausse de la langue des inscriptions*). Enfin je crois que si l'on veut comparer entre elles les traductions, on ne trouvera pas moins de divergence relativement à l'intelligence et à l'interpré- tation d'un grand nombre de détails qui ont trait soit à la langue, soit aux faits historiques et géographiques mentionnés dans les inscriptions, côté que M. Radloff n'a touché que très rarement*). ^) n est regrettable que M. Radloff ne paraisse point avoir tenu compte des textes contenus dans Inscr. de VOrkhon, oavrage qu'en toat cas il ne nomme nulle part: dans ces textes il eût trouvé, en plus d'un endroit, des leçons — ou des indices de leçons — évidemment plus correctes ou plus com- plètes que celles qu'il a suivies. Du reste, je prie le lecteur qui voudra com- parer les textes donnés par M. Radloff et par moi, de vouloir bien, dans les cas douteux, ne pas se prononcer sur nous sans avoir comparé aussi les publi- cations accessibles des inscriptions originales mêmes *) Comp., par exemple, plus haut, p. 18, note 2, p. 22, note 1, et plusieurs autres endroits Dans le glossaire postérieurement publié, cet arbitraire a été poussé plus loin encore que dans les textes mêmes ') Il serait superflu, même irréalisable d'indiquer expressément chaque divergence de leçon et, encore plus, de transcription ou de traduction. Dans les notes mises au bas des textes turcs, je le fais seulement dans quelques cas où la leçon est en elle même plus ou moins douteuse, en y désignant par R la leçon de M. Radloff. Concernant certains autres cas où il y a des divergences plus importantes ou plus caractéristiques, je me permettrai de formuler, dans les notes explicatives mises à la fin de mon travail, mes objections contre la version Radloff en y joignant les motifs de la mienne. Je pourrais ajouter qu'il y a aussi un assez grand nombre de divergences qui ne sont dues qu'à — 93 — Du reste, pour ce qui concerne mon propre travail, je ne saurais m'en tenir qu'à ce que j'ai énoncé à la page 4. Quant à l'arrangement que j'ai suivi en reproduisant le texte, je dois encore faire ressortir que, dans les parties où les deux inscriptions se suivent littéralement, j'ai préféré insérer le texte du mon. II sous I pour y donner les deux textes en lignes parallèles. On obtient par là que le lecteur puisse aisément faire la comparaison des deux textes, et l'on évite de donner deux fois des traductions identiques de ces passages d'assez longue baleine. Dans le texte, je me sers du signe [ ] pour désigner ce qu'on ne peut plus lire sur la pierre, tandis que je désigne par < > ce qui n'est point une lacune, mais ne s'est jamais trouvé sur la pierre^). Enfin, le signe ( ) marque ce que porte la pierre, mais doit être supprimé à titre de faute commise par la personne qui a rédigé l'inscription ou qui l'a gravée. Entre [ ] j'indique, au- tant que possible, au moyen de points ([. . .]) le nombre ap- proximatif de caractères (turcs) supposés disparus dans la lacune. Si l'on ne peut déterminer ce nombre avec une exactitude ap- proximative, j'emploie au lieu des points un ou plusieurs traits ([— — ]). Quand je crois pouvoir, en tout ou en partie, combler une lacune par voie de conjecture, j'en informe par de menus caractères entre [ ], et des points ou lignes éventuels n'ont alors trait qu'à la partie restante de la lacune. Là où je reproduis les doubles textes en lignes parallèles, j'ai regardé comme superflu de compléter l'un des textes au moyen de l'autre, chaque lecteur pouvant le faire immédiatement lui-même. Seulement, dans le cas de lacunes parallèles dans l'un et l'autre texte, j'en fais quelquefois l'essai. Dans la traduction j'emploie [ ] dans le même sens que dans de petites inadvertances ou à des fautes d'impression soit dans le texte, soit dans la traduction. Par exemple, Radloff, p ô8, X 24 «sechs und zwanzig- 8ten>, qu'il faut lire cacht u. z»; p. 70, Xa 8 «neunten», qu'il faut lire «zehn- ten», «sieben und zwanzigsten>, qu'il faut lire «s. u. dreissigsten», etc. *) Dans les textes reproduits parallèlement, j'emploie quelquefois -< >» pour faire remarquer expressément que certains mots qu'on lit dans l'un des textes, ne se retrouvent pas dans l'autre. — 94 - le texte; seulement, j'y mets un nombre arbitraire et plus petit de points ou de lignes. Par des points en dehors de [ ] je dé- signe que quelque chose m'est incompréhensible à moi. Au con- traire, je mets ici entre ( ) les additions supplémentaires ou ex- plicatives que ne porte pas l'original, ou quelquefois des traduc- tions qui ne sont que de pures conjectures. Ce que d'ailleurs j'aurais à faire observer pour renseigner sur certains détails, a trouvé place dans les notes qui terminent le travail. Cependant il y a un point qu'il serait bon de faire précéder d'une remarque. C'est la chronologie employée dans les inscrip- tions. Comme nous le savons aussi d'autre part, les Turcs se sont servis à cette époque du calendrier chinois, tout au plus avec une légère modification (voir la note relative à 1 NE); mais ils n'ont pas compté les années de suite à partir d'un point fixe. Quand les inscriptions indiquent la date de quelque événement, cela se fait régulièrement par un renvoi à l'âge res- pectif du téghin ou du khan. Il ne reste pas tout à fait clair si, dans ces cas, l'âge est compté d'anniversaire en anniversaire, ou si l'on entend par là une année lunaire (l'année civile), soit celle dans le cours de laquelle la personne en question atteint l'âge indiqué, soit Tannée suivante au commencement de laquelle il aurait conséquemment atteint cet âge. Cette dernière alternative de l'année lunaire serait sans doute la plus vraisemblable et pour- rait peut-être trouver de l'appui dans le fait que, dans II S 2, on mentionne, en continuité immédiate, des événements qui ont eu lieu pendant l'hiver de la 38® année du khan et au printemps de sa 39® année (c'est là ce que sans aucun doute il faut lire); car l'année lunaire commence par «le printemps» — à moins que par hasard l'anniversaire du khan ne soit tombé précisément autour du nouvel an, cas où toutefois l'année d'âge atteinte coïnciderait, pour la part du khan, avec l'année lunaire. Or, plusieurs fois nous trouvons le même événement men- tionné dans l'une et l'autre inscription et rattaché à l'âge de chacun des deux frères. On constate alors que le chiffre repré- sentant l'âge du khan dépasse régulièrement de 1 celui qui re- présente l'âge du téghin; dans un seul cas il se présente (peut- être grâce à une inexactitude existant dans l'une des inscriptions) une différence de 2. Ainsi on lit: — 95 — âge du khan âge du téghin mort du père 8 (Il E 14) 7 (I E 30) expédition contre les Sogdak, etc. 28 (II E 24) 26 (I E 31) » les Karlouk . . 31 (II E 29) 30 (I N 1-2) ») les Chinois ... 32 (II E 25) 31 (I E 32) » » les Kirghiz et les Turghès .... 37 (II E 26) 36 (I E 35) Il doit donc y avoir entre les deux frères une différence d'âge de 1 an ou un peu plus, et pourtant moindre que 2 ans, de sorte que vraisemblablement ils ont dû naître en deux années lunaires successives. Or. il demeure certain que Kul-téghin mourut au printemps de 731, à l'âge de 47 ans (voir p. 78 et I NE). Par conséquent il a dû naître en 684 (ou 683), et son frère aîné, le khan, en 683 (ou 682). Donc, conformément à la manière de calculer employée dans les inscriptions, ce dernier a dû, à sa mort survenue dans l'automne de 734, être âgé de 51 ans, ce qui concorde bien avec le fait qu'à l'occasion du dernier événement mentionné immé- diatement avant sa mort (II S 7), il est indiqué comme ayant 50 ans. D'après ceci les données chronologiques peuvent par conséquent être aisément converties en années approximatives de notre ère en ajoutant à 684 ou à 683 les âges respectifs*). Il serait inutile d'entamer ici la démonstration de l'importance éminente de ces inscriptions comme étant les plus anciens monu- ments de la langue et de la littérature turques, vierges encore de tout souffle du monde mahomélan, et comme des documents historiques originaux qui constituent un supplément on ne peut plus précieux aux récils des Chinois. Si, dans les parties où il s'agit d'énumérer les expéditions militaires, les ambassades, etc., non seulement le style est en *) Cette donnée est due à une correction ajoutée dans l'inscription même, l'âge de 37 ans ayant été préalablement indiqué. ') Malheureusement il se trouve que parmi les événements dont l'époque est fixée de la manière indiquée, il n'y en a, je pense, aucun (excepté la mort de Kul-téghin et peut-être celle du père) qu'on puisse identifier, avec une parfaite certitude, à tel événement isolé rapporté par les annales chinoises à une année déterminée. — 96 - généra] sec et monotone, mais aussi l'exposition est assez dés- ordonnée, de l'autre côté il y a de grandes parties où la langue, bien que souvent un peu contrainte et lourde, s'élève néanmoins à des expressions de sentiments réellement profonds et de vraie poésie, et où ce langage est appuyé par un style d'une couleur très caractéristique et souvent fort vive. Comme trait typique sous le rapport du style, il faut surtout signaler la figure bien connue aussi d'autre part et qui consiste à exprimer la même idée en deux phrases coordonnées, construites ou parallèlement ou sous forme d'antithèse. Non seulement cette figure donne au style un cachet tout particulier de force et de charme; mais lorsque une fois l'on a su saisir la sûreté et la logique de l'emploi de cette figure, elle se présente également à nous comme un auxiliaire ex- trêmement important relativement à la juste intelligence de beau- coup de passages. Quelquefois il se rattache encore à l'emploi de cette figure un usage évidemment intentionnel d'allitérations (voir, par exemple, I E 23 = II E 19, note 31). Si nous y sgou- tons encore que bon nombre des métaphores que nous trouvons employées dans les inscriptions, se retrouvent aujourd'hui même dans la poésie populaire de diverses tribus turques (j'en citerai quelques exemples dans les notes), tout ceci vient se résumer en une impression tout à fait à part que laissent ces anciennes ins- criptions. On dirait presque de lointains échos d'une épopée nationale, tour à tour triomphants et pleins d'une douloureuse tristesse, qui viendraient nous firapper, émanant de ces pierres moussues, dans lesquelles la voix se ranime aiyourd'hui! Monument I. Côté de l'Est, avec II. Côté de l'Est, 2—24 (II, 40—18) = I E 1—30 (I, 40-11). (1,40) Ozâ-kôk t*Ari «sra j*yyz yr qyjynduqda »kin-«ra kisi oyiy ^^^ (ii,4ot, Ozà kôk^t^Ari ^\ 7 T. I1E2 qytynm>s. kisi oytynda ôzà *ôum-*pam burayn-q^y^n ist*mi-'q*y*n ] ni,89) kisi oylynda ôzà *èum-*pambumynwqayan *st*miv-q*y«n IIE3 ot"rmy§*, o}"ryp*n tûrk bud"nyn ilin tôrusin tuta birm's, iti birm's. o}"rmys*, o}"ryp*n tûrk bud"nyA ilin tôrusin tuta-'birm's, iti-'birm's. (1,89) tort but"n qop j*yy-*rm's, sû-^sul^p^n tort bul"nd*qy bud"nyy IE2 tôrl b4"A qop j*yy-»rm>s, sû-sûl»p% tort bu}"nd*qy bud"nyy qopw^tays, qop-b*z qylmys, b^sJyyyy jûk"nd"rm's, tizl'g'g sôkûrm's. [ ] basJyyl . . .^kûnd'Vm's, tizl'g[ iig^rii q*dyrq*n jy§qa-t^gi, kirii t»m'r-q»pyyqa-t^gi qond"rmys, ](ii,88)t^m'r-q*py>'qa t*gi qond"rmys, I1E4 * Pour ce qui précède voir plus loin. * Comp. p. 33, note 1. coté de l'Est Quand le ciel bleu en haut et la sombre terre en bas furent lEl créés, entre les deux furent créés les fils des hommes. Au-dessus (hes) des fils des hommes s'élevèrent mes ancêtres Boumin kagan et Istèmi kagan*). Après être devenus maîtres, ils gouvernèrent et fixèrent l'empire*) et les institutions du peuple turc. Aux quatre IE2 coins du monde ils avaient beaucoup d'ennemis*), mais faisant des expéditions avec des armées, ils asservirent et pacifièrent beaucoup de peuples aux quatre coins du monde; ils leur firent baisser la tête et ployer le genou ^); ils les firent s'établir en avant (c'est-à-dire vers l'est) jusqu'à la forêt de Kadirkan"^), en arrière (c.-à d. vers l'ouest) jusqu'à la Porte de Fer*^). Si loin entre ces deux (lœ*) — 98 — IE3 'kin-»ra (i,3«) idioqs>z kôk tûrk *nfîa ot^rur-^rm's. bilgà q^y^n^ 'kin-*ra idioqsyz kôk-tûrk [. ]iti-*néa^ ol"rur-^rm's. bilgà q*y*n ^rm's, *}p-q*y*n- ^rmis, buj"ruqy-j'mà bilgâ »rm's-*r'nô, atp-'»rm*s-- »rm's, *}p-q*y®n ^rmis, buj"ruqy bilgà ^rm's-^r'nè , alp-^rm's- »r'nc, b^gl^ri-j'mà bud"ny-j>nià tiiz-»rm's. *ny-uèun il»g *néa-- »r»n6, b»gl»ri-j'mà bud"ny [ ] ûèûn il»g «nëa- IE4 tutm>'s ^r^nè, il'g-tut>'p tôriig itm's. ôzinèà (i,s7) k^rg^k botmys. tutmys-^r»nC% il'g-tutyp tôrû[ T ] (ii.s?) juyéy syyytèy ônrà kiin toy"s.vqda bôkli ôôl»g*-*l, t*by*ë, tupiit, *par IlEô juyéy syyytéy onià kun to^'^syqda bokli èôl»gMI, t*by*c, tûpût, *p*r^ apurym, qyrqyz, uô-quryq*n, ot"z-tH*r. qyt»i, tH*by, bunèa bud"n «purym, qyrqyz, uc-quryq^n, ot^z-t^t^r, qyt*j, t*t*by, bunèa bud"n kM'p«n syytamys juylamys. *nd*y kùl'g q^y^n-^rm's. *nda kisrà kM»p«n syytamys juylamys. *nd»y^kûl»g q^y^n »r[ . . . ."^. . . . . IE5 in'si--q*y^n (i,36) botmys-* r'né, oyly-»ty q*y*n-botmys-^r'nè, «nda- ]n6, oyly-Hy q^y^n bolmyà-^r^è, *nda kisrà inisi ^èisint^g qy}ynni*duqwar'nc, oyJy ^q'^nynt^ qy}ynmMuq-- nE6 [ ] (11,36) qyjynni*duq-^r'nc, oyiy »q*nynt»g qy}ynm*duq- ' ou []iiinêàf » dôl<^1>igf 1E3 (points extrêmes) s'étendaient en souverains les Turcs Bleus'). C'étaient de sages kagans, c'étaient de vaillants kagans; tous leurs officiers étaient sages, étaient vaillants; tous leurs nobles, leur peuple entier, étaient justes. C'est pourquoi ils pouvaient gouverner un si grand empire et, en gouvernant l'empire, donner des lois. iE4; A leur tour, ils trépassèrent. Pleurant et se lamentant arrivèrent de l'avant, du côté du soleil levant, les puissants peuples du désert (c'est-à-dire étrangers?), les Chinois, les Thibétains, les Apar et Apourim, les Kirghiz, les Trois-Kourikans, les Trente-Tatars, les Kitaï, les Tatabi®), — tous ces peuples vinrent se lamenter et pleurer^): si vaillants avaient été ces kagans. Après cela leurs frères IE5 cadets devinrent kagans, et leurs fils*") devinrent kagans; mais alors (1IE6) les frères cadets n'étaient point créés comme leurs frères aînés, les fils n étaient point créés comme leurs pères. Des kagans sans - 99 — «r'nc*, bil'gsiz q«y«n ol'Tmys^ Vne, jaW^q q^^'^n ol"rmys-Vn6. ^r'ïié, bil'gs'z q^^'^n ol"rm>'s>-âr'nc, j'^bJ^^q q^y^n ol'Tmys ^r'nè. buj"ruqy j'mii bil'gs'z^-ârinô, j»bl*q-^rm*s-»r'nè. (i,35) b»gl^ri bud"ny IE6 buj^ruqy j'mà bil^gs^z-^rm^s-^r^nô, j»bJ«q »rni's-^r'n6. b^gl^ri bud"ny tùzs^z-uè"n, t*by*6-bud"n t«bl'gin korl'g^Qèûn, ar^m^qèysyn uèûn, tuzs'z^ûô'";n, i^hy^è bud"n t«bl»gin korl'gin[ ]yn Û6"n, in'li »ôili kin*sûrtûkin tièun, b^^li bud"nlyy jon>surtuqyn ûèun, in'li [ T ] (11,35) jon>surtuqyn u6"n. UE7 turk bud"n ill^dûk ilin yé^^ynu ydmys, (i,s4) q^yanlMuq q«y*nyn jit"rû IE7 tûrk bud"n il^dùk ilin yù^^^nu ydmyè, q*y»n}*duq q^yanyn jit'"'ru- ydmys. t^by^è bud"nqa b^gl'k ury-'OyJy(n) quJ--boJdy, sil'k qyz- ydm>'s. t»by«ô bud"nqa b»gl'k ury-oylyn qul-qyJty, s'l'k>-^qyz- oy\y(n) kiin-boWy. tûrk b^l^r tiirk atyn yty, t^b^'^èyy b^gl^r oyJyn kiin-qytdy. tiirk b^glâp turk Hyu yty, t»bf. . . .] b^l^r i^hy^à atyn tutyp^n t*by*6 q^y^nqa d.ss) korm's, M'g-^jyl is'g- t*by*^6 H[ ] rii,3*) is'g-- kiic'g birm's. ilg^rii kun to^'^syqda bôkli q«y*nqa t«gi sûl»jù kûô'g birm's. ilg^rii kun toy"syqa bôkli q^y^nqa t^gi sul^ju 1E8 UE8 sagesse, des kagans lâches montèrent sur le trône; leurs officiers IE6 étaient tous sans sagesse, étaient lâches. Et comme leurs nobles et leur peuple étaient iniques, et à cause de (l'aménité et du charme?) du peuple chinois, et de (son insinuation?), et comme les (partisans des?) frères cadets et les (partisans des?) frères aînés tramaient des complots les uns contre les autres, et que ceux qui tenaient pour ^^k'^) les nobles et ceux qui tenaient pour le peuple, suscitaient des que- relles les uns contre les autres ^^), le peuple turc amena la dissolu- tion de son empire, qui était devenu son empire, et amena la IE7 ruine de son kagan, qui était devenu son kagan. Les fils des nobles devinrent esclaves du peuple chinois, leurs pures filles devinrent ses serves. Les nobles des Turcs abandonnèrent leurs titres turcs et, portant les titres chinois des dignitaires de Chine, ils 1^8 se soumirent au kagan chinois et lui vouèrent pendant cin- quante ans leur travail et leur force ^*). En avant, vers le so- (^a^) leil levant, ils firent des expéditions jusque chez le puissant kagan; — 100 - birni's, qur^y^ru t«m'r-q*pyyqa t^gi sûl^jû birm's, t*by*é q*- birm»s, quryy^ru t^m^r q^pyyqa sûl^jû birm's, t*by*é--q*- 1E9 y^nqa. ilin tôriisin *ty-birm^s. tûrk q*ra-q*myy (1,m) bud"n *n6a- y^nqa ilin tôr"sin *}ywbirm>s. tiirk q^ra q^m^y bud"n «néa- tim's: ill»g bud"ii-M'm, il'm *mHy-q*ny? k^mka il'g q^zy^nur- tim»§: ill»g bud"n[ m^n? tirwârm's. q^y^n\yy bud"n *rt»m, q*y*nym>'q*ny? nâ--q*y*nqa I1E9 ] (II, 38) qay^njyy bud"n Wm, q*y*nym q*ny? nâwqay^nqa is'g-kûè'g birurni^n? tir--^rm's. *néa-tip t*by*ô q*y*nqa j^yy- is*g-kû6*g birûrm^n? tir-^rm^s. *ïéa-tip t*by*é>-q*y*nqa j*yy lElo botm>'s, (1,31; jayywbot>p iV^nii j^rHunu umduq j^na ié'km's. bunéa botmys, j»yy bolyp it^nû j*rH"nu umduq j^na ié'km's. bunôa is'g-kuè'g birtiikg^ru s*qynm*ty, tûrk bud"n ôl"r^.jin, ur"ysyrH*jyn, is»g-kûé'g birtûkrii s*qynm*ty, tiirk bud"nyy ôl"r[ tirwârm's, joq*du b*ryr ^rm's. ôzà tiirk t»nrisi tiirk-yduq-jiri (i, so) lifilO ] (11,32) tiirk t^nrisi yduq jiri lEll suby *nèa-'tm's. tiirk bud"n joq bolm^zun tij'n, bud"n botôun- Suby «nèa-'tm's-'àr'nc. tiirk bud"n joq-botm^zun tij'n, bud"n bolèun en arrière (c'est-à-dire vers l'ouest) ils firent des expéditions jus- qu'à la Porte de Fer; mais au kagan chinois ils livrèrent leur IE9 empire et leurs institutions. Mais tout entier le menu peuple turc parla ainsi: «J'ai été un peuple ayant son propre empire; où est (maintenant) la gloire (?)*^) de mon empire? A qui gagnerai-je (iiED) un empire?» — ainsi disaient-ils. «J'ai été un peuple qui avait son propre kagan; où est (maintenant) mon kagan? A quel kagan vouerai-je mon travail et ma force?» — ainsi disaient-ils. En parlant ainsi ils se firent les ennemis du kagan chinois. Après qu'ils lElo furent devenus ses ennemis, ils reprirent de nouveau l'espoir de se constituer et de s'organiser**). Mais comme tous ceux-ci ne pensaient plus**) à leur vouer leur travail et leur force, ils (c.-à d. les Chinois) dirent: «Je veux tuer le peuple turc et le rendrai sans postérité»*^), (iiEio) et ils partirent pour les anéantir. Mais le dieu des Turcs en haut dans lEll le ciel et les saints génies de la terre et de l'eau des Turcs *^) firent ainsi: pour que le peuple turc ne fût point anéanti, et pour qu'il - 101 - tij'n, *q*n>'m ill'^r^s-q^y^n^y, ôg»m ilbilgàwq«iun>> t'^nri tôp»sinda ly'n, »q*nym ilt"r»s q»y*n>>, ôg!Jin ilb'lga q^tun^y t^nri lôp^sindii tut>p jôg^ru kôtûrm^s-^r'nè. *q*fiym-q*y«n jiti-j^g'rmi-*r'n t«s>qm>s. lutyp jôg»rû kôtûrli-^riné. *q*nym-q*y*n j'ti-j'g»rmi »r'n [ t*sra (1,29) joryjur tij»n ku-^s'd'p* b*tyqd*qy t»yyqmys^, l«yd»qy 1E12 [ T r ] (11,31) inm's, tir'l'p j'tm's^-^ivbotmys. t^nri kû6 birtûk-uè"n ^q^nym-- inm'è, tir'l»p j'tm*s>'*r botoyà. t^nri kûô>-birttik iï^S'n ^q^Aym- liEll q^y^n susi bôrit^ ^rm»s, j*yysy qoit*g-"rm's. ilg^rû qur^y^ru sûl^p q^y^n sûsi bôrit^g *rm's, j^y^sy qoit% *rm'è. ilg"rû quryy^ru sul^p ti[ . ]m'[ . J qobM[ . . . ]rayyy (i,28) jiti^juz-4r bolmys. j»tHûz^*r boJyp IE13 lirm's qobMmyè, q^myyy j»ti-jûz-*r botoyè. j'ti-jûz-^r bolyp 'ls»r*m»s q^y^nsyp^mys bud"nyy kûùMm's quMmys, bud"nyy tûrk [ ]n^y tu[. . tôriisûn yèyynmys, bud"nyy *ôûin-'*pam tôrûsinéâ j*r*tniys, busyur- . .]r"sin [ ] (11,80) bud"nyy *ôum>-*pam tôrûsinéâ j^r^tmyà, bu8y"r- nE12 * voir p. 14. * IOm «y (Y) distinct» H. {taêyqmys R.?). redevint un peuple, ils élevèrent mon père le kagan Iltèrès et ma mère la katoun Ilbilghè, les tenant au sommet du cieP®). Mon père le kagan partit avec vingt-sept hommes, et en apprenant le bruit**) qu'il sort et s'avance, ceux qui étaient dans les villes, mon- ie12 tèrent dans les montagnes, et ceux qui étaient sur les montagnes, descendirent, et après s'être réunis, ils furent soixante et dix (iteid hommes. Comme le ciel leur donnait la force, l'armée de mon père était comme des loups, et ses ennemis comme des brebis. Faisant des expéditions par devant et par derrière (c'est-à-dire vers l'est et vers l'ouest) il rassembla (des gens) et les fit se soulever; en tout ils furent sept cents hommes. Après qu'ils ieih furent devenus sept cents hommes, il déposséda des peuples (in- dépendants) et déposa des khans, il fit les peuples serves et escla- ves***); il abolit les peuples et leurs institutions turques; il régla les (iiei2) peuples d'après les institutions de nos ancêtres et les enflamma. — 102 — lEU mys. tôlis tordus [ ] m, 27, yhyny l^A^y »nda b'rm's. mys. tôl's tordus bud^ny^' «nda-itm's, j^b^'uy s^dyy »nda^birm's. b'r'jà t*by*è bud"n j»yy-*rm^s, jyryja b*z-q*y*n, toquz-oy"z budun bir'ja l^by^c bud"n j*yy-*^rm*s, jyryja b*^z-q»y»n, toquz oy"z bud"n jayy^àpjn>s, qyrqyz, quryq^n, ot^z-tH^r, qyW, tH^by, qop j^yy-^rm's. jayy^ftrmis, qy [ IE15 *q*nym-q*7*n bunèa [ ] (i,26) qyrq *rtuqy . ]nym [ r ] (nr«») j'ti joty siil^m's, j'g'rmi sun"s sun"sm's. t*hri j^rfyqMuq iicun IIE13 jiti joty siil^m's, j^g'rmi siin^s suln'^sjm's. t*nri j*riyqMuq-ûc"n ill'g^g 'Is'r^tm's, q^y^nJyyy^' q^y^nsyr^trays, j^^'y^' b^z-qylmys, tizl'g'g ill'g'g Us'r^tm's, q^y^nY^y^y q^y^nsyr^mys, j^yy b^z-qytmyà, tizl'g'g IE16 sokiirm's, b^s^y^yy juk"ndu[ «nèa ilîg?] (1,25) torûg sok"rm's, b^sJyyy^' juk"nd"rm»s. ^q«nym q^y^n [ qazy*nyp uèa b^rmys. *q»nym q^y*nqa b»st»ju b^z-q^y^nyy blbt . / ] aqajfjFna [ j b^àflajju b»z-q«y^nyy btb[ . tikm's. < > o\- IIEU aqaftym] (11,28) q»y*n uéduqda ôz'm s^k^z-j^sda q^Rym. o\- IE14 II y constitua les peuples Teulès et Tardouch et leur donna un yabgou et un chad^^). A droite (c.-à-d. vers le sud) le peuple chinois était (notre) ennemi, à gauche (c.-à-d. vers le nord) Baz kagan et le peuple des Neuf-Ogouz^*) étaient (nos) ennemis; les Kirghiz, les Kourikans, les Trente-Tatars , les Kitaï, les Tatabi, beaucoup IE15 étaient ennemis. Mon père le kagan [ ] tous ceux-ci; il se (iiEis) mit quarante-sept fois en campagne et lutta en vingt batailles; comme le ciel lui était propice, il rendit sans empire (priva de leur indépendance) ceux qui avaient un empire (formaient un peuple indépendant), ceux qui avaient un kagan, il les rendit sans kagan; il pacifia les ennemis et leur fit ployer le genou et baisser la tête. Après avoir fait [tant de choses pour l'empire et pour?J IE16 les institutions, mon père le kagan mourut. En tète (du cortège?) de (IIEU) mon père le kagan, on fil mener le deuil (?)*^) à Baz kagan*). D'après ') Il E 14 ajoute: Quand mon père le ka^an mourut, je fus moi-même laissé à Tàge de huit ans. * ou 'tuqaf * environ 36 caractères. IE17 - 103 — tôrûda ôzà ^cim-'q^y^n ol"rty. *cim>-q*y»n ol"ryp»n tiirk bud"nyy tor^dii ozà *c'm-q^y»n o}"rly. < > oJ"r>p»n tiirk bud^n^y jicii itdi, ig»ti, ëyyVy [ ] i\.m ^èim-'q^y^n jiëà itdi, jiéà ig»ti, ^yy^j^y b*j-qy}dy, ?zyy-ok"à qyidy. ^èim-q^y^n ot"rtuqda ôz»m < o}"rlùqa* ôz'm tig'n *rk[ ]y[ *] t^nri [jarfyqaduq ûèûn] > tordus bùd"n ôzà è»d-*rt'm. *ë'm^q*y*n (11,27) tort j'g'rmi j*symqa tordus bud"n ôzà sM^ot"rtym. *è'm-q*y»n "Elô birlà ilg^rii j*sy}-ûg"z s^^ndun j*zyqa-t*gi siil^d'm'z, quryy^ru t^m'r- birlà ilg^rii j*syi-ug"z s*ndun j*zyqa t*gi sùl*d'm>z, quryy^ru t^m'r q*pyyqa t*gi sulM'm'z, kôgm*n *sa qy[ ] qapy^qa t*gi sul*d^m»z, kôgm*n-*àa qyrqyz jir>nà t^gi s[ûMim'z (1,23) q^my^y bis-ol"z sûl^d^m'z, iiè-^j'g'rmi sun^èd'm'z, ill'g'g ils'i*t- IE18 ] ot"z sû[ d'm»z, q*y*n}yyyy q^y^nsyrMdymyz, tizl'g'g sôk"rt'm»z, h^Wy^y jûk- ] (ii,26j sôk"rt»m'z, b^sty^yy jQk- IIE16 l'usage, mon oncle paternel le kagan monta sur le trône. Après être monté sur le trône, mon oncle le kagan gouverna bien le peuple turc, et' le releva; les pauvres il les rendit riches, ceux qui étaient en petit nombre, il les rendit nombreux. Quand mon IE17 oncle paternel monta sur le trône, j'étais moi-même chad du (iieis) peuple Tardouch*). De concert avec mon oncle le kagan, nous fimes des expéditions en avant (c.-à-d. vers l'est) jusqu'au fleuve Vert et la plaine de Chantoung, en arrière (c.-à-d. vers l'ouest) nous fimes des expéditions jusqu'à la Porte de Fer; au delà de Keugmen, nous fimes des expéditions jusqu'au pays des Kirghiz**). IE18 En tout nous fîmes trente- cinq expéditions et nous luttâmes dans vingt-trois batailles. Ceux qui avaient un empire, nous les rendîmes sans empire; ceux qui avaient un kagan, nous les rendîmes sans kagan; nous leur fimes ployer le genou et baisser la tête, (iieic.) Le kagan des Turghès était de nos Turcs, de mon peuple*^). *) II E 14-15: [j'étais?] moi-même téghin [ par la grâce du] ciel dans ma vingt-quatrième année je devins cbad, etc. — 104 — 1E19 und"rt'm'z. tûrg*s q*y»n lùrk'm'z [ ] ii,22i ûéîin '"^nd^rt'm'z. tûrg^ q*y*n tùrkpm*] bud"iiym ^rti. bilmMukin uô"n biz'ra^ j*nyluqyn < > ûôùn q*y*ny ôlti, buj"ruqy b*gl*ri j'mà biz'nà^ j*ny}duqyii j^zynduqyn uc"n q*y*ny ôlti, buj"ruqy b^l*ri j'ma ôlti, unuq bud"n *mg*k kôrti. *èiim'z ^pam^z tutmys jir-sub ôlti, unuq bud"n *mg*k-kôrti. *è[ id's'z boto^zun tij^n, *z-bud"nyy it'p j*r[atyp ] . .]s'z q^m^zun [ IE20 (1,21) b»rs-b^ *rti, q*y*n-H bunda biz birt'm'z, sin'l'm* qonè"juy I1E17 ] (11,25) ^rti, qay^n-nyy bunda biz-birt'm'z, sin'l'm* qo[n6"jjyy birt^m^z. ôzi-j*ny}dy, q^^'^ny ôlti, bud"ny kûn-^qul boMy. kôgm*n birt»m*z. ôzi--j*zyndy, q*y*ny ôlti, bud"ny kun-^qul botdy. kôgm^n jir>-sub id's>z q^lm^zun-tij'n, ^z-qyrqyz bud"nyy j*rH[ jir-sub id»s»z q*tm*zun ty'n, »z-qyrqyz bud"nyy i[t»p]*-jarHyp k^^lt'm'z IE21 ilin ?] (i,2o) j^na birt*m»z. »lg*ru q^yrq^n jyàyy suh"sd'm'z \ ] q^dyrq^n j[. . . *sa bud"nyy *n6a-qondurtymyz, • »néa>-itd'm'z, quryy»ru k^nû-t*r- I1E18 . .] b[. . .]y «lièa [. .^ T ] (ii,24) k^û^^t^r- » H. * «« ( i ) distinct» H. • 10., «semble être à* H. (*-• bizkà R.). * V. p. 40, note 1. * anêa R.? IE19 Comme il était sans sagesse et parce qu'il tomba en faute à notre égard*), leur kagan fut tué et tous ses officiers et nobles furent tués. Le peuple bien- aimé subit des peines. Pour que la terre et l'eau que nos ancêtres avaient eues en possession, ne fussent**) point sans maître, nous organisâmes le peuple peu nombreux et IE20 [ ] il y avait Bars-beg. Nous lui donnâmes ici le titre de (IIB17) kagan, et nous lui donnâmes ma sœur cadette pour épouse*®). Mais lui-même tomba en faute. Leur kagan fut tué, et son peuple devint serves et esclaves. Pour -que la terre et l'eau de Keugmen ne restassent pas sans maître, nous nous chargeâmes du petit peuple kirghiz; nous y vînmes et luttâmes, mais nous leur rendîmes [leur IE21 indépendance?]. En avant (c.-à-d. vers l'est) au delà de la forêt de Kadirkan, nous fîmes s'établir le peuple et nous l'organisâmes; •) 11E19 ajoute: et (nous) manqua ••) IIEIH: restassent. — 105 — iTi^nqa t*gi tûrk bud'Tiyj' *nëa-qond"rtymyz, »nca-'td'm'z. ot-ôdka b^nqa t^gi tiirk bud"nyy *nëa-qondMymyz, ^néa-itd'm^z. o}--ôdkâ qui qxxWy bolmys ^rti [ qui quHyy kiifi kûnl^g bolmys *rti, in^si *cisin bilm^z ^rti, oyly ^q^- . . .^] (1,19) «^nca-q^zy^ninys itm's 4»m^z tôriim^z ^i. tiirk IE22 nyn bilm^z ^rti. ^nca-q*zy*nmys ^nca-^itm's il'm[ o^iiz b^gl^ri bud"n ^s^d'n! ôzà-t^nri b^sm^s^r, ^sra-^jir t*l^nm*s^r, ]d"n ^'d! ôzà t^nri b^sui^f ] j^r Wnm^s^r, tûrk bud"n, ^^n^n tôrûn^n k*m--MHy? [ ] (II, 23) tiirk bud"n, il^n^n tôr^gin k^m-»rt»ty ? udèy[. .]y - tiirk bud"n *rt * z IIE19 (1,18) ôkiin ! kôrgiin'n iiàiin ig'dm^s bilgà q^y^n^h^ïi ^rm^s-b*rmys ^dgii- IE23 ôkiin^! korgiin^n iiè"n ig^dm^s < > q^y^nyfia ^rm*s[ J 'l^nâ k^dii^j^nyldyy, j^bl^q kigurt^g. j^r^qlyy q^ndyn^ k^^p jMa-^ntdi? M'nâ k^ndii-^j^nyïdyy, j^bl^q kigiirt'g. j^r^qlyy q^ndyn* k^Up jMa^iltdi? siin"gl'g q^ndyn^ k^l^p^n siirâ-^Utdi? yduq-ôtiik% j[ys siin"gl^g q^ndyn* [••••] sûrà [ ^. . .^. . jy]s>-bud"n b^rdy^^, ^ peut-être kûû kûnUg bolmys àrti. * ou udèa-^\i/tf]yf ^ ou àrt's[.} ôkûn {z très net; *-* comp. note 29). * ou -dan. en arrière (c.-à-d. à l'ouest) jusqu'à Kengu-tarban (ou -tarman), nous (heis) fîmes s'établir le peuple turc et nous l'organisâmes^^), ^n ce temps, les esclaves étaient devenus propriétaires d'esclaves, les serves étaient devenues propriétaires de serves, le frère cadet ne con- naissait pas son frère aîné, le fils ne connaissait pas son père^®). Nous avions tant acquis et organisé; c'était notre empire, nos IE22 institutions.^ Ecoutez, nobles et peuple des Ogouz turcs! Le ciel en haut ne les ayant pas écrasés, ni la terre en bas n'ayant (ïi^^i») éclaté, ô peuple turc, qui est-ce qui a ruiné [. . ?] ton empire et tes institutions^^)? 01 peuple turc, . . . repens-toil C'est toi-même qui t'es IE23 rendu coupable et qui t'es conduit en lâche contre ton Bilghè (sage) kagan, qui grâce à ton obéissance t'avait rétabli, et contre ton bon peuple (empire), qui avait joui de la liberté^"). D'où des hommes armés sont-ils venus pour te disperser et t'emmener? D'oii sont venus des lanciers pour t'entraîner*^^)? 0, peuple de la forêt sacrée 8 - KM) IE24 ) (i,i7)b«rd>>, qnryy^ru b^r^j^yma b^rd^y, b^rduq jirda 11E20 ilg*^ru jbaryyyma?] b^rd>'y, qur>y^ru (1I,5J2; bûr>y>'ma b"rd>'y, b^rduq j'rda •^dgug^ oKVnè q-'n^n subca jug"rti, sônukun t^yca j"tdy, b^l'k ury- »*dgug^ oK*^r'n6 [..)n ug'^zôa jiig^rti, sônUk'g t*yca j»tdy, b^gl'k ury- oyi^n qui- boMy , s'I'k- qyz- oyPh kùn- boWy. bilmMiik- ûè"n oy}>'nyn quKqyldyy [ ] kiin-^qytdyy. oK bilmMûk'g'n uè"n IE25 [ ] (1,16) b^sl^ju qyrqyz- q^y^nyy j^bt^qynyn Û6"n »e'm-qVii uca b^rdy. b*s}^ju qyrq^z q^y^n[. WW likd'm. tiirk bud"n(>>) Hy^-kiisi joq-bolm»zun tij'n, "q^nym- «^ • ] tiirk bud"n ^y-kiisi joq-bohn^zun tij'n, ^q*^n>m- q^y^n^y og^m-qHun>> kôt'*rm's t*nri il-bir'g'ma l*nri, tiirk bud"n IIE21 qayan>> (11,21) ogfni qnun>y kot'V'g«mà t^nri il- b'r'g'[. . .]nri, tiirk bud'*n IE26 ty-kiisi joq-bolm^zun [ ] (i,i5) q^y^n ot"rtdy-'^r'nô. ty-kiisi joq-bolm^zun tij'n, oz'm'n ol-t*^nri q^y^n ot"rt[. . . . n*^n-jytsy}'^ bud'^nqa ot"rmMym, ièrà «ss-^z, t^sra tons>'z, j^b^z-- . . .]ytsyy* bud"nda fizii ol^rm^ym, iéra ^ss>z, t^sra tons^z, j^b^z * âdgû^^^of • écrit avec |, donc p&s Jijès<^y, v. p. 36 note 1. d'Eutuken^*), (c'est toi-même qui) es parti: quelques-uns des tiens IE24 allèrent en avant (e.-à-d. vers Test), d'autres des tiens allèrent en (IIE20) j^ppière (c.-à-d. à l'ouest) ^•'*), mais dans le pays où tu allas, bien que ce (pays) là fiit bon(?), ton sang y coula comme l'eau*), et tes ossements furent entassés comme un mont'^^); les fils de ta noblesse devinrent**) esclaves, tes pures filles devinrent**) serves. 1E25 Kn raison de ta folie et de ta lâcheté, mon oncle le kagan trouva la mort. A la tète je fis mener le deuil (V) au kagan des Kirghiz. Le ciel qui, pour que le nom et la réputation du peuple turc ne fnE2i) fussent pas perdus, avait élevé mon père le kagan et ma mère la katoun, 1q ciel qui leur avait donné l'empire, ce même ciel m'établit moi-même comme kagan, pour que le nom et la réputation IE26 du peuple turc ne fussent pas perdus. Je ne régnai pas sur un peuple brillante?) par sa richesse; je régnai sur un peuple faible et Idche, •) IIE20: comme un torrent. •*) IIE20: tu les fis. . — 107 — j*W"(j bud"nda oza o}"rf>'m. : in'ni j»bt«q bud"ncla [ (inim kùl-ti]g>n 'ki-s*d) in'm kul-tig*n birlâ sozl'^sd'm'z. ^^q^nym^z ^èWz q*z| kul tig'n I ] sozFsd'm'z. [....] ai.2o)*i6»m»z q»zy»nmys bud"n ^ty- 11E22 ] (i,u) tij'n, turk bud"n u^un tun- udymMym, kunt^'z IE27 kùsi joq- bo[imaz]un tij'n, tûrk bud"n uè"n tiin udyinM^m, kund^z o}"rm*d<>m>. in'm kiil tig'n birlâ 'ki- à*d birlà ôIiNJitii q^zy^nd^m. ot"rniMym. in'm \. ] birlâ ôlii jitû q*zy*ndym. '^nèa-q^zy^nyp bir'ki bud"nyy ot- sub qylm^dym. m^n[ôzimqayanoiurtuqyma ^nèa-q*zy*nyp bir'ki bud"nyy ot-sub qytmMym. [ ](i.i3)b*rmys bud"n ôlû^jitu j^d^^yn j^l^nyn j^na^k^lti. bu- IE28 jir-S*jU b^rmyà bu[d«»n jadayyn jajaftyn?] ôlû jitu [j*na?](ii,i»)kMti. bu- ^1E23 d"nyy ig'd*jin tij'n, jyry*ru oy"z-bud"n t*pa, ilg^rii qytM t*t*by d"nyy ig'd*j'n^ tij'n, jyry^ru oy"z-bud"n-t*pa, ilg^rii qyt^i t*t*by bud"n t*pa, birg^ru t^by^è^t^pa ui"y-sû 'ki-^j'g»r[mi sûMim [bu]d"n-t*pa, birg^rû t»by*è-l*pa< > 'ki-jVrfmi sûl^im ] ]{i,i2)kisrâ t»nri j^rfyq^zu qutym b*r-ué"n, iilûg'm b»r- IE29 sûù"sd'm. *nda-kisrâ t^^nri j^rfyqMuq ué"n qutym ûl"g'm b^r- qui au dedans était sans nourriture et au dehors était sans vête- ments. J'en ai parlé avec mon frère cadet Kultéghin*). Pour que le nom et la réputation du peuple acquis par notre père et (11E22) notre oncle ne fussent pas perdus, j'ai passé, pour l'amour du IE27 peuple turc, la nuit sans dormir et le jour sans rester tranquille. De concert avec mon frère cadet Kultéghin et les deux chads j'ai travaillé à mort. Kn travaillant tant je n'ai pas rendu mé- contents l'ensemble des peuples (?)*''). [Quand] je [fus moi-même de- venu kagan,] le peuple qui était allé en difTérents pays, revint mou- ie28 rant, à pied et nu^^). Pour rétablir le peuple j'ai fait vingt deux expéditions avec de grandes armées, à gauche (c. àd. vers le nord) contre le peuple des Ogouz, vers l'est contre les peuples Kitaï et Tatabi, à droite (c.-à-d. vers le sud) contre les Chinois, et j'ai lutté dans [. . . . batailles). Après, par la grâce du ciel, comme 1E29 •) n E22 ajoute: t't avec les deux chads, et répèle deux fois: mon frère K. S* 108 — uciin oll^ei biid"n>> tir'grii itr't'm, j«l*n bud"nyy tont^y, {-yy^l iié^n olt^ci bucl"n>>[ \û iÉÇ't'm, j^'l^n bud"n>> tont>> qyld>'m. cyy^i bud"n>> b*j-qytd>m, az^bud"n>> ôk^s-qyHym. yy^r^Hl^dà [. . . UE24 bud(..]baj- qy[..](ri.iH)az. bud"nyy ôk'^'s- qyldym. yyar-^Mlîgdà[y]y»rq»yan- lEHO ](i, ii)bud"n>> qop b^z-qyWym, j^y^syz J>>da j'g^qyJdym, tort but^hd^qy bud"n>> qop-b^z qyrdym, j»yys>'z qytdym, qop m^na korti. is^g-^kuô^g biriir bunèa toriig q*zy*nyp qy[}d]yin, qop m^na kôrti. (Pour la continuation voir plus loin.) inhn kiil-tig^n ôzincâ k*^rg*k-boWy. aq*nym-q*y*n uôduqda in^m IE31 kiil-tig^n ji[ti jaèda qaJty^ .] (Mo; um*jl*^g ôgîm q^tun qutyfia in^m kûMig^n *^r^H-boWy. ^Hyj^g^rmi jasyna **ôim-q*}'®n ilin tôrûsin »nea- (jaz^'^ndy. ^Uy-ùub soyd^q^t^pa sul^d^m^z, buz- IE31 dymyz. t^b^'^è on-tutuq bis- t[um»n su kiilti, suiV'sdim'z?»] (i,9) kiil-tig^n ' comp II KU. - comp. II E 25. la fortune me suivait et que le destin m'était propice, j'ai ramené à la vie le peuple mourant, j'ai procuré au peuple nu des vête- (nE24; ments, j'ai rendu riche le peuple pauvre, nombreux le peuple qui était en petit nombre. Parmi ceux dont le peuple et le kagan se joignirent à moi(?), j'ai fait du bien(?). Beaucoup de peuples aux lEHO quatre coins du monde ont été pacifiés par moi. et amenés à cesser les hostilités, beaucoup se sont soumis à moi*). Mon frère cadet Kul téghin, qui m'a voué son travail et sa force, est mort à son lour après avoir tant fait pour les institutions. A la mort de mon père le kagan, mon frère cadet Kultéghin [fut laissé à l'âge de] se[pt 1E31 ans 1. Par bonheur pour ma mère la katoun, qui ressemblait à (la déesse?) Oumaï, mon frère Kul-téghin lui tint lieu (proprement nom) de mari(?)'^*). Voici ce qu'il fit. à l'âge de vingt-six ans, pour l'empire et le gouvernement de mon oncle le kagan. nous fîmes une expédition contre AltiTchoub (les Six-Tchoub) et les Sog- dak^**), et nous les dévastâmes. Une armée de cinquante mille (ou 1E32 cinq divisions d') Ong-toutouk(?) chinois vint [et .nous luttâmes]. *) Ici finit la partie commune aux inscriptions 1 et II. Pour la continuation en II voir plus loin, p 123 et suiv. - 109 - j«d»yyn ()p}»\ju t»^gdi, oh tutuq jopycyn j»r"(î}>> '"'PjçMi lufdy. j"r'*(il>'5'dy q»y«nqa âné(?)-uMy. oKsûg anda-joq-qysdymyz. bir-ot"z j«syna 6»èa-s«nunkâ sun"sd«m«z. ^n^lki tMyqyj^^èuryfi boz [«tyy binip lagdi. oJ^auanda](i,8) ôlti. *kinti ysbara-j*m^t*r boz^nyy bin*p l^di. ^^^^ ot^«U»nda ôlti. ûè*nô j*g^nsilig- b'Vn kM*mPg toryy-M bin*p t*^gdi. oJwai^anda ôlti. j»r*qynda j*t?m*synda juz »rtuq oqun'-urty, j']^- kâ» b^Syna birtf ^ ] (U) t*gdukin lûrk b^l«r qop^ IE34 bilirsiz. ol^siig ^nda joq qysdymyz. ^nda-^ kisrà j*r- b^jypqu ut"y^ > • — ■ — irk*n j*yy-boWy. *ny-j*iyp turgi>-j»ryun kôltà buzdymyz. u}"y-irk«n «zqyia^ ^r^n l*z*p b*rdy. kûktig^n [Miy ol^z*] (i.6) jSyna qyrqyz-^t*pa IE35 sul*dWz. siinûg bnymy q*ry>' sôk^f)*^n kôgm^n jyéy^' loya. joryp qyrqyz biid"nyy uda b*sdymyz, q*y*nyn birla sona-jysda siih^^sdWz. kul- lig'n b*jyrqun[yft aq-ady^jrlyy]^ (i, o bin*p opt*ju t^di, bir *^Hg oqun- iEH6 ' voir p. 14. * ou J\f-.] ' peut-être ^zqynat v. p. 30. * comp. II E 26—27. •ir I E 36. * voir Kul-téghin attaqua à pied. A main armée, il fit prisonnier(s) le(s) . . des Ong-toutouk et procura la paix{?) au kagan par la force des armes. Mais cette armée, nous l'anéantîmes là. Dans sa trente et unième année, nous luttâmes contre Tchatcha-sengun^^). D'abord il monta le cheval gris de Tadik(ing?)-tchour^^*) et attaqua. Ce cheval fut tué là. IE33 En second lieu il monta le cheval gris Ichbara-Yamatar et attaqua. Ce cheval fut tué là. En troisième lieu il monta Kèdimlig, le cheval bai d'Yéghinsiligbeg, et attaqua. Dans son armure et son . . . il atteignit de flèches plus de cent*^), ..[....?). Son attaque est '^34 dans le souvenir de beaucoup d'entre vous, ô nobles turcs. Mais cette armée nous l'anéantîmes là. Ensuite les Yér-Bayirkou (et?) les Ouloug-Irken(?) devinrent (nos) ennemis. Nous les dispersâmes et les détruisîmes près du lac de Turgi-Yargoun. Les Ouloug-lrken prirent la fuite avec très peu d'hommes*^). Dans la [36®] année '^^^ de Kul-téghin, nous fîmes une expédition contre les Kirghiz. En traversant la neige qui avait la hauteur de nos lances**), nous montâmes les montagnes boisées du Keugmen, et fondîmes en vainqueurs sur le peuple des Kirghiz, et nous luttâmes contre leur kagan dans la forêt au delà. Kul-téghin attaqua, monté [sur rétalon blanc d('| Hayirkou(n?); il atteignit d'une lièclu» lEBH - 110 - nrty, 'ki- ^r^jî ud>sru s*nt'dy. o} t**gdukda b*j>'rqunyn ^q--*d}'>'r>}' udiyqyn syju urty. qyrq^z q*}^nyn ôlM*m^z, ilin *Hymyz. ot-jylqa IE37 tû[rg^ tapa attun jysxy*] (i, 4) toya *rt^s-ug"z*g k*cà jorydymyz. liirg^s bud"n>> uda b*sdymyz. turg*s q*y*n sûsi botàuda otéa bur*ôa k*lti, sun^sd^m^z. kuKtig^n b*s}'U-boz-*t bin*p-t*gdi. b*syu-boz k'[. . . IE38 ) (1, 3) tutzlf.] ikisin ozi- Wzdy. *nda-j*na kir'p turg*s q*y*n buj"ruqy *z-tutuquy *l*g^n- tutdy. q^^'^nyn- *nda ol"r- tWz, ilin *Hymyz. q*ra-tûrg*^ bud'^n qop-ic*kdi. o}-bud"n>> IE39 t*b*rda qo[ ] a, v soj'd^q bud"n it*jin - tij*n, jincii ug"z^g k*câ t*m*r q^pyj'qa t'*gi sulM^m'z. *nda-kisra q'^ra-turg*s bud^n j*yy-bo}mys, k*n*^r*s t*pa b*rdy. biz^n-sii *ty luruq *zuqy 1E40 joq^*rti, j»bi*q^kisi h\ ] d. i) *}p-*^r biz*nà« t»gm*s Mi. *nd*y-^dka ôk"n^p kûKtig^n^g ^z-Vn irtiirû ytymyz. ul"y ^ comp. II E 27. * «Des traces nettes du 5^ h (^); à distinct», H. (qyzUha R. à tort). un homme, il transperça deux hommes dans la rencontre**^). Dans cette attaque, il éreinta . . . l'étalon blanc de Bayirkou(n ?)**). Nous tuâmes le kagan des Kirghiz et asservîmes leur peuple. Durant la même année nous marchâmes contre les Turghès en montant les IE37 montagnes boisées d'Altoun et en passant le fleuve Irtych*^). Nous fondîmes en vainqueurs sur le peuple des Turghès. L'armée du kagan des Turghès arriva à Boltchou(?) comme le feu et la tempête, et nous luttâmes. Kul-téghin attaqua, monté sur le cheval gris IE38 Bachgou. Bachgou [....]... .*^). Pénétrant de nouveau, les of- ficiers du kagan des Turghès firent là un petit nombre de prison- niers^'). Nous tuâmes leur kagan et asservîmes leur peuple. Beaucoup 1E89 parmi les Kara-Turghès s'en retournèrent. Ce peuple . . [. . .]^**). Pour organiser le peuple sogdak, je fis une expédition jusqu'à la Porte de Fer en passant la rivière des Perles (Yintchu uguz)*-'). Après cela, le peuple kara-turghès commença les hostilités et se porta .sur Kenghèrès. Notre armée et ses chevaux n'avaient ni station ni lEiO provisions, et c'étaient des gens lâches |. . v . . .] c'étaient des hommes braves qui nous avaient attaqués ^^). Découragés dans ces circonstances, nous (iélachànies Kul léghin avec un petit nombre — 111 — sun"s srm"sm^s. *lp^ s^Jcry* »^q *tyn bin^p f^^çmVs, q«ra tiirfî^; bu d^nyy *nda- ôl^rm^s *}mys. j*na joryp[ Côté du Nord. de ses gens. Il livra une grande bataille. Monté sur son cheval blanc Alp-chaltchi, il attaqua. Là il tua et asservit le peuple kara- turghès. En retournant [ ] INl (i, &.)j [ ] birlâ qosu*-^tutuq birla sun"sm^s, *rin-qop oliir- ni's; *bin- b^r^uiyn^ [. ...]in* qop kMûrli. kûktig^n jiti--ot"z j*syna q*riuq bud"n *rur-b*rur "^rkli j*yy-boldy. t*m»y- yduq b^sda sun"sd*m»z. a. es, [kûl^]tig*n ol-^sûn^àdà o.t"z-jas*jur-*rti. *lp^s«léy 1N2 [aqwat?]yn bin^p opl*ju t^di. *ki-^*r*g ud^èru s*nèdy. q*riuquy olV t*m*z, ^Hym^z. *z-bud"n j^y q*ldy*\ q*ra^-kôltâ sun"sd*m*z. kûl- tig^n bir-^qyrq j»s*jur-Mi. *lp-s*16y *qyn a, 67; bin*p opl*ju-t^di. INH *z Mt*bMg tutdy', *z-^bud"n *nda-joq-botdy. *èim-q»y*n ili q*m*- * voir p. 3ô. • fi^uëu R. * sic; pas barqyn. * ou sizf qiysz 10.; buz'ip sûsin R., impossible. * R.; bokdy 10. * R. ' tutnif^dy R.; «il n'y a pas même place pour une m» H- Côté du Nord. — il lutta contre [. . ] et contre les Kochou-toutouk(?), il INI tua beaucoup de leurs hommes; ils livrèrent (ou il rapporta) leurs maisons et leur biens [. .) en grand nombre. Kul-téghin ayant trente-sept ans, le peuple des Karlouk*''^) devint un vaillant ennemi jouissant de la liberté. Nous luttâmes près de la sainte source (?) du Tamag. Kul-téghin n'avait que trente ans quand cette bataille eut 1N2 lieu. Monté sur son cheval blanc Alp-chaltchi, il attaqua. Il trans- perça deux hommes dans la rencontre. Nous tuâmes et asservîmes les Karlouk. Une petite partie du peuple resta ennemie, et nous luttâmes à Kara-keul (le lac Noir). Kul-téghin avait alors quarante et un ans. Monté sur son cheval blanc Alp-chaltchi, il attaqua. Il fit prisonniers peu d'Eltèbers(?), et le petit peuple fut anéanti 1N3 là. Quand l'empire de mon oncle le kagan fut épuisé et que - 112 — sy}' boHuqynda, biid"n jlgikgj* boHuqynda izgU bufl^n birlii INi sùn".sd^ni^z. kiiKlig^n *}p-s46y *qyn bin*p ri.66y o[piaju t^gdji. ot- »*t-*nda tus|di, i]zgM [bud^n] olti. toquz-^o>'*'z bud"n k^ntii bud"n>'m Mi. t*^nri jir biity*(îyn iiôûn j*yy botdy. bir-jytqa bis-joty siiiV's- INô d^nVz. **niPk toj/u b"}yqda sun"sd*m^z. a. 65,. kuKtig*n *zm*n-*q>> bin^p opt*ju t**gdi. *}ty- **^r^g s*ncdy, su-[i*i]gisinda jit'nô-Mg qyjyc- }*dy. ^k^nti qusJ>'y*qda *^d^z birlà sun"sdWz. kùltig^n ^z-j^j'yzyn IN^ bin^p opt*ju tVp bir Mg s*nèdy, i,64i toquz-*^r*g «g'ra^toqydy, *^d^z bud"n *nda ôlli. iiù'ne bu[. . .]da oy"z birla sun"sd^m^z. kiil-tig^n *zm*n ^(1^7 bin^p l^gdi, s*^ncdy; siisin s*nôdymyz, ilin-*Hymyz. tort'nù 1N7 (^us^ b*synda sun"sd*m*z. turk a. es, bud"n *d*q q*m*^stdy, j*W*q bo[Jdaè]y^-'Mi. oza- [k«]lin*s siisin kiil-tig^n *yytyp lonra bir u^ys *lp- *yu on-"r*g lonawtig^n juyynda ^r^p-ôl^rt^m^z. bis*nc *^zg*^nti q*- 1N8 dîzdà"* o^'^'z birlii sun"sd^m*z. kul--tig*n (i,62) •z-j'yyzyn bin*p l*gdi. * peut-être Wgi^ (ou ûlàgi^)ihigûf ' ou âiL^y--? • comp. 11 E 31. * écrit avec X, v. p. 17; ^ distinct, non n. le peuple fut (divisé?), nous luttâmes contre le peuple des izghil*'-). INi Monté sur son cheval blanc Alp-chaltchi, Kul-téghin attaqua. Ce cheval s'abattit là, mais le peuple des Izghil fut tué. Le peuple des Neuf-Ogouz était mon propre peuple'*^*). Comme il y avait boule- versement au ciel et sur la terre, ils devinrent (nos) ennemis. Kn un an nous luttâmes cinq fois. D'abord nous luttâmes près de la ville INô de Togou. Monté sur le cheval blanc Azman, Kul-téghin attaqua. Il transperça six hommes; dans la mêlée ^'^j des armées il sabra un septième homme. La seconde fois nous luttâmes contre les Èdiz*^^) à Kouchligak. Monté sur son cheval brun Az-yaghiz, Kultéghin attaqua. 1N6 11 transperça un homme, en en venant aux mains ••^) il abattit neuf hommes. Le peuphî èdiz fut tué là. La troisième fois nous luttâmes contre les Ogouz à Bo|. . .1. Monté sur le cheval blanc Azman, Kul- téghin attaqua et perça (l'ennemi avec la lance); nous vainquîmes leur arméiï et asservîmes leur peuple. La quatrième fois nous luttâmes IN7 près de la sour(*e du Tchouch(iy). Le peuple turc tombait de fatigue et se démoralisait •'*'•). Kultéghin laissa donc échapper leur armée (fui était arrivé avant nous. Mais en en venant aux mains pendant les funérailles de Tonga-téghin, nous tuâmes un homme de la race des Tongra (nommé) Alpagou et dix hommes (V)'*'). La cinquième IN8 f()i.s nous luUàmes contre les Ojrouz à Kzghenti-kadaz'"*). Monté INI) - 118 — ^ki^*r*{ç s*nc'dy. h^\. . la b*f. ]dy'. ol-sii *nda-o[Ui?]. *mj/a^ qurj^^n qyst*p j*zyna oy^z^'Tu su-t*syqdymyz. kùl^t^g«n b^-b*sl*\ju qyt>in>'z. oyi'z-j'^yy orduy b*sdy. kiiUtig^ (i.ei) ôgs*z-*qyii bin*p toquz-Mn s*ncdy, orduy birm^di. ôg*m-q*tun ul*ju og*l*r*ni *k*l*r*m k*l*nûn*m qon6"ji*rym bunca-j^mà tir*gi kun^bold^èy-'^rti, ôl^gi jurtda jotta j*tu-q4d»éy *rt^g*z. (i.eo) kùl-tig*n joq«-*rs*r, qop ôlt^ëi M^z- in^m- INIO kûl-tig*n k*rg*k boWy. ôz*m s*qyndym. kôrîir kôz*m kôrm*zt*g, biPr biPg^m bilm^zt^g boWy. ôz^m^s^qyndym. od^t^nri j*s*r, kisi- oy\\ qop ôl"gli tôrûm^s^ (1^59) anèa s^^qyndym. kozdà j*s-k*ls^r, ^tida(?)* INll kon"ltâ syj'yt k*ls*^r, jand^ru ^»qyndym, q^^ty^dy s*qyndym. *ki^s»d uJ«ju in'j^gûn^m oj'l'^nym b^gl^^r^m bud"nym kozi-q*èy j*bt*q boW^èy- * bf^iyqa (pour t/'^y^qa) bffvm^'dy R.? * ou amyy (comp. I1E31), inflya ou mayyf • tirinos R.? voir note 60. * voir note 61. sur son Az-jaghiz, Kul-léghin attaqua. Il transperça deux hommes [....]. Cette armée [fut tuée?] là. Après avoir hiverné dans la forteresse d'Amga-kourgan, nous mîmes en marche, au printemps, l'armée vers les Ogouz. Sous les ordres du beg Kul-téghin nous nous avançâmes. Mais les Ogouz ennemis assaillirent l'ordou (le camp, la capitale). Monté sur son cheval blanc Eugsiz (l'orphelin), IN9 Kul-téghin transperça neuf hommes, et ne livra pas l'ordou. Pour ma mère la katoun, suivie de mes belles-mères, mes sœurs (et mes tantes?), mes brus et mes femmes, toutes celles d'entre elles qui auraient survécu, seraient devenues esclaves, celles d'entre vous qui auraient trouvé la mort, seraient restées gisantes à la yourte ou sur le chemin ^^. Si Kul-téghin n'avait été, un grand nombre INlo d'entre vous auraient trouvé la mort. Mais mon frère Kul-téghin périt. Moi-même je me désolai: Bien que mon œil vît, ce fut comme s'il ne voyait pas; bien que mon esprit fût conscient, ce fut comme s'il eût perdu conscience. Moi-même je me désolai. Le ciel dispose du tenjps, mais les nombreux fils des hommes sont nés mortels^'"). Je me désolai tellement: pendant que les larmes INll tombent de mon œil. et le gémissement sort abondamment(?)^*) de mon ccrur. je m(» désolai de nouveau, je me désolai profondément. Je me désolai en disant: Les veux et les sourcils des deux chads m et de mes cadets (?). de mes princes, d(^ mes nobles et de mon peuple .^e tçiUeront*'-). IMeuranl et se lainenlani viiuenl d'abord les -- 114 — 1N12 ■ tip s«qyndym. iuyOy syyHcy qyt*i \H^hy biid"n b*sl*ju a.r>s) ud*r- s*^nun k*Tti. t»by*é q»y*nda is»ji lik^n k^lti. bir^tum*n-*yy «4tunw kum"s k*^rg*ks*z k*lurli. lûpût q»y*nda bôl*n k^ti. quryja kûn b*- tysyqd*qy soyd b^ré^k^r* buq*r*q-utys bud"nda ii*n*-s*nûn oy"}-t*rq^ 1N13 kMti. (1,57) unuq oy\^m tûrg»s q*y*nda m*q^r*è t*my*èy, oy^z bilga t*my*6y k*lti. qyrqyz q*y*nda t*rdus yn*n6u>-6ur^ k*lti. b*rq itgu6i b*d*z j*r*tyyyma bit^g^-t^s itgiici l*b}^è qV*n 6yq"ny* c*n-s*nûn km. Côté du Sud, avec II, Côté du Nord, 1-8 (II, 77-70) = I S 1—11 (I, 54-44). ISl (i,6+)T*nrit*g l*nridà botayà tûrk bilgà q^y^n bu-odkà ot"rtym. IINl (i, 77J T*nrit*g t^nridà boJmyè turk bilgà^q»y»n bôdkà ol"rtym. s^bymyn tùk^ti *sidg»I, ut^ju in^j^gûn^m oyi^nTm bir^ki u^ysym bud"nym, s^bymyn tûkMi--*^s*d, ut*ju in*j^gun*m oyi*nym bir*ki uyysym [ ^ ou bàrâàlârt «R.;na/cIO. * ynanêmur R.? * ^/iça/iy R.? «à tort», H. IN12 peuples Kitaï et Tatabi (représentés par) Oudar-sengun. De la part du kagan chinois vint Isiyi Likeng^*^). Il apporta des objets précieux (de la valeur) d'un iumen (dix mille) et une infinité d'or et d'ar- gent. De la part du kagan du Thibet vint Beulen (ou vinrent des beulens?). De la part des peuples qui habitent en arrière, au soleil couchant, les Sogds, les Perses(?) et les Boukarak-oulis***), IN13 vinrent Neng(?)-sengun et Ogoul-tarkan(?). De la part de mon fils aimé, le kagan des Turghès^''), vinrent Makaratch, le garde des sceaux, et le sage garde des sceaux des Ogouz. De la part du kagan des Kirghiz vinrent Tardouch et Inantchou-tchour. Pour élever l'édifice et travailler la pierre aux inscriptions, ornée do travaux de sculpture, vin(ren)t le(s) tchikan(s) (?) du kagan chinois (et?) Tchang-sengun •'*'). Côté du Sud. ISl Moi qui ressemble au ciel, Bilghè (c.-àd. sage) kagan des (UNI) Turcs, venu du ciel, à l'heure qu'il est, je suis monté sur le trône. Eoonlez jusqu'au bout ce (|ue je vous mande, vous qui venez après moi, mes cadets (V), mes princes, et tous ensemble. - 115 — b'r^jîi s»d?pyl l)"ji:l»*r, .jyi>;ja t«r(|*t buj"ru(|wb^gFr ()t"z M^v . . . .] (1,53) toquz-oy"z b*^l*ri bud"ny, bu-s*bymyn *dguti *sid, IS2 qnyydy tinta M ilg^rii kun toy"syqa, birg^rii kiin ortusyn*ru, ] ni, 76) toy"s>'qyna, birg^rii kiin ortusyn^ru, nN2 quryy'4'u kun b»t>'syqyna, jyry*ru tiin ortusyh*ru, *^nda ici^ki bud"n (|uryy*ru kiin b*t>syqyna, jyry^ru tiin ort"syn*^ru, **nda ^èr*^ki bud"n f. . .]mf. .ik|. . . . anèia-bud"n^ (1,52) qop itdMn. ot-'^niHy V'Hoq '^^ qop m*na koriir, f " 1 ot^*m*ty ^^y-joq tiirk q^y"n ôtiik*^n jys ot"rs*r, ilta bun-joq. ilg*^rii s*ndun j*zyqa- tiirk q*y*n otuk»^n [ ]ta [ ]. ilg[. . .]ndun [ t**gi siil«d'm, t^lujqa kiù'g t»gmM*ni, birg*rii toquz ^rs'nkâ t^gi ]7n,75) »^rs'nka t»gi 11N8 siil*d'm, tiipiitka kiè'g [. .]m*d'm, quryy^ru j'néii-iig[.] (i,5i)k*cà t*m*r- IS4 siil^d'm, tiipiilkà kië'g t*gmM*m, quryy*ru jinèii-ùg^z k*6à t*m'r- ï ain • sic! pour tifïUl. * rn"n hunca R.? * membres de ma race, ainsi que toi mon peuple; à droite, vous nobles chadapits; à gauche, vous nobles et officiers tarkats(?), vous [nobles . . . des?] Trente- [Tatars? . . .] vous nobles et IS2 peuple des Neuf-Ogouz ^') ! Ecoutez bien ce que je vous mande, prêtez l'oreille attentivement! En avant vers le soleil levant, à (iiNa droite au midi, en arrière vers le soleil couchant, à gauche au minuit - en dedans de ce (cercle) il y a beaucoup de peuples (|ui me sont soumis, ^dans cette étendut^j il y a beaucoup de peuples {|uc J'ai organisés. Pendant que le kagan des Turcs IS3 habite la forêt d'Kutuken sans cett<» gloire ni cette civilisation, le peuple n'a aucun chagrin*''*). En avant (c.-à-d. vers l'est) j'ai fait des expéditions jus((u'à la plaine de (Ihantoung. mais je n'ai nulle- ment touché à In mer(V); à droite ((•.-à d. vers le sud) j'ai fait des ex|)éditions jusqu'aux Neuf-Krsins, mais je n'ai nullement ("^'^^ touché au Thibet: en arrière ((*.-à-d. vers l'oui^st) j'ai fait des (»x péditions nu delà dr la livière des Perles, juscju'à la Porte dv 1^^ — 116 - (|»p>;'qa t*gi sul»»d'n), jyry^ru j'r- b^j>'rqu jirinH t"gi sul*d'in. bnnëa q^p^yqn t*^i sul*^cl^m, jyry*ru jii>-b»j>'rqu j'r*nà t*gi su( jirka t*gi jorytd>m. ôtiik^n jysda jig idi-joq *rm's, iMuts^q' jir ]ûk*n [. . .]da jig i[. . . .] ^rm^s, il[ 155 otiik^n jys^^rm's. bu-jirdà ot"r>p t^by^c bud"n birlà (i.5o) tuz*lt»m. .]tùk[.] jys *^rm's. [ ] birlà tiiz[. . . »Hun kiim''s is^gti qut^j buns^z ^nôa-biriir t*by*6 bud"n s*by IIN4 .]tiin kiim^s 's'gl..] ai,74)qut*j buns>z^nèa-birur t*bg*è bud"n s*by- siièig, *yysy jyms^q *rm*s. siièig s*b>n j^ms^q *yyn *r^p yr*q- siié^g, *yysy jymsaq *rm's. siie'g s"b>n j>ms*q *yyn *r*p yr*q bud"n>> *néa-j*yutir^ *rm*s, jag'/ru qonduqda kisra *][>>- bil^g *nda- [ .7 j^gutir- ^rm's, [. . . ] qond[. . .] kisrà *iyywbiUg% *nda- 156 iijur'^w&rm's. m, 4») Mgii bilgâ kisig *dgû *tp-kisig jorytm*z *^rm's, bir- ii[ ]s. *dgù [. . .]gà kisig *^dgu 4p kisig jo[. . . .] *rm^s, bir>- kisi j*nyts*r, uy>sy bud^'ny bisùkinâ t^ qydm*z *rm's. sùèig IIN5 kisi j*fi>1s[ ]iikinà^t^i qy[. . .] (11,73) '^rm^. su6*g * ou tuts'uit * sic (-/r)! * ou ojur. Fer; à gauche (c.-à-d. vers le nord) j'ai fait des expéditions jus- qu'au pays des Yér-Bayirkou^^). Jusqu'à tant de pays j'ai conduit (les Turcs). Dans la forêt d'Kutuken ils n'avaient pas de . . . suzerain: le centre d'où se gouvernait l'empire, c'était la forêt 155 d'Eutuken. Habitant ce pays j'entrai en relations avec le peuple chinois. L'appel du peuple chinois, qui nous donne sans peine (1IN4) tant d'or, d'argent, Aisigti , de soie(?), était doux, ses richesses étaient molles'^). Kn s'insinuant par leur doux appel et leurs richesses molles^*), ils (les Chinois) firent approcher d'eux le peuple lointain. Après qu'ils (les Turcs) se furent établis dans leur voisinage, ils (les Chinois) répandirent (?) parmi eux leur civi- 156 lisation et leur savoir. Le bon homme sage, le bon homme vaillant, ils ne le renvoyaient (?) pas. Si un homme tombait en faute, ils ne s'avançaient pas jusqu'à . . de sa race et de son UiN^o peuphî'*). Kn se laissant vaincre par leur doux appel et leurs 11 / — s*byha j>ms*c( "yysyha "rtur>'|) okiis tnrk bud"n olt*g. tiirk bud"n s*byna j^ins^q *^yysyna Mur^p ok^*s tiirk bud"n oit'g. tûrk bud"n ul*s*k*n, bir'jà èoy*j jys tûg"lt^n, (i,48) j^zy qon^jyn-tis^r tiirk bud"n IS7 iil^*k*h, bir'jâ [. . .]j jys tiig"ltiin» j*zy [. . . .]yn [. . . .] tiirk bud'^n iil^s^k^g-'^nda *i>y-kisi *n6a busyurur *rm^s. yr*q--*^rs*r j*bt*q ^yy-- iil*s'k*g-anda »iyy-kisi ^nèa bus[ | 'Vm^s. yr*q ^rs*r j»bt*q^*^y biriir, j^yuq ^rs^r *dgii *yy-biriir tip-*nca busyurur ^rm's. bil'g biriir, j»yuq--*rs^r *dgii ^yy^-biriir tip-^néa busy"rur ^rm's. bi[. .] bilm^z kisi ot-s*b>> *t>p, j^y^'ru b*r>p ôk'^é-kisi olt'g. (i,47) oH'rg*rii ISS (ii,72)bi)mâz kisi ot-s*b>y ^Jyp, j^yî/ru b*r>p ôk"s-kisi oH'g. oH'r[. .]ii nN6 b*rs*r tiirk bud"n ôlt*èis*n; ôtiik*n jir ot"r>'p *rqys tirk's ys*r. b^rs^r turk [....) ôlt^èis^n; ôtuk^n [ ] tirk^è ys^r, n*n--bun-^y-joq ôtiik^n jys ot"rs*r, bàngii il-tuta ot"rt*6ys^n, tiirk n^fi-bf T . . T . .]ys ol"rs*r, bàngii[ ]ys*n, tiirk bud"n, toqr*q^q*s*n; aès^q* tos*q^-iim*zs*n^birtods*raés>'qiim*zs*n^. bud"n toqr*q>'q*s*n ; aùsar tos^q* iim^zs^n'*, bir tods^r aùs>'q iim*zs*n^. ' sic (concernant //, coinp. p. 8H, noie 1). * ou fosl/i/ f (pour rods-). ' ou richesses molles, beaucoup des tiens, ô peuple turc! sont morts. Comme une partie des tiens, ô peuple turc, considérant qu'à droite (au midi) n'était pas(?) la sombre forêt, disait: *Je veux m'établir IS7 dans la plaine», les gens policés excitèrent la partie du peuple turc, qui parlait ainsi'*). «Celui qui est au loin donne de mau- vais trésors, celui qui est près donne de bons trésors» — en par lant ainsi il les excitaient. Comme des gens ignorants acceptèrent (iiNfo cette invitation et s'approchèrent, beaucoup des tiens sont morts. «Si tu vas dans ce pays-là, ô peuple tunt!, tu mourras. iMais iss si, demeurant dans le pays d'Kutuken. tu envoies des caravanes et des convois, et si tu restes dans la forêt d'Kutuken oii il n'v a ni richesse ni chagrin, tu continueras à conserver un empire éternel, ô p(»uple turc! et tu te rassasieras davantage; (autrement,) quand tu as faim, tu ne peux pas te rassasier, mais quand U\ t'os une fois ras.sasié. tu ne peux pas avoir fainnV)"^) » Mais sans - 118 ~ 1S9 ^nd»y>nyn (i,4<î)ueun ig'dm's q^^^^nyrVn s»byn *lm*^tyn jir-s*ju b"rd>>, IIN7 *nd*yynyn uc"n ig'dm's q*|. . . .J (11.71) s^byn *tmnyn jir s»ju b*rd>>, qop-*nda ^tq^ndy^ ^rAtyy. *nda-q*tmysy jir s^ju-qop turu ôlii qop-'^nda ^q^ndyy »ry}[. .). ®nda [.]tna[. .] jir [.]ju qop turu-o[. . jor>Jur--»rt'g. t'^nri j*riyq*duqyn iièun [ôlz'm^ qutym b^r-^ûèûn . . . .]ur *rt«g. t^^nri j*r[. .7 ] qutym bar-u^t"n 1510 q*y*n ot"rtym. q*y*n ot"ryp (1,45) joq ôyy*i bud"nyy qop-qobMdyni, q*[ ]m. q*y»n ot^ryp joq-cyyM bud"nyy qop qob^ym, èyy^i bud"nyy b*j-qy}dym, ^z-bud^nyy okiis * qytdym. ^zu-^bu- cyyaj bud"nyy baj-qyldyra, «z-bud"nyy ôk'^^-qyldym. [....] (ii,7oj s^bymda ig'd-'b^ryu tiirk b^l^r bud"n buny *^sid'n. tiirk [. . . . I1N8 s^bymda ig'd-b^ryu tûrk b*gl^r bud"n buny *sid'n. tiirk bud"n- 1511 . . .]r'P il-'tuts^qyfiyn bunda urtym, j^nytyp QF^s'k^n'n j'mà (i,**) bunda [yy tirip ijl-tulsfqynyn bunda urtym, j»nyt>p ul^s'k*n*n j'mâ bu[T . urtym. n^fin^n^ s^bym *rs*r b^ngu t»sqa urtym. ^n^r-korû-bil'n, . . .]m. n*nn[ . ]s*b[ . . .]r b^ngû t^sqa urtym. *n*r--kôrù bil'n, turk ^xnHy bud"n b^glâp, bôdkii kôr"g'mà b^"^gl"r-'^gu janyld^c'y- turk »mHy bud"n b*gl*r, bôdkà kor'"'g*mà * 2 distinct. ' voir p. 29, note 1. IS9 accepter les recommandations de ton kagan, qui grâce à ceux des (IIN7; tiens qui étaient là^^), t'avait relevé, tu allas dans tous pays et beau- coup des tiens y sont perdus ou fatigués. Mais de ceux qui restèrent en ce pays-là, un grand nombre (^core ont émigré en différents pays à la vie ou à la mort. Par la grâce du ciel et parce que j'avais 1510 la fortune avec moi, je suis moi-même devenu kagan. Après être devenu kagan, j'ai élevé le peuple de rien et pauvre ^*^), le peuple pauvre je l'ai rendu riche, le peuple peu nombreux je l'ai rendu aiN8) nombreux. Pour tirer profit(?) de mon allocution"'), écoutez ceci, vous nobles et peuple turcs! Comment tu as rassemblé le peuple turc et gouverné l'empire, je l'ai inscrit ici. Comment tu as failli et 1511 ^-'es divisé, je l'ai inscrit ici. Tout ce que j'ai à dire''*), je l'ai inscrit sur la pierre éternelle. En la regardant, sachez, ô peuple et nobles turcs, . . les nobles qui ont obéi au trône, vous tom- - 119 - siz^ m*n b^fftgii taâ labj'aje q^y^p^a b^^d'zri k"lurt*ni, b^- . . .j (Concernant la continuation voir plus loin). d'zt'm. m^n'fi s^bymyn sym*dy. (i,4»;t«byV* q«y*n>ï) i^tr«ki bM'zèig IS12 yty. »n*r *d>ncyy^ b*rq j^rHurOm, icin-t»syn »d>nôyy b^d'z urtur- Um. t^s-toqytdym, kon"lt*ki sabym>n u[ unuqoyJyAja^ t»tyna t^gi buny kôrû bil'n: b»ngu-t«s (i,42) toqytdym. bu-»rig*- isi8 "rs»r, [ . Itqa "rig-j'rta irs^r-^nèa "r^g'-j'rtii b»ngû-t*s toqytd>m, bitid'm. «ny^-kor^p »n6a bil'n: oM»s [ Jd^m. bu-bit'g bit^g'mà ^tysy jot>y--t[igin — ?). Côté du Nord-Est. ^ (1,70) Kûl-tig'n qoi jytqa jili j'g'rm'kâ ucdy. toq^z^né-^j j'ti-\ INE ^ of'zqa juy ^rfûrt'm'z. b*rqyn b^'zin bit'g- t*s[yn] bi^ân jytqa I ù •V^ ? * j net. * V. p. 42. • comp. Il N lô. * ou bu^dôl^ ? la leçon est très douteuse; d'après 10. et H. la première lettre ne serait pas d 6\ mais h t*'f joyag R.? berez en faute '^*). C'est moi qui [. . . la pierre étemelle?]. De chez le kagan des Chinois j'ai fait venir des sculpteurs et je (leur) ai (fait) sculpter. On n'a pas rejeté**®) mon invitation, mais on a envoyé les sculpteurs intérieurs (c.-à-d. attachés à la maison) du IS12 kagan. Je leur ai fait ériger à part l'édifice (le temple, la salle), et tailler à part les sculptures à l'intérieur et à l'extérieur®*), et je leur ai fait tailler la pierre. Le message que j'ai sur le cœur [je l'ai fait inscrire? . . . .] jusqu'à [vos iils bien-aimés] et vos descen- dants(?) en le voyant, sachez ceci: j'ai fait tailler la pierre éternelle. ISIH Parce que ce lieu est désert (?), et parce que . . .(?) est dans d'âpres(?) lieux, j'ai fait tailler cette pierre dans un âpre(?) lieu, et je l'ai chargée d'inscriptions. En la voyant, sachez ceci! Cette pierre, j'ai [...). En ce qui concerne celui qui a tracé cette inscription, c'est son eousin(?), Yolig-téghinf — ?P^). Côté du Nord-Est Kùl-téghin trépassa dans l'année du mouton, le vingt-septième ine jour. Au neuvième mois, le trente-septième jour, nous fîmes les funérailles. Sa salle, sa statue et sa pierre à inscriptions, nous *) Concernant la continuation . en I! voir plus loin. — 120 — jit'nc-»j jiti--ot"zqa qop--atq*d[>my]z. kùl-tig'n o[l'p?] qyrq »rtuq[y j]itrjasyk butyt^ t*à(?) [ ] bunèa b^d^zèig tojy"n Mt^b^r k«lùti. Côté du Sud-Est. ISE (i,«) Bunèa bit'g bit'g'mà kûl-tig'n »tysy joJyy^tig'n bitid'm. jig'rmi kûn o}"r>p bu-^t^sqa bu-^tamqa qop jolyy-tig'n bitid'm. yy*r oyt^nynyzda t*jyunyn>zda j'g^di^ ig'diir ^rt'g'z, uéa-b^^rdyyyz, t^nrli..?) tir'gd%i6à»[— ?]. Côté du Sud-Ouest. ISW (1, 55) [ — ] kiil-tig'n'n ^Hunyn kûm'''sin *yysyn b»r>'myn-tur[. . . . . .]q[. .jyn* jyma tojgt(?) bu[ ] b^m tig'n jog^rû t»n[ri ] t^s bil'd'm io\\yy tig'n. ^ lire jaëly y bMyï ' ou Jigdcif ou k/igdâf (ce que R. change en kôktù!). » 10., H.; tirgidkièi R. (p. 127, changé en tirig ùtkûâi). * peut-être tôrlt '"^hin^ jyh]q[ys]ynf — titrk èyy^i qf^rnyn R.? les avons inaugurés, (en assistant) en grand nombre, dans l'année du singe, au septième mois, le trente-septième jour^^). A sa mort Kul-téghin avait quarante-sept ans [ ]. I^es Toïgouns et les Eltèbers firent venir tant de sculpteurs. Côté du Sud-Est. ISE Kn ce qui concerne celui qui a écrit toute cette inscription, c'est moi, Yolig-téghin, cousin (?) de Kul-téghin, qui l'ai écrite. Demeuraht ici pendant vingt jours, moi Yolig-téghin j'ai écrit ces nombreux signes sur cette pierre. En faisant du bien parmi vos fidèles princes et taïgouns» vous les avez rétablis. (Maintenant) vous êtes morts. Le ciel [est?] (ou: [vous êtes au] ciel) comme étant parmi les vivants^). Côté du Sud-Ouest. ISW [ — ] l'or, l'argent, les richesses(?), les biens, [les quatre maisons et les chevaux?] de Kul-téghin ....[... .j mon seigneur le téghin en haut [au] ciel [. . . .j. Moi Vollig-léghin, j'ai écrit sur la pierre. — 121 — Côté de rOuest. A droite de l'inscription chinoise (i, 56)^ IWl Qurd*n[.]uy [.]ôrti in'm-kûl-tig>n [ * ] is'g kûè'g birtiik u6"n turk-bilgà q^y^n *Ouq[ . ]qa* in'm-kiil-tig'n'g kôzMu* ol"rt[ ] Yn^nèu *pa j*ry»n-t*rq»n aty^'* [. . .]rt m[.]i[ ]. iw2 » voir p. 85. « uâa-^bardyt {ôlti R.?) » joqyqa R.? * ou kôzâdif (kûndà à tort R.; s très distinct, non n; le dernier caractère ne peut pas être ^). ^ R.. ytyy 10. Côté de l'Ouest — — mon frère cadet Kul-téghin [est mort . . ...]. Parce iwi qu'il m'a voué son travail et ses forces, moi Bilghè (sage) kagan des Turcs, [j'ai été] assis à(?) . . . en veillant mon frère cadet Kul- téghin [ — — ]. Inantchou Apa Yargan-tarkan . . ( — — ]. IW2 Monument II. Côté de l'Est. IIEl (11,41) T^nritâg t^nri jar^mys tûrk bilgâ q^^an s^bym: ^q^nym tûrk bilgâ [qayan ]tysy--âr toq"z-oy"z ^i-âdiz^k^r-kul'g bâglârf bud"ny [ .... tû]rk [taù]ri [ IIE2 ] (11,40) ôzà q^y^n ol^rtym. otMuqyma ôltâëiëà s^qynyyyma tûrk bâgl^r bud"n ^g¥p s^b^n^p tont^mys^ kôzi jôgarû- kôrti. bôdkâ ôz^m--ot"ryp bunëa ^yyr-tôrûg tort bul"nd*qy [budun- itld^m. (Concernant la continuation depuis la Jin de II E2 jusqvUau commencement de I1E24, voir p. 97—108.) * toqtO'myst Côté de l'Est. IIEl Moi qui ressemble au ciel et qui suis institué par le ciel, Bilghè (sage) kagan des Turcs, (voici) ce que je vous mande: [A la mort de?] mon père, Bilghè (sage) kagan des Turcs, [....] les vaillants nobles et le peuple des Neuf-Ogouz . . [ ] ciel des Turcs nE2 [ ] je suis devenu kagan de [ ]. A mon avène- ment, les nobles et le peuple des Turcs, qui s'étaient désolés comme s'ils allaient mourir, changèrent et se réjouirent, et ras- surés (?) levèrent les yeux^^). Après être moi-même monté sur le trône, j'ai donné tant de lois importantes [ parmi les peuples] des quatre coins du monde. (Concernant la continuation depuis la Jin de II E 2 [=IE1] jusqu'au commencement de I1E24 [= IE20], voir p. 97—108.) — 123 — (IM8) jHi-j'g'rmi j^gyma t^nut t^pa sul^d'm. t^nut bud^n^y IIE24 buzdym, oylyn jo[taz]yn^ jytqysyn b^r^rayn ^nda-^Hym. s^^z^-j^g'rmi j^éyma »Hy-ô[ub soydaq»] (11,17) t*pa sul^d^m, bud"nyy anda-buzdym. nE25 t^bfyaè ojntutuq b's-tûm^n sû-kMti, yduq-b^sda sun"sd'm, ot-siig *nda-joq-qysdym. < ^ > j*g*rmi j^àyma b^smyl yduq-^t uyysym bud"n ârti. ^rqys-ydm^z tij'n, sûlM'm q[ ]m iégVt'm, q*tyn[. .] f^riï k^lurt^m. *ki>^ot"z j^syma t«by«è di.ie) IIE26 t*pa sulM^m. c^éa—sâfiun s^k'z tiim^n [su] birla sufi"sd'm, siisin *nda-ol"rt'm. *tty-ot"z j^syma ôik bud"n qyrqyz birla j^yy-boWy. k^m--k*^tà ôik--t»pa sùl"d'm, ôrp^ntâ sun"sd'm, sùsin s*^nôdym, *z[-b]u[d"nyy-alty]m [ Jgrt'm. j'ti-o[tuz jaéymja qyrqyz t*pa sul*d'm. sun"g-bHymy (ii.i5) q^ryy sôk'p% kôgm% jyèyy toya jo[ryp] nE27 qyrqyz bud"nyy uda b^dym, q*y*nyn birlii sona jysda sûn"sd'm. * Joq^qyldum R.? ' v, I E 31. • pas de lacune, mais le graveur semble avoir oublié toqus. Dans ma vingt-septième année, je fis une expédition contre I1E24 les Tangout. Je dévastai le peuple des Tangout, et j'y pris leurs fils, leurs gens(?), leurs chevaux et leurs biens ^*^). Dans ma vingt-huitième année, je fis une expédition contre Alti-Tchoub (les Six-Tchoub) et les Sogdak, et j'y dévastai le peuple. Une armée de nE25 cinquante mille (cinq divisions d') Ong-toutouk(?) chinois vint. Je luttai près du mont(?) sacré, et j'y anéantis cette armée®'). Dans ma vingt<-neuv>ième année, il y avait un peuple de ma race au nom sacré de Basmil. Comme ils n'envoyaient pas de cara- vanes (avec le tribut), je fis une expédition [ ] • • • ï^^ rapportai [. . .]®®). Dans ma trente-deuxième année, je fis une ex- pédition contre les Chinois. J'y luttai contre Tchatcha-sengun et IIE26 une armée de quatre-vingt mille (huit divisions) ; j'y tuai son armée®*). Dans ma trente-sixième année, le peuple des Tchik avec les Kirghiz devinrent (nos) ennemis. En passant le Kem (l'Iénisséi) je fis une expédition contre les Tchik; je luttai à Eurpen et je vainquis leur armée [et asservis le] petit [peuple . . .]. Dans ma trente-septième année, je fis une expédition contre les Kirghiz*®). En traversant la neige qui avait la hauteur de nos lances, je marchai en montant IiE27 les montagnes boisées du Keugmen et fondis en vainqueur sur le peuple des Kirghiz; je luttai contre leur kagan dans la forêt au 9* — 124 — q^y'nyn ôl"rt'm, il'n *nda-"Hym. ot-jylqa tûrg*s t*pa *Hun-jysyy *^sa^ [âr]t's--ug"z'g k*6à jory[dym, lurgâs budunxy uda] b^sd^m. tûrg*s 1IE28 q^y^n susi otèa bur^ôa kMti, (ii,i4) bolëuda sun"sd'm>z, q^y^nyn j»byu[sy]n è*dyn *nda-ôl"rl'm, iPn «nda^-^tym. ol"z j»àyma b»s- b^lyq t»pa sûl^d'm. *Hy-joty siin^sd'm [ sû]sin qop ô[Iû]r- t'm. [anda*] ièr^ki-nà' kisi-tin[i? ]y joq-[b(rfda]6y ^r[ti ]a oqyyty k^lti. b'sb^lyq *ny-ûè^n ozdy. ot"z- IIE29 «rtuqy (ii, is) bir j^gyma q^riuq bud"n buns^z [ârjûr b*rur ^rkli j^yy-' boldy. t*m*y-yduq b*§da sun"sd>m. q^rluq bud^n^y ôl"rt>m, anda--^tym. [. . , T ja§y]ma* q[. . .] |j)ud J.]* qMuq bud"n tir[ ]m Ô[lûrtim]. t[oquz oyu]z m%*n 11E30 bud"nym>-^Mi. t^nri j»r buly*qyn uô"n, ôdin[â] (11,12) kôni t*gdûk u6"n j^yy-boWy. bir-jylqa tort joly sun"sd'm. *ûilki toyu b*tyqda sûn'"'sd'm. toyta ûg"z'g jiizHi k^é'p sûsi[ ] 'kind[i] uryuda® sûn"sd'm, sûsin s^nédym [. . . ^ sic; = toya I E 37. * des traces nettes de ^x/- 'sic; -ni 10., R. * ou basjmulf (R.) * peut-être bûdànif • andapguda (? 10., H.) R. delà, et je tuai leur kagan et asservis leur peuple. Durant la même année, je marchai contre les Turghès en passant las montagnes boi- sées d'Altoun et le fleuve Irtych. Je fondis [en vainqueur sur le peuple des Turghès]. L'armée du kagan des Turghès arriva comme I1E28 le feu et la tempête, et nous luttâmes à Boltchou(?); j'y tuai leur kagan, leur yabgou et leur chad, et j'asservis leur peuple. Dans ma trentième année, je fis une expédition contre Bichbalik. Je luttai six fois [....] je tuai beaucoup de leurs troupes. En se disant: € Quelles gens est-ce qui sont là-dedans?», [....] aurai(en)t été per- IIE29 ^"(^) [• •] vinrent (les) appeler (?). Grâce à eux, Bichbalik échappa^'). Dans ma trente et unième année, le peuple des Karlouk devint un vaillant ennemi, vivant en liberté sans inquiétudes. Je luttai près de la sainte source(?) du Tamag. Je tuai le peuple des Karlouk et je l'as- servis là^*). Dans ma [. .] année(?) [. . .] le peuple entier(?) des Kar- IlEHO louk [se réunit . . . je les] tuai^^). Les Neuf-Ogouz étaient mon propre peuple. Comme il y avait bouleversement au ciel et sur la terre et que la jalousie leur avait remué la bile, ils devinrent nos ennemis. En un an je luttai quatre fois'-^*). D'abord je luttai près de la ville de Togou. Après avoir passé à la nage la rivière Togla (Tola)^'^), leur armée [ ]. La seconde fois, je luttai près — 125 — . . . . ûèinè èuS^ baâynda sû]A"sd'm. tûrk bud"n »d^^q*m»sty, j*b- }aq (11.11) bolWy »rti-oza j^ja k*l«g>mâ sûsin ^yn^m, ôk»§>-ôlt*ôi 1IE31 *nda--tir'lti. *nda tonra jylp*yu-'Hy(?) bir uy^é^y lona lig'n juy[ynda] *g'râ toqydym. tôrt'nè *zg*ndi q^dfzda sun"sd'm. sûsin-*nda s*n6dym j^brytdym. [ ]j*bryt[ jasy]ma ^myy*w qury^n qyslMuqda jut boldy. j^zyfia (ii, lo) oy"z t*pa sûM'm. IIE32 ilki-'SÛ t^àyqmyà *rti, {kin-'SÛ *bdà Mi. ûé-oy"z siisi b^sa kMti. j*d*y j«byzl)oldy tip H^yly kMti. [syû]ar susi ^b*g-b»rqyy juJyyty b*rdy, syn*r sûsi sûA"s*gli k*lti. biz »z-^rt'm'z, j^b^z M*m»z, oy[uz ]t j*y[y? tSûri] kûè birtiik û6"n *nda^ s^nèdym, (ii,9) jaid*m. t*nri j*riyq»duq-uô"n, m^n-q^zy^^nduq û6"n I1E33 tûrk bud"n q*zy[an . . . .Iné'*. ra*n--in{l{gû bunèa b»èt»ju q»zy»n- * ou cuëy-- ; comp. I N 7. * comp. I N 8- • q^2y<^nnU/è^^h''nê R d'Ourgou (? ou Andargou?) et vainquis leur armée ^•j. [ La troisième fois] je luttai [près de la source du Tchouch(i?)]. Le peuple turc tombait de fatigue et se démoralisait. Je laissai donc iiESl échapper leur armée, qui nous avait devancés en (nous) disper- sant; mais beaucoup d'entre eux s'y réunirent pour y trouver la mort. En en venant aux mains pendant les funérailles de Tonga- téghin, j'abattis là un homme de la race des Tongra, nommé Yilpagou(?). La quatrième fois, je luttai à Ezghendi kadaz. J'y vainquis et défis leur armée. [ Dans ma . . année] quand j'eus hiverné à Amghi kourgan, il y eut gelée suivie de famine. Au printemps, j'entrai en campagne contre les Ogouz. La 1IE32 première armée s'était mise en marche, la seconde (?) armée était à la maison. Trois armées ogouz vinrent nous attaquer. En di- sant: cils sont devenus sans chevaux (littér. à pied) et faibles», ils vinrent nous prendre. L'une de leurs armées envahissantes alla en pillant les maisons et les bâtiments; une autre (?) vint luttant. Nous étions peu nombreux et nous étions faibles, mais l'ennemi (?) og[ouz? ] comme (. . le ciel] nous donna force, je les y vainquis et les dispersai ^^). Far la grâce du ciel et comme je IIE33 travaillais, le peuple turc travaillait aussi?]. Si au commence- ment je n'avais pas tant travaillé (exécuté), de concert avec mon — 126 — m[»ly]n' tiirk bud"n ôlt^ëi "rti, joq-CboMaJëy Mi. [tûrk] b»gl»r [bud"n anô]a--s*qynyn, *nèa-bi)'n. oy"z bu[d»n lIE34f ]d ydm^jyn tij'n sul^[dim], (ii,8j *bin b^rqyn buzdym. o[y"z] bud"n toq"z tH»r birlâ tir'l^p k^lli. *yuda *ki-ut"y sùn"s siin^sd'm, siisin [buzjdym, 'lin *nda--*Hym. *nca- qazy»ny[p t^ùri] jarfyqMuq ûè"n ô[zim]* ot"z ^rtuqy u[è jaèyma IIE35 . . . ." uji^&rti»] ôdsg ôtûlg kûc*[— ?] (11.7) igidm's qa[yan jajnyWy^. [. . ô]za t^nri yduq j'r-sub [^«m? qa]yan quty lapja- m»dy^--*r'n6. toquz oy"z bud"n j'r'n subyn yd^p t*by*ôy*ru b»rdy. i^hy^èl " ] bu^-j'rdà k^lti. ig^^j^n tij*n s»- q[ynyp? 11E36 ] bud"n [....] (11,6) j^zuqjaf bijr'jà t^by^cda Hy--kusi joq-boWy, bu-j^rdii m^na qul-boWy. m%-oz'm ■> — » — <>.• q«y*n ot"rtuqym uô"n tiirk bud"nyy [ ] qyt- » ou -ni[asa]rf • màn R.? » 10., R. ' R. MO. « ou maduq 10.? (tfipqylnifHiy, R. p. 65, tapyqhamndy id. p. 124?) ^ frère cadet, le peuple turc aurait été mort, aurait été perdu'*®). 0! nobles et peuple turcs, songez-y et sachez! Le peuple ogouz [ ] Pour ne pas envoyer (? abandonner?) [....] j'en- I1E34 trai en campagne et dévastai leurs maisons et leurs bâtiments. Le peuple [ogouz] s'allia avec les Neuf-Tatars, et ils vinrent. Près d'Agou, je livrai deux grandes batailles; je dévastai leur armée et j'asservis là leur peuple. Après avoir tant exécuté [ ] par la grâce du ciel [. . . .] dans ma trente-trois[ième année ] le kagan qui avait relevé [. . .] la force . . 11E35 [. . .] tomba en faute. Ni le ciel en haut ni les saints génies de la terre et de l'eau ni le bonheur de [mon oncle?] le kagan ne lui étaient en aide^^). Le peuple des Neuf-Ogouz abandonna sa terre et son eau, et alla vers la Chine. Les Chinois [ ] ils arrivèrent dans ce pays. En comptant les relever [ ] peuple 11E36 [. . .] faillit [. . .] au sud, dans la Chine, leur nom et leur répu- tation furent perdus, dans ce pays ils devinrent mes esclaves. Parce que moi-même j'étais devenu kagan, je ne faisais pas [ ] le peuple turc; [voilà combien] j'ai exécuté au profit des — 127 — mMïm. ['Ug?'] tôriig j'g^di q^zy^ndym. yd[ 1 tir*l»p j*[ ] (II. 5) [anda sûùri]sdJm, sûsin sanèdym. iô*k'g'mà ië'kdi, bud"n boWy, ôl^mà IIE37 -ôlti. sM*nâ qody joryp^n q»r*yyn qys*i»ta* ^bin b^rqyn »nda-buz- d^m [ ] jyàqa *ydy. iyy"r-M[tâ]bâr jûzôâ^^r*!! ilg*[r]û tâ[zip bardy? 1 (11,4) [ ]ti. tûrk UE38 bud"n aô^Mi. ol-jytqyy *typ--igVm. ot"z--Muqy tort j^s^ma oy"z t*z*p t*by*6qa kirti. ôk^n^p sûlM*m saq^n [ . . . oy]lyn jot*zyn *nda-*Hym. *ki-âit&b*rl'g bud"n [ ] (11.3) [ ]t*[tab]y biid"n t^by^c-qViiqa kôrti. IIE39 jajabejy Mgû s«by ôt»gi kMm^z-tij'n, j*jyn-sûlM«m, bud"nyy *nda- buzdym, jylqyLsyn ] siisi tir*l*p k*lti. q*- dyrq*n--jys qon[ ] (11.2) [ ]ya. IIE40 qyna j'r'n^rii subyn*ru qondy. bir'jà q^riuq bud"n-t*pa siilà tip ' ou [nnéajt * qysuHa R. institutions [ ] se réunissant [ ] j'y luttai et je vainquis leur armée. Quelques-uns rentrèrent et redevinrent IIE37 un peuple, d'autres moururent'^). Puis je marchai en aval de la Se- lenga^^^); et j'y dévastai leurs maisons et leurs bâtiments en réprimant leurs pillages (?). [ ] échappèrent dans les montagnes. Les Eltè- bers ouigours*^*) [fuirent?] par centaines vers l'est [ ]. Le peuple turc avait faim. Je le relevai en prenant ces troupeaux iie38 de chevaux. Dans ma trente-quatrième année, les Ogouz fuirent et entrèrent en Chine. Fâché, je me mis en marche [ ]; j'y pris leurs fils et leurs gens(?). Deux peuples d'Eltèbers [ ]. Le peuple Tatabi était soumis au kagan chinois. Vu IIE39 qu'il ne venait pas de bonnes nouvelles ni de bonnes deman- des(?) de la part des envoyés, j'y fis une expédition en été^®^); j'y dévastai le peuple et pris leurs troupeaux de chevaux [ ] l'armée de [. . .] vint, après s'être rassemblée. Ils firent (ou nous fîmes?) halte dans la forêt de Kadirkan [ ] s'é- IIEiO tablirent dans leur terre et leur eau. En disant: t Marche vers — 128 — tud"n j»m*t*ryy ytym-b^rdy [ . . qarfuj il]t»b*r joqwboJmyè, in^si bir qiiry[ ^ 1 11E41 (iM) [ ar]qysy jMmMi^ «ny «inajyn^ tip sûlM»m. qoryu *ki-û6 kis{l{gû' t*z'p-b*rdy. q»rawbud"n q*y»nym k*lti-tip ôg[di? ]qa at-bir- t*m. kié*g M}yy[ ] Côté du Sud-Est. USE (II, «) [ ]ôn'g joy^ru sii-joryp tûnli kiinli jiti ôd"§kà subsyz k*èd*m, éor^qqa t^P joJyyca* [.]g[ ! ]s k*6*nkà t»gi (. / * kàlmàdif * aitajynf anUinJunt * yifi R.? * OU -âyf le sud, contre le peuple karlouk», j'envoyai Toudoun Yam(a)tar, et il alla. [ ] les Eltèbers karlouk furent anéantis; son (leurs?) frère(s) cadet{s) ( ] leurs (ses?) UE41 caravanes ne se hâtèrent pas. En disant: cJe veux les ré- clamer(?)», je me mis en marche. Par crainte il(s?) s'enfui(ren)t avec (par?) deux ou trois hommes (?). Mais le menu peuple [s'ex- alta?] en disant: «Mon kagan est arrivé». [ ] je donnai à [. . .] des chevaux (?). La cavalerie peu nombreuse l ]. Côté du Sud-Est. USE [ ] en marchant avec l'armée en amont je traversai, en sept jours et nuits '*^*), le désert aride, et arrivé à Tchorak . . . [ ] jusqu'à [. .] Kètchin [ ]. — 129 — Côté du Sud. (11,57) [ lably'^è H\yy sûsi bir-tum*n »rtuqy jHi-bin sûg ilki IISI kûn ol'M^m, j^d^y susin *k*ndi-kun qo[p ôlûrll'nT bi[ ]§p^ b*rd[ ] (11,56) [— jjoly sû- l«d'm. ot"z>'»rtuqy s^k'z jas^ma qyôyn qyt»M»pa sul*d*m [ otuz-artugy toq^z jaâyjma j^Z^n t»t*by t^pa SU[M«m ] (11,55) [ — ] m^n [ ] ôl''rt'm, oylyn jot»z[yn jy]lqysyn b^r^myii [ — ]râ qu[ — — — ] (11,54) bu[ jo]t*zyn joq--q[yWym — ] (11,58) jor[ — ] (11,52) sûnpsdim? IIS5,6 ] (11.51) [. .]t«m. ajp^rin ôl"r'p [Wjbt qylu b'rt'm. *l'g>-j»syma US7 t«t»by bud"n qyt^ida «df ]lkr t*yqa[ ] (ii,5o) US8 qu-s*nûn b*s=»du tort lum^n sii-k^lti. tônk^ tayda t*g'p toqydym. uc-tum*n sûg [ôlûrii]m, b[ir tûm^n? ]rs»r[ ]ôkt*m tHaby[ ] (ii,49) o[lû]rti. ul"y oyVm ^yr^p IISO joq-'bolca quy-s*nûn*g Wbl tika birt^m. m*^n toq"z j'g'rmi jyt » 10.; Ip R. [IS2 [1S3 I1S4 Côté du Sud. [ ] le premier jour, je tuai la cavalerie chinoise (qui iisi comptait) dix-sept mille hommes; le deuxième jour, je tuai quan- tité de leur infanterie. [— ] j'ai fait des expéditions [. .] 1IS2 fois. Dans ma trente- huitième année, en hiver, je me mis en marche contre les Kitaï [ dans ma trente-neuvième an]née, au printemps, je me mis en marche contre les Tatabi [ ] ^^^), I1S3 je tuai [ et je pris?] leurs fils, leurs gens(?), leurs troupeaux de chevaux, leurs biens [ ] j'anéantis leurs gens(?) [ IIS4-5 je] lutt[ai ]. Ayant tué leurs hommes I1S6-7 braves, j'en fis faire les cérémonies funèbres (?). Dans ma cin- quantième année *^®), le peuple des Tatabi [. . .] en Kitaï [ ] à la montagne de [ — — ] une armée de quarante mille hommes, IIS8 conduits par Kou-sengun ^*^') , arriva. Près de la montagne de Teunkes, je les attaquai et les battis. Je [tuai] trente mille hommes, .d[ix mille hommes se sauvèrent? — — — ] les Tatabi [ ] tuèrent (?). Moh fils aîné étant mort de maladie, 1IS9 je fis mener le deuil (?) à Kou-sengun. Pendant vingt-neuf ans j'ai - 130 — sM--o{"rtym, toq[uz j'g'r]mi jy} [q^yan olujrtym, il-lutdym. ot"z-**rluqy 11510 bir [ ] (11,48) turk^mà bud"nyma [j']g*n ^nèa--q^zy^nu birt^m. bunëa q^zy^n^p [aqaùym qayan yjt-jyl onynë-*j •Hy-ot^zqa uca b*rdy. *ly*zyn jyl bis'nè^^j jiti-ot"zqa juy ^rtûrt*m. buqV tutuq[ — — ] 11511 (11,47) m^na^ lisûn t»j-^s*nûn b»SM[u] bis^jûz-^r'n k*lti.^ qoqyjyq ô[ ] *ltun kûin"s k^rg^ks^z k*lurti. juy jyp^ryy kMûr*p 11512 tikà birti, èynd^n yy*6 k^liir^p ôz^j»r[ — — ] ai. 46) bunèa bud"n s^ôyn qulq^qyn [. . .*b]ycdy, *dgu ôzl*k-Hyn q^ra kisin kôk t*j*nin s^nsyz k*lûr*p qop qoty. 11513 (II. *5) Tâfirit^ t^nri j^rHmyâ tûrk bilgà [qayan sa]bym: ^q^ftym tûrk bilgà q*y*n ol^rtuqynda ttirk *m*ty b^l*r, kisrà* tardus b*gl*r kûkcur b*sl*ju ul^ju l^d^pyt b^gl^r, ônrà tôl*s b^gl^r apa^tarqa[n] 11514 (11.44) b*s{»ju ul^ju s*d*[pyt] b*gl*r bu[ ] » R.; aqafiy IQ.? * Janaqunt R. lit 'yi[], » «m/a Uisrà R.? été chad, pendant vingt-neuf(l) ans j'ai été kagan et j'ai gouverné IISIO l'empire^®®). [Pendant?] trente et un [ans . .] j'ai procuré tant de bien à mes Turcs, à mon peuple. — Après avoir tant fait [mon père le kagan] est mort dans l'année du chien, au dixième mois, le trente-sixième jour. Dans l'année du porc, au cinquième mois, le trente-septième jour, je fis faire les funérailles*®*). USll ...[...] Lisun taï-sengun vint chez moi à la tête de cinq cents hommes^*®). Ils apportèrent une infinité de parfums, de [ ], d'or et d'argent. Ils apportèrent du musc(?) pour les funérailles et le placèrent, et ils apportèrent du bois de 11512 sandal . . [. . .]^"). Tous ces peuples se coupèrent les cheveux et se tailladèrent les oreilles [et les joues?]"*); ils apportèrent leurs bons chevaux particuliers, leurs zibelines noires et leurs écureuils bleus sans nombre, et en déposèrent une grande quantité. 11513 Moi qui ressemble au ciel et qui suis institué par le ciel, Bilghè (sage) kagan des Turcs, voici ce que je vous mande"*): A l'avènement de mon père Bilghè kagan des Turcs, les illustres nobles des Turcs, en arrière (de l'ouest) les nobles des Tardouch, précédés par Kul-tchour, suivi des nobles chadapit, en avant (de l'est) IISU les nobles des Teulès, précédés par Apa-tarkan, suivi des nobles — 131 - t*m*n- t«rq*n tonjuquq bujlab'^ya- t^rq^n uJ'^ju buj"ruq [ |ic- buj"ruq s^b*g- kûU irk^z b^sl^ju ul^ju buj"ruq, bunëa *m*ty b*gl*r *q*nym q^y^nqa ^rt^nu [— ?*] fii,43) »rt»nu HTYm*y(?) i[ldi? iisiô t]urk b^gl^rin bud"nyn ^rt*nû HiYm^y(?) itdi ig[. . . . . .] q«y»n^ [ ]ôa Vf^t^^yy juyn[ . ]y tûrk b*gl*r bud"n i[ ]irli ôz'mà bunCa [ — ?] Côté du Nord. (Concernant II N 1—8 = I S 1—11, voir p. 111—119.) [aqaftym] fii.c»; q^y»!! *6*m-q«y»n o}"rtuqynda tort bu{"nd»qy 1IN9 bud"nyy n^nôà itm[is «j t*nrT j^rfyqMuq [ûèr>n ô]z*m o}"rtuqyma [tort bul»ùdaqy?] bud"nyy ild^m j»r*tdym, i[ ]qyèdym* [. . . t]ûrg*s q»y*nqa qyzyin[yn . . . .] *rt*ôû [ul«»yj tôriin *{y-birt*m. tur[gfts qayan?] rii.es) qyzyn ^rt^nu \x\^y IINIO * ou fîrtfïrUï écrit deux fois? * R. • peut-être: ctm[ië J^r^^tnii/ë ^rti, anèa], * R. chadapit f ] Taman-tarkan et Tonyoukouk Bouilabaga- tarkan, suivis des officiers [. . . ] officiers précédés par Sèbèg-kul- irkiz, suivi des officiers, tous ces illustres nobles [rendirent] hom- mage (?) à mon père le kagan [ ] il ... ses nobles et llSlô son peuple turc ..[....) nobles et peuple turcs [ ]. A moi-même autant de [— — — ]. Côté du Nord. (Concernant II N 1—8 =^ / S 1—11, voir p, 114—119.) Autant de peuples aux quatre coins du monde [mon iin9 père] le kagan et mon oncle le kagan après leur avènement [avaient organisés et constitués, autant de] peuples [aux quatre coins du monde] j'ai moi-même organisés et constitués après mon avènement par la grâce du ciel . [ ]. Au kagan des Tur- ghès j'ai donné ma fille avec grands honneurs"*), et j'ai donné à mon fils avec grands honneurs la fille [du kagan des] Tur[ghès], et iiNlO — 132 — tôrun oyl^ma *}y--birt*m [ ^ ^r- tâùû u]l"y [tôriin ajy-]birt'm. j»[ ]t ^rtu[. .]m [ baS*yyy]y jûk"nd"rt'm, IlNll tizl'g^g sôk^rt'm. ôzà t*nri *sra jV j*rJyqMuq ûë[«'n — ] (ii,67) kôz'n kôrm*dûk qulq^qyn *s*dmMuk bud"nymyn ilg^rii kûn to[>"syqyùa?], birg*rû [ ]qa, quryy»ru [kun Wysyqyùa?, jyryara lûn . . . . altiiny]n ôr"n-kûm"s*n qyry^yl^y qut^jyn* 1IN12 âkinlig %*g[tis]in ôzl*k-*tyn ^dyyryn q^ra k[isin] (ii,66j kôk t^j^nin turk*mà bud"nyma q^zy»nu birt^m, iti-birt*m. [ ]*n* bunsyz qyldym. ôzâ t^nri *rkl*g [ ]ûm*n oy[ ]*n[. . . . bftglft?]r*g bud"n- IINia [— *] (11,65; [' ' '^] ig*d*n ^mg^tm^ç iolyHm^h [. . . .jm tûrk b*gl*r, tûrk bud"nym [ ]H [. .]rtïm [ ]qa t*[.]y[. . . . .]ûr[ ] q*zy*nyp j*û[ ]i bu[ ]a bu-q^*nynda bu-b*glVg [ IIN14 . .]byôd[a ] U[— ] (11.64) [. . .] &dgû kôrt*6is*n, *Wnà * qyàqm 10.? * qut^jsyn R.? * [budt^nUniJunt * [fJyt] * peut être U'âàjr comp. 1 E 16 = 11 E 14; idi R.? j'ai donné avec grands [honneurs ]. Je leur ai fait baisser la tête et ployer les genoux. Par la grâce du IINll ciel en haut et de la terre en bas [j'ai conduit] mon peuple, qui n'en avait rien vu avec les yeux ni entendu avec les oreilles, en avant, vers le soleil levant, à droite, [vers le midi,] en arrière [vers le soleil couchant, à gauche, vers le minuit — — ]. J'ai procuré à mes Turcs, à mon peuple [de la part des Chinois?] leur [or rouge?], leur argent blanc, leurs pièces de soie(?), leur graine d'isigti(7), leurs chevaux particuliers et étalons, leurs zibe- 1IN12 lines noires et leurs écureuils bleus, et je l'ai arrangé*^*). J'ai rendu [mon peuple?] sans inquiétude. Le ciel en haut(?) [....] puissant [ ] les nobles(?) et le IIN13 peuple, [. .] relevez-les, ne les faites pas souffrir, ne les tour- mentez pas [. . .] les nobles turcs, mon peuple turc [ . . .] de la part de(?) ton kagan, ces nobles [ ] UN14 peuple turc, [. .] tu verras [. . .], tu [. .]ras à ta maison, tu seras - 133 — kôrt*éis*n, buns^z bold*6ys[*n ] kisrâ [l^b- yi q»y»nd*]a bM'zèi qop k[*lûrtim, mwii sa]by 111^11 sym*dy. i6r*ki b*d*zôig yty. *û*r ^d^nè^y b*rq j*r*tdym, i6in-t*§yn ^(Pnè^y b*d*z [artJm, W toqydym. kôùullftki sabymyn u ] | unuq oyJyna 1IN15 tnyfia t^gi buny kôru bil^n: b»ngû t»s [ ]. ^ Côté de rOuest. Fronton au dessus de l'inscription chinoise*. [. . .] ôzà [ ]^ IIWI bilgà q*y«n u[è— ] 2 (11,63) jaj-boJs*r, ôzà tpAri] 3 (11.62) kôbr^g^si t^réâ M[— ] 4 (11,61) t*yda syyun tsr*, [ — -'] 5 (II. 60; s*qynurm*n. **q*nym[-q*yan] 6 (11,59) t*syn oz'm q*y»n [ — ?] 7 [ ] 8 9 * Comp. I S 11. * voir p. 87. ^ peut-être [târkf] ôzâ [olurrnf/s f^qf^àuinfl * pour tàzaàrf * peut-être y«na. sans inquiétude [ V^^)- Puis, de chez le kagan des Chinois j'ai fait venir beaucoup de sculpteurs. Il n'a pas rejeté mon invitation, mais il a envoyé des sculpteurs intérieurs (c.-à-d. attachés à sa maison). Avec leur aide j'ai érigé à part l'édifice (le temple), [j'ai fait tailler] à part les sculptures à l'intérieur et à l'extérieur, [et j'ai fait tailler la pierre. Le message que j'ai sur le cœur ] jusqu'à vos fils bien-aimés et vos descen- IIN15 dants(?), en le voyant, sachez ceci: la pierre éternelle [ Côté de l'Ouest Fronton"'). [Mon père] Bilghè kagan [qui a régné] sur [les Turcs, étant nwi— 7 mort?], je le pleurerai [encore?], quand l'été reviendra, quand le pont (la voûte) du ciel en haut sera ..[...], et que le cerf fuira(?) sur la montagne. I^ pierre de mon |>ère le kagan, c'est moi-même le kagan qui rai[— — — ]. 134 — Côté du Sud-Ouest nsw ("»68) [ — bilgâ] q*y*n b[iiigin?] joJyy-tig*n bitWm. bunôa b*rqyy b*d*z*g uz^y [ q*]y^n *tysy joi^y-^tig^n m^n ^j-*rtuqy tort kûn [olu]ryp bitid'm bM'zt^m j»[ ]. Côté du Sud-Ouest. IISW [ — — ] c'est moi Yolig-téghin qui ai écrit l'inscription du kagan. Tout cela, l'édifice, les sculptures, les peintures [ . . .]. C'est moi Yolig-téghin, cousin du kagan, qui, demeurant ici pendant un mois et quatre jours, ai écrit et fait sculpter [ ]• Notes. 1) [I E 1, Il E 3] Bumyn qayan istâmi^qayan doit nécessairement être une combinaison de deux mots parallèles, coordonnés, ici des noms propres. Je traduis par «Boumin kagan et Istèmi kagan», car, comme on le sait, les langues turques n'ont pas de mot pour la conjonction «et», et je donne comme pluriel (ils, leur, etc.) tout ce qui dans la suite renvoie à ces mots (même dans les cas où, à propre- ment parler, on ne peut penser qu'à l'un d'eux), la langue des inscriptions ne distinguant pas, dans la grande majorité des cas, entre le pluriel et le singulier. (Radloff traduit par «mein Vorfahr, Bumyn Chan, der beruhmte Chan», et emploie par conséquent le singulier aussi dans ce qui suit. C'est ce que je ne peux pas regarder comme correct; car lo on ne trouve pas, je pense, d'exemple d'apposition de cette forme; on se servirait d'une proposition nouvelle: «C'était un illustre kagan»; 2o dans la combinaison àèûm apam^ «mes ancêtres» (p. 24f, note 2, p. 91, note 2), il faut bien, je pense, que chacun des deux mots, àèû et apa^ quel que soit leur sens propre, ait dû désigner un degré de parenté dif- férent, et être compris comme tel, de sorte qu'on ne pourra les employer com- binés en parlant d'une seule et même personne dans ses rapports à une seule et même personne différente, mais uniquement d'au moins deux aïeux de degrés . différents, p. ex. mon bisaïeul et mon grand-père ; 3o il y a plus d'une objection à faire contre la leçon «â^i'^mâ» f«-mi»^ et la traduction «illustre»: il suffit de signaler que le thème dont ce mot devrait être dérivé, thème qui signifie «en- tendre, écouter», se présente toujours dans les inscriptions sous la forme de àsid avec d, jamais avec U deux sons qui sont d'ailleurs distingués avec la plus grande conséquence.) — Quels sont ces deux kagans? Si ce ne sont pas des figures tout à fait légendaires, d'un passé lointain, ce qui n'est pas vraisem- blable, ce ne peut être à coup sûr que les deux premiers grands kagans des Turcs, les vrais fondateurs de l'empire turc (voir p. 61), ceux que les Chinois appellent Tou-men et Mo-kan^ son fils, aussi appelé Sze-kin ou Sze-teou, nom sous lequel se cacherait peut-être une forme turque Istàmi (comp. toutefois Se-ti-mii, Visdelou p. -48 b, Che-tie-mi, Deguignes, I, 2, p. 463?). Oèurmyë, «s'élevèrent» et oèurypan, «après être devenus maîtres», root à mot «s'assirent», «après s'être assis», voir p. 33, note 1. 2) [I E 1, II E 3] Le mot il (él) désigne un peuple ou une réunion de peuples considérés comme formant un tout indépendant et organisé et ayant à sa tête un kagan. La meilleure traduction est souvent «empire», pourvu toute- fois qu'on n'y rattache pas des idées trop européennes d'État ayant une orga- nisation fixe (comp. le tableau intéressant de l'évolution historique des nomades turcs, ainsi que des fondations de leurs États, dans Radloff, Das Kudatku Bi- — 136 — Hk, I, St.-Pélersbourg 1891, p. LI et suiv.). Le mol budun désigne le peuple, tant en général que par opposition aux chefs, au kagan et aux begs. 8) [I Ë 2, II E 3] Mot à mot clés quatre coins du monde étaient ennemis (en état d'hostilité, en guerre) en grand nombre». Quant au mot qop, «beau- coup», voir p. 19, note 2. (Je sais bien que la contraction qop pour qopup ou qobup se trouve dans les langues turques du Nord modernes; mais cela ne saurait justifier l'existence d'une telle forme dans la langue beaucoup plus an- tique des inscriptions.) 4) [I E 2, II E 3] Mot à mot, par un idiotisme turc connu, «ceux qui avaient une tête, il(s) les fi(ren)t se baisser, ceux qui avaient des genoux, il(s) les leur fî(ren)t ployer». Baêlyy et tizUg sont des adjectifs parallèles, formés de baê, tête, de tiz^ genou, + Taffixe 4yy, -lig, p. 21; jûkûndûr- est la forme transitive de jûkûn- (djag.)i être courbé, incliné, se prosterner, sôkûr-, forme transitive de sôk(û)- (ouig), ployer le genou, se mettre à genoux (VXm- BBRT, Etymol. Wôrterbuch, p. 187, no 199, III, comp. Radloff, Phonetik, p. 150) = djag. âôk-, id., forme transitive, ëôkûr- (aussi osm.). — Radloff: «die Hâuptlinge unterwarf er sich und machte sich die Hoheit C^àtislignh) unter- than», ce qui enfreint la règle du parallélisme (voir p. 96). Quoique baëiyy pût très bien signifier «chef», un substantif dérivé tel que caltesse» devrait nécessairement avoir l'affixe lik, (-iyq), que ce dialecte distingue encore ri- goureusement de l'affixe adjectif 4yy, -lùj (4y, li). Par conséquent on aurait dû avoir àtizlik, pourvu que l'adjectif «haut» ait été exprimé ici par àtis et non pas, ce qui est plus vraisemblable, par àdis, avec d (comp. âdiz note 64?; dans I N 12 et II S 14, où Radloff lit âiiz, les deux inscriptions ont en réalité ièin). 5) [I E 2, II E 3] Je rends qadyrqan jy§ par «forêt de Kadirkan», tandis que Radloff voit dans qadarqan (c'est là sa leçon dans le texte) un adjectif ordinaire, et il traduit «der dichte Bergwald», l'épaisse forêt de montagne, je ne vois pas bien pour quelle raison (comp. Radloff, p. 107; le mot, Jyè^ «Schwarz- wald, Bergwald, Waldgebirge», Radl. [forêt, montagne boisée], s'emploie aigour- d'hui même dans les dialectes de toutes les tribus montagnardes des Turcs du Nord). Cependant l'on trouvera que qadyrqan jyè s'emploie exclusivement quand il s'agit d'une localité déterminée, savoir les montagnes boisées qui ont constitué la limite orientale des Turcs et qui ont séparé ces derniers des peuples Kitaï et Tatabi (dans la Mandchourie de nos jours, voir p. 61, note 7; comp. I E 21 = II E 17, II E 39). En conséquence, qadyrqan Jy^ a dû être un nom propre et désigner, selon toute probabilité, les monts Khingan, en grande partie couverts de bois, ou bien certaines portions de ces montagnes. J'ignore l'accep- tion appellative de qadyrqan. 11 va de soi qu'on ne saurait en rapprocher le mot qadyryan^ qadaryan, dans les dialectes de l'Abakan (q. mal, bétail qu'on mène paîlre), de qadyr-^ garder. On serait plutôt tenté de penser au nom d'arbre ouigour (d'après Klaproth, Sprache und Schrift der Uiguren^ p. 13): — 137 — fuchmlirchan [c-à-d. qadijrqnn\ ein dcr Acazie (Mimosa?) ahniicber Baum, dessen Blâtler zum Gelbfarben gebraucht werden.» Suivant une communication que M. G. Schlegel a bien voulu me faire, le mot chinois hoai, traduisant le vo- cable ouigour, désignerait ou le Sophora japonica ou bien le Bignonia ionien- tosa (= Paulownia imperialis). (Ce doit être au premier de ces deux arbres que fait allusion la description de Klaproth.) Toutefois j'ignore qu'aucun de ces arbres pousse particulièrement dans ces contrées. 6) [I E 2, II E 4] Aujourd'hui l'expression Porte de Fer s'emploie géné- ralement en turc pour désigner un passage étroit dans les montagnes: aussi existet-il diverses «Portes de Fer» (comp., par ex., D'Herbelot, Bibl. orientale, 111%, p. 266 b). Ici, cependant, il ne saurait y avoir ombre de doute sur le sens de la «Porte de Fer» (iâtnir-qapyy) qui marque la limite occidentale des Turcs ou leur point le plus avancé vers l'ouest (comp. I E 8 = II E 8, I E 17 = II E 15, 1 E 89, I S i = UN 3): c'est une localité n'étant pas seulement jadis de la plus grande importance, et fameuse comme une des merveilles du monde, mais qui encore méritait qu'on lui donnât de préférence ce nom (et qui a pu donner lieu à son application ultérieure?). C'est un défilé de 12 à 20 mètres de large et de 3 kilomètres de long, situé à environ 90 kilomètres au sud de la ville de Kach, et dans lequel s'engage la route qui mène de Balkh à Samarkand. Cette Porte de Fer se trouve mentionnée pour la première fois dans la littérature chinoise, et le plus amplement par le voyageur chinois IIiouen- Thsang, qui environ en 630 y passa en allant du royaume (turc) de Kie-choung-na (Kaçanna, Kach) à celui de Tou-ho-lo (Toukharâ, Tokharestan), et qui décrit l'endroit comme suit: «Il fit environ deux cents li au sudest, à travers les montagnes, et entra dans les Portes de Fer. On appelle ainsi les gorges de deux montagnes parallèles qui s'élèvent à droite et à gauche, et dont la hau- teur est prodigieuse. Elles ne sont séparées que par un sentier qui est fort étroit, et, en outre, hérissé de précipices. Ces montagnes forment, des deux côtés, de grands murs de pierre dont la couleur ressemble à celle du fer On y a établi des portes à deux battants, qu'on a consolidées avec du fer. On a suspendu aux battants une multitude de sonnettes en fer; et comme ce passage est difficile et fortement défendu, on lui a donné le nom qu'il porte aujourd'hui.» (IIioiiEN-Tii.sANo, Mrnioires sur fes conin'vs occidentales, trad. par Stan. Julien, I, Paris 1857, p. 23). Des auteurs arabes et persans du moyen âge mentionnent souvent cette localité sous le nom persan de Dar i-ahan, porte de fer, ou sous celui de Kotouga; de nos jours, on appelle l'endroit Bouztjolakhana, «Cabane des Chèvres». Le premier Européen qui y ait passé, fut Clavijo, que Henri 111 de Castille envoya en ambassade à la cour de Timour, en 140i. Cet ambassa- deur décrit cette localité à peu près comme Iliouen-Thsang, mais il ajoute: «On dit que jadis une porte garnie de fer barrait le défilé»; il attire l'attention sur les grands revenus que Timour en tirait, parce que tout le commerce entre Samarkand et l'Inde devait forcément passer par là Après ce temps-là, aucun Européen n'y a mis le pied, jusqu'à ce qu'en 1875 une expédition scientifique russe vînt visiter ces lieux qu'elle examina avec soin, après quoi, en 1878, une 10 — 138 — mission militaire russe, envoyée auprès de l'émir d'Afghanistan, passa aussi par là. Comp. la Russische Reçue VII, 1875, p. 182 et suiv.; Brbtschnbidbr, Me- diœoal Researches, I, p. 82 et suiv., note 211, II, p. 274, note 1089; El. Re- clus, Noucelle géogt'aphie unioers., VI, 1881, p. 502, avec une vue du «Défilé de la Porte de Fer». 7) [I E 3, II E 4]. Dans l'expression les «Turcs Bleus», Kôk Tûrk, je sup- pose que cette épilhète de bleu, couleur sacrée du ciel (kôk signifie à la fois ciel et azur, bleu), doit désigner les Turcs comme les «célestes», les «augustes», maîtres de la terre, tout à fait de la même manière que lorsque Genghis-Khan appelle ses Mongols KnM Monggol^ les Mongols Bleus, les Mongols célestes (v. I.-J. ScHMiDT, Geschichte der Ost-Mongolen, œr/asst oon SsnnangSseisen, St. Petersb. & Leipz. 1829, p. 70; Klaproth, Asia polygfotln, p. 265; Schott dans Abh. d. Berlin. Akad. 1845, p. 448 et suiv.) (Le mot kôkj bleu, qu'on lit distinctement et dans 1 et dans II, Radloff Ta tacitement changé en ôkûë, nombreux [la première esquisse, Derikm. Kûl. T., p. 23, contenait une note dans laquelle l'auteur, trouvant kôk incompréhensible, supposait dans ce mol une faute d'écriture pour ôkiU; mais cette note a été supprimée dans le travail définitif, et ôkii^ substitué, sans autre forme de procès, dans le texte comme leçon des originaux] Cependant, cette correction est tout à fait invraisemblable: d'une part, il est inconcevable que, grâce à une faute d'écriture, non seulement dans l'une de ces inscriptions solennelles, mais dans toutes les deux, l'on en fût venu à donner au nom de la nation turque même l'épilhète de «bleu», épithète qui, si c'était une faute, serait tout simplement ridicule, qui serait même blas- phématoire; d'autre part, «nombreux» comme correction donne effectivement à ce passage une teinte pâle et qui s'harmonise peu avec le reste de la couleur du style.) — La combinaison idioqsyz signifie en tout cas «souverain»: -syz, sans, idi, maître, seigneur, c'est-à-dire suzerain, comme le fut plus tard l'empereur chi- nois; comp. I S 4 et idisiz I E 19, 20 = II E 16, 17; seulement j'hésite sur la manière de concevoir oq («sans suzerain ni — »?). Ce ne peut guère être ni la particule affixeor/ (plutôt oyf notes 34, 71), même, aussi, ni la racine de l'ouig. oqsa-, ressembler, etc («sans maîtres ni égaux»?): Je suis plutôt porté à y voir un emploi particulier du mot commun 07, (lèche. Comp. Deguignes, I, 2, p. 11, note (/: «Les annales chinoises rapportent plusieui-s divisions des Turcs par flèches; c'est-à-dire qu'une flèche répondait alors au terme de horde ou tribu. ï-.es flèches désignaient aussi la servitude, et l'arc la supériorité.» (Radloff voit dans uqsyz le mot uq, famille, race, génération, mot qui se rencontre dans le dialecte Altaï [même auteur, Wôrtcrb., 1, p. 1605], et il traduit par «herren- und geschlechtslos», et, p. 102, uqsyz, par «ohne edie Geschlechter, von schlechter Abslammung», ce qui paraît mal concorder avec le contexte. Comp. aussi uyys, note 57). — Qu'est-ce que, dans II, Ui— ou I .Jiti^anâa (ou [iJUinââfJ = anâa I? Est-ce que l'ti est identique à l'ouig. âli ou âdij très, bien, augmen- tant le sens de anân, tant (si loin)? Comp. note 61. Radloff présente, p. 94, d'autres hypothèses. — 139 — 8) [I E 4, II E 5] Sur toyusyq voir p. 37 et suiv. — Au lieu de âôliy ou plutôt (comp. p. 18) êô^l^lig il, Radloff lit âôlgi àl, leçon prohibée par Tépellation de I ^ôlgl, sans i final, et quand même l'interprétation de R , p. 131, «das Steppenvolk (Gegensatz zu Bergbewohner taydaqy oder jys àlip serait d'ailleurs correcte, ce dont je doute fort, n'aurait-on pas dû s'attendre à f(5ô/- dâki âh f Le mot est dérivé de âôl (4jag.), «désert, tout ce qui est hors d'une ville ou d'une contrée habitée; hors, dehors». Le mot êôUg n'aurait-il pas pu être employé dans le sens d'étranger («forain»)? Les mots bôkU èôlig il, les puissants peuples (empires) étrangers, seraient alors une désignation compréhen- sive et fort appropriée des noms suivants de peuples dont les uns n'avaient ja- mais appartenu à l'empire turc, les autres n'avaient eu avec lui que des rela- tions plus ou moins passagères. (Là où il s'agit du désert aride lui-même, II SE emploie subsys, et non âôl). — Tabyaâ, chinois, Chine = ouig. tapqaÔ (iabyaëf), vénérable, auguste, il- lustre, ce qui doit être le sens propre (quoiqu'il soit étonnant que nous ayons b dans ce mot, mais p dans tapla-, II E 3ô, servir). On pourrait supposer que l'emploi de ce mot comme nom de peuple, a surgi lorsque les Turcs sont venus sous la dépendance des Chinois.. Toutefois il doit être de plus ancienne date, soit qu'il n'indique que du respect pour la civilisation chinoise, soit qu'il ait surgi dans une autre tribu turque. Dans ses récits sur les Turcs (comp. plus haut, p ô8), l'auteur byzantin Thbophylactb Simocatta mentionne, VU, 7 et 9, «une ville» (nôXiç èjii8 et suiv. — - 141 — Sur Qytni, les Kilaï, voir p. 61, noie 7. — Tataby, nom, d'ailleurs in- connu, d'un peuple mentionné toujours coi^jointement avec les Kitaï et qui a dû s'en rapprocher. C'est peut-être le même peuple que les Chinois appellent Hi, et qui pareillement est toujours nommé conjointement avec les Khi-tan (p. 67, note 2)? 9) [I E 4, II E ô] Je suppose que juyla- (de juy, proprement pleurs, en- suite deuil, funérailles? comp. djag. jiyi) est identique à jyyia-, yyla-, uy^Or, uiia-, etc dans les autres dialectes, pleurer. C'est un fait très général que le verbe en question se combine, comme ici, avec syyta-^ se lamenter, par ex. et le gérundium en -pan, -pân7). 16) [I E 10] Sur uruysyraU voir p. 32, note 1. (Ajoutez que, dans le sens de nourrir, on aurait plutôt eu aurai- que asrai-,) 17) [I E 10—11, II E 10] Si toutefois nous pouvions nourrir quelque doute là-dessus, ces mots nous montrent jusqu'à l'évidence que les Turcs étaient païens. Les Chinois (comp. plus haut, p. 60) nous apprennent peu de chose sur leurs idées religieuses. D'après Théophylacte Simocatta (VII, 8, P 176 B-C) ils poKaient respect au feu, à l'air, à l'eau et à la terre; ils adoraient un Dieu qu'ils regardaient comme l'auteur de l'univers, et ils lui sacrifiaient des chevaux, des bœufs et des moutons; leurs prêtres prétendaient avoir le don de prophétie (comp. Dbguignbs, I, 2, p. '75) On arrive à un bien meilleur ré- sultat en considérant les idées qui ont cours chez les Turcs en petit nombre, surtout dans les monts Allai', qui sont encore plus ou moins païens chama- nisles, dées dont, entre autres, Radloff, Aus Sibirien, II, p. 1 et suiv., a donné un exposé très intéressant. Ces idées qui en général s'accordent avec ce qu'on trouve conservé de chamanisme chez d'autres peuples voisins, par exemple les Mongols, sont, s 'Us tous les rapports essentiels, celles des an- - 144 — ciens Turcs F^'univers est supposé se composer d'un certain nombre de couches. Dix-sept couches par en haut constituent le ciel, empire de la lumière; sept ou neuf couches constituent les enfers, empire des ténèbres. Entre ces deux em- pires est située la surface de la terre, séjour du genre humain, qui est sous l'influence des deux empires (comp. I E 1) Celui qui a créé le ciel, la terre et les hommes avec toutes autres choses, s'appelle, chez les Turcs de l'Altaï, Tengere Kaira kan (= TànriJ; il réside aujourd'hui même dans la couche suprême du ciel, d'où il régit les destinées de l'univers. Les autres couches célestes sont occupées d'une série de divers bons esprits ou divinités, et là est aussi entre autres le paradis, où les ancêtres des hommes actuellement vivants demeurent comme intermédiaires entre les dieux du ciel et leurs propres des- cendants sur la terre Dans les couches souterraines résident d'une manière semblable divers êtres malins et gobelins, qui cherchent à nuire aux hommes; là est aussi l'enfer, séjour des maudits. Enfin, la terre elle-même est supposée personnifiée dans un nombre de génies bienveillants, qu'on désigne en bloc sous le nom de Yer-sou (identique au jir-sub, c'est-à-dire terre et eau, des inscrip- tions) et dont chacun a sa demeure soit sur les sommets élevés des montagnes, soit près des sources des rivières. Ce sont ces divinités Yer-sou auxquelles les hommes touchent de plus près, dont ils reçoivent les bienfaits et auxquelles ils sacrifient; et même, à chaque défilé dangereux, à chaque passage d'un tor- rent rapide, le voyageur rend des actions de grâces à la divinité de l'endroit. Les hommes n'osent s'adresser directement aux dieux du ciel; pour cela il leur faut des intermédiaires, qui sont les ancêtres en paradis. Mais les vivants n*ont pas tous au même degré la force de se mettre en rapport avec ces ancêtres: ce don est réservé surtout aux familles chamaniques. — Sur le mot yduq voir p. 27, note 3. Radloff, Wôrterb., I, p. 1882 et suiv., rend l'oiiig. i/dyq, yduq par «das von Gott geschickte Verhângnisz; (von Gott) gesendel, glùcklich, gesegnet»; dans les dialectes de l'Altaï, ibid., p 1859, 1414, yjyq, <>/, dans les dialectes de l'Abakan, p. 1397, y:syq, «Gott geweihl, zum Opfer bestimmt, auf ein Opfer bezûglich» {yjyq tû, «ein heiliger, ge- weihter Berg», //v//7 tny, «der Opferberg» [mont situé près de l'Abakan]). De même, le yakoute ytyk cgeachtet, verehrl; heilig» {ytyk x^^J^h ^àer verehrte Felsen» [nom d'un rocher situé près de Yakoutsk]), Bôhtlingk, Wortcrh., p. 30. Je traduis partout yduq par «saint» ou «sacré»; ajouté à des noms de mon- tagnes ou de sources, je suppose que ce mot doit exprimer du respect envers les divinités de l'endroit, sans que pour cela ces endroits doivent toujours être particulièrement sacrés (voir 1 E 23, 11 E 25 bis, 29, 35 bis). (Voici comment Radloff traduit ce passage: «Da sprach oben der Gott der Tûrken, den die Tûrken 'ihr Land und Wasser' (jdri subi) nennen, Folgendes» (il lit «^Mr/c aiduq jàri suby anca tânu's^). Il y a différentes objections à faire contre cette traduction: 1® on peut difficilement dire que les Turcs appel- lent leur dieu même dans les cieux (tCinrij «leur terre et leur eau»; ce sont là deux idées différentes; 2^ quand même la transcription aiduq, nommé, pour- rait autrement être défendue, ce dont je ne peux pas convenir (comp. p. 27 et suiv., note 3), cette interprétation n'en serait pas moins incompatible avec la — 145 — position des mots; 3® le verbe qui signifie «dire», s'écrit partout ailleurs et sans exception aucune avec ^, U-: tms peut seulement se lire comme Umh ou, selon Radloff, ûtmiè, fit, firent, comp. iUUmiz I E 21 = itdimh II E 18.) 18) p E 11, II E 10]. Le mot tijin (de U-, dire, — soit une forme par- ticulière du gérundium, «en disant», soit plutôt la Ire pers. de l'impératif, proprement «que je dise», cje dirai», comp. djag. dàjin, o^-^* Pavet de CouRTEiLLE, Dict turcor., p. 328) s'emploie comme une espèce de conjonction régissant une proposition précédente qui a toujours la forme de discours direct; avec l'impératif, comme dans ce passage-ci, le sens en est pour que^ afin que (comp. I E 19, 20, 25, 27, 28, 39; II E 17, 20, 21, 22. 23, 33, 35); avec l'indi- catif, c'est que, parce que, etc. (I E 12; Il E 25, 39); comp. osm. dàji ^.^ j^r*.^ (voir, par ex., Piqueré, Gramniaiik der turk.osnu Unigangssprache, Wien 1870, p. 244-, 24-5) Au sens du gérundium «en disant», après un véri- table discours direct on n'emploie jamais tijin^ mais seulement tip (I N 11, I S 7 = II N 5, II E 32, 40, 41). — Sur boèdun voir p. 35. Le changement en (* de s qui suit i, se retrouve peut-être en bMa, II S 7, pour boisa f Quant à ma traduction «pour qu'il redevînt un peuple», comp. budun boldy, Il E 37, ils redevinrent un peuple. — Le mot signifiant «mère», qu'il faut sans doute lire en deux syllabes, ôgà (ôgàmj, plutôt que ôg (ôgini ou -uni), est inconnu dans tous les autres dialectes turcs, de même que aqaà^ père (comp. yakoute aya^ id.). Mais le mot peut bien avoir été plus répandu autrefois. N'en a-t-on pas un dérivé dans le mot commun ôgsiz (ôksiz, sûz), orphelin (ic< I N 9), dont l'étymologie est autrement douteuse (ouig. ok, esprit, Radloff? Comp. VXm BÉRY, Etynwl. Wôrterb., p. 46)? — Sur le kagan désigné comme «mon père le kagan» voir p. 65 et suiv. Le sens appellatif du nom Uiàrâs (ou tàrsf -tirisf = lUâràs qayan, Onghin 8) m'est inconnu. En tout cas, il n'a aucun rapport à un nom de forme douteuse que nous trouvons dans Rachideddin et qu'entre autres choses on a lu // Ilierez (Al Àliirir, Radloff, Dos Kudaiku BUik, p. XXVI). Sur Ilbilgà (qaiun), c-à-d. la sage (katoun) de l'empire, comp. Devéria dans Inscr. de l'Orkhon, p. XXXIV, note 3: «A leur titre chinois de Kongichou les princesses chinoises destinées à un Khakan ouïgour ajoutaient l'épi thète de Pi-kiè Kong-tchou, et, après leur mariage, ce titre était remplacé par celui de Pikiè Khatoun> (comp. p. 61, note 3, p. 73 avec note 2). Nous voyons que ce titre de Bifgd n'a été restreint ni aux Ouigours ni aux princesses d'origine chinoise. — A l'expression tâàri iôpâsindà^ au sommet (tôpà) du ciel, on peut comparer l'expression, très fréquente dans la poésie populaire des Turcs, tanâri (tânârinirï, tâgri, tâgrinià, etc.) tôzûndà, au fond, au bord du ciel, désignation de ce qui est lointain, par ex. Radloff, Prob. d. VolkslU , I, p. 242 V. 8. 243 V. 30, 244 v. 66, 266 v. 99, 304 v. 79, 88, II, p. 419 v. 1367, 500 v. 292, 604 V. 411, 606 v. 448. 19) [I E 11—12, II E 10]. La forme àrin écrite sans h O'^Hn) est cas instrumental de âr, homme, et signifie avec tant d'hommes, fort de tant d'hom- mes .comp. I E 34, 40, 11 E 37, 11 S 11), tandis que l'accusatif avec Taffixe pro- — 146 — nominal de la 3e personne s'écrit, règle générale, avec h àrin (I N 1, II S 7; àr^n 1 N 9). Il a dû y avoir une différence de prononciation, soit dans l'accentua- tion, soit dans la quantité de l'y, i. — Sur kù^àsidip voir p. 14. Comp. kû, voix (Altaï), Radloff, Proh, d, Volkslit, I, p. 167, 2 v. 7 (et VXmbért, Etyni. Wôrterb., no 117). Sur tijin, avec l'indicatif, que, voir note 18. — On remar- quera comment le chiffre 7, nombre sacré des Turcs (comp. note 17), se re- trouve dans les chiffres, évidemment légendaires et trop faibles, qui désignent la suite croissante du kagan: 27-70—700 (comp. p. 65). 20) p E 13, II E 11]. Sur ilsirà-, qayansyra- voir p. 32. Les thèmes kuààd-^ qulad- (non kûàdà-, qulda-J, faire esclave (de kûA, une esclave, serve, que, un esclave; observez cet ordre kûà qui, comp. I E 20 = II E 17, avec le même climax du féminin au masculin qu'en osmanli, par ex., ana haba^ mère et père, parents, qary qodja, femme et mari), sont formés comme, par ex., Joqad; anéantir (joqadu I S 10, de Joq, rien), boëad-, faire chef, avoir pour chef (baêadu II S 8, de baè, tête; mais baëla., être à la tête, com- mencer), jigàd- faire du bien Q'igâdi ou -dut I SE, II E 36, de jig, bien, le mieux?). 21) [I E 13—14, II E 12]. Jabyu, yabgou (jabyuy, accusatif de jdbyu, comp. II E 28; Jabyu'.j inscr de l'Onghin 8; de jap- [ouig., djag., osm], faire, bâtir, arranger, ajuster?), et ëad, chad, étaient deux grandes dignités chez les Turcs. D'après l'ordre établi, il y avait deux chads, l'un pour la partie occi- dentale de l'empire, l'autre pour la partie orientale (comp. II E 21, I E 27, I N 11. Joum. as. IV, 1864, p. 472 et suiv). Les Chinois, à ce qu'il semble, rendent jabyu par yepou, ëad par cha(tjy voir p. 59, note 1. (En traduisant par «einen Jabgug[sicl]-Schad», Radloff réunit deux titres en un seul, et en donne au premier une forme incorrecte.) — Tôlâs ou Tôlis, Teulès, est le nom d'un peuple de race turque, vraisemblablement celui que les Chinois ap- pellent Thie-le, voir p. 61, note 5. Originairement un grand peuple, il était depuis longtemps soumis aux Turcs. Chez les Chinois, nous tfouvons une série de hordes désignées comme faisant partie tantôt des Thie-le, tantôt des Houi-ho ou Ouigours; par degrés ce dernier nom supplante le précédent, mais semble du reste n'avoir désigné, dans l'origine, qu'une partie des Thie-le (comp. note 22). Quoi qu'il en soit, le nom de Thie-le ou Teulès doit être local et particulier à la partie de l'est du territoire des Turcs orientaux (comp. II S 13), et peut-être, à cette époque, a-t-il moins servi à désigner particulièrement et exactement un nom de peuple qu'à indiquer un peu va^^uement cette même moitié orientale. Aujourd'hui même, Tôlôs existe à Tétat de nom de famille chez les tribus altaïques (Radloff, Aus Sibiricn, I, p. 126, 179, 216 et suiv., 252 et suiv.). — Tardus, Tardouch (comp. p. 63, note) est défini par Radloff, p. 123, comme cdas tûrkische Geschlecht des Bilg&Chan», la famille turque de Bilghè kagan. J'ignore sur quoi s'appuie cette explication. Abstraction faite de I N 13, où c'est un nom de personne, Tardouch se présente, et dans ce pas- sage et dans I N 17 = II E 15, comme nom de peuple (budun, comp. note 2), — 147 — signification que nous ne retrouvons pas, il est vrai, dans d'autres sources; et, II S 13, nous le rencontrons comme ici côte à côte avec Teulès et avec addi- tion de cen arrière», par conséquent vers l'ouest. Or, les Chinois racontent en outre (v. p. 69—70) qu'après la victoire remportée, en 706, sur eux, Me-tch'oue «donna le gouvernement d'occident à Me-kiu, fils de Kou-tou lou». C'est là évidemment la même chose que le kagan lui-même rapporte II E 15 : «dans ma 24e année (c-à-d. 707 ou 706, comp. note 108) je devins chad du peuple Tardouch.» Conséquemment le nom de Tardouch doit s'appliquer à la partie occidentale de l'empire des Turcs orientaux, et ce qui relie Bilghè kagan aux Tariouch, c'est qu'avant son avènement au trône il les a gouvernés avec le titre de chad. Le passage dont il s'agit ici, signifie donc que le kagan, après avoir «aboli les insti- tutions» nationales des peuples assujettis, organisa l'administration des deux moitiés de l'empire, savoir la moitié orientale et la moitié occidentale, con- formément au régime traditionnel des kagans turcs. 22) p E 14, II E 12]. Birijà —jyrvja (r)u jyraja), bir(i)gârû-'jyr(y)yaru, 10 en deçà — au delà, = 2o à droite — à gauche (par ex. I S 1 = II N 1), 3o vers le sud — vers le nord; comp. ilgârû, ôhrà (I E 4 = II E ô, II S 13; Onghin6; ouig. d/l, face), en avant, vers l'est, quryja (IN 12), quryyaru, kirû (I E 2), kisrà (II S 13 [kiràf Onghin 6]; ailleurs: après), en arrière, vers l'ouest. Bàri (baril), (en) deçà (pas de bir, un; peut-être de 6âr-, bir-, donner?) est bien connu dans tous les dialectes turcs. La contrepartie, (au) delà, s'appelle, dans la plupart des dialectes, ary; ici l'on emploie des formes d'un thème jyr- (comp. yraq [jyraq], lointain, p. 27?). — Qui est Bnz qayanf Comp. I E 16 = II E 13. Serait-ce le kagan des Ogouz? — Oyuz^ Ogouz, nom souvent cité et bien connu dans l'histoire légendaire des Turcs («Ogouz khan», personnifica- tion du peuple Ogouz et fondateur fabuleux de l'empire ouigour) est ici le nom d'un peuple composé de 9 tribus (toqus Oyus, les Neuf-Ogouz, ici et I N 4, I S 2, II E 1, 29, 35; Onghin 10), établi au nord (au nord-est?) des Turcs (ici, I E 28 = II E 23), près, par ex., des rivières Tola (II E 30) et Selenga (II E 37, pourvu que ce soient les Ogouz dont il s'agit ici). Ils sont proches pa- rents des Turcs et leur sont assujettis (comp., par ex., I N 13, I S 2, II E 1); toutefois, au moins à l'époque dont traitent essentiellement les inscriptions, ils n'ont pas cessé d'être mécontents et rebelles (par ex. I E 22, I N 4 et suiv , 11 E 29 et suiv., 35, 38). Quand nous considérons tous ces détails, il ne sau- rait guère y avoir de doute que les Ogouz -- nom que jusqu'ici, dans les temps historiques, on n'a pas pu constater comme nom de peuple, — ne soient les mêmes qui, sous un autre nom et présumablement d'après une autre répartition des tribus, sont appelés Ouigours (ujyur figure II E 37; mais ce passage est si mutilé qu'on ne voit pas nettement le sens de ce nom, tandis que, dans le titre du kagan ouigour que présente le fronton du mon. III, ce nom figure dans le sens ordinaire; voir ma Notice préliminaire, p. 18 = 297, note). Les Chinois rendent diversement le nom d'Ouigour: sous la dynastie des Soui (589—618) par Wei-hoy sous la dynastie des Thang, par Houi-ho, et, à partir de 788, par Houihou; enfin, du temps des Mongols, par Weitcourh ou Ouinyourh, — 148 — Toutefois, dans les anciens temps, nous trouvons aussi, et dans le même sens, la forme de V/ou-ho ou Wou-hou, qui, selon moi, correspond non pas à Oui- gour, Ujyury en turc, mais à Oyus, Ogouz. Sous la dynastie des Thang, la tribu de laquelle les Houi-ho tiraient leur origine, était établie au nord du grand désert, dans la partie septentrionale de la Mongolie de nos jours. Ils étaient tributaires des Tou-kioue; mais, au commencement du Vile siècle, ils se ré- voltèrent de concert avec d'autres tribus des Thie-le, proclamèrent leur indé- pendance et prirent le nom de Houiho. Leur khan avait sa résidence sur la rivière So-ling (Selenga), un peu plus tard, sur la Toulo (Tola). En 630, ils reconnurent la suzeraineté de la Chine (comp. p. 64 et suiv.); leur territoire fut organisé à l'instar des provinces chinoises, et leurs chefs furent regardés comme gouverneurs chinois. Ils étaient souvent en guerre avec les Tou-kioue jusqu'à ce que, en 745, les Ouigours réussissent à renverser Fempire de ces derniers. A cette époque-là, les Houi-ho étaient divisés en neuf tribus. Eux aussi, les auteurs mahométans un peu moins anciens et dont les récits tiennent assez de la légende, surtout Rachideddin, placent les anciens établissements des Ouigours ou spécialement des Tokouz-Ouigours (Neuf-Ouigours) en ces mêmes contrées, tandis que d'autres Ouigours (On-Ouigours, les Dix-Ouigours) ont été établis plus au sud, d'où ils ont émigré vers l'ouest. (Dans divers au- teurs mahométans, il se présente un nom de peuple turc dont la forme tradi- tionnelle est ty^y^, c'est-à-dire ttayazydz*. Aujourd'hui l'on suppose correcte la leçon tyzyr, c'est-à-dire toyozyor = Togouz Ouigour, d'après Radloff, Dos Ku- datku BUik, p. LXXVl. Mais ne pourrait-ce être tyzyz, c'est-à-dire toyuz-oyuZy les Neuf-Ogouz, par conséquent une réminiscence de l'ancien nom que nos ins- criptions viennent de nous faire connaître?) D'après tout ceci, l'identité des Ogouz des inscriptions avec les Ouigours des sources littéraires, semble incon- testable. Il est donc présumable qu'on doit admettre qu'Ogouz est le véritable nom ancien du peuple ou tribu en question, et, comme tel, resté en usage parmi les Turcs, tandis qu'Ouigour est une dénomination plus récente, pour ainsi dire, politique d'une certaine confédération de peuples ou tribus (toutefois il est absolument impossible que ce mot ait pu signifier «les alliés», «les obéis- sants» ou autre chose semblable, de la racine ni- des langues turques plus ré- centes, «se conformer à», ce qui aurait dû faire ud,, udyur en ouigour et en ancien turc). Sur les Ouigours voir d'ailleurs Visdelou, p. 57 et suiv.; Klap- ROTH, Tableaux historiques, p. 121 et suiv.; Bretschneider, I, p. 236 et suiv.; Radloff, Das Kudatku Bilik, introd. — En ce qui concerne le reste des peuples mentionnés dans ce passage, voir note 8. 23) [I E 16, II E 13]. Sur la mort du kagan en 690 ou 691, voir p. 66 et 95. — Le mot lAbt semble inconnu dans toutes les langues apparen- tées, et l'on n'est sûr ni de sa vocalisation (baibalf) ni de sa signification. Mais l'expression 6/W tik- (djag. tik-, osm. dik- planter [un arbre, un pieu ou un objet semblable], coudre, osm. bu umurinà sizy dikàrini, «je vous charge de ces affaires», [mot à mot: je vous plante dans ces affaires], Barbier db — 149 — Meynard, Dict. turcfranç.^ I, p. 780; comp. II S 11) a évidemment Irait aux usages funèbres (comp., outre ce passage, I E 25 et II S 9, ainsi que II S 7: [bkJlA qyi-J et doit désigner quelque cérémonie dont, en pareille occurrence, on charge une personne qu'on veut honorer. Me servant d'une expression mo- derne, j'ai traduit ces mots par cfaire mener le deuil»  cette expression se relie le gérundium (de baHa-y être à la tête, commencer, ouvrir la voie à, guider) baëèaju, ou seul, ou bien, comme ici, régissant un datif. C'est ce que, employant de nouveau une expression moderne, j'ai traduit par «en tête du cortège», quoiqu'il soit incertain si c'est précisément le cortège auquel se fait l'allusion. (Radloff: «In Betreff meines Vaters, des Chans, brachte man zuerst die Trauernachricht(?) dem BasChan», traduction que je ne saurais faire accorder avec la construction.) 24) [I E 17, Il E 15]. Jaëyè ûgûz, le fleuve Vert, est sans aucun doute le Hoang-ho, le fleuve Jaune (mongol Khara muràn, le fleuve Noir), appelé ainsi à cause de son eau bourbeuse. — La plaine de Sarulung est la province chinoise de Chan-toung, qui contient précisément de vastes plaines alluviales que parcourt le Hoang-ho jusqu'à son embouchure. Comp., par ex., Reclus, Gàogr» universelle, VII, p. 340; plus haut, p. 68, note 2. (On ne pourra alléguer la manière turque d'écrire ce nom comme preuve que Ki/ pourrait uniquement être nt, non nd; voir p. 41 et suiv.; comp., par ex., à au lieu du chinois à -{- k dans sûfïïm du chiii. tsiang-kiuriy p. 28 [la forme siaruj, ibid., est inexacte et doit être supprimée].) — Kôgmûn, Keugmpn, nom d'une chaîne de montagnes boisées, habitées par les Kirghiz, au moins sur le versant opposé au pays des Turcs Csorïa jys, I E 35, II E 27), et que ces derniers doi- vent traverser pour arriver au pays des Kirghiz (voir note 8), I E 20 = II E 17, I E 35, II E 27. La pensée doit donc sans doute se reporter plutôt aux monts Tangnou; mais peut-être aussi pourraientce être les monts Sayans ou une bande montagneuse située entre ces deux chaînes. Ensuite c'est peut être la même localité que les Chinois appelaient Thsiny-chan, le(s) mont(s) Bleu(s) (comp. le turc A-o/r, bleu?) et où résidait le roi des Kirghiz; Visdei.ou, p. 79 a; Klaproth, Tahlvanx histot\, p. 170; Schott, Philol u. hist. Abh. d. Berl. Akad., 1864, p. 434 et suiv., 463 L'orthographe sa (dans II, par-dessus le marché, soudé au mol précédent hoginân) ne saurait désigner que le mot ordinaire osa, en passant, au delà de, comme aHun^jysyy aëa II E 27 = altun^jysyy toya I E 35, et koymân jyëyy toya II E 27 (comp. notes 27 et 45). Je m'étonne que Radloff tmuve ici un nom propre «Scha» (comp. aussi note 27): «bis nach Kogman, dem Lande der Scha-Kirgisen» (le texte ne porte pas même «bis nach», «jusqu'à»). 25) |1 E 18—19, Il E 16]. Sur ïurghès, Turgas = chin. Touki-chi, voir p 70, note 3. L'événement auquel fait allusion ce qui suit, peut être l'expédition même qui eut lieu environ 714 et qui se termina par la mort de So-ko khan et de son frère ïsche-nou; voir p. 71. Est-ce qu'on peut retrouver aujourd'hui ce même nom chez les Turcs de l'Altaï dans Tùragâsch^ village — 150 — des Koumandines, Radloff, Aus Sibirien I, p. 364-, Tirgâsch, tribu des Ta- tares de la forêt Noire, ibid., p. 213; comp. le même auteur, Prohen d. Volks- lii. I, p. 136, 146, 157 = Ûbersetsung 1, p. 146, 158, 172? 26) [I E 20, II Ë 17]. La lacune de la fin de I E 19 a pu contenir, par exemple, quelque chose comme ilin Jana hirtimiZy nous leur rendîmes leur indépendance, comp. I E 20 — 21. Ce serait donc du peuple Turghès que les Turcs font kagan Bars-beg. Mais c'est une exagération, si le sens est qu'après la mort de ce dernier les Turghès tombèrent sous la dépendance complète des Turcs, ou en tout cas cette dépendance n'a pu être que de très courte durée (comp. note 45 et p. 74). Au reste, comme on le sait, le pays des Turghès ou, en somme, des Turcs occidentaux avait effectivement appartenu une fois, avant le partage de l'empire, aux ancêtres du kagan; voir p. 63. — La combi- naison jirsub, terre et eau, ne s'emploie aucunement que dans l'acception religieuse mentionnée dans la note 17, mais désigne aussi tout simplement l'ensemble d'un pays comme notion géographique (comp. I Ë 20 = II E 17, H E 35 jirin subyriy 40); de même l'ouigour j'àr-su; voir, par ex., Vambéry, Uig. Sprachmon.y p. 218, citation sous kông^ kûng (mot qu'il aurait dû tra- duire par «une esclave») et, dans les dialectes modernes, par ex. Radloff, Pr. d. Volksi, II, p. 495 v. 125 Jerinâ sûna^ à sa terre et à son eau, c.-à-d. à son pays. — Sur siàil voir p. 40, note 1; sur qonôuj et l'interprétation différente de ce passage par Radloff, voir ibid., p. 13 et suiv., note 1, et note 59. (Ce dernier mot peut-il être emprunté au chinois koungtchou, princesse du sang, infante? C'est ce que je ne crois pas.) 27) [I E 21, II E 17—18]. Sur Qadyrqan jyè voir note 5; sur asa, au delà de, voir note 24, fin. (Ici aussi, Radloff trouve un nom propre cScha» [«das Scha-Volk», p. 135, ce qui toutefois est simplement supprimé dans la traduction]; par là il est forcément amené à corriger, p. 135, le j'yàgy précédent [ Il lit ariiy [ce qu'on aurait écrit aridy], de art y dans le sens arbitrairement supposé transitif d'agrandir.) — Ce qui vient en- suite: udây[. .]y ou udâa[. .]y, odêa[. ,]y, est obscur. Radloff le change arbitrairement en uiiaèysy, qu'il traduit par csiegreich», victorieux, de mc/-, vaincre; cependant, sa leçon ainsi que son interprétation sont impossibles (sur ■taiy voir note ô6). Je m'attendrais plutôt à y trouver un prétérit, peut-être d'une expression à périphrase, parallèle à artaty, par ex., udëa (ou odën)^[yt]y ou quelque chose de semblable; toutefois le sens reste obscur pour moi: qui a ruiné ton empire [et l'a désorganisé, déshonoré?]? Je ne trouve pas moins d'obscurité dans ce qui suit: rts ou rtz[,], à voyelles palatales (àrtâs- ou àrtiz-î). On s'attendrait plutôt à un impératif, parallèle à o/cm/i, repens-toil Quoique le z soit tout à fait distinct, Radloff lit rtn, qu'ensuite il change ar- bitrairement en ârtiiïy tu étais, ce qui est partout ailleurs et sans aucune ex- ception (irtig; voir p. 21. Par conséquent, l'interprétation de ce passage par Radloff: cdu warst das siegreiche Tûrkenvolk», est inadmissible selon ma conviction. En attendant, je dois moi-même renoncer à en trouver la solution. 30) [1 E 23, II E 19]. La combinaison ârbar (comp. I N 1, Il E 29) mot à mot cêtre et aller», doit signifier vivre et se remuer à son gré (en no- mades). Je traduis par cvivre en liberté» ou cjouir de la liberté». Comp. par-jHy^, vivre, par ex. Radloff, Pr. d. VolkslU, II, p. 660 v. 614, 616. — Dans la traduction j'ai suivi la leçon de II quyanynay datif, parallèle à Uinà: — 152 — «contre ton kagan — et contre ton peuple (empire)». Cette leçon est en tout cas à préférer à celle de l qayanyàyn^ qui est ou accusatif, employé par une anacoluthe, ou génitif (comme I S 9): «contre le bon empire — de ton Bilghè kagan — ». 81) [I Ë 23, II E 19]. Qandyn ou qandan^ seul exemple de la dé- sinence ablative -dyn, -din (comp. ouig. -dyn, -din, djag., tarantchi -din)y ou -dan, dàn (osm. et les autres dialectes); autrement, l'ablatif est identique au locatif se terminant en -rfa, dà. — Jaraqlyy, armé (I E 32), de Jaraq, armes, armure (I E 33, = osm., djag.); sûàûglig, muni d'une lance, lancier, de sûàûg, lance (comp. I E 36 et note 42), = ouig. sûngûk (sûnûgf)^ id , siingûy sûfiûy en djag., javeline, petite lance, baïonnette, en osm., baïonnette; la même racine figure dans le fréquent sûAûè^ combat; lutter, proprement se porter des coups de lances l'un à l'autre. (Radloff: «Von wo ist (dir) die Ruhe[?] gekommen, wer bat sie verbreitet[?]? von wo her ist die Geschlechtseintheilung [confusion de sààûg et de sô/Im/c, note 42, ainsi que de -Uy et de lik, note 4] gekommen, wer bat sie verbreitet [?] ?) Observer les allitérations de I E 23 = Il E 19: jaraqlyy — jaia^iltdi, sûnûglig — sûrà>^iltdi. 32) [I E 23, II E 19]. Ùtûkàn ou uttikàn ou kin (comp. p. 20), tou- jours combiné avec Jyè, mont boisé, voir note 5 (l S 3, 4, 8 = Il N 2, 3), une fois avec jir, pays (1 S 8), est rendu par «der geliebte Bergwald» (ici pourtant, par inadvertance, «der dichte B.») dans la traduction de RadlofT, qui renvoie à l'ouig. tôtiit [= ôdûr-, ôiûrf], choisir, élire. La manière dont s'em- ploie ce mot, exclusivement là où il s'agit de la localité qui était le pays propre des Turcs, et qui était, ou du moins avait été jusque-là, le centre de leur em- pire et la résidence du kagan, montre incontestablement que c'est un nom propre dont le sens appellatif est obscur et sans importance (tat. de Kasan ritkin, sagaï ôlkûTty tranchant, aigu?). C'est pourquoi je rends ce mot par «la forêt, le pays d'Eutuken». Indubitablement c'est ce même nom que, pour la part d'une époque un peu plus reculée, nous trouvons rendu par les Chinois dans la forme Toukin, le mont où habite le kagan des Turcs; voir p. 60, note 2, p. 63. Mais, de plus, ce doit être le même nom que, dans un temps un peu plus récent, nous retrouvons sous la forme plus complète Wou-U'-kien (ou Ou-te kicn, etc.). Il s'est trouvé mentionné dans la notice sur les Karlouk, p. 71, note 3. Un autre endroit, nous lisons qu'après le renversement de l'em- pire turc, en 746, le kagan des Ouigours établit sa résidence «entre les monts Woute-kien et la rivière Koun* (c.-à-d. l'Orkhon; Visdelou, p. 59 b; Bret- scHNEiDER, 1, p. 240, note 604; Devéria dans Inscr. de l'Orkhon, p. XXXIV b, note 1). Comme cette résidence était Kara-Balgassoun (voir p. 75, note 1), il faut bien que les monts cités soient ou le Hangaï ou bien, peut-être, la partie orientales des Altaï du Sud. Enfm c'est évidemment ce même nom que nous rencontrons dans Hachideddin sous la forme Uiikan li)'-^^^^') comme nom d'une des dix rivières où demeuraient autrefois les Ouigours, et d'une tribu des — 153 — Ûnigours (Brbtschneider I, p. 259; Radloff, Dos Kudatku Bilik^ p. XXVl, €Ûtigàm>), 88) [I E 23—24, II E 19—20]. Mot à mot: «toi qui allas en avant, allas (en avant), toi qui allas en arrière, allas (en arrière)», comme II E 87: iëikigimà ièikdiy — ôlûgimà ôltU mot à mot: cceux qui rentrèrent, rentrèrent, ceux qui moururent, moururent», c-à-d. quelques-uns rentrèrent, d'autres moururent; comp., par ex., Radloff, Fr. d. VolksUL I, p. 357 v. 267—68: suya kiràrgà 8uya kir èâr, iay asarya iay aë ëar, ctheils stûrzten sie sich in's Wasser, theils stiegen sie auf den Berg». 84) [I E 24, II E 20]. Les mots àdgûg ol drinè me sont incompré- hensibles. La traduction que j'ai donnée, n'est qu'un pis-aller. J'y ai supposé que âdgûg pourrait être âdgû-^(ô)g, comp. nàn^buà^OY^joqÇf), 1 S 8 (oy, -6g, même, aussi, comp. note 7)? (Radloff: , et qui semblent figurer la vitesse, voir p. 34. 46) [I Ë 37—38]. Ces mots me sont inintelligibles, ce qui est en partie le résultat de la lacune précédente; seulement kisin doit être ikisin, tous deux (ou deux d'entre eux?), à l'accusatif^ et ôzi, lui-même. Radloff donne dans sa transcription: tutusdy àkisin ôzi altysdy, qu'il traduit: «. . wurden t)eide dort ergriffen und er selbst festgenommen», interprétation que je ne saurais faire concorder avec texte ni contexte. 47) [I E 38]. Je ne peux pas comprendre autrement les mots (bujuruqy [nominatif] az tutuquy etc.)i bien qu'on eût plutôt pu s'attendre à voir indiqué que les Turcs auraient fait prisonniers quelques-uns des Turghès (c'est ce que pense Radloff: «er drang aber wiederum ein und nahm einige Gefangene von den Beamten des Chans mit eigener Hand fest»). La forme tutuquy est Taccusatif (comp. p. 13 au bas) de tutuq, pris, ici prisonnier (comp., par ex., Vambéry, UCg. Sprachm., p. 101 v. 77; différent de l'autre tutuq, note 38?). 48) [1 E 39]. Qara-Tûrgàs, les Turghès Noirs, doivent être quelque section spéciale des Turghès; d'après Radloff, p. 131, c'était un peuple établi au S.-O. des Turghès. Sur quoi s'appuie cette assertion, je l'ignore. L'enchaînement des choses ne serait-il pas autre? Sur le compte de Soulo, qui se proclama khan des Tou-ki-chi après la mort de So-ko khan (voir p. 74), les Chinois ra- content qu'il gagna le dévouement de ses sigets et qu'ils obéissaient à ses ordres avec empressement. Mais plus tard il y eut une réaction: ses sujets commen- cèrent à l'abandonner et à exciter des troubles. Sa cour fut divisée en deux factions; celle qui avait pour chef un descendant de Tancien khan So-ko, fut appelée la faction jaune (chin. hoangj, et ceux qui suivaient le parti de Sou-Io, furent connus sous le nom de faction noire (chin. hcj. Pendant ces troubles, Sou-Io fut assassiné, en 738. (Voir Dbguignes, I, 2, p. 499 et suiv., Visdelou, p. 54 et suiv.) N'aurions-nous pas ici la clef de l'énigme de ce nom singulier — 159 — de QaraTurgâSy les Turghès Noirs, nom qui servirait ainsi à désigner ceux des Turghès qui s'étaient attachés à Sou-lo (Suluyt) khan? Il est vrai que ces factions ne sont mentionnées que comme ayant trait à la fin du règne de Sou-lo khan; mais rien n'empêche de supposer qu'elles ont déjà existé antérieurement, ou qu'on a employé ici par anachronisme le nom de cNoirs». (Concernant l'emploi des mots aq, blanc, et qara^ noir, pour distinguer les tribus respective- ment dominantes et assujetties, comp. aussi Howorth dans Traoaux de la 5« session du Congrès des Orientalistes, St.-Pétb., 1876, U, p. 142.) Quant à tabarda, que je n'ai pas traduit, je pense que Tabar est un nom propre du- lieu (naturellement sans désigner le Tabar ou Tabaristan au sud de la mer Caspienne; car ce dernier pays est trop éloigné; mais il est possible que ce même nom ait représenté d'autres localités; comp. Dorn, Caspia, St.-Pétersb. 1875, p. 47, 135, note 1). Comment combler la lacune qui vient après qo- ou qu-f Ce point est obscur. On pourrait, par exemple, imaginer qo[ndurtymyz; Jana Joryp], «nous établîmes ce peuple à Tabar; en retour- nant, etc.»; mais ce n'est qu'une supposition en l'air. (Radloff regarde tabarda comme une forme verbale de tab-^ trouver [plutôt tap-; comp. tapa, contre, litt. pour trouver, rencontrer], et traduit par «um dièses Volk aufzufinden» ou p. 124, «bei dem Âuffînden dièses Volkes». Une pareille formation serait pourtant dépourvue d'analogie dans le langage des inscriptions.) 49) [I E 39]. Jinèû-ûgûz, la rivière des Perles, est aussi mentionnée I S 3 — 4 = II N 3. Comme nous le montrent ces trois passages, cette rivière était située au loin dans l'ouest. Les Turcs la passent durant la campagne qu'ils font contre le peuple sogdak, leur vassal (voir note 38), et ils durent la passer avant d'atteindre à la Porte de Fer, leur frontière à l'ouest (note 6). A n'en pas douter, ce ne peut être que la rivière Sogd même, le Zarafchan de nos jours, «celle qui répand de l'or», la même que les Grecs appelaient Polytinietos^ «la précieuse» (Strabon, p. 518). (Radloff, p. 119, sous Jàndû, suppose, mais en hésitant, que ce serait l'Amou-Daria (Oxus), ce qui est impossible; car ce dernier coule de l'autre côté de la Porte de Fer, vu du côté des- Turcs.) Serait-ce la même rivière dont parle un des fragments chinois du mon. III, sous le nom de Tchen-tchou-ho, «la rivière de la vraie perle», et concernant laquelle M. Devéria présume que Tchentchou est la transcription chinoise d'un nom turc (Inscr. de VOrkhon, p. XXXI, 15, XXXVI, note 17)? Ce nom contiendrait, pour l'oreille et le sens, Taccommodation du turc Jinèû-ûgûs. 50) [I E 40]. Bisiàà est le datif de bis, nous. Il est hors de doute que la vieille langue turque des inscriptions a eu cette forme particulière de datif, constituée par l'affixe r-/ia,) -/iâ, qui a dû remplacer (-qaj -kâ par l'analogie des autres datifs pronominaux, comme maàa^ à moi, l'affixe de la 3© personne -yàay -iàâ et autres, où c'est, à proprement parler, le thème qui finit en n. Nous retrouvons cette même forme dans I E 19 = II E 16. (Radloff, qui lit ici qyzyha, traduit: «er batte sich an die Tochter eines Helden gemacht» (c.-à-d. il était entré en relation avec la fille d'un héros). Je ne vois pas quel - 160 - sens ce propos donne au passage en question, en plein tableau d'un combat. Dans les autres passages, Radloff lit biskà\ comp. p. 104, notes 2—3.) Dans la lacune au bout de I E 39, il y a probablement eu des mots signifiant que l'ennemi avait station et provisions, ou quelque chose de sem- blable. L'infinitif ou gérundium irtûrû qui vient après et que je n'ai pas traduit, ne serait-il pas du même thème que àrtûrUm(iz) I NE, II S 10 (II N 10?), c.à-d. la forme transitive (-tùr-) de àr- (ou plutôt «>-, comp. p. 16?), être, par conséquent faire être, faire? En ce cas, il devrait bien signifier: pour (comp., par ex., Joqadu l E 10, turu ôlû I S 9, et note 56, fin) procurer, pour- voir à (des station et provisions). 51) [INI]. Concernant les Karlouk voir p. 71, note 3. Cette même expédition qui a dû avoir lieu en 714 environ, est aussi mentionnée II E 28 — 29. Quant à àr-bar voir note 30. Tamay dont parle la suite, est un lieu inconnu, et peut d'autant moins être déterminé que le mot baë, tête, s'emploie et dans le sens de sommet de montagne et dans celui de source de rivière. Si Tamay est = 4j&g- tamaxy gorge, le dernier sens est sans doute le plus probable. 52) [I N 3]. L'adjectif qamaëyy (ou qamy§yy\ que je traduis par épuisé, est, à mon sens, apparenté à la forme verbale qaniaètdy I E 6; voir note 56. Ce que veut dire ilgikgi, c'est ce que je ne puis interpréter. Toutes les lettres sont parfaitement nettes, à l'exception de la première et de la dernière : i pour- rait bien y être û. Dans la note sous le texte, j'ai suggéré comment on pour- rait lire; mais l'interprétation n'en reste pas moins obscure (ikàgà, nombre collectif, tous deux, l'un et l'autre?). J'ai traduit par cdivisé?» comme répon- dant à peu près à l'idée. (Radloff change arbitrairement les deux caractères et lit ôlûg iklig^ ce qu'il traduit par cda das Volk gestorben und umgekommen war» [? iklig, malade]). — Isghil, nom d'un peuple inconnu. Serait-ce = lèkU ou lèkiil, dans Rachid-eddin, nom attribué à une des dix rivières de l'ancien pays des Ouigours? 52 a) [I N 4]. Concernant les Ogouz voir note 22. Sur les combats racontés plus loin et livrés à ce peuple, comp. II E 29—33. 53) [I N 5]. La rectitude de la leçon sû^tâgisindà me paraît élevée hors de doute: il y a des traces de h ^ qui ne sont pas méconnaissables; les autres lettres sont tout à fait nettes. Tàgis = djag. iàgië^ «action d'arriver, de se rencontrer, de combattre» (Pavbt de Courtbillb, p. 263). Je traduis ce mot par «la mêlée» (la troisième phase de l'attaque, notes' 43 et ôô). (C'est décidément à tort que Radloff, avec changement arbitraire de [t]gi- en }^L-, lit sû^kiëisindàt «von den Kriegsleuten» ; ajoutez, par exemple, qu'à ces derniers appartenaient pourtant aussi les six hommes précités, et comp. ici p. 15.) 54) [I N 5]. Comme le fait voir ce passage, les Èdiz ont dû être une tribu des Ogouz, vraisemblablement les mêmes que les Chinois appelaient — 161 — A'thie; voir p. 72, note 2. Le sens appellatif de ce nom peut être «haut»; comp. note 4; à la fin. 55) [I N 6]. Ag(i)rà (ou àg(i)ri, car la dernière lettre n'est pas tout à fait claire, mais semble être ^ ) se retrouve aussi, suivi du verbe toqy-, dans Il E Hl; en outre, â^COrip I N 7 et II E 2. Ces formes, changées partout par Radloff de différentes manières, appartiennent au thème agir- ou âgàr- (djag., osm., etc), tourner, faire tourner. Ce sens de tourner ou changer res- sort manifestement de II E 2; mais il s'applique encore aux autres passages où ce même mot doit évidemment se concevoir comme terme de guerre. On pour- rait imaginer que le mot faisait allusion à l'opération fréquemment pratiquée par les Turcs de feindre une fuite et de s'arrêter brusquement pour renouveler l'attaque (est-ce là ce qu'on doit voir dans I N 7?). Toutefois, comme àg(i)râ est, dans les deux passages où on le trouve, relié au verbe toqy•^ battre, abattre, je crois plutôt qu'il veut dire changer le mode de combat, en cessant d'eibployer la lance et la remplaçant par les armes de taille (comp. notes 43 et 53). C'est pourquoi je traduis librement par «en en venant aux mains». 56) [I N 7]. Qamaëtdy (ou qamyê-T), prétérit de la forme transitive {•ir) de qamaë- {qanxyê\ djag., osm., s'émousser, surtout en parlant des yeux ou des dents. (En II E 81, on écrit qamaêty, sans d, en général supprimé fréquemment après t en II.) Par conséquent, mot à mot: le peuple turc amol- lissait le pied (adaq, p. 23), faisait amollir le pied, ce que j'ai rendu par: <— tombait de fatigue». — Dans ce qui suit immédiatement, la leçon bo[idaâ]y^ ârti se trouve confirmée par le passage parallèle de II E 31. P. 35, j'ai men- tionné l'affixe se présentant dans boidaëy^ ayant douté là, sans raison, de la présence d'une voyelle a, à devant <5. C'est seulement après l'impression du passage en question que je suis arrivé à une idée bien nette de ces formes, bien que j'eusse déjà compris alors que, dans un grand nombre de cas au moins, elles ont le sens du futur (p. ex. avec un pronom enclitique, comme sàn, voir p. 29), et, combinées avec àrti, le sens du conditionnel. Nous re- trouvons l'affixe lui-même, en coman, dans certaines formations avec le sens de noms d'agent ordinaires, telles que Jendââi (jàfidàèi), «victor», tuurdaèi^ «parens», kutkardaâi, «liberator» (G. Kuun, Codex cuman., p. CIV). Mais une concordance complète avec le langage des inscriptions se présente dans une petite série de formes en -daây, -dûèi, dont M. Houtsma a constaté la présence dans quelques vieilles sources turques; voir la Zeitschr. d. deuL Morgenl. Ges», XLIII, 1889, p. 74, ainsi que Ein tûrkisch-arabiaches Glossar^ Leiden, 1894, p. 42 (c'est M. l'académicien Salemann. de Saint-Pétersbourg, qui a bien voulu attirer mon attention sur ces passages dans les travaux de M. Houtsma). Ces dernières formes, c'est M. Houtsma qui l'a démontré, ont le sens d'un «nomen futuri», et s'emploient, avec des affixes pronominaux enclitiques, comme le futur, p. ex., (Adadysdn, tu seras. Avec ceci concordent tout à fait, comme on vient de le dire, les formes de ce genre que nous trou- vons dans les inscriptions. Tandis que Radloff les a généralement rendues — 162 — comme formes du passé, il faut maintenir que leur sens est: lo un participe du futur, «nomen futuri», comme boldaèy ou boètaéy, futurus, ôUàêi, moriturus (voir surtout I E 29, II E 2, 23, 31; Radloff: «lodt», cgestorben»); 2o un futur (de l'indicatif), à la 3e personne sans affixe, comme (jablaq) boldaèy, I N 11, il sera, ils seront (chétif(s), gâté(8)) (Radloff : «sind geworden»); (à la Ire et) à la 2e personne avec affixe pronominal: ôliàèisàn^ I S 8, tu mourras, olurtaây' San, ibid., tu resteras, kôrtàêisàn, II N 14, tu verras, boidaâysàrij ibid., tu seras; janyidaàysiz^ I S 11, vous tomberez en faute (Radloff, qui laisse toutes ces cinq formes se terminer en -sin, les regarde soit comme accusatif, soit comme instrumental avec affixe pronominal pour la 3e personne, p. ex., ôltà- âist'n, fdurch die Todten», etc.); 3o avec le prétérit àrti, un conditionnel, emploi dont on n'a pas constaté de parallèle fourni par d'autres sources: boldaèy àrii, I N 9, II E 31, 33 (futurus erat, c-à-d.) il(s) serai(en)t, aurai(en)t été, serai(en)t devenu(s) (ici, mot à mot: «il aurait été lâche»; Radloff [qui ici lit autrement] p. ex. II E 31: «sie waren feige», etc.), ôliàèi àrti, II E 33, âriigiZy I N 10, il(s) serai(en)t, vous seriez mort(s) (Radl. «starb», «ihr seid gestorben»), qcUdaèy àrWjis, I N 9, vous seriez restés (Radl. «blieben»). — J'ai fait remarquer, p. 35, que l'affixe en question ne se présente qu'après r et l, l. Vis-à-vis de ce fait, il y a un point digne d'attention, c'est que les sources publiées par M. Houtsma ne fournissent d'exemples de ces formations qu'après des racines se terminant en l, l, savoir oldaèy^ buldaèy, aldaèy^ qaldaèy^ kàldàèC. Quand même cet usage n'a guère été aussi limité, je ne saurais croire que nous ayons là un pur hasard. 11 faut donc admettre qu'à côté de cet affixe on a eu d'autres moyens, dont l'emploi a été moins limité, d'exprimer l'idée du futur. Ainsi, M Houtsma, Z. D. M. G., XLIII, p. 73, cite, du poème ancien turc qu'il y a publié, -a (= optatif en osm.) à côté de -ur. Dans nos inscriptions nous avons indubitablement ur (et le gérundium -u, comp. note 50) avec le sens du futur, p ex., qazyanurmâny birûrmàn, 1 E 9, saqynurmàn II W 6, etc. Mais ce même afiixe peut également avoir le sens du présent (aoriste). 11 est plus douteux qu'il y ait aussi un exemple de -a; comp. note 74 {toqraqyqasàn ?). 57) [I N 7]. Les détails de tout ce passage présentent beaucoup de dif- ficultés, et l'exposé est en lui-même peu clair. Il importe de faire la compa- raison du passage parallèle de II E 31. La forme sûsi, son armée, leur armée, ne s'emploie, sans complément, qu'en parlant de l'armée des ennemis; comme le montre évidemment II, c'est de la sorte qu'ici aussi l'on doit comprendre cette expression. Le participe [kûjlmis = kâliyinià en II (comp. p. 30), venu, en est le complément déterminatif. Osa (ouig. id., avant), gérundium de 02- (djag., etc.), devancer; en II se trouve en outre ajouté jaia, de yai-, élargir, disperser (trans.); comp. I E 23, 34, Il E 19, 33. Ayyt-, faire couler, laisser échapper (Radloff, Wôrterb. I, p. 166; en II ayytyni pour ayytdym, comp. note 66: qamaèty)\ ou bien, ce mot peut-il signifier faire monter, laisser monter, de ay- (djag.), monter (aydy, Il E 37, toutefois échappa plutôt que monta)? Je ne — 163 — saurais donc traduire ces mots autrement que je ne l'ai fait, quoique le sens ne soit pas trop clair. Dans ce qui suit, les difficultés se rattachent surtout aux mots toàra bir uyyë alpayu = toàra jyipayuty (c -à-d., selon moi, yu^aiy) bir uyySyy, II E 31, et elles concernent soit les mots pris séparément, soit leur combinaison syn- taxique. Qu'est-ce que uyy§ ou uyuëf Radloff le traduit par cweise», (un homme) sage, ce qui, je crois, n'est pas correct. J'y vois une dérivation de *uy, uq dans les dialectes de l'Altaï, race, famille («Geschlecht, Familie, Her- kunft», Radloff, Wôrterb. I, p. 1605; ces dialectes n'ont jamais y, mais seule- ment q, dans la fîn des mots). En conséquence, uyyë signifierait: appartenant à une race ou à la même race, acception qui me parait convenir partout où se présente ce mot (1 S 1 = Il N 1, I S 6, II E 25). Il peut très bien être identique au djag. uyuë, petit-fils, acception qui a pu surgir par une spécialisa- tion de celle qu'on vient de nommer. Alors Tongra semble devoir être le nom de la race ou famille à laquelle appartient le tué, et probablement une race distinguée. Je ne saurais décider si ceci est la même chose que le Thounglo des Chinois, nom d'une horde des Houi-ho (voir, p ex., Visdblou, p. 57 b). Enfin je suppose qa'Alpagou est le nom du personnage même, nommé, en U, Yilpagou (Jy^P^Y^'^^^yy ^^^ ^ n^o^- Y. son nom, c.-à-d. nommé Y.?). Je ne saurais croire qu'il y ait de relation entre ce mot et alpaut (coman, dial. de Kasan), alpayyi (Tobolsk), alpagui (mongol), cEdelmann, Gutsbesiizer, Guts- herr» (Radloff, Wôrterb. I, p. 430, 431). La marque de l'accusatif n'est ajoutée qu'au dernier mot, ici àrig^ en II uyyëyy. — Pour la traduction des mots toàa^ tigin juyynda, pendant les funérailles de Tongatéghin, je me range du côté de Radloff, cbei der Leichenfeier (der Bestattung) des Tonga-Tegin», sans pouvoir autrement donner de renseignement sur ce détail. S'il est correct que tous les combats mentionnés en I N 4—8 eussent lieu «en un an», il faut bien, comme cela résulte de ce qui suit, que l'épisode dont il s'agit ici, se soit passé en 730, l'année précédant la mort de Kultéghin. A elle-même cette rai- son suffit pour rendre évident que Tonga-téghin (un Ogouz?) ne saurait être identique à ce Thong-'o-te-kin qui, suivant les sources chinoises, fut décapité, en 714, sous les murs de Peithing ou Bichbalik, quoique le nom semble être le même (voir p. 70 et suiv.). — Sur àgirip, en II agira, voir note 55. 58) fl N 7]. Le dernier élément de ce nom, qadaz ou qadyz (la con- fusion des deux signes pour d dans l'affixe da s'expliquerait peut-être plus facile- ment, si la voyelle de la dernière syllabe était y que si elle était a?) a indu- bitablement un sens appellatif, p. ex., vallée ou quelque chose de semblable; mais, ne sachant rien là-dessus, j'ai maintenu le mot turc dans la traduction. Quant à la leçon adoptée par Radloff, qadynda {= ouig. qadyn), «unterhalb des Âsgèinti», je fais observer, d'une part, que les deux inscriptions ont bien nettement z rP , qu'on ne saurait confondre avec n rH ; d'autre part, qu'en somme on n'écrit jamais d après n\ voir p. 42, note 1. — 164 — 59) [IN 9]. Ulaju (cen s'y joignant», csuivi de»), gérundium de ula- (ouig., djag., osm., etc.), joindre, attacher («zusammensetzen, vereinigen, [sich mit Jd. vereinigen]; mit sich vereinigen, erlangen, erwerben», Radloff, Wôrterb. I, p. 1676—77), désigne que la (ou les) personne(s) nommée(s) après uiaju, vien(nen}t après celle dont le nom précède ulaju ou y est sousentendu , ou bien qu'elles lui sont subordonnées (comp. I N 11, I S 1 = II N 1, II S 13, 14 trois fois; uèady I E 32, note 38; Radloff écrit uèyju, csich anschliessend», tUydy, de uly-, «sich anschliessen» ; mais dans son Wôrterh.l, p. 1689, il traduit uly- par «sich unterwerfen, unterliegen; iii Kummer sein, weinen»). La contre-partie en est baêiaju, voir note 23. Parmi les dames de la Tamille du kagan, celle du premier rang, c'est ôgàm qatun, «ma mère la katoun» (note 18); à côté d'elle figurent ôgàlàrim^ mes mères, c.-à-d. mes belles-mères, les autres femmes du kagan défunt (différent de djag., etc., ôgài, adoptif); Radloff, dans son glossaire, p. 99, suggère aussi cette interprétation, tandis que dans le texte il traduit par cmeine Tanten». Àkà ne peut être que sœur aînée et tante (Rad- loff, p. 90, où il rapproche djag àgàèi, sœur ahiée, coman àgàci, tante); les langues turques peuvent bien exprimer ces deux idées par le même mot, comme frère aîné et oncle. Kâliàûn, de kàUn (djag., osm., etc.), fiancée, mariée, bru (ici, peut-être, et brus et belles-sœurs) -f- kûn^ -gûn^ peuple, qui s'emploie enclitiquement pour désigner une assemblée, un corps de quelque chose; comp. ouig. il-, àl-kûn = i7, àl, peuple, et note 62 inijigûnim (A = n + (7 ou /c, comp. note 24; kâlin.làrim (sic!), mes brus, Inscr. de riénissài^ III, 247). Concernant qonëiij voir note 26. Le seul sens qui convienne ici, c'est celui de «mes épouses, mes femmes», qui doivent né- cessairement être nommées dans ce contexte, mais qui n'auraient autrement pas été nommées. Sur les formes conditionnelles boèdaôy àrtiy etc., voir note 56. Dans sa traduction, Radloff voit le prétérit de l'indicatif tant dans ces formes que dans le subjonctif Joq àrsâr (= ouig. Joq ârsà, p. ex. VXmbéry, Uig, Sprachm.^ p. 89 V. 52; p. 123 V. 102). En réalité, ce passage exprime seulement combien l'attaque de l'ennemi contre l'ordou fut dangereuse, attaque que néanmoins Kultéghin réussit à repousser, sauf à y perdre la vie. 60) [I N 10]. Jasar, de Jasa- (4jag)i arranger, exécuter. (Dans sa transcription, Radloff le change en jaëar [comp. Jaëajur, âgé de, 1 N 2] et traduit comme voici: «ewig (alle[?] Zeit) lebtp] nur der Himmel» ) — La planche 12 dans Inscr. de l'Orkhon me paraît avoir nettement tôrûmis (dans le texte imprimé, p. 9, tôrimis), par conséquent de tôrûs tôrà- (ouig., etc.), naître, venir au monde. 11 me semble qu'où peut le lire également dans V Atlas de Radloff, pi. XIX, 2 (Kb.), 1. 4, et dans la pi. XX, planche retouchée, il est effectivement rendu par tôriniiSy comme dans Inscr. de VOrkhon, Radloff lui-même lit à présent tiriniis, il(s) vivai(en)t. L'emploi gnomique de la forme du p étérit en -niiè ne ferait sans doute pas de difficulté; mais, d'après les langues apparentées, on s'attendrait peut-être plutôt que le verbe eiore — 165 — dont on ne trouve aucun autre exemple dans les inscriptions, aurait été, p. ex., iiril' (ou iirig-1), 61) [I N 11]. Âtida, quel qu'en soit le sens, doit être une forme in- correcte, les signes employés pour t et pour d étant incompatibles. Est-ce que par hasard 1^ da serait dû à une faute de taille au lieu de $ n<5, de sorte qu'il faudrait lire Hinââ ou Hi-^^nâa, ce qu'on trouvera mentionné à la fin de la note 7? En tout cas, c'est à Vàti dont il est question là que j'ai pensé en traduisant par abondamment. Comp. àti^may, II S 15, note 113? (Radloff, p. 94, a proposé d'autres coi^ectures peu plausibles, p. ex., âtidâ, de sa chair, ce qui cependant eût dû être âiindà, etc.) 62) [I N 11]. Il ne saurait y avoir de doute sur la justesse de la leçon injgûnm (Inscr. de VOrkhon) dans cet endroit. Ce mot se retrouve I S 1 = UNI dans une combinaison toute pareille, et je l'interprète comme ini, frère cadet, + -gûn^ voir note 69. La difficulté gît en y, que je ne peux pas ex- pliquer. (Autrement Radloff, p. 102.) — Le mot oy^a/i, proprement enfant, garçon, me paraît, dans tous les endroits où il se présente (outre celui-ci, I S 1 = UNI, I SE), ne pouvoir signifier que (jeune) prince de la famille du kagan, prince du sang, infant. Comp. Pavet de Courteille, Dici. turc-or., p. 68, sous ..^»i' «chez les Mongols, titre des princes du sang impérial». Cette acception s'adapte à merveille à la hiérarchie de l'énumération donnée ici et en I S 1. — Concernant êad voir note 21; sur boidaÔy, note 56. (C'est par inalvertance que Radloff a traduit comme voici: tO, ihr beiden Schad, etc.l Ich grâme mich, dass meine Augen und Brauen jetzt schlecht ge- worden».) 63) [1 N 12]. Likûà, Likeng est l'ambassadeur Liu-hiang dont parlent aussi les sources chinoises, voir p. 78. Nous voyons que, dans ce mot chi- nois, le son h, que n'a pas le turc, est rendu par k. — Is(i)ji se rattachet-il à Likâày ou est-ce un autre personnage et, en ce cas, lequel? C'est ce dont je ne saurais rien dire. Dans une lettre, M. G. Schlegel a attiré mon attention sur le mot chinois yûchiy historien impérial; mais je n'ose rien décider sur la possibilité de l'identité de ces mots. 64) [I N 12]. Soyd, voir note 38. Buqaraq (leçon qui est tout à fait sûre) ne saurait être que Boukhara, cité très ancienne et déjà célèbre avant l'époque qui nous occupe ici. Uiys ou uhis doit être = ouig., osm., etc. uhiSy djag. u1u8, peuple, par conséquent, le peuple de Boukhara. Entre soyd et buqaraq on trouve bârââkdr (•làrf)y qui semble également être le nom d'un peuple; je l'ai supposé identique aux Perses. La terminaison de bârââkâr — c'est ainsi que la pierre semble le porter, — m'est incompréhensible (comp. âdizkârt 11 E 1?). Si j'ai raison d'y voir un nom de peuple, bârôâlâr serait, d'autre part, d'autant moins vraisemblable que les noms de peuple ne s'em- ploient jamais d'ailleurs au pluriel. — 166 — 65) [I N 13]. «Mon fils aimé, le kagan des Turghès,» c'est-à-dire «mon gendre», voir II N 9, note 114. 66) [I N 13]. Tchang-sengun, c-à-d. l'ambassadeur chinois Tchang kiui, dont le titre était kin-ouisiangkiun, voir p. 78. Concernant èyqan, tchikan, qui doit être un mot chinois, M. G. Schlegel a bien voulu, sur ma demande, suggérer la possibilité du chinois chikouan, les historiens-censeurs de la cour. 67) [I S 1, II N 1]. Voici comment je conçois le sens de cette intro- duction destinée, selon moi, à ouvrir toute l'inscription (voir p. 87 et sniv.): Le kagan déclare qu'il vient de s^asseoir sur le trône; par conséquent c'est de son trône qu'il parle en kagan, et qu'il adresse son discours (c'est-à-dire la teneur de l'inscription) à ceux qui sont censés entourer ce trône: lo ceux qui se joignent à lui comme sa suite (ulaju, note 59): ses parents de près et de loin (inijigûnim oylanym, note 62; uyyëy/n, note 57; biriki, note 35) et son peuple; 2o ceux qui sont placés à droite (birijà^ note 22): la noblesse la plus qualifiée (? sadapyi, II S 13, 14, mot inconnu, apparenté avec èad^ note 21? Ce n'est pas là sans doute ce mot qui, en chinois, est devenu €Soulipah, p. 59, note 1?), et 3o ceux qui sont placés à gauche: les classes moins élevées (?) et les représentants de certains des peuples soumis. Concernant le titre du kagan voir p. 73, note 2. — Bu^ôdkà, dans I, à ce temps, à l'heure qu'il est, comp. oi^ôdkà I E 21 = II E 18, anday-ôdka I E 40 (quoique la pierre soit ici un peu endommagée, la leçon bu^ôdkâ est parfaitement distincte et indiscutable). Au lieu de ceci, II porte bôdkà, datif de bod, que Radloff traduit, sans doute avec raison, par trône; comp. I S 11 = II N 8, II E 2, où, comme ici, bôdkà olur- signifie «s'asseoir sur le trône», «monter sur le trône», ce qui s'exprime aussi par olur- seulement (p. 33 note) — Le mot sab (fréquent dans cette partie de l'inscription; comp. aussi II E 39) ne signifie nullement «renommée, crédit» («Ruhm, Einfluss», Radloff), mais bien «message, mandement, appela invitation» et autres choses semblables (p. 26); comp. l'ouigour saby sau, «Kunde, Kundschaft, Ruf, Nachricht», sauÔy, «Pro- phet, Verkûnder, Nachrichtgeber» (VXmbéry, Uig. Sprachmon., p. 253), djag. sawcV, messager, intermédiaire, sacun, invitation, convocation (Pavet de Cour- TBiLLE, Dict, L-or., p. 344). — Je Us le mot qui suit le premier sabymyn comme tûkàti (non pas tôkti R.), et je le traduis par «jusqu'au bout», propre- ment «en (r)achevant», gérundium de tfikàt- (ouig., djag., etc.), achever. 68) [I S 3, II N 2]. Concernant amaty voir note 13. — Le mot aiyy s'emploie, comme tant de noms abstraits (note 11), soit adjectivement (a kisi I S 7 = II N 5), soit substantivement (ici, I S 5 = II N 4). Il tient à ajyq (osm., djag., etc.), dégrisé, qui a retrouvé la raison; intelligent; (ouig., téléoute) «Auf- merksamkeit, Beobachlung» (Radloff, Wôrtcrb. I, p. 218 [? comp. plus bas]; «Wohistand, Fiille, Reichthum(?)», Vambéry, Uig. Sprmon., p. 183); ajy (ouig.), «rein, siindlos» (Radloff, for. cit.; «Tugend, Giite, Wohlthat», Vambéry, loc — 167 — cit.); ai (altaï), «Richtigkeit, Regel, richtiges Verstândniss, Einsicht, Erkiârang» (Radloff, loc. cit., p. 3). D'après le contexte, notre aiyy, en tant qu'adjectif, signifie c rangé, instruit, policé», et, comme substantif, «civilisation, degré supé- rieur de développement intellectuel et moral, instruction, politesse» (est-ce que l'ouig. ajyq se prendrait aussi dans cette dernière acception dans le seul ex- emple où ce mot semble figurer, exemple cité et par Vàmbéry et par Radloff: «Si l'on donne ajyq [de l'éducation?] à une propriété [c'est-à-dire à un serf], elle ne ploie pas la nuque»?). — Sur Ôtûkân, Eutuken, voir note 32; sur olur- sar, note 29; sur buà, p. 25 et 91 note 2; iltà, locatif, «dans le peuple», comp. p. 22. 69) [I S 3—4;, II N 2—3]. La plupart des noms propres qui se présen- tent ici, sont mentionnés dans les notes précédentes. Quant à ta^uj, je doute que ce soit là un nom propre, et je suis plus porté à y voir le même mot que taiai^ la mer, mot qui se présente dans les idiomes turcs du Nord (et dans le mongol). Klaproth, Spr, u. Schr. d. Uig., p. 11, donne taloi, d'après le vocabulaire ouigour-chinois. Si cette forme est correcte, nous aurions une concordance complète avec le tctèuj des inscriptions. — Toqus ârsin, les Neuf- Ersins, nom inconnu d'un peuple ou d'une localité du côté du Thibet. — Con- cernant Jir-bajyrqu voir note 41. — Le mot kièig (tàgmâdim), qui figure deux fois, est conçu par Radloff, qui le transcrit ^kûâiy*, comme passage, «Ueber- gang (liber einen Fluss)» (de /r«<5-, passer): «den Uebergang zu den Talui —, den Uebergang (ûber den gelben Fluss) zu den Tibetanern habe ich nicht erreicht» (p. 113). Sans mentionner d'autres objections, je ferai seulement observer lo que le thème kââ- s'écrit toujours d'ailleurs sans ^ et évidemment a eu à pur (comp. p. 16, noie 2); 2" que le verbe tâg- régit toujours le datif et, pour cette raison, on aurait forcément dû dire kââiykâ. Je vois en talujqa et tûpûtkà le régime de tâymâdini , et en kiâig le mot turc ordinaire pour «petit», et, quoique ne pouvant en signaler aucun parallèle, je suppose qu'on a pu s'en servir comme renforçant la négation, à l'instar de brin, mie («nullement»). 70) [I S 5, II N 3-4]. Le mot tûzàltim ou tûsûltini, que j'ai traduit par «j'entrai en relations», aurait peut-être pu se traduire plus correctement par «je me suis réconcilié» ou «j'ai fait une convention (avec — )» (comp. p. 75 et suiv.). — Radloff fait dériver isigti (p. 102 tisinti*, comp. plus haut p. 22, note 1) de l'ouig. is, odeur, et le traduit par «Wohigerûche», parfums, par con- séquent synonyme de qoqylyq II S IL Si, comme je le crois avec certitude, je suis fondé à lire isigtisin II N 11, l'acyectif préposé âkinlig montre que ce doit être le nom de quelque espèce de blé, article qui, lui aussi, devrait figurer parmi les choses que les Turcs reçurent de la Chine (comp p 67 et note 115). Quant à l'étymologie de ce mot, je ne me prononcerai pas là-dessus. — QutaJ (qotttjfj signifie «soie» selon la présomption, sans doute correcte, de Radloff. Ceci se trouve aussi confirmé par II N 11, seul endroit où nous trouvions ce mol combiné avec un adjectif (voir note 115). — Sab^ voir note 67; ayy (fré- quent dans cette seclion; comp I N 12) = ouig. id., 1<) libéral, généreux; — 168 — 2o objets précieux (Radloff, Wôrtcrb. I, p. 154); il est vraisemblable que ce mot peut signifier aussi présent, don, tandis que «Tribut, Lohn» (Radloff) ne convient pas. Corn p., quant aux €ayy* que les Turcs reçurent de la Chine, un vers du Koudatkou Bilik: ^Kitai arkiëi kezse arkië turur kajun kelkû crdi iûmendû aki [c.-à-d. ayy]; wenn Chatai's [= China' s] Karavane dahin- zieht, so ist es eine Karavane, von wo tausendfache Spenden kommen solien», Vambéry, Uig. Sprachmon., p. 134—135 v. 8 (Radloff, Das Kudaiku Bilik, p. 149 = 126, 35). 71) [I S 5, 11 N 4]. Les formes sabyn et ayyn sont cas instrumental se terminant par ); voir p. 29. Concernant arap — c'est ainsi, je suppose, qu'il faut lire rp, du thème ara- — voir note 11, p. 142. — Dans ce qui suit, je me suis rangé, malgré beaucoup de doutes, à l'avis de Radloff, et conçois ûjxlr (ou ôjûr) comme répondant aux altaï, téléoute â-, kirg. ûi-, sagaï, koïbal %-» djftg- ôk-, accumuler, entasser («anhâufen, aufhttufen», Radloff, Wôrterb, 1, p. 1798, 1800, 1807, 1178). Mes doutes se basent soit sur la forme du mot, qui semble plutôt concorder avec les formes modernes les moins primitives, soit sur le sens figuré où il doit être employé ici et dont, ce semble, il n'y a pas d'analogue dans les autres idiomes. En tout cas, ce mot doit nécessairement, selon moi, se concevoir comme verbe transitif, à cause de l'accusatif biligin^ «leur savoir», en II, tandis que Radloff traduit: «— so ist (bei ihnen) einsichts- voiles Wissen verbreitet», et, dans le Glossaire, p. 104, il explique ujûr comme «aufgehâuft, viel>. J'ai traduit: «ils (les Chinois) répandirent(?) parmi eux leur civilisation, etc.»; il aurait été peut-être plus correct de l'interpréter ainsi: «ils (les Turcs) amassèrent, c'est-à-dire s'approprièrent largement, la civilisation, etc. des Chinois», ou bien «ils firent croître leur (propre) civilisation, etc.»? Le thème du verbe affecte vraisemblablement la forme ii- (+ j-ûr) et non ûi-, ûj- (+ ûr); en somme^ les diphtongues palatales ne semblent pas se présenter (voir p 27). Comp. ûmâzsàn, note 74 (kû [note 19]: û- = altaï kâ: rt-?). 72) [1 S 6, II N 4]. Le sens du mot bisiik (bisûkiàâ) m'est obscur, et j'ai dû passer sur ce mot dans ma traduction. Voici la traduction de tout ce passage par Radloff: «(Selbst) der sich irrende Mensch wagt sich nicht an die Ehre (dcn Schmuck) ihrer Weisen und ihres Volkes», et dans le Glossaire, p. 139, il traduit bnaûk par «der Schmuck, Glanz», tout en en rapprochant l'ouigour bàzûk, qui signifie orné; ornement (?); comp. djag., osm. bâzâk, orne- ment, parure, du thème verbal bâzâ-^ ouig. bûz-, orner, parer. Cependant l'on verra que, dans tous les idiomes cités, ce thème a z, et non s, ce que d'autre part nous trouvons dans l'inscription, et comme l'ancien turc distingue, d'une manière très conséquente et en concordance parfaite avec le djagataï et l'osmanli, entre z et s, comme en général entre les sons vocaliques et les sons soufflés, l'interprétation de Radloff devient tout à fait invraisemblable, d'autant plus qu'en lui-même le sens me paraît demeurer assez obscur. A regarder la forme seulement, je supposerais plutôt que hisiik était = ouig., djag., etc. bièiik, 'ik, cuit, mou, mûr, de his- ({ns-}, cuire, être cuit, devenir mou, mûr — 169 (aussi €se souvenir», Pavet de Courteille). Alors le mol devrait être em- ployé dans quelque sens spécial, figuré, que je ne pourrais pas mieux définir. 78) [I S 6—7, II N 7]. Concernant ûlàsik voir p. 38, note 1. — Quant à ioyaj, que je traduis par «sombre», comp. djag. iioya, ombre. — La forme tûgûltin, 4ûn est obscure. Radloff, qui la change en tôyûltià (avec /l), tra- duit c— so habt ihr euch ûber den dichten Bergwald ergossen», ou, p. 128, «du ergossest dich vom[!] dichten B.>, ce qui eût dû être tôgûltig ou plutôt tô- kûltig (comp. p. 21). Ma traduction se fonde sur l'hypothèse que cette forme pourrait être un gérundium, formé de Uigûl (djag., etc.), (il, ce) n'est pas, par analogie avec les formes en (majtyn, (-ma) Un, mentionnés dans la note 76. Mais j'hésite beaucoup à avancer cette opinion, et je n'en saurais citer de pa- rallèle dans aucun autre idiome turc. — La leçon qonajyn est parfaite- ment nette et sûre; c'est ainsi que lit le texte typographie dans Inscr. de l'Orkhon. (Radloff lit qojbin, qu'il transcrit qojyp an et traduit par «ver- lasset (die Ebene)» ou bien, p. 91 et 108, <(die Steppe) verlassend, steige hinab». Toutefois, cette leçon et son interprétation sont impossibles en elles- mêmes, et pour des raisons de grammaire [par ex., gérundium en b au lieu de p] et pour des raisons de logique [où descendre de la plaine?]). — Concernant aiyy voir note 68. — Buèyur- ou boëyur- (également I E 13 = II E 12) est le transitif de l'ouig. buë-, boë-, «aufwallen, zûrnen, hassen» (Vambért), djag. boë- «s'altérer, se gâter, se fâcher, se tourmenter» (Pavet de Courteille). D'après le contexte, cette forme transitive ne s'emploie nullement en mauvaise part ex- clusivement «fâcher, irriter» («erzûrnen», Radloff), mais doit signifier «en- flammer, exciter». (Vambéry. Uig. Sprachnion., p. 125, cite un verbe boëur-, qu'il traduit, je ne sais de quel droit, par «loslassen; weglassen, verabschieden». A en juger d'après la forme de ce mot, on le croirait transitif du thème verbal en question boë-, par conséquent = notre buëyur-, boëyur-, plutôt que dériva- lion de l'adjectif boë, vide, d'où boëat- (= osm , djag.), vider, lâcher, répudier. Dans le seul exemple cité par Vàmbéry et qu'il traduit ainsi: «Viele wunder- bare Dinge mir zeigend, hast du mich entlassen» (boëurdung), notre mot semble aussi bien pouvoir signifier «tu m'as excité, tu as piqué ma curiosité», ou autres choses semblables?) 74) [I S 8, II M 6]. On doit concevoir tout ce passage comme les aver- tissements du kagan à ceux de ses sujets qui avaient le désir d'émigrer en Chine. Concernant les formes en -sar voir note 29, sur -taôy, tââi, avec le pronom personnel affixe sân» voir note 66. — Je ne saurais concevoir arqyë que comme «caravane», répondant à l'ouig. aryyë (Radloff) ou arqyë, djag. arqië (Pavet de Courteille), id. Cette acception satisfait également à II Ë 25. Si j'ai traduit le mot parallèle tirkië par «convoi», c'est un peu plus arbitraire, ne connaissant pas aux autres idiomes turcs un pareil substantif. Mais il peut se rattacher au verbe 4jag- eV^ÂlXi wJ»» osm. (ûrkâë-, marcher à la file, à la suite l'un de l'autre (Barbier de Meynard, Dict. turc, I, p. 460, y compare târki, arrière de la selle; comp. aussi Vambéry, EtytnoL Wôrterb., 12 — 170 — p. 170 no 182 II, p. 166 no 172 II?). Ysar doit être pour ydsar (comp., immédiatement après, tosaq ou -syq?\ de yd-, envoyer (p. ex. Il E 25 et sou- vent; on ne pourrait songer ni à la forme y s- [Radloff, Wôrterb., I, p. 1385] ni à la forme r- [ibid , p. 1409] = yd-, la première de ces formes étant limitée aux dialectes où un d primitif est devenu ;;, s [p. ex., asaq pour adaq, pied], tandis que la seconde est basée sur la transition de d en i, j [p. ex. ajaq]). — Dans la combinaison suivante nàà^bufi^OY(f)^joq, j'ai supposé que y pour- rait exprimer oy, cmême, aussi», particule mentionnée dans les notes 6, fin, et 34. — Dans le mot que je transcris toqraqyqasân, le thème est toq (adjectif qui se retrouve dans tous les idiomes turcs), rassasié, + -^^9> affixe de com- paratif. Puis j'ai présumé — mais c'est là une pure supposition, — que -yq- pour- rait être l'affixe verbal mentionné dans la note 14 (cdevenir plus rassasié»), et qu'en fin on y a ajouté -a comme marque du futur; comp. note 56, fin, et les formes de la le personne ôlûràjin, uruysyratajyriy I E 10, itâjin^ I E 39, qonajyn, I S 7, ydmajyn, II E 33, igidàjin, II E 36. — La fin de tout ce pas- sage présente de grandes difficultés, et la pensée semble en elle-même peu claire, en tout cas exprimée peu clairement. Parmi les mots constitutifs, acsyq doit si- gnifier «faim, l'état d'avoir faim» (comp. ici aâsar, subjonctif de ad-, avoir faim, et aâ, adjectif, qui a faim, II E 38), et il faut que tosyq ou tosaq signifie «satiété, l'état d'être rassasié», soit que d soit tombé devant s (comme en ysar, v. plus haut; comp. todsar, subjonctif de tod-, être rassasié = djag., osm., etc. toi'), soit plutôt que le mot soit formé de la racine to-, remplir (d'où aussi toq, v. plus haut). (Radloff, qui, I SW, change arbitrairement tojgt : bu . . . [comp. son Atlas, pi. XIX et XX, Jnscr. de VOrkhon, p. 8, I, 55] en iojg (tojyn^): tbu . ., voit dans le premier de ces mots le toj (toi) qui se retrouve dans tous les idiomes turcs et qui signifie «festin, noce», et, p. 128, la présence de cette forme à côté du thème verbal tod- lui permet, pense-t-il, de conclure que la forme secondaire toi- était en usage, même pour la part du thème verbal, «dès le VIII® siècle». Mais, quand même nous aurions vraiment le mot toj (toi) dans I SW, ce qui, selon moi, est impossible, cette conclusion de Radloff n'en serait pas mieux fondée. En effet, on ne peut pas prouver que i, j, de toj provienne d'un d. antérieur; au contraire, nous avons de prime abord la diph- tongue dans ce substantif, et c'est aussi là ce que nous trouvons dans les idi- omes où d est d'ailleurs développé autrement, par exemple, le koïbal toi, noce(s), mais le thème verbal tos- (toskan, rassasié), cet idiome étant du nombre de ceux où le d primitif s'est changé en z, .s.) Reste enfin umâzsùn, qui en tout cas doit être une 2e personne (comme toutes les formes verbales précédentes) de la forme négative (mâz) d'un thème verbal m-. J'incline à penser que c'est le même thème qui nous rencontre en lïjûr, note 71. Si cela est, ce mot signifierait donc littéralement: «tu n'amas- seras pas», c.-à-d. «tu n'augmenteras pas, tu n'éprouveras pas à un plus haut degré de satiété, de faim». Dans la première partie de notre passage, la leçon de II, aâsar, «si (quand) tu as faim», est préférable à celle de 1, aâsyq, qui donnerait l'étrange 171 - sens que voici: «tu ne . . . ni faim ni rassasiement», et qui est due peut-être à une anticipation du aèsyq suivant. Quoi qu'il en soit, il reste assez d'obscu- rité, et en somme je ne puis comprendre l'ensemble que dans l'hypothèse, arbitraire il est vrai, que la première partie du passage se rapporte à ceux des Turcs qui veulent émigrer (ce que j'ai désigné en intercalant cautrement»), et la dernière à ceux qui veulent rester. 76) p S 8—9, Il N 6—7]. J'ai traduit andayyûyn par «ceux des tiens qui étaient là», de andayy (djag. andayi) + l'affixe de la 2e personne, -A-yn, Peut-être qu'il eût été plus correct de traduire par «ceux des tiens qui étaient tels», c'est-à-dire qui pensaient et agissaient ainsi, qui avaient les mêmes idées, de anday, tel, pareil, + -yà-yn, — Selon moi, aimatyn est gérundium (passé) de la forme négative de al-, prendre, accepter (comp. ok sabyy aiyp, I S 7 = II N 6), de sorte que Taffixe maiyn est = -bîn, -pin (b pour m) des dialectes de l'Âbakan. Comp. qazyanmaltyjn, Il E 83, si cette leçon est correcte. Sur la forme latérale en -maiy voir note 15. 76) [I S 10, II N 7]. En traduisant jog èyyai par «de rien et pauvre>, j'ai suivi Radloff: «das elende, arme Volk», par conséquent à peu près la même chose que le èyyai budunyy qui suit immédiatement. Est-ce que la pre- mière expression ne peut plutôt signifier «(ceux du peuple) qui n'étaient pas pauvres» ? 77) [I S 10, II N 7 — 8]. Ici encore, plusieurs mots sont douteux. Dans iyid-baryu j'ai cru voir, bien qu'avec doute, un nom verbal en -yu (= ouig. -qu, VXmbbry, Uig. Spruchnwn., p. 39) d'une combinaison igid-bar-, dont la signification pourrait être «faire des progrès», «tirer profit», ou autre chose sem- blable O'gid-, élever, relever, accomplir). Mais qu'est-ce que azu7 Pourrait-ce être le gérundium de as- (ouig., djag., osm., etc.), s'égarer, perdre la raison? Et le sens de l'ensemble pourrait-il être à peu près ceci: «Que vous vous égariez ou que, par suite de mes avertissements, vous vous avanciez (dans la bonne voie), écoutez ceci»? Cependant c'est là une idée si vague que je n'ai même pas osé le donner à entendre dans la traduction. 78) [I S 11, II N 8]. Concernant nâànâfi sabym ârsâr, «quoi que soit mon message», ctout ce que j'ai à vous dire», voir p. 29, note 1. 79) [I S 11]. Jaàyldaëysiz ne saurait signifier que «vous tomberez en faute», futur de jaàyl-. Mais qu'est-ce qui les fera tomber en faute? Le seul mot qui semble en comporter l'indication, est gû. Je l'ai lu comme âgû^ et j'y supposerais un gérundium de ùg- (djag. id.. ouig. àk- [cf^-?]), osm. ai-), courber, incliner, pencher. Est-ce donc qu'il pourrait signifier, par exemple, «en détournant (de leur fidélité) les nobles qui ont obéi au trône, etc.»? Ne sachant si (ig- peut s'employer dans un pareil sens figuré, j'ai laissé en blanc la traduction. 12* — 172 — 80) [I S 11]. Concernant symady voir note 44. 81) [I S 12]. Sur adynêyy voir p. 42. Le mot barq désigne évidem- ment ici, comme I N 13 et II N 14, II SW, le temple (la salle des ancêtres) élevé, sur l'ordre de l'empereur chinois, à côté du monument; voir p. 78^ 80 et suiv. Je le traduis ici par «édifice». Dans d'autres endroits (II E 32, 34, 37) il s'emploie dans la combinaison àb barq, que je traduis par «maison(s) et bâtiment(s)» ; j'aurais pu dire aussi «maison(s) et mobilier(s)» (comp. Pavbt de CouRTEiLLE, Dict tiircor., p. 147, «maison; mobilier de la maison»; Vambéry, Uig. Sprachmon., p. 149, XXIX, v. 2, «Hausgerâth»); si fai préféré la pre- mière traduction, c'est d'une part à cause du parallélisme avec l'acception ci- dessus nommée, d'autre part, parce que d'après le sens ce seraient plutôt choses fixes dépendant de la maison et que, dans une attaque, on détruit et n'enlève pas. En réalité, la combinaison àb barq est seulement = maison(s). Les leçons jaraturtym et iâin^taëyn sont parfaitement sûres. On verra qu'avec les verbes doublement transitifs la personne à qui l'on fait faire quelque chose, est désignée par le datif, comme, par exemple, en osm., en yakoute (BôHTLiNGK, Jakut. Gramm. § 560), etc. 82) [I S 13]. La lecture et l'interprétation de la première moitié de cette ligne sont extrêmement douteuses, et je ne crois pas être parvenu à bien rencontrer. Le mot àrig m'a fait penser au djag. àrik, dur, rude, grossier (Pavet de CouRTEiLLE, p. 107; Radlo^f, Wôrterb. I, p. 762), et en somme j'ai cru que ceci faisait allusion au fait que le monument était érigé dans un lieu désert, et non dans le voisinage immédiat de demeures pour les hommes. — Concernant atysy Joiyy tigin voir p. 84 et suiv., et note 10; comp. égale- ment note 84. 83) [I N E]. Pour comprendre les dates données dans ce passage, il faut, d'une part, comparer la date de l'inscription chinoise gui se trouve sur ce même monument (voir p. 83), d'autre part, jeter en somme un coup d'œil sur l'antique chronologie chinoise, si exacte et si remarquable, usitée depuis plus de 4000 ans et sans interruption aucune. Comp. sur ce point Ideler, Ueber die Zeiirechnung dcr Chinesen dans Hist.-philol. Abhandlungen d. Kgl. Akad. d. Wissensch. zu Berlin, aus dem Jahre 1837, p. 199 et suiv.; J. Williams, Observations (}/' Cornets, front B. C. 611 to A. D. 1640, extracted from Chihese Annais, Loiidon 1871, p. XV et suiv., avec les tableaux qui s'y rap- portent, AG; H. Fritsche, On Chronology and the Construction qf ihe Cal- endar with spécial regard to the Chinese computation of time, St. Péters- bourg 1886. L'année chinoise est une année lunaire ordinairement composée de 12 mois (lunaisons), chacun de 29 ou de 30 jours, en tout, par conséquent, 354 ou 3ÔÔ jours. Les écarts d'avec l'année solaire sont compensés par l'intercala- tion, faite tous les deux ou trois ans, d'un mois entier, et cela suivant des règles astronomiques déterminées (le mois bissextile étant la lunaison au cou- — 173 — rant de laquelle le soleil n'entre pas dans une nouvelle constellation zodiacale), en sorte qu'en dedans d'un cycle de 19 ans il arrive 7 années bissextiles de 13 mois (lunaisons), soit 384* ou 385 jours. L'année isolée est désignée soit comme le quantième du règne de tel empereur ou de telle période de son règne, soit d'après sa place dans un cycle de 60 ans, dont le point de départ remonte à l'an 2637 av. J.-C, et dont les années constitutives sont désignées, non point par des chilTres, mais par des caractères cycliques particuliers, formés par des combinaisons alternantes de deux séries de caractères (1894, p. ex , est kia-ou, c'est-à-dire la 31e année du 76e cycle sexagésimal, le numéro du cycle lui-même n'étant toutefois ordinairement pas exprimé). Concernant un autre cycle antique de 12 ans, aujourd'hui tout à fait hors d'usage en Chine, voir ci-dessous. Le premier mois (lunaison) de l'année chinoise est celui au courant duquel le soleil entre dans la constellation des Poissons; d'après cela le premier jour qui puisse constituer le jour de l'an de Chine, est, d'après l'ère julienne, le 21 (le 20) janvier (Fritsche, foc, cit , p. 21, et non le 22, Will- iams, p. XVI), le dernier, le 20 (le 19) février. Le jour isolé est désigné soit de la même manière que chez nous, comme quantième de tel mois, soit d'après sa place dans un cycle (csemaine») de 60 jours continué depuis des millénaires et avec les caractères cycliques tout à fait les mêmes que ceux du cycle de 60 ans. Après ces quelques remarques générales, passons à la date de l'érection de notre monument, date fournie par l'inscription chinoise et que j'ai com- muniquée p. 83. Ici la désignation de l'année est on ne peut plus incontestable: fia 20e année de (la période) K'ai-youem^ correspond au laps qui s'étend du 1er ou 2 février 732 au 20 janvier 733 de notre ère, et cette année a précisé- ment le caractère cyclique ^Jinchim^, c'est-à-dire la 9e année du (57e) cycle sexagésimal, dont la première année est 724 (L*ari de cérijler les dates, t. II, partie 2, Paris 1818, p. 288, 309. Idbler, loc, cit., p. 2H6; Williams, loc. cit., p. 110 et tabl. C, F, G; Fritsche, loc. cit, p. 86.) La difficulté d*identifier la date complète, «le x^ mois (appelé) Sin-tcheou, de la nouvelle lune le 7e jour (appelé) Ting-icCe)i^, gît en ce que le chiffre dé- signant le mois (la lunaison) est mutilé; on n'en voit nettement que la partie supérieure, trait presque vertical avec un trait transversal, à peu près horizon- tal. Quant à ce chiffre, on y a vu 12 (chin. +) dans la transcription repré- sentée, dans Inscr. de VOrkhon, dans la planche qui regarde la page XXV, et Ton trouve la même manière de lire et dans G. v. d. Gabelentz, ibid., p. XXVI, et — bien qu'avec doute, à ce qu'il semble, — dans G. Schlegel, Stèle fun^'ra ire, p. 45. Toutefois, cette leçon ne peut pas être juste. D'abord il ne tombe, dans le 12» mois de cette année-là. aucun jour ayant le caractère cyclique indiqué, savoir TingicCeJi (c'est-à-dire le 44e du cycle sexagésimal, la csemaine» chinoise de 60 jours). Si néanmoins M. Schlegel fixe par calcul la date de l'inscription au 28 janvier 733, ceci tient à une inadvertance, et ne concorde pas avec ses propres indications de la page 46. Il est vrai que ce jour a le caractère cyclique Ting-tc(e)i, mais il ne rentre pas dans le I2e mois de la 20e année K'ai-youen, qui finit ie 2Ô janvier 733. En effet, le 28 janvier — 174 — 733 correspondrait au 8e jour du premier mois de la 21c année K'aiyouen, (M. Scblegel indique lui-même que la nouvelle lune a eu lieu en Chine le 21 janvier 733; mais, comme le mois commence par le jour même de la nou- velle lune [Idelbr, loc. cit., p. 262], ceci est donc le premier jour du premier mois de la nouvelle année.) Mais si, d'autre part, on veut regarder les repré- sentations photographiques de V Atlas de Radloff, pi. XVI, ou des Inscr. de VOrkhon, pi. 16, il devient hors de doute qu'on ne saurait jamais lire 12 (+): il n'y a de place que pour un seul chiffre. On doit donc penser préférablement à 10 (+); en effet, c'est là la leçon de M. Wassiliew, dans Radloff, p. 169. Toutefois ceci non plus ne peut être correct; car dans cette année-là il ne tombe, au 10e mois, dont le premier jour était = 24 octobre (avec le caractère cyclique SinvD(e)i = 8), pas plus de jour Ting-w(e)i (44) qu'au 12© mois. Aussi M. Wassiliew n'a-t-il pu rendre cette date que tout vaguement par «im November 732». — Je suis fermement convaincu qu'il faut lire 7 (en chinois -fe), chiffre dont la partie supérieure ressemble précisément au chiffre 10 (à peu près +). Ce même chiffre 7 se présente peu après tout conservé, et le chiffre mutilé en question concorde parfaitement à la partie correspondante du chiffre 7. La ressemblance se manifeste surtout, si l'on fait passer une règle par le milieu des caractères symétriques de cette ligne verticale, qui, comme l'ins- cription tout entière, a été gravée avec une admirable précision. Alors on verra distinctement que le trait vertical du chiffre en question n'est pas dans la ligne médiane même, comme tel serait le cas, si c'était un chiffre symétrique, -|- = 10, mais un peu à gauche de cette ligne, tout comme dans le chiffre 7 en dessous. Il me paraît même que dans les photographies l'on peut pour- suivre nettement l'inflexion à droite de la partie inférieure de ce chiffre. Si donc nous lisons cle 7e mois», cela concorderait d'abord avec la désignation chronologique de l'inscription turque, à laquelle nous reviendrons tout à l'heure et d'après laquelle le monument fut précisément inauguré au 7e mois; mais ensuite c'est là le seul mois pour lequel les autres données se laissent combiner. De fait, le jour Tingw(e)i tomba dans ce mois, répondant au 1er août 732. De plus, d'après les calculs que mon collègue, le D»* T.-N. Thiele, professeur d'astronomie, a bien voulu faire pour moi, il y eut nouvelle lune en Chine le 26 juillet 732 à 10h^'s du soir. Ce jour-là, répondant au caractère cyclique Sin-tcheou (38), était donc le premier jour du 7© mois, et par conséquent le 1er août est précisément le septième jour du mois. A ceci concorde encore parfaitement un autre calcul, d'après lequel le jour Sin-w(e)i (le 8e du cycle sexagésimal), le 1er du ge mois de la même année, où eut lieu une éclipse de soleil, est le 25 août 732 (25 — 1 = 60 + 8 — 44; voir Mémoires concernant les Chinois, XVI, p. 25; Lart de oMJler les dates, II, 2, p. 130). - Reste encore à mentionner le caractère cyclique Sin-tcheou (le 38e du cycle sexagési- mal), ajouté à côté du mois. Ce n'est là, à n'en pas douter, que la désignation du jour de la nouvelle lune, le premier jour du mois, ce qui cadre avec toutes les données, mais qui pourrait sembler d'ailleurs une addition superflue. En tout cas, il faut que ce caractère cyclique soit employé ici d'une autre manière que celle dont on emploie aujourd'hui les caractères cycliques, aussi par rap- - 175 — port aux mois, et qui, en outre, ne semble pas usitée depuis trop de siècles (Ideler, loc» cit., p. 210); car s'il en était ainsi, il n'y aurait en somme aucun mois au caractère cyclique Sintcheou dans cette année chinoise. Je regarde donc comme prouvé que la date de l'inscription chinoise équi- vaut au 1er août 732 de notre ère. Or quant aux Turcs, nous lisons, à la date de 663, dans les annales chi- noises qui parlent d'eux: «Ils n'ont point de calendrier, et comptent les années d'après le nombre de fois que les plantes ont verdi» (Journ. asiat, 6^ série^ m, 1864, p. 335). Il n'y a aucun doute que non seulement cette communication ne soit correcte pour la part du temps auquel elle appartient, mais encore que plus tard aussi les Turcs ne devancent ordinairement pas pour l'usage quotidien le point désigné dans la relation. En effet, peut-on voir autre chose dans nos inscriptions qui, n'ayant pas d'autre moyen d'indiquer le moment de tel ou tel événement, le rapportent ^ l'âge du téghin ou du kagan (comp. p. 94)? Mais aussitôt que, dès la seconde moitié du VI^ siècle, les Chinois ont commencé à faire sentir leur ascendant sur les Turcs et même à recevoir de certains d'entre eux un tribut, une des premières conséquences de ce fait, comme chez tous les peuples qui entraient dans une relation analogue avec les Chinois, c'est l'imposition du calendrier chinois. Suivant Deguignes, Hist, générale des HunSy etc., I, 2, p. 404, ceci eut lieu en 586. Cependant il est permis de douter que, chez les anciens Turcs, l'emploi de ce calendrier ait dépassé no- tablement la sphère d'action officielle, et les exemples que nos inscriptions four- nissent de son emploi, annoncent en outre que l'exactitude du calcul du calen- drier et de la désignation de ses divers éléments, a laissé, chez nos Turcs, beaucoup à désirer. (Sur l'emploi de ce même calendrier, originairement chinois, dans d'autres tribus turques, on a un mémoire important, rédigé en 1444 environ à Samarkand par le prince turc Ouloug-beg; comp. Ideler, Ueber die Zeitrechnung oon Chatâ und Igûv, dans Hist.-philol. Âbhandl. d. Akad. d. Wiss. zu Berlin, aus dem Jahre 1832, p. 271 et suiv.)- Or, on ne tardera pas à voir que les dates fournies par ce passage, I NE, se basent sur le calendrier chinois. Les années sont désignées d'une manière singulière, conformément à un ancien cycle de 12 ans, usité depuis un temps immémorial et tout à fait uniformément dans toute l'Asie Orientale et Centrale et qui s'emploie acgourd'hui même chez certains peuples. Chaque année de ce cycle porte le nom dun animal, savoir: lo rat; 2o bœuf; 3o tigre ou^léopard; 4o lièvre; 5o dragon; 6o serpent; 7o cheval; 8o mouton; 9o singe; lOo poule; llo chien; 12o porc (comp. Abel Rémusat, Recherches sur les langues tar- tares, I, 1820, p. 300 et suiv.; Klaproth, Tableaux hisior y p. 169; Ideler, Âbhdl. d. Âk. Berlin, 1832, p. 235; 1837, p. 276 et suiv). Ici, nous sommes en présence des deux d'entre ces noms: l'année du Mouton (qoi) et celle du Singe (hiëin, non piâin, comme l'écrit RadlofT; l'inscription porte très nette- ment 5t , non 1 ; comp. aussi plus haut, p 24). Cependant, comme ces dé- nominations des années n'ont, au plus haut degré, qu'une valeur relative, et non pas absolue, il serait impossible de décider quelles années du Mouton et du Singe on veut désigner, si nous n'avions la date de l'inscription chinoise. - 176 — Or, en réalité il se trouve que l'année 731 était précisément celle du Mouton, et 732 celle du Singe. Nous savons qu'il en était ainsi chez les Chinois, mais — comme du reste nous pourrions nous le dire nous-mêmes, — ceci concorde parfaitement, même avec l'usage actuel du cycle duodénaire chez les Turcs Orientaux, ou avec des indications qui se trouvent dans des auteurs mahomé- tans anciens (quoique bien plus récents que nos inscriptions), surtout Âboul- ghazi Behadour-Khan. Par exemple, Genghiz-Khan mourut le 14 ramazan 624 ap. l'hég. (août 1227), ce qui est indiqué être l'année du Porc: 1227—41.12 = 735, qui était également l'année du Porc, etc. A ceci l'on ajoute l'indication du mois (excepté dans la première date) et du jour, ce dernier s'exprimant au moyen du datif f-ga, -kàj du nombre car- dinal, comme, en somme, on se sert du datif pour désigner le temps où se passe une chose (comp., entre autres, Bôhtlingk, Jakut. Gramm. § 564), p. ex., souvent jylqa, en l'an, jaëyàa, dans sa (n^J amiée, ôdkà, au temps, I S 1, etc. (Radloff, qui lit jigirmiki, otuzqy, là même où ^ est parfaite- ment net et distinct, regarde ces formes comme nombres ordinaux au nomina- tif: le 20e, le 30e, formations qui seraient sans aucun parallèle dans les idiomes turcs.) Les chiffres forts qui se présentent ici (37 ici et dans II N 10; en ce dernier endroit, aussi 36) montrent qu'ils ne peuvent pas désigner le quantième de tel mois même, mais qu'ils indiquent le jour d'après sa place dans la cse- maine» sexagésimale mentionnée plus haut II faut donc que, chez les Turcs, les singuliers caractères cycliques des Chinois soient tout simplement remplacés par des nombres cardinaux (dans Ouloug-beg, au contraire, nous trouvons les noms chinois mêmes; voir Idbler, loc. cit.^ 1832, p. 277 et suiv.). Cependant, l'identification exacte de ces dates avec le calendrier chinois, présente diverses difficultés qui ne s'expliquent que par la négligence des Turcs dans le manie- ment du calendrier. Commençons par la dernière date, celle de l'inauguration du monument «aa septième mois, le trente-septième jourit, 732. (Il faut faire ressortir en passant qu'à coup sûr ce n'est pas l'effet d'un pur hasard que les trois quan- tièmes qui se présentent ici et dans II N 10, et qui se basent sur un choix libre, portent tous le chiffre 37: ceci a dû être regardé comme un jour «heureux»; comp. aussi note 19.) Comme nous l'avons vu ci-dessus, le caractère cyclique 37 (chin. Kangtsze) ne se trouve cependant point du tout dans le septième mois de l'an 732, le premier jour de ce mois-là de cette année ayant le carac- tère Sin-tcheou, c'est-à-dire 38. Or, il faut probablement supposer l'un des deux: ou bien l'indication du «septième mois» est une faute, et en réalité on aurait voulu dire le dernier jour du sixième mois (= 25 juillet 732), auquel cas l'in- auguration du monument par les Turcs a eu lieu sept jours avant celui où les Chinois seraient censés avoir dû en célébrer «l'érection» par une cérémonie quelconque, savoir le 1er août 732 avec le caractère cyclique Ting-w(e)i ou 44; ou bien les dates chinoise et turque de «l'érection» ou de «l'inauguration» sont identiques, cas auquel, dans leur désignation des jours de la «semaine» sexagésimale, les Turcs ont dû, d'une manière ou d'antre, être de sept jours en arrière aux Chinois, de sorte que le trente-septième jour des Turcs, par ex- - 177 — emple, est égal au 44e jour des Chinois, etc. D'entre ces deux alternatives, je suis porté à regarder la dernière pour la plus vraisemblable. Puis nous avons la seconde date, celle de l'enterrement, qui eut lieu «au neuvième mois, le trente-septième Jour» de l'an 731. Ici encore il arrive que, selon le calendrier chinois, le caractère cyclique 37 ne tombe pas au 9e mois (depuis le commencement d'octobre jusqu'au commencement de novembre) de cette année. Si, au contraire, nous supposons que le 37e jour des Turcs soit le 44e des Chinois, tout s'arrange, et la date indiquée répondrait alors au 6 oc- tobre 731. Enfin nous avons la date de la mort de Kul-téghin, qui n*est indiquée que comme ayant eu lieu «dans l'année du Mouton (= 731). le vingt-septième jour:», par conséquent sans indication du mois. Bien que ceci soit une négh- gence, il va sans dire qu'on ne veut dire par là autre chose que la première fois où le nombre cyclique 27 se présente dans cette année, ce qui est dans le second mois (depuis le milieu du mars jusqu'au milieu d'avril). D'après le calendrier chinois exact, ce serait le 23 mars, et, si le calendrier turc est de sept jours en arrière, le 30 mars. En tout cas ceci conconle avec I N 8, d'après lequel les luttes qui amenèrent la mort de Kul-téghin, eurent lieu «au printemps». Quant au long espace de temps — un peu plus de six mois — qui, selon l'usage des Turcs, sépare la mort du prince et ses funérailles, voir p. 60 et comp. II S 10. La leçon alqad[ymy]s (ou cUqyd[ymyJs?) me paraît sûre d'après Inscr, de l'Orkhon, p. 11; comp. aèqa-, akya-, alya-, alyy-, bénir, Radloff, Wôrterb,, I, p. 389 et suiv. 84) [I SE]. Concernant Yolig-téghin et sa part au travail de l'inscription «pendant vingt jours t, voir p. 84 et suiv. La taille même de l'inscription a certainement pris plus de vingt jours. — Yyar (se retrouvant I E 29 = II E 24) se rattache peut-être à yq-, «stromabw&rts schwimmen, fahren; (kirg.) mit dem Winde gehen» (Radloff, Wôrterb., I, p. 1353); djag. iq-, couler; subst, direc- tion en aval sur un fleuve (Pavet de Courteille, p. 118) Il ne serait peut- être pas impossible d'admettre que j^/ar, après avoir désigné celui qui suit le fil de l'eau (celui qui ne tâche pas de marcher à contre courant), puisse passer à signifier «qui s'attache de bonne grâce à qn», «fidèle». Telle semble en tout cas être la signiflcation de ce mot (Radloff: «trefflich»?). — Dans tajyun la première syllabe semble être le mot chinois taî, grand (comp. note 110). Quant à yun. je suis porté à le regarder comme la même chose que -giïn (note 59), changé d'après la loi de l'harmonie des voyelles (on n'y saurait guère voir le chinois kouan [taîkouan, grand officier], qu'en turc on aurait sans doute rendu par qan, comp. ôyqan, note 66). Le sens" de tajyun serait donc «les grands». {Tojyun ou tujyun^ I NE, semble être une formation analogue; mais j'en ignore le sens.) — La leçon Jigâdi, à la vérité, n'est pas tout à fait sûre, puisqu'il peut être douteux que le premier caractère soit ^ /c ou 3 y, et le dernier i ou à (ou û); mais elle est très vraisemblable; comp. II E 36 et la note 20. — 178 — 85) [II Ë 1 — 2]. Dans ces lignes c'est le fils et le successeur du kagan défunt qui parle, et la formule titulaire du commencement est celle qu'il em- ploie, différant un peu de celle du père. Voir p. 85 et p. 79, note 6. — Quant à iki^àdizkûr, leçon et interprétation sont également peu sûres. Serait-ce âdiz, les Èdiz? Comp. notes 54? et 64. — Ùltàèi, note 56, + -èà, p. 34, c.-à-d. «comme ceux qui vont mourir». Sur àgirip v. note 55. — L'inscription paraît plutôt avoir toàtamyS ou tonatmyS (i): mais qu'est-ce que cela veut dire? Il ne semble pas admissible de penser à quelque dérivation de toà-, geler. Rad- LOFF lit tostamyê (« — mit hervortretenden Augen — »), avec |, ce qui jure avec les traits de l'inscription et les principes de l'écriture (p. 86 note 1). Si j'ai traduit en hésitant par «rassuré», c'est que j'ai pensé à toqtamyS (djag.), «qui a pris repos, qui s'est affermi». Mot à mot: «leurs yeux rassurés (?) re- gardèrent en haut». 86) [n E 24]. Le séjour du peuple des Tangout — soit qu'alors ce fût un peuple de race turque ou, comme plus tard les habitants de Tangout, de race tibétaine — doit être cherché dans le même pays qui porte plus tard aussi le nom de Tangout, c'est-à-dire les contrées montagneuses situées au nord du lac Koukou-Nor jusque vers le coude nord-ouest du Hoang-ho et à l'ouest et au nord-ouest de la province chinoise de Chensi; comp. Klaproth, Asia pofyglotia, p. 213; id., Spr, u. Schr. d. Uig., p. 19, 62 et suiv. — Le mot Jotaz (ou Jotuz?) est inconnu et sans parallèle immédiatement analogue dans les idiomes apparentés. U désigne quelque espèce d'êtres vivants que dans une attaque on emmène ou tue (voir, outre ce passage, encore U E 38, II S 3, 4). La position des mots dans les passages où il se rencontre, permet de conclure que ce que désigne ce mot, est de moindre valeur que clés fils» et supérieur aux «chevaux». Je suppose qu'il signifie «gens, domestiques». Serait-ce un parent du mot Jon, peuple, gens, mot qui se rencontre dans diverses lan- gues turques du Nord? Comp., par exemple, Radloff, Pr. d. VolkslU. II, p. 405 V. 875—7 (sagaï;: «oé adaàny ôdûrgàn, ol ijààni ôdûrgàn, Jonyn malyn sùrparyan'», = Ûbers. II, p. 412: «(Er) hat diesen deinen Vater ge- tôdtet, hat dièse deine Mutter getôdtet, hat dein [ihr] Volk und Vieh fortgetrieben». 87) [II E 24—25]. Comp. I E Hl— 32. Nous voici en présence du seul exemple où, dans la mention du même événement, on ait indiqué une différence de deux ans entre l'âge du kagan (28) et celui de téghin (26). Comp. p. 94 et suiv. 88) [II E 25]. Basmyl (ou Basymyl?), nom d'un peuple turc, sans doute celui même que les Chinois appellent Pasi-nii ou - d'après la gracieuse communication de M E. H. Parker, — Pa(t)st(k)'Tni(tj (en coréen P' alsik-mil)^ conformément à l'ancienne prononciation (concernant t pour / voir p. 73, note 1). Comp. p. 76; Visdelou, p. 76 b. D'après le «Tableau ethnographique» dans l'atlas de Klaproth, Tableaux historiques, les princes des Pa-si-mi tétaient de la famille d'Assena», comme ceux des Turcs. C'est peut-être à — 179 — cela que fait allusion la désignation uyyëym, «de ma race» (voir note 57). — Comme les deux événements précédents ont eu lieu dans les 27e et 28e années du kagan, et celui dont il est mention après, dans sa 32e année, il est très vraisemblable que l'expédition dont il s*agit ici, a eu lieu — comme j'ai donné à entendre dans le texte, — non dans sa 20e année, mais dans sa 29e, par conséquent environ 712, d'autant plus que dans sa 24e année seulement il avait obtenu la dignité de cbad (II E 14 — 15, p. 103). — Le thème iëgir^ est pro- bablement la forme transitive de i6-, boire, = osm. iëir-, djag. iÔkur-, faire boire (comp. buSyur-, note 73). La lacune rend impossible de décider si ce mot a été employé au propre ou au figuré, par ex., comme en osm. et en djag., combiné avec ant, and, serment: «faire prêter serment». Avons-nous le même mot dans [. Jgrtim^ II E 26? Le mot suivant qui commence par q^l . ., est peut-être identique à celui qui, d'après Inscr. de l'Or'khon, se rencontre INI (p. 111, note 4); mais la forme comme la signification sont peu sûres (qcUyà[yn]7 leurs trésors, provisions? comp ouig., etc. qalyn, -yà, beaucoup, épais?). Est-ce que âbrû — si toutefois la leçon est correcte, — peut signifier «à la maison», de «6, maison, + rtl, vers? Comp. kirû, note 22, birtùkru, II E 9, tirigrû, I E 29 (à moins que ces deux mots ne soient pour birtûk«^g'^âru = I E 10, tirigàrti, avec l'affixe gàrii^ yaru, p. 11?), udyëru, note 43, Jayuru, I S 5, 7. 89) [II E 25-26]. Comp. I E 32—34. 90) pi E 26—28]. Concernant les deux événements rapportés à cette année, comp. I E 34—38 avec les notes qui s'y rattachent. 91) pi E 28]. Sur Biëbaiyq, Bichbalik, voir p. 70. note 4. Celle ex- pédition, qui eut lieu dans la 30e année du kagan, c'est-à-dire environ 713, ne serait-elle pas celle qui, mentionnée p. 70, est rapportée à 714 par les sources chinoises et qui finit au désavantage des Turcs? — J'ai regardé tin[ comme une forme (p. ex. tini^ tinip ou semblables) du verbe réfléchi tin- = osm. dân-, se dire (ti-, dire). — Ozdy, de oz- (djag., etc.), dépasser, devancer, gagner les devants (de telle sorte donc que le concurrent distancé ne saurait vous re- joindre), c'estàdirft échapper? 92) [II E 29]. Comp. I N 1-2. 98) [II E 29]. Si la leçon btid''m[i] est la vraie, il est possible que ce pût être = ouig. butni (adjectif et adverbe), bàtùn, djag., osm. btUtïn (bien qu'avec /)• entier. (Radloff lit dôd . . .; mais le premier caractère, qui n'est pas tout à fait de niveau avec le X subséquent, semble plutôt constituer la partie inférieure d'un ^ b mutilé.) 94) [II Ë 29 et suiv.j. Touchant les luttes mentionnées ici avec les Ogouz, comp. I N 4 et suiv. Selon cette dernière version, on combattit cinq — 180 — fois pendant une seule année, tandis qu'ici l'on ne nomme que quatre fois, présumablement parce que le combat mentionné I N 5 contre les Èdiz n'y est pas compris (comp. note 96). 95) [II E 30]. Toyla, actuellement Tola, affluent de l'Orkhon; comp. p. 113. Toyu balyq, la ville de Togou (comp. I N ô) doit donc avoir été située dans le voisinage de cette rivière. — La îoim^ jus fti, c'est-à-dire probablement yâ^â^i, peut-être toutefois jûzti, ne saurait être le prétérit de jûz-, nager (ainsi d'après Radloff: cSie schwammen ûber den Fluss Togla. Uebersetzend ihr Heer ...»); car, d'une part, on eût dû aYOÏi jûsdi (comme ozdy^ II E 28, buzdym^ souvent, etc.; on ne pourrait renvoyer à bàdistim, I S 11, II SW, qui est pour bàdiziâirriy comp note 66); d'autre part, cette manière isolerait étonnam- ment kàéip, «en passant», sans indication du régime, ce qui serait tout à fait contraire à la langue. Selon ma conviction nous avons ici un gérundium d'une formation transitive à psivi JàzCàJt': «en faisant nager (les montures)». Comme il va sans dire qu'on est à cheval, une pareille expression transitive est de rigueur. Ce gérundium se joint alors avec un sens adverbial à kàôip, dont Toyla ûgûzig est le régime direct. — Sûsi[ est l'armée des Ogouz (comp. note 57). Il a pu y avoir quelque chose comme sû8i[n uda basdym, ôlûrtim], je fondis en vainqueur sur leur armée et la tuai. 96) [II E 30]. Le combat dont il est parlé ici. pourrait correspondre ou au deuxième ou bien, et probablement (comp. note 94), au troisième de ceux mentionnés dans I (I N 5—6). Malheureusement le nom de l'endroit où ce combat fut livré, est mutilé, et ici aussi le premier caractère est peu lisible; toutefois Uryu me paraît un peu plus vraisemblable que Andaryu. Si la pre- mière leçon est correcte, nous y pourrions avoir le nom du fleuve Orkhon (ou de la ville actuelle d'Ourga sur la rivière Tola, pourvu que cette ville existât alors, ce que je ne sais pas). 97) [II Ë 32). Ceci est la lutte où Kul-Téghin fut tué, événement au- quel, chose étrange! il ne se trouve aucune allusion dans ce passage; on voit seulement que la lutte a été rude pour les Turcs. — Est-ce que 'kin est «se- cond», par conséquent = ikindi, ikinti, I N 5, II E 30, II S 1, tandis que ikin, I E 1, 2, II E 4 serait «tous les deux»? Ou bien pourrait-on supposer une forme kin-sû dans le sens d'arrière-garde? — «Ils sont devenus sans che- vaux, etc.», savoir parce qu'on supposait que tous leurs chevaux étaient morts faute de nourriture à la suite de la gelée. — Quant à syàar, que je traduis par «envahissant», comp. ouig syng-, sing-, ceindringen, durchdringen», VXm- BBRY, Etym. Wôrterb , p. 151; «ùberwâltigen, meistern, brechen, bezwingen», id., Uig. Sprachnion., p. 255. Le syàar sûsi répété (car c'est ainsi, ce semble, qu'il faut lire aussi dans le premier endroit) paraît donc devoir signifier «l'une — l'autre de leurs armées envahissantes». — Concernant les formes en -yly, -gli, voir p. 34 avec la note 1. — 181 — 98) [II E 33]. Iniligû semble être ane formation adverbiale de inilig, ayant an frère cadet (ini + -lig, p. 21); cependant Vu final est peu lisible et peu sûr. Comp. kisilt{fû, II E 41, où à me paraît net, tandis que Radloff a kisUigin^ et àmgàksisû^ Inscr, de VOrkhon, III, 4, mais -sizirty Radloff, Atlas, pi. XXXV, 6. Si la terminaison -in est correcte, ce seraient tout bonne- ment des exemples de cas instrumental; comp. note 36, fîn. — Dans la forme suivante du thème qazyan- (sur la signification duquel voir note 35), il me semble peu sûr que la dernière lettre soit rt' (ainsi Inscr, de VOrkhon) ou H, et que par conséquent l'on doive combler la lacune de la manière suivante: qasyanm[aty]n (comp. note 75) ou -m[asa]r (comp. note 29); ce dernier cadrerait le mieux avec le contexte. La leçon de Radloff qasyanmadym, cich batte nicht erworben», comme verbe principal, est en tout cas erronée. — Sur ôltàëi àrti, joq^[boida]èy àrti voir note 66. — U va de soi que tout ce passage n'a pas trait à des choses qui eussent lieu après la mort de Kul- téghin; il ne contient au contraire qu'une remarque générale, relative surtout à la période où ce dernier était encore en vie. 99) [U E 34 — 35]. Comme les événements mentionnés ici sont rappor- tés à la 33e année du kagan, soit 716, année de la mort de Me-tch'oue (v. p. 72), il est clair que c'est celui-ci qu'on entend par le kagan qui «tombe en faute» et qui est abandonné par toutes les puissances divines, de même que c'est à l'émigration en Chine par les Neuf-Ogouz, émigration qui eut lieu vers la fm du règne de ce prince, que revient l'inscription dans la suite. Comp. I E 22—25 = II E 18-20 et I S = II N — Si exceptionnellement on a écrit >f a dans l'affixe la- de tapiamady ou -duq (ouigour tapia-, se fier à qn, honorer, servir), cela peut avoir pour but d'empêcher qu'on ne lise t^pul- mfldy, «ne fut pas trouvé», passif de tap-, note 48. 100) [U E 37]. Touchant cette construction voir note 33. 101) [II E 37]. Il est vraisemblable que ceci constitue la suite du lécit des combats avec les Ogouz; comp. note 22. Qody = ouig. (qoty ou mieux) qody, djag. qoji (avec J pour d), osm qojyn, en bas, en aval, régit le sâlààà (ou sâliàâ7) précédent, qui ne saurait être que le nom de la rivière Selenga, celle qui reçoit l'Orkhon et se dirige vers le nord dans le lac Baïkal. (Il en est autrement chez Radloff, qui rapporte éâliàâ qody à ce qui précède, et traduit: «die Sterbenden starben und man legte [thème qo-, placer] sie in's 6rab(?). Dorthin ziehend, etc.» Mais, outre qu'il est fort douteux que, juste- ment dans cette occasion, on se fût donné la peine d'enterrer les tués, il faut faire ressortir: 1» qu'un mot sàl, tombeau, ne saurait absolument se rattacher à rien dans les langues apparentées; 2o que ce serait une alternan(e sur- prenante du sujet de la phrase, au lieu qu'on se fût naturellement servi d'une tournure passive (ils moururent et furent déposés); 3o que devant Jorypan il faut nécessairement une indication de la direction de la marche ou bien de la — 182 - façon dont ils s'avancent; «dorthin» est une addition que ne comporte pas le texte.) — Dans ce qui suit, les mois qryn qyslta sont peu sûrs. De même que Radloff j'ai conçu le premier de ces mots, qarayyn, comme un accusatif avec affixe pronominal de qaray (djag. qaray, qaraq), pillage. L'orthographe avec ) et sans (^ pourrait d'ailleurs faire songer plutôt à un cas instru- mental («par des pillages»). Concernant qyslta, j'ai pensé à l'osm. qyseUat', raccourcir, abréger. 102) [II E 37]. Le mot àltàbûr ou, comme peut-être il eût été plus correct de le transcrire, iltûbir (II E 40, il semble y avoir la trace d'un i au commencement du mot, et le premier élément de celui-ci peut être il, note 2), se présente, outre ici, I N 3, I NE, Il E 40 et, avec l'affîxe -lig, II E 38. Le sens en e-t obscur; pourtant, suivant le contexte, il semble moins désigner une dignité, une espèce d'officier, que se prendre plutôt dans une sorte de sens politique, quelque chose comme tributaire ou allié Alors les Eltèbers ouigours pourraient désigner, par ex., les peuples tributaires ou alliés qui, sous la sou- veraineté des Ogouz, tribu régnante, constituaient ensemble la confédération des Ouigours. Comp., sur ce nom, note 22. 108) [II E 39]. Sur les Talabi voir p. 141, note 8 (p. 67, note 2; p. 77). (Peut-être eût-il été plus correct de traduire tabyaè qayanqa kôrti [comp. I E 30] par «se soumit au kagan chinois [et se sépara de moi]» que par «était soumis, etc.») — Jalabây, forme munie d'affixe pronominal, de jaèabâ ou Ja- labaâ = ouig. jaèauâ (VXmbéry, Uig. Sprachm., p. 125, XVII v. 133) ou Jalacaâ (Radloff, Wôrterb,, I, p. 40; comp. p. 1380), envoyé; sur le b comp. p. 26 Jaiabdy, leurs envoyés, c'est-à-dire les envoyés des Tatabi. Le mot se trouve aussi Inscr, de V Ienisseï, XXIII 1—4 et XXII 51—54, où, à mon avis, il faut lire: ^'r^f'rclâni itârîn tûpût^q^nqa jf^l^btë^b^rdy m, à cause de, mes mérites, j'allai en envoyé chez le khan du Thibet. — Le mot suivant doit être coordonné avec snby; je le lis 6tft{fi et y vois une forme à affîxe pro- nominal, de otiiy = ouig. ôtûk, demande. (Radloff a la leçon ôtâgi, que [p. 100] il rapproche des djag., osm. ôtàki, «jenseitig» (de ôtà, au delà, de l'autre côté) et qu'il traduit par «von dort». Mais si ce rapprochement était correct, ôtâgi ne pourrait être qu'un adjectif, déplacé ici.) 104) [II SE]. Concernant cette ligne comp. p. 87. Joyaru, à voyelles vélaires comme dans les autres langues turques, peut désigner une nuance un peu différente (en amont) de Jôgârû (en haut), I E 11 = II E 10, I SW, Il E 2, comp. p. 19, note 2 — Quant au mot ôiiiië, Radloff a supposé qu'il signifie l'espace de vingt-quatre heures, et je me suis rangé à cette supposition. Tou- chant le datif comp. p. 176, note 83. 106) [11 S 2j. Comp. p. 9i. On ne peut rien dire de plus précis sur ces expéditions contre les Kitaï et les Tatabi, lesquelles ont dû avoir lieu à la fm de 721 et au commencement de 722. — 183 — 106) [n S 7]. Ce passage a évidemment trait aux troubles qui eurent lieu environ 732 (en 730 et les années suivantes) dans le pays des Khi-tan et des Hi, et auxquels les Turcs se trouvèrent aussi mêlés. Par malheur les lacunes rendent encore plus difficile de voir quel rôle ils ont joué dans ces luttes. Comp. p. 78 et les sources qui y sont citées. 107) pi S 8]. Le nom de cet homme portant le titre de sâàûn (voir note 24) est Qu, Kou, Quy, II S 9, étant accusatif (note 39 a). Mais quel est cet homme à qui le kagan, à l'occasion de la mort de son fils (comp. note 23), rend des honneurs tout spéciaux, mais dont, à ce qu'il semble, il est aussi l'adver- saire? Est-ce un général chinois, ou appartient-il aux peuples Kitaï ou Tatabi ? Sui- vant le contexte, la première de ces suppositions est peut être la plus vraisem- blable, quoique les annales chinoises ne semblent mentionner dans cette époque aucun général dudit nom (Kou, Ko, Hou, Ho? Kouang, Radloff, p. 174, est trop loin pour être pris en considération). Dans le second cas l'on pourrait penser à ce Ko-lo-kan (Deguignes, I, 2, p. 468) ou Ko tokan (Mém. sur les Chin., XVI, p. 26), ministre des Khi-tan, qui se sauva, avec tous ceux de son parti, auprès du kagan turc, et ne songeait qu'à s'allier avec les Turcs pour attaquer la Chine. 108) [II S 9]. Comme le kagan était devenu chad dans sa vingt-quatrième année (II E 15, p. 103), soit l'an 707 ou 706 (comp. note 21, p 147), on peut bien dire à la rigueur qu'à sa mort, survenue en 734, il avait été chad «pen- dant vingt-neuf ans:», si l'on comprend dans ce nombre les années initiale et finale. Quand d'autre part on dit également qu'il a été kagan «pendant vingt- neuf ans» (et cette leçon reste indubitable d'après les caractères conservés), il faut que ce dire soit simplement une faute d'écriture ou de calcul, au lieu de dix-neuf, puisqu'il ne devint kagan qu'en 716. — Ici, c'est encore le kagan défunt qui parle à la l^e personne; dans la ligne suivante seulement, c'est son fils et son successeur qui prend la parole; comp. p. 86. 109) [U S 10]. Concernant les données générales pour comprendre cette désignation chronologique, voir note 83. Le nom de la première des deux années nommées ici, d'après le cycle duodénaire (p. 175), doit, à n'en pas douter, se lire [y]t, chien (de môme, Radloff). L'an 734, année de la mort du kagan (voir p. 79 et 83), était précisément l'année du Chien. La seconde année qu'on cite ici, porte le nom- de akyazyn; le seul objet qu'on puisse y voir, est nécessairement l'année suivante, 736, l'année du Porc, quoique ordi- nairement les idiomes turcs la dénomment du mot commun pour porc, toAuz, tandis que ce mol afyazyn est tout à fait inconnu: peut-être n'est-il pas turc à proprement parler La ressemblance indubitable qui existe avec le mot mand- chou correspondant oulghiyan, pourrait faire penser à un emprunt fait à quelque dialecte tongouse (par ex. la langue Kitaï?). Or le jour de la mort du kagan était «rï?/ dixii^nw mois, le trente sixième ■^'*. — 184 — jour'». En Tan 734, le dixième mois correspond assez exactement au mois de novembre, et, d'après le calendrier chinois, le caractère cyclique 36 (chin. Ki'hai) tombe le 11 novembre: si, comme nous l'avons dit dans la note 83, les Turcs sont en avance de sept jours, ce serait le 18 novembre. (Page 79, note 1, on a dit que les Chinois placent la mort du kagan dans le huitième mois. Ici il faut bien croire que les Turcs eux-mêmes ont raison, si mauvais calculateurs qu'ils semblent être d'ailleurs.) — Reste la date des funérailles du kagan, environ six mois après, «aa cinquième mois, le trente-septième Jour> (sur le nombre 37 comp. note 83, p. 176). Mais je ne vois pas bien comment les deux données contenues dans cette date peuvent s'allier; car le cinquième mois chinois de l'année 735, correspondant à peu près aux 28 mai— 25 juin, comprend les caractères cycliques 54—60, 1—22; par conséquent il n'y aura absolument pas de place pour le caractère 37. Pourrait-on en chercher l'ex- plication dans le fait que d'après le calendrier chinois cette année-là était bissextile? Cela ne serait possible que si le mois bissextil était intercalé après l'un des quatre premiers mois: dans ce cas-là, la date indiquée répondrait au 10 (17?) juillet 735. Or, nous savons qu'au moins en Chine même le mois bissextil de cette dernière année avait sa place après le onzième mois (au pre- mier jour de ce mois bissextil eut lieu une éclipse de soleil; voir Mém. sur les Chin., XVI, p 27). Il est donc "peu probable que de leur propre chef les Turcs se seraient permis un pareil écart (comp. p 172, et suiv., note 83). Ne se sera-t-il pas plutôt glissé ici quelque erreur? Le cinquième mois, par exemple, n'est-ii pas une erreur pour le quatrième? C'est que dans le quatrième mois (environ = 28 avril — 27 mai) il y a le caractère cyclique 37 correspondant au 11 (18?) mai, et de cette manière il y aurait, entre la mort et les funérailles du kagan, un intervalle de six mois précisément, ce qui concorderait par ex. avec ce qui était le cas à la mort de Kul-téghin, et ce qui semble avoir été d'usage (voir p. 60 et note 83, fin). Cependant on ne saurait rien décider avec certitude sur la manière d'expliquer cette date. 110) [II S llj. Les données manquent pour combler la lacune à la fin de la ligne 10 et définir le sens de buqy tutuq (nom chinois?). Baëad- étant un verbe transitif (mte 20), la traduction littérale de ce que l'inscription a porté, serait probablement quelque chose comme: «[De la part du kagan chinois vint] chez moi [une ambassade] ayant à sa tête Lisun taï-sengun, avec 600 hommes», ou, si au lieu de maàa, chez moi, on lit aqaày: «—le père de [N. N.], Lisun — ». — Concernant Lisun = chin. Lithsûn, Li-thsiouen ou Li-thsoan, nom du dignitaire désigné, aussi dans les sources chinoises, comme chef de l'ambassade, voir p. 34 et 79. Tajsààiin pourrait désigner un autre personnage nommé Taï («Lisun et Taï-sengun»); mais, selon toute probabilité, ce n'est que le titre de Lisun et reproduit le chin. taOjisiangkiun, «le grand général». Ce titre de taCO'tsiangkiun se rencontre dans l'inscription chinoise fortement mutilée de ce même monument, là où l'on mentionne l'ambassade de condoléances, et Dbvéria, Inscr de l'Orkhon, p. XXVIII b, suppose, à bonne raison, qu'il s'y agit du susdit ambassadeur Li-thsiouen (comp. Radloff, p. 172). - 185 - f 111) [II s 11]. Bien qu'avec doute, j'ai conçu jypar (accus, jyparyy) comme répondant aux ouig. jypar ou Jybar, 4jag- jipar, ipar, vessie de musc (Radloff, p. 121, fdie Trauergerâthe» ; p. 70—71 [où il faut que la transcription iapyryn soit une faute d'impression, puisque le mot est écrit avec ^ , comp. plus haut, p. 26] «die Grabzierathen»). — Touchant éyndan = chin. tchin-tan, voir p. 42. D'après la gracieuse communication de M. G. Schlegel, tchin-tan n'est que la transcription chinoise du sanscrit candana, arbre de sandal. C'est pourquoi j'ai traduit le mot turc par «bois de sandal». 112) [il S 12]. J'ai supposé qu'il faut lire [bjyâdy (de byâ-, couper, tailler) et que ce passage a trait à l'usage, mentionné p. 59, de se taillader le visage en signe de deuil. Les ambassadeurs étrangers ont-ils participé à cet usage? Ce serait probablement douteux; en tout cas, les Turcs tenaient beau- coup à ce qu'ils le fissent (comp. le Journ. Asiat, 6e sér., III, p. 34:2). — Sur le mot ôzlik dans ce qui suit, voir note llô. 118) [II S 13—15]. Quant à ce passage auquel le titre du nouveau kagan sert d'introduction, voir p. 86. — Il va de soi qu'on ne saurait rien ren- seigner sur les personnages nommés dans ce qui suit; seulement je trouve fort probable que Tonjuquq, Tonyoukouk, est le môme nom et la même personne que T oun'you(k))zou(k) dans les sources chinoises, voir p. 74, note 4. Tarqan est un titre turc bien connu; comp. p. 61, note 1; dans Ménandre Protector, chap. 18, raQxdv. — Le mot ârtààû (àrtiàu?), qui figure aussi trois fois II N 9 et 10, m'est tout à fait obscur; d'après la forme on y verrait plutôt un gérundium. Il faut que la combinaison timyj qui suit deux fois àrtààû, se compose de deux mots, puisque les caractères h ti et Y y ne peuvent entrer dans le même mot. J'ai supposé la leçon àti^may; concernant àti comp. note 7, fin, et note 61. Est ce qu'on pourrait rapporter may à l'ouigour maqu (djag. maq) «hoch; Hohe, Auszeichnung, Lob», d'après Vambéry, Uig. Sprmon , p. 40, 228? Il n'est pas invraisemblable que la signification de âti^may (it) soit quelque chose comme (rendre) hommage, comp. Radloff, p. 129, sous l'art, timay, où les mots àrtààû timay, qui toutefois ont de la peine à former de cette manière-là une seule idée, sont traduits par «die Ehrenbezeigung, Huldi- gang(?)». 114) [II N 9]. Ceci concorde avec ce que nous apprennent les sources chinoises (voir Visdelou, p. 55 a), savoir que Sou-lou(k), kagan des Tou-ki-chi (comp. plus haut, p. 70), outre une princesse chinoise, «avait épousé deux autres femmes, l'une fille du roi du Thibet, l'autre fille de l'empereur des Tou-kioue Orientaux. Elles étaient toutes trois khatoun.^ — Tôrûn est décidément cas instrumental, peut-être de tôr (ouig.; autrement non dans les inscriptions), «Ehrensitz» (djag., entre autres, «festint); toutefois, à cause de Vu écrit dans la dernière syllabe, il provient plutôt de tôrû (ici souvent; ouig.), institution, coutume, loi, droit = djag. tôrà, «race royale; roi, chef; loi; droit» (Pavet db Courtbille). (Radloff voit ici le mot tôr, et cela à l'accusatif, avec l'affîxe 13 — 186 — pronominal de la 3e personne (?) [«einen» ou tseinen durch Holdigung hohen Ehrenpiatz ûbergab ich ihm>, p. 79, comp. p. 128]: d'ailleurs il retrouve ce même mot dans plusieurs autres endroits [v. p. 128], où, selon ma conviction, il n'y a que des formes de tôrû.) Quoi qu'il en soit, je crois que ma traduction «avec grands honneurs» exprime assez bien l'idée. — Il va sans dire que, dans le premier passage de cette section, nànââ (leçon qui me paraît sûre), quantum, et le supposé anéa ont proprement le sens d'adverbes (comp. anâa^ par ex , I £ 3, 21, I S 2, etc.). J'aurais pu traduire: «Dans la même étendue que [mon père], etc., [avaient organisé — ] les peuples des quatre coins du monde, dans cette même étendue j'ai moi-même, après mon avènement, organisé, etc.» 116) [II N 11—12]. Suivant toute vraisemblance ce passage fait allusion non seulement au produit des incursions, mais aussi aux avantages commerciaux que l'empereur de Chine accorda aux Turcs en 727; voir p. 77. On remar- quera que les objets de prix énumérés ici et que le kagan a obtenus (des Chinois?) pour ses Turcs, sont caractérisés, chacun séparément, par un com- plément déterminatif. — Je regarde comme absolument sûre la leçon ôrûà^ kumûëin (comp. Inscr. de VOrkhon, p. 22): ôrûfi (ouig., djag.), blanc, brillant, lumi- neux, est bien l'adjectif convenable à l'argent En yakoute, où kômûs a pris le sens de métal en général, on désigne l'argent par ûrûà kômûs, «le métal blanc». — L'adjectif qyryyylyy est formé d'un substantif qyryyy + -^yy, de qyry- (ou qyryy-^ comp. Radloff, Phonetik, § 119) = osm. qyrq-, djag. qirq-, tailler, couper avec les ciseaux (comp. aussi djag. qiriy, qiriq, pièce, morceau, de qir-, osm. qyr-, briser, tailler en pièces). Le substantif qyryyy a dû signi- fier coupe ou pièce (coupée), et l'adjectif en -iyy, ce qui est coupé ou à couper, ce qui est en pièces. Cette épithète montre donc que qutaj doit être le nom d'une étoffe, suivant toute vraisemblance de la soie, étoffe particulièrement appréciée par les Turcs et qu'ils tiraient principalement de la Chine; comp. note 70. C'est pourquoi je me suis cru autorisé à traduire ces mots par «pièces de soie» (comp. la construction bien connue telle que, par exemple, qaptyy [pour qciplyy] ezin, «die Sâcke [qap] mit Habe», Radloff, Pp. d. Vol ksi it., II, p. H87 V. 294, dialecte sagaï). (C'est sans raison que dans sa transcription Radloff a introduit le violent changement de qyryyly, que porte aussi selon lui le texte, en ayyr ayylyy, «als gewichtigen Lohn», p. 79—80, «sehr werth- voll, von hohem Werlhe», p. 86) — Àkinlig est une formation du même genre que qyryyylyy, de âkin (djag., osm.), graine, semence. Le mot qui suit est assez oblitéré sur la pierre; cependant un examen soigneux des photographies m'a donné pour résultat que, selon toute probabilité, il faut lire isigtisin, ce qui convient et aux vestiges conservés de lettres et au nombre de lettres manquantes. Concernant le mot isigii, qui doit d'après cela désigner une espèce de blé, voir note 70. (Au lieu du dernier mot, Radloff lit àdgù, bon(s), qu'il rattache aux mots suivants ôzliik aiyn, mais que je ne peux pas faire concorder avec les traces de l'inscription. Il conçoit àkinlig comme sub- stantif, «Getreide »[?].) — Ôslik ou ôzlàk est en tout cas le même mot que l'ouigour ôsiâk (plutôt ôzlùk; djag., osm. ôzliik), «selbstandig, Selbst&ndigkeit», — 187 — Radloff, Wôrierb , I, p 1296, où l'on voit citer le vers ). Quant à adyyr voir note 43. 116) [II N 14]. L'état de profonde oblitération de la pierre rend im- possible de voir le sens de tout ce passage ou de trouver la construction. Mais on ne saurait rév quer en doute le sens des formes kôrtàèisàn^ boldaÔysàn comme 2e personne du futur; voir note 66. 117) [II W]. Relativement à cette petite inscription et au nombre et à la longueur de ses lignes, voir p. 87. Dans la ligne 2, il faut que u[âj soit une forme du verbe uâ-, s'envoler, mourir, par exemple, uÔa bardy ou uâduq ùèûn, ou quelque chose de semblable J'ai supposé que kôbrûgâ est pont (voûte), quoique la forme, se terminant par une voyelle, comme le montre l'affixe -si, soit un peu surprenante en face du djag. kôprûk^ etc. (je ne sais quelle importance attacher à la forme koïbale kôbergà, d'après Castrén). Quant à syyun, j'ai pensé qu'il serait peut-être = syyyn dans les dialectes du Nord, cerf, «marab, djag. siyin, bœuf sauvage. Il est naturellement fort douteux que tsr puisse être pour tàzsàr (note 41; comp ysar pour ydsar, note 74). S'il signifie itsàr, si, quand — fait, fera (comp. note 17, fm), son régime direct a dû se trouver dans la fin perdue de la ligne précédente. Concernant saqynur- niàn, avec le sens de futur, voir note 56, fin (proprement, je penserai à lui). \H' Additions et rectifications. P. 8, 1. 9, pas, lire: par. - 11, - 31, littéralement: en prenant il donna, lire: il laissa prendre, livra, procura. P. 14, 1. 20, Uie: Jûkàndàrmia. - —, - 26, lire: ôk ou plutôt ôg [II, i = II E 40], louer). - 18, - 5—10, lire: Nous trouvons donc, avec certaines restrictions, à côté des sons soufflés (sourds) q, k, t, (p) et 5, les sons vocaliques (sonores) y, g, d, (b) et z, et les différents signes de ces deux séries sont toujours em- ployés avec la plus grande précision et ne se confondent jamais. En s'appuyant spécialement sur les langues turques du Nord-Est, on a jusqu'ici généralement supposé que, partout où ils se trouvent dans les langues tur- ques, les susdits sons vocaliques résultent d'un «affaiblissement» secondaire des sons soufflés correspondants, et que cet «affaiblissement» s'est parti- culièrement introduit devant une voyelle (Radloff, Phonetlk, §§ 147, 269—281, 308—334; comp. Vambéry, Etymolog. Wôrterb. d. iurkotatar, Sprachen, p. XV). Cependant, un examen approfondi montrera que cette explication ne satisfait qu'au plus petit nombre de cas, et que, dans la grande majorité des cas, elle porte à faux ou ne peut être appuyée que par des suppositions arbitraires. Or, nos inscriptions nous apprennent ultérieurement que déjà la plus ancienne phase des langues turques que nous connaissions, a eu les deux séries de sons, distinguées avec précision l'une de l'autre et indépendantes de toute influence extérieure (à moins que, par exemple, Kôgmàn ne soit dérivé de kôk, p. 149 n. 24, jahyu de jap-, p. 146 n. 21?), et la répartition des deux séries concorde, pour le fond, exactement avec ce que nous trouvons dans les langues turques du Sud et de l'Asie Centrale, par ex., l'osmanli et le djagataï (la remarque, p. 20, que y, g «correspondent souvent aux q, k des langues apparentées», — 189 — a essentiellement trait aux formes conventionnelles des mots ouigours, dont l'exactitude est toutefois très douteuse; comp. plus bas). Ces faits nous conduisent avec nécessité à une conclusion analogue à celle où l'on est arrivé pour les langues indo-européennes, par exemple, à l'égard du système primitif des voyelles ou des consonnes vélaires et palatales, savoir que, dans les sons vocaliques des langues turques, nous n'avons pas une différentiation postérieure et plus ou moins fortuite des sons primitifs soufflés, mais que, à côté de q, k, t, s, qui peuvent figurer dans toutes les positions, et ^différemment de ceux-ci, les langues turques ont eu, dès l'état primitif (ou du moins, d'un commun accord, antérieurement à toute phase abordable à la science), toutefois pas au commencement des mots, une série de sons vocaliques, y, g, d, z, et en outre b, figurant dans toutes les positions, à côté de p qui est exclu du commencement des mots. C'est donc ce système primitif que nous trouvons conservé, de la manière la plus parfaite, dans la langue ancienne turque des inscriptions. C'est ce môme système qui a été directement continué dans les langues turques du Sud et de l'Asie Centrale, toutefois avec certaines modifications postérieures, par exemple, l'extension, surtout en osmanli, du domaine des sons vocaliques ou diphtongaison en certains cas au lien de ces mêmes sons. Enfin j'espère pouvoir démontrer ailleurs que ce même système a été conservé dans la langue ouigoure, dont l'écriture ne sait pas distinguer, par des signes particuliers, les sons soufflés et les sons vocali- ques (comp. cependant l'inscription III), et je regarde comme une grande erreur de vouloir imposer à la langue ouigoure le système phonétique des langues turques du Nord. Loin d'avoir «conservé, de la manière la plus parfaite, le caractère spécifique turc» (Radloff, 1. c, § 334), le système phonétique des langues turques du Nord-Est présente en général, à mon sens beaucoup plus d'écarts du système primitif que ceux des autres langues turques. Un point qui en fournit un exemple éclatant, c'est précisément la manière dont les deux séries mentionnées de consonnes se répartissent dans ces langues (qui ont en général les sons soufflés au commence- ment et à la fin des mots, les sons vocaliques dans le corps des mots, devant une voyelle, toutefois avec certaines différences dans les différentes langues). Mais ici même il y a beaucoup de phénomènes qu'on ne saurait expliquer qu'en supposant l'existence primitive des sons vocaliques à côté des sons soufflés et indépendamment du système actuel. Parmi les sons vocaliques, y est prononcé ai:gourd'hui comme frica- tive pharyngale = arabe P, tandis que g est explosive vélaire ou palatale (remplacée souvent, toutefois, par des fricatives, y ou j). Il est impos- sible de décider si la prononciation ancienne turque a été la même qu'au- jourd'hui, ou si la différence des deux sons a pu par exemple tenir seule- ment au lieu d'articulation, sans porter en même temps sur leur mode de formation; peut-être ont-ils été, toutes deux, tantôt explosives, tantôt, et même le plus souvent, fricatives. Concernant 6, qui en tout cas au commencement des mots n'a pu être qu'explosive, voir p. 24—26. Plusi- — 190 — eurs difficultés se rattachent à la question de la valeur de d et de la répartition de d et de t, surtout au commencement d'affîxes. Si l'on con- sidère tous les faits concernant cette question, on est porté à supposer — mais ce n'est là qu'une hypothèse, et je ne me cache point les doutes qu'on pourra élever là-contre — que le son désigné par les caractères ^ et X, n'a pas été l'explosive d, mais plutôt la fricative 6. Bien que ce son n'existe à présent, à ce qu'il semble, dans aucune des langues tur- ques, son existence à une phase antérieure est en tout cas accusée par le changement respectivement en J, i ou en z^ s dans les langues modernes, à la fin de thèmes ou dans des formations «amorphes» (voir p. 157, n. 44, p. 170, n. 74); car ce changement ne peut absolument pas partir directe- ment de l'explosive d^ mais seulement de d, n'importe si ce son a existé de prime abord ou que, de bonne heure, il ait, à son tour, remplacé l'ex- plosive d, (Le changement de d (d) en sifflante {2) dans les dialectes de l'Abakan, doit en tout cas être antérieur à la loi qui y règle aigourd'hui la répartition des sons soufflés et des sons vocahques, et qui a amené, en des cas déterminés, le changement postérieur de z en s. J'ajoute que tout ce phénomène est présenté dans Radloff, Phonetih, §§ 274, 338 comme un «affaiblissement» fortuit, ayant lieu en certains cas, de t [conservé, en soïon, qui a encore d dans le corps des mots devant une voyelle, et en yakoute], respectivement en J ou en s; comp. VXmbéry, Etym. Wôrterb., p. XVI, où l'historique de ce phénomène reste tout à fait obscure.) La susdite supposition expUquerait aussi pourquoi après n et ly l on n'écrit jamais d\ en effet, nous voyons que toutes les langues qui ont ailleurs le son 6 (par ex., l'islandais, le danois, le grec moderne, etc.), l'évitent, pour des causes physiologiques évidentes, après ^ et /i et l'y remplacent, règle générale, par l'explosive d. Voilà sans doute pourquoi Ton a formé des signes particuHers pour les combinaisons nd et Id, Id, combinaisons où entre l'explosive d, qui autrement n'a pu figurer qu'assez rarement, et, pour cette raison, on a pu regarder superflu de l'expiimer seule par un signe particulier. Si, à côté de ces signes, on écrit aussi n, l, l -\' t, c'est que sans doute t exprime ici, non pas le t ordinaire, mais cette même explosive d (comp. bààku, dans les inscriptions de l'Iénisséi, au lieu de bààgû, voir p. 25); il faut donc qu'on ait trouvé plus naturel d'exprimer ce son par t que par la supposée fricative d (de même peut- être après r, dans des affixes commençant d'ailleurs par d, ou dans des formes comme yty pour *y6dyt, voir p. 22?). — J'ajoute que, si l'on a aussi formé un signe particulier pour la combinaison ne, c'est indubitablement que, dans la prononciation de cette combinaison, il a dû y avoir quelque différence d'avec les sons ordinaires n -{- â; mais cette différence a-t-elle porté sur n {n palatal?) ou sur â {djl)*} C'est ce qu'on ne peut pas décider. P. 19, 1. 26, I, to, 50, lire: I, to, 55, à côté de joyaru (p. 182, note 104). — 191 — P. 21, I. 11—21, lire: La forme primitive de l'affîxe de l'accusatif (défîni), forme commune dès l'origine aux langues turques, est sans doute partout, tant pour les noms que pour les pronoms, -y, -i, répondant au -i mongol; donc, par exemple, qayany, àri, màni, bisi, any, buny. Cette forme de Taffixe s'est encore conservée en osmanli, dans le dialecte de l'Aderbeïdjan et en yakoute. Les autres idiomes turcs, au contraire, ont peu à peu et essenti- ellement par la voie de l'analogie, développé, en dehors des formes pro- nominales qui déjà se terminent en -ny, -ni, des formes plus amples rem- plaçant l'affîxe court -y, -i (fait qui s'est produit peut-être en partie pour faire naître une différence plus nette d'avec l'affîxe pronominal de la 3e personne avec les substantifs, affixe qui présente le môme son?). Ainsi, la plupart de ces idiomes notamment, non seulement les idiomes modernes, mais encore déjà Touigour, ont introduit la terminaison -ny, ni, d'abord sans doute dans les thèmes en voyelle seulement (et cette terminaison s'y trouve encore bornée dans les dialectes de l'Asie Mineure et de l'Ader- beïdjan), mais ensuite aussi avec les thèmes en consonne, p. ex., ouig. jayy-ny, tôrûni ou -nû, at-ny, bis-ni. La seule explication possible de ce phénomène, c'est qu'il est dû à l'influence de l'analogie tirée des formes pronominales où l'on avait, en apparence, cette terminaison, telles que any, buny vis-à-vis du nominatif bu (en réalité an-y, bun-y, de thèmes en n, comp , par exemple, an-da, an-èa, bunda, bun-âa, etc., et de même que, par exemple, dans l'affîxe pronominal de la 3e personne, vis-à-vis du nominatif y, -/, on a -yn^ -in à l'accusatif et figurant comme thème des autres cas, par exemple, ynda, -ynâa^ etc. [à l'accusatif, main- tenant souvent, grâce à une nouvelle formation par analogie, -yny^ -ini]). Au surplus, les formes de la susdite série de thèmes pronominaux ont aussi influencé autrement et diversement les formations de cas des autres thèmes; ainsi on ne saurait voir que l'influence de l'analogie de formes comme anyà, bunyà, lorsque, à ce qu'il semble, ici comme par exemple en osmanh, nous trouvons (voir p. 167) après des thèmes en voyelle, au heu du -Cyjà originaire, nyà, terminaison qui, dans la plupart des langues apparentées, a été complètement établie après t utes les espèces de thèmes. Une influence apparentée pour la forme dative biziàà a été mentionnée p. 159, note 60. Notre dialecte ancien turc n'a absolument pas connu la susdite for- mation nouvelle de l'accusatif en ny, -ni. Mais, tandis qu'à en juger d'après les exemples peu nombreux dont on dispose (any, buny), ce dia- lecte a conservé intactes les formes originaires des accusatifs pronominaux, il a, pour la part des noms, la terminaison singulière -y, g, dont dans les langues modernes nous ne connaissons rien d'analogue. Toutefois, comme on est parfaitement conséquent d'employer sans aucune exception les formes en question, il n'y a absolument pas à douter que cet emploi n'ait réellement correspondu aux formes de la langue parlée (comp. p. 22, note 1); mais l'explication historique de cette terminaison n'en est pas — 192 — moins des plus difficiles. Il est impossible d'expliquer ici par l'influence de l'analogie, et, à ce qu'il semble, on ne saurait pas plus songer que, par exemple, quelque particule se serait agglutinée. Quoique je ne puisse en indiquer aucun parallèle, je ne vois pas d'autre issue que de nous sup- poser en présence d'un changement phonétique singulier du primitif -y, i. Or, on pourrait admettre, avec une certaine probabilité, que ce change- ment se serait d'abord introduit après des thèmes se terminant en voyelle (comp. que, dans ce cas, le mongol a -gi au lieu de -i? — toutefois, l'osmanli, par exemple, a ici -jy^ -ji)\ donc, par exemple, sûg, jayyy, kiëig, orduy, tôrûg, pour sû-i^ jo^yy-y^ etc. Mais ensuite il faudrait que cette formation eût aussi passé à des thèmes en consonne, de telle sorte que la terminaison accusative supposée originaire, -y, -i, figure ici comme amplifiée par l'addition de -y, -^, par ex. qayanyy, atyy^ ârig au lieu de qayany, atyy àri. P. 26, 1. 10, lire: àhdà. • 27, • 22, lire: en ce même sens ou peu s'en faut (comme les deux signes ne se confondent jamais, il a pu y avoir telle ou telle différence qu'on ne saurait pas définir exactement). P. 28, 1. 26, supprimer: siang- ou. - 29, - 1, au bas, lire: nààsiz, • 32, - 5, créer un khan, lire: devenir khan. - 34*, - 4, ajouter: dans le dialecte de Canton, c'est encore Li-ts'ûn (d'après la gracieuse communication de l'éminent sinologue anglais, M. E.-H. Parker, à qui, par un heureux hasard, j'ai eu l'occasion de faire connaître, au dernier moment, les feuilles imprimées, et qui a bien voulu me communi- quer une série de remarques, dont, avec sa permission je reproduirai ici une partie). P. 3é, 1. 24, lire: aux thèmes nominaux. - 38,-24, 26, lire: sûA^s, sûà^sdimh, sàn^ê-. - 41, - 20, lire: altnwS-^atf. - 42, - 5, lire: qond^rntys. - 69, - 3. D'après la communication de M. Parker, la forme lo Yepou (Schlegel), scindée à tort par moi Yepou, est inexacte pour Yephou (conformément à la prononciation moderne à Pékin, YehoUy = Chehou^ p. 69, note 1, p. 71, note 3). «But the Chinese distinctly tell us that Ye(p) is hère specially pronounced Zie(p), i. e., they tell us to pronounce the initial j à la française and not à l'allemande. So far as we can judge the ancient pronunciation (by the analogy of Cantonese, Corean, and ten other dialects), the probable Turkish sound was intended to be some- thing like ziepghu.i^ On voit que cette forme concorde encore mieux avec — 193 — la forme turque jabyu. — 2o tShé, sep, or shtp, is the correct form, and not mo, mut, but. The word she is consistently used in the sensé of csemi-independent tribal division», or ccommander of ditto».» — i9 cis not sou-li'pat, but sz-li-fa, which the Chinese tell us we are specially lo pronounce }ii'li-fay by which they mean probably zillbar or djirifah (?). — 40 %.V u-V un-fait . P. 59, 1. 9, au bas, Soukin: M. Parkbr m'écrit «52r-/cm, but we are told not to pronounce ss-kin but k'i-kin, which therefore must be some such sound as djikin; certainly not soukiri'». — A-p'o pourrait être = turc apa; comp., par exemple, I W 2. P. 60, note 2: , c'est-à-dire: «quand le peuple l'eut pris en mépris et en haine». P. 164, 1. 26 (n. 59), ajouter: Toutefois, je crois maintenant (comp. p. 193, ad p. 150, 1. 23) qu'il est plus correct de traduire qonôujlarym (ou qunâuj) par «mes princesses» ou «Mesdames», de sorte que cette expression doit comprendre et les femmes du kagan et ses filles (et les filles de ses pré- décesseurs, si elles ne sont pas comprises dans les âkâ). Concernant l'emploi du mot qonêuj pour désigner les femmes du kagan, on peut comparer, par exemple, que, d'après M. Parker, la femme (turque) de Ta-pa(t), frère de Me-tch'oue, qui s'était rendue en Chine avec son mari, y reçut le titre de Kin-chan koungtchou, princesse de Kin-chan. J'ajoute que, si le mot qonâujiarym est placé ici le dernier et, pour ainsi dire, hors de l'ordre, tandis que les autres classes de dames sont nommées par rang d'âge, cela peut être fait avec intention, pour le faire ressortir d'autant plus: «et (même) les reines et les princesses». P. 165, 1. 30 (n. 6.3), après «impérial;» ajouter: en ce cas il faudrait sans doute traduire: «vinrent des Is(i)yi (ou son, ses Isi, pourvu que, dans ce mot étranger, isi ou iëii?), on ait pu ajouter l'affîxe pronominal dans la forme isiji, au lieu de isisif) et Likeng». P. 165, 1. 32, au commencement de la note 64, ajouter: Bôlôn ou bôlûn (c'est indubitablement ainsi qu'il faut lire, "non pas bôlàn) rend évidemment, con- formément à l'ancienne prononciation du mot, le tibétain bloa (prononcé aujourd'hui sans b\ en chinois, d*après M. Parker, loun)y magistrat, officier, gentilhomme. P. 166, 1. 7, ajouter: M. Parker suggère aussi la possibilité de tchiCkJ-kouan^ offîciers. P. 184, 1. 31 et suiv.: Ni ici ni II S 8 le mot, sààûn^ qui précède baSadu et qui, d'après l'explication proposée ici et p. 146, note 20, en devait être le régime direct, n'est muni de l'affixe d'accusatif. Voilà pourquoi il faut sans doute admettre que ce mot doit être le sujet de baèadu et que conséquem- ment le verbe baëad-, bien que sûrement transitif, ne peut pas signifier «avoir pour chef», mais bien «conduire, commander, précéder» ou quelque chose de semblable, peu différent, quant au sens, du verbe intransitif baëka- (régissant le datif), «être à la tête». La traduction littérale serait donc: «— Lisun taï-sengun (les, la) conduisant — >. M. Radloff, qui II S 8 admet la voyelle finale y («. . . 5do»), lit ici baèda, locatif de baS. Mais est-ce que cela peut signifier «unter Anfiihrung von — »? C'est ce que je ne crois pas. I. Index analytique des matières. Alphabet tare, 7 et suiv., 44 et saiv.; ouigour, 53, 189. Altaï, 61, 152 n. 32, 158 n. 45, 193. Askhete, inscription d', 21. Assena, 178 n. 88, 193. A-lhie, 72 n. 2, 161 n. 54; conap Ha-lhie. Bars beg, 150 n. 26. Bichbalik, 15. 70 n. 4, 179 n. 91. Bilghè kagan, 73, 74, 79 et suiv., 193. Bleus, Turcs, Mongols, 98, 138 n. 7. Boukhara, 48, 165 n. 64. Boum in kagan, 135 n. 1. Chad, 74, 146 n. 21. Chan-si, 194. Chan-toung, 42, 68, 77, 115, 149 n 24. Cha tchatchong-i, 69, 155 n. 39. Cheou-hiang-tch'ing, 77, 194. Che-hou, 59 n. 1, 71 n. 3, 192. Che-tie-mi, 135 n. 1. Chien, année du, 175, 183 n. 109. Chine, 57 et suiv., 139 n. 8, 161 u. 29, 167, 168, etc. Chinois, calendrier, 172 et suiv. n. 83, 183, 184 n. 109; inscriptions chinoises, 81—83, 173; mots chinois en turc, 28, 34, 42, 78 n. 4, 149 n. 24, 150 n. 26, 154 n. 38, 155 n. 39. 165 n. 6.3, 166 n. 66, 177 n. 84, 183 n. 107. 184 n 110, 192, 196, 198; mots turcs en chinois, 13, 59, 61, 65, 66, 70—74, 139, 140, 146-149, 152 n. .32, 159 n. 49, 178 n. 88, 185 n. 113, 192 et suiv. Chronologie, 94 et suiv., 142 n. 12, 172 et suiv. n. 83, 178 n. 87, 183 n. 108, n. 109. Èdiz. 160 n. 54, 180 n. 9k Eltèbers, 182 n. 102. Ektag. 61, 193. Ha-la Ho-Iin, 75 n. 1. Hangaï, 152 n 32. Ha-thie, Hie-thie, 72, 74; comp. A-thie. Hi, 67 n. 2, 76, 77, 141 n. 8, 183 n. 106. Hie-thie, v. Ha-thie. Hoang-ho, 68, 149 n. 24. Ho-lin, 75 n. 1. Ho-tcheou, 197. Houi-he, -ho, -hou, v. Ouigours. lénisséi, v. Kem; inscriptions de TI., 8, 9, 15, 21, 25, 26, 27, 28, 37. 38, 39, 41, 42 n. 1, 45 n. 1, 53, 182 n. 103. I-jen khan, 79. Mi khan, 61. In-chan, 196. Irtych, 158 n. 45. I-si-ki, khan, 61, 193. Kadirkan. 136 n. 5, 150 n. 27. — 200 — Kagan, 32, 61, 135 n. 2. Kara-Balgassoun, 75 n. 1, 80, 152 n. 32. Karakorom, 75 n. 1, 80. Karlouk (Ko-lo-lou), 71, 72, 160 n. 51. Katoun, 61, 145 n. 18, 185 n. lU. Kern (lénisséi), 123 (II E 26), 140 n. 8. Keugmen, 149 n 24. Khan, v. kagan. Kherkhis, 140 n. 8. Khingan, 136 n. 5, 140 n. 8. Khi-tan, Kitaï, 61, 67 n. 2, 76, 77, 78, 136 n. 5, 140, 141 n. 8, 150 n. 27, 182 n. 105, 183 n. 106, n. 107. Kie khou, Ki(t>kou(t), 61, 140 n. 8. Kie(t).li khan, 64, 142 n. 12- Kin-chan, 61, 158 n. 45, 193. 197. Kioue (K*ût) te(h).kin, v. Kul. Kirghiz, 8, 53, 140 n. 8, 149 n. 24, Ko-Io-kan, Ko-to-kan, 183 n. 107. Ko(t)-lo-Iou^(k), V. Karlouk Kou-li-han, -kan, Kourikan, 140 n. 8. Koun, 152 n. 32. Koung-lchou, 145 n. 18, 150n 26, 196, 198. Kou(t).tou(t)-lou(k) khan, 13, 65, 73, 82. Kul téghin, 73, 77, 78, 79, 81, 82, 84, 86, 94, 95, 107 et suiv., 163 n. 57, 177 n. 83, 180 n. 97, 181 n. 98. 194. Li-lhsiouen, -tsoan, -ts'un, H4, 79, 184 n. 110, 192. L(i)u.hiang, 78, 165 n. 63. Mei-lou(k).tchoue, 78, 194. Me-ki-Iien, 73 et suiv., 79 et suiv., 95, 183 n: 109. Me-kiu, 70, 147 n. 21. Me-tch'oue, 66-72, 151 n. 29, 155 n. 41, 181 n. 99, 193, 194. Mik-kik-Iien, v. Me>ki-Iten. Mik-tsoat, v. Me-tch'oue. Mo-han, -kan khan, 61, 63 n. 3, 135 n. 1, 193. Mongols, 138 n. 7, 140 n. 8. Mouton, année du, 175. Ogouz. 147, 148 n. 22, 151 n. 29, 160 n. 52 a, n. 54. 179 n. 94, 181 ii. 99. 182 n. 102. Onghin. inscription de 1', 7 n. 1, 24, 41, 145 n. 18, 146 n. 21, 147 n. 22. Orkhon, 80, 152 n. 32, 180 n. 96, 181 n. 101 . Ouigours, 7, 52, 53, 72, 75 n. 1, 79, 80, 140 n. 8, 146 n. 21, 147, 148 n. 22, 152 n. 32, 182 n. 102, 197. Ourga, 180 n. 96. Ou-te-kien, 72 n., 152 n. 32, 196. Pa(t).si(k)-mi(t), 76, 178 n. 88. Pa-ye-kou, 72, (166 n. 41.) 197. Pe(i)-thing, 70, 76. Pi(t)-kia khan, v. Bilghè; P. katoun, 145 n. 18. Polytimetos, 159 n. 49. Porc, année du, 176 n. 83, 183 n. 109. Porte de Fer, 137 n. 6, 154 n. 38, 159 n. 49. Sayans, Monts, 149 n. 24. Selenga, 147, 148 n. 22, 181 n. 101. Sept, nombre sacré, 144 n. 17, 146 n. 19, 176 n. 83. Se-ti-mii, 135 n. 1. Singe, année du, 175 n. 83. Sogd, Sogdiane, 51, 154 n. 38, 159 n. 49, 166 n. 64. So-ko(t) khan, 70 n. 3, 71, 74, 149 n. 26, 158 n. 48, 194. Soui-che, Soui-ye, v. Tchou. Sou-Io, Sou-louk khan, 74, 158 n. 46, n. 48, 185 n. 114, 197. Sze-kin, (61, 135 n. 1,) 193. Tabar, Tabaristan, 159 n. 48. Ta(ï)-tsiang-kiun, 184 n. 110. Tangnou, 140 n. 8, 149 n. 24. Tangout, 178 n. 86. T'an-man, 196. rao-houa-chi, 139 n. 8. Tardouch. 63, 146 n. 21. Tatabi, 136 n. 5, 141 n. 8, 182 n. 103, n. 105, 183 n. 107. Tatar, 140 n. 8. Ta(t).teou khan, 63, 193. Taugast, 139 n. 8. Tchang.k(i^u.(y)i, 78, 1B6 n. 66. Tchen-tchou-ho, 159 n. 49. 201 — Tchenou, 71. 74, 149 n. 25. Tchin-tan, 42, 185 n. 111. Tchou, 70 n. 3, 154 n. 38. Téghin, te(h).kin, tik-kin, 59 n. 1, 73 n. 1. Teules, v. Thie-le. Thang, 57, 67, 68. 77. Thibet, 77, 140 n. 8, 185 n. 114, 198. Thie-le, 61, 146 n. 21, 148 n. 22. Thong.'o le-kin, 70, 71, 163 n. 57. Thoung-Io, 163 n. 57, 197. Thsing-chan, 149 n. 24. Tola, 63, 72, 147, 148 n. 22, 180 n. 95. To-lo, V. Tola. Tonga téghin, 163 n. 57. Tou-fan, 77. Tou-ki-chi, Torghès, 70, 71, 74, 149 n. 25, 150 n. 26, 158 n. 45, 166 n. 65, 194. Tou-kin, 60, 63, 152 n. 32, J93. Tou-kiue, v. Turcs. Tou-men khan, 61, 135 n. 1. Touu-you'k)-kou(k), 74 et suiv., 185 n. 113. Tou-tou(k), 71 n. 3, 154 n. 38, 194, 197. Tsiang-kiun, 28, 149 n, 24, 184 n. 110. Turghès, V. Tou-ki-chi. Turcs, 7; histoire, 51, 57 et suiv., etc., passim; mœurs, 58-60, 177 n. 83, 185 n. 112; religion, 60, 143, 144 n. 17; T. occidentaux, 52 n. 2, 63, comp. Tou-ki-chi. Utikan, 152 n. 32. Wang-tsun, 76, 197. Wou-ho, -hou, 148 n. 22. Wou-te-kien, v. Ou-te-kien. Yabgou, 69 n. 1. 146 n. 21. (Yepou,) ye(p)-hou, (ziepghou,) 59 n. 1, 146 n. 21, 192, 194. Yolig téghin, 8i, 87, 177 n. 84. Yu(t)-tou(k).kiun, 197. Zarafchan, 159 n. 49. Zemarchus, 61, 193. IL Index turc. a. Lexique. (L'ordre alphabétique suivi ici est celui qu'emploie M. Radloff, par ex- emple, dans son Versuch eCnes Wôrterbuchs der TûrkDialccte (excepté pour les diphtongues en i, écrits ici avec y, 4)» savoir: a, a, o, o, y, i, u, û, q, y, ^» 9i à, j\ t, n, r, i, ^ ty d, <îf, s, , 180 n. 96. an(5a, 42, 138 n. 7, 155 n. 38, 186 n. 114, 191. ara, 31. ara-(p), 142 n. 11, 168 n. 71. aramaqèy, 141, 142 n. 11. aryl(tyy), I S 9. arqyèy 169 n. 74. artad; {artaty) 151 n. 29. artuq, 12, 31. artur-(yp), I S 6. aHy), 11, 24. (188); {-yp) 24, 33, 171 n. 75; {ty etc.), 22, 30, 33; (matyn), 171 n. 75. alqa-Cdymyz) 177 n. 83. aiyazyrit 183 n. 109. aiqyn(dyy), I S 9. a^^i/, 11, 22, 33, 40 n. 1. AHyâub, 154 n. 38 altun, 22, 33. Altun-jys, 158 n. 45. aip, 24. 33. Aépayu, 163 n. 57. Aip-èaèêy, 35. a^ (cheval), 10, 22, 43, 187 n 115. at (nom), 10, 14, 22, 141 n. 10, 163 n. 57. atyC-sy), Si n. 2, 141 n. 10, 172 n. 82. adaq, 23, 161 n. 56, 170 n. 74. adynâyy, 42, 172 n. 81. adyyr, 157 n. 44, 187 n. 115. aâ, 170 n. 74. aè(sar), 170 n. 74. aèsyq, 117 n. 1, 170 n. 74. asra, 37. az, 39. azu, 171 n. 77 azuq(y)y 39. azqyia, 28 (1 E 34 . Azjayyz, I N 5, 8. Azfnan. 1 N 5. 6. a^a, 149 n. 24, 150 n 27. aësyz, 39 (I E 26). apa, 24, 193; v. àèûapa; Apa-tarqan II S 13; Vnanâu Apa, I W (196). AparApurym, 24, 140 n. 8. amaty, 142 n. 13, 166 n. 68. Amya ou Amyy?, I N 8, II E 31. àkà(lârini), 164 n. 59, 198. àkinliy, 167 n. 70, 186 n. 115. àgCûj?, 171 n. 79. àyàr-j agir- (àj ip), 161 n. 55, 178 n. 85. ànilik, UkU 28. ànè'i, 156 n. 38. àr (homme), 43; { ig), 21, 31; ('in)j 145 n. 19; âr-at, 141 n. 10, 154 n. 37. àr- (ir? er? être), 160 n. 50; {-ti), 22, 31, 161, 162 D. 56; (-mm, 38; (sar), 29 n 1, 31, 151 n. 29, 164 n. 59; àrbar-, 151 n. 30, 160 n. 51. ûrig?, 172 n. 82. àrinê, 197. àrkU(g), 21 (I N 1, II E 29, II N 12). ùrUiAû, 185 n. 113. Artis, I E 37, II E 27. nrtnr(tîm[iz]J, 160 n. 50. Àrsiriy Toquz-y 167 n. 69. àlig (cinquante), 33 àUy(-in) (main), I E 32, 38. àUàbdr, 182 n. 102. âtida?, 165 n. 61. âtiniay, 165 n. 61, 185 n. 113. Àdfz, 72 n. 2, 136 n. 4. 160 n. 54, 178 n. 85. âdizkùr?, 165 n. 64, 178 n. 85. â), 162 n. 57, {-dy) 179 n. 91. opéaQ'uJj 156 n. 43. 6/ctt/i-, l E 23, 40, II E 38. ôkiïl -us, 14, 20, 38, (138 n. 7). ôy-CdOy II E 40 (188). ■ôy, V. oy. ôgd {-m, làrùn)f 145 n. 18, 164 n. 59. ôysiz, 145 n. 18. ôàrd, 147 n. 22. ôjur7f V. Û-. ôrnà, 186 n. 115. Ùrpdn(td), 22 (Il E 26). ol; (-?/) 11, 160 n. 50, {'il), 13. 22. ■tdâi(sàn), 35, 162 n. 56, 178 n 85. nhïg, 1 N 9; •//, I N 10. ôlûr-, 31, 33n. 1; (-^0 22, (àjin) 170. Ôtdkdn, 20, 152 n 32. 167 n. 68. otûg(-i), 182 n. 103. ôtûlyl, II E 34. 6d (temps), 23; ôdkd, 166 n. 67, 17H. ôd (bile), 23; ôdin[à], II E 29. ôdOè, 182 n. 104. ôdsg'i, II E 34. ôz (t, etc.), 13, 39; ôsinëà, I E 3, 30. ôsà, 39. ôzUk, 185 n. 112, 186 n. 115. yyar, 177 n. 84. yyaâ, 34, 42. YnanâUj I W; -<îfar, 155 n. 39 a. yraq, 27, 147 n. 22. [y]t, 183 n. 109. yd-, 170; ydmajyn, 27, 170; yfy, 22, 190; i/sar, 151 n. 29, 170 n. 74, 187 n. 117. yduq, 27—28 n. 3, 144 n. 17. yâyyn-t 1 E 6, 13. Yëbara, I E 33. (ikdgû?, 160 n. 52.) iki, 15; -sm, 158 n. 46. ikin, 180 n. 97. ikindi, -nti, 180 n. 97. igid-, (igitim) 22; (ig idâj in) 170 \ igid- baryuy 171 n. 77. in'(mis), I E 12. ini, 15, 29, 30, 165 n. 62; -si, 38. inijigûn(ini), 164 n. 59, 165 n. 62, 166 n. 67. inili, 142 n. 11; -liguai, -liginf 181 n. 98. ir-y V. dr-. irtûr-(û), 160 n. 50. // (t'O, 15, 16, 32 n. 1, 33. 1^5 n. 2; tdy 167 n. 68. Hig(i)y 197. ilki, II E 32, Il S 1; comp. an-, (igârû, 11, 15, 147 n. 22. iUd(dak), I E 6. ilt-(di), I E 23, aUg, 18, 32 n. 1. lUârùSy 65 n. 2, 145 n. 18, 196, iitdbir, v. dftdbàr. ilsird-t-, 31. 32, 146 n. 20. Ilbilgâ, 15, 145 n. 18. U- {et-\ {-dt\ -dimiz), 15, 23. 142 n. 14. 145 n. 17; (-àjin) 170; i7t, 11. itinàdl, iti-anâaf, 138 n. 7, 165 n. 61. itûn-(û), 142 n. 14. itgûâi, 35. td/, 23. idioqsyz, idisiz, 138 n. 7. 14* — 204 — ië. 35 (I S 12, II N U); -m, I E 26; -ràkU I S 2, 12, II E 28, II N U. i^f/c- 35, 143 n. 14, 153 n. 33. iâgir, 179 n. 88. is('ig), 38, 39, 44, 142 n. 12. isigti, 167 n. 70, 186 n. 115. is(i)ji, 165 n. 63, 198. [stàmiy 135 n. 1. IzgtU 160 n. 52. uyyè, -u§, 138 n. 7, laS n. 57, 179 n. 88. Uà'tutuq, V. Oà. Ujyur, 27, 147 -148 n. 22, (182 n 102). unuq, 1 E 19, l N 13. II N 15. ur- (urty), 14, 31. 156 n. 43, 157 n. 44. ury, I E 7, 24. uruYSyrat-(ajyn), 32, 143 n. 16, 170. Uryul, 180 n. 96. urtur-Ctym), 31. ula- {ulaju, dy), 155 n. 38, 164 n. 59, 166 n. 67. ulySi -us^ 165 n. 64 uluy, 13. Udarsààûn, I N 12. udy-(madym), 23, 30, (I E 27). udyêru, 156 n. 43, 179 n. 88. udlyq(-yn)^ 157 n. 44. udèa'f, 151 n. 29. uè; (uâdy, duq) 23, 187 n. 117. us('yyX 11 SW. Umaj 154 n. 37 umduq, 143 n. 14. M, ûjûry 168 n. 71; ûmàzsàn, 168 n. 71, 170 n. 74. ûgûs(âà), 34. à/dst/f, 38 n 1, 169 n. 73. ûlûg, 1 E 29. Ûtûkân^ V. Ôtùkàn ùê, 34; Mc7n(*, 42. ûâûriy 12. 7ay«/i, 18, 20, 61 n 2, (-^ai) 30, {•da) 41 ; ((/a/i, 182 n. 103). qayanla-, 32, 192. qayan^yy, 21, 32 n. 1. qayansyrat-y 31, 32, 146 n. 20. 7^71 (sang), I E 24. qany, 29 (I E 9). qandan, -dyn, 42, 152 n. 31. qar(-yy)^ 156 n. 42. qara, 31; kôl, I N 2; -Tûrgàs 158 n. 48. qarayOyn), 182 n. 101. Qarluq, 71 n. 3, {uy) 13. qal, 40, (--. èad, 23, (59 n. 1,) 146 n. 21, 165 n. 62. §adapyt, 166 n. 67. baj\ 27. Bajyrqu (Jir-\ 72 n. 3, 155 n. 41, 157 n. 44. bar, 1 E 29, I S 9: bar-, {-yr, -ur) 31, {-dy) 23, 31, 41, {-y y ma) 30 (153 n. 33); comp. àr-. barym, I N 1. I SW, II E 24, II S 3. barq, 81 n. 1, 172 n. 81. baryu, 171 n. 77. Barsbàg, I E 20 (150 n. 26). baiyq, 12, {da) 23; -daqy, I E 12. batysyq, 37, 38 n. 1 ; daqy, 37 (I N 12). batymC-y), 156 n. 42. bas-, (dy) 23, 37, {-masar) 151 n. 29. BasCyJmyl, 178 n. 88. baz (qyk'\ I E 2, 15. 30. Bazqayany 147 n. 22. baè, 25, 39, 160 n. 51, 197, (-da) 23, 198. baèad-(u), 146 n. 20, 184 n. 110, 198. Baèyu, I E 37. baèla-Cju), 11, 27, 146 n. 20, 149 n. 23, 164 n. 59, 198. baèkyy, 21, 136 n. 4. bàg, 20, 25, {jlâr) 31; -li, 142 n. 11. bàglik, 19 (I E 7, 24). bàfigû, 25, 28, 190. (6ân, 26.) Bàrèàkàr, 165 n. 64. bàdiz, I N 13, I S 12, I NE. II N U, II SW. bàdizt([d]im), 180 n. 95. dâdâ^f, I S 11, 12, I NE, II N 14. bol-, 40, 145 n 18, (yp) 14, 24, (-^ h h i Q^'i' traduit par ^grosses Lob" (ici, p. 185, note 113); p. 229, il voit aussi dans ^^ H h R I h 5^ le mot biëiik (ici, p. 168, note 72), qu'il traduit par „der (die) Gargekochte(n), Erfahrene(n), Tilchtige(n)"; p. 219, il reconnaît pour vraie leçon rt^ h D ) > vL. qonajyn (ici, p. 169, note 73), et p. 229, la leçon rl^ h A h 5^ „bàcin'' avec b (ici, p. 175); p. 442 et 452, il est arrivé à traduire, lui aussi: „das in aile Lànder ausgezogene Volk" (ici, p. 154, note 36), et p. 455 (37): „Abwàrts an der Selenga ziehend" (ici, p. 181, note 101). Bien que, p. 243, M. Radloflf maintienne encore, au moins en partie, son interprétation antérieure de sab par „Ruhm, Ruf, Einfluss", et me reproche d'avoir rejeté „si cavalièrement** (p. 26) sa manière de traduire saby par „sa renommée" (traduction qui, à mon avis, ne convient nulle part au contexte, et n'est appuyée par rien dans les langues apparentées, tandis que le mot propre pour ^renommée** est ku), il n'en finit pas moins, selon moi, par arriver, p. 460, en tout ce qu'il y a d'essentiel, au même résultat que moi (ici, p. 166, note 67). Nous voici égale- ment d'accord sur la signification de qoncuj ou qtmôuj (RadloflF, p. 218 et 460; ici, p. [13 et suiv., 40,] 196, 198). Il est un point où M. Radlofl', p. 220, s'est maintenant sans doute approché de la vérité plus que moi (p. 115, I S 3, p. 167, note 69); c'est lorsqu'il explique ^ A h "^ ^^^W (^^^ ^1 ^^i^ maintenant le même mot, npetit", que moi) suivi d'un verbe négatif comme ayant la signi- fication de „fast" = peu s'en faut, à peu près (alors je traduirais: „et peu s'en faut que je ue sois arrivé jusqu'à la mer, — jus(iu'au — 221 — Thibet^*). De même il est probable que M. Radloff a raison de voir, comme il le fait aujourd'hui, dans >J ^ >J ^ baibai (p. 234 et suiv.) „die Steinpfeiler, die zur Ehren der bei der Leichenfeier fungirenden Trauermarschàlle vor dem Grabe aufgestellt wurden" (comp. mes pages 148 et suiv., note 23; ma traduction „faire mener le deuil", ne répondrait en allemand qu'à „als Trauermarschall fungiren lassen**). Je dois encore ajouter (comp. ma page 138, note 7) que p. 223 M. Radloff mentionne que les deux inscriptions ont réellement la leçon kok turk (^ ^ R en I, ^ P ^ en II, comp. ma page 20), les Turcs Bleus. Or, si malgré cela il préfère toujours rectifier kok en okiiëy nombreux, je continue à ne voir aucun accord entre nous sur ce point. Le fait que l'expression „les Turcs Bleus" se présente uniquement dans ce passage, peut d'autant moins paraître étrange que, tout entière, cette partie des inscriptions qui traite des temps anciens, a dans son allure générale un style particulier de haute couleur poétique. Parmi les autres points où M. Radloff a modifié sa conception antérieure, je me permettrai seulement de mentionner quelques-uns. P. 221, M. Radloff abandonne sa première leçon | fV H rl^ nn^s, changée en ndnsu (ici, p. 29, note 1, comp. p. 171, note 78), et il hésite entre ma leçon H rl^ H rl^ nan-nàn ^t \ t\f ^ x\^ nan-nàs(i) (où il ajoute arbitrairement i), tout en préférant la première. Mais d'abord l'explication qu'il en donne (en y voyant le redoublement de nàtï dans le sens de y,chose^, au lieu de nàû-nànda, dont le sens serait „in vielen Dingen" [?], mot à mot „en des choses et des cho- ses" ^)), et ensuite sa traduction (p. 222, 447): „auf welche [addition que ne comporte pas le texte d'après cette explication] (verschiedene) Dinge meine Macht [sabym^ voir plus haut!] sich grûndet", ne valent pas mieux, selon moi, que ci-devant, et il y fait preuve de beaucoup plus d'arbitraire que n'en a mon interprétation. Cette remarque de M. Radloff: „Herr Thomsen erkliirt mit leichtem Muthe, ndnnàn sei eine hàufig im Tûrkischen auftretende Pronominal-Wiederholung, wie ') Je ue comprends pas comment cette explication peut être appuyée par la phrase altaïe tû tn arazynda, seul parallèle que cite M. Radloff; car le sens de cette phrase n'est réellement pas «zwischen den Tielen Bergen", mais bien „entre des monts (d'un côté) et des monts (de l'autre côté)". , -^ 222 - nd na, kàm Jcàm in der That auftreten", rend pour moi incompré- hensible qu'on puisse faire dire cela à mon texte, p. 29. Je n'y souffle mot d'un nàn-nàn qui serait „un redoublement pronominal fréquent", et je me contente d'y avancer mon explication (nan-nan = nà-nà ou nàmd, dans les langues plus récentes) comme une hy- pothèse qu'à mes yeux le contexte réclame impérieusement. Le sens primitif de nàn, chose, richesse, étant en tout cas „quid, aliquid" (comp. la nasale de wanca, quantum), rien n'empêche de supposer que ce sens primitif a pu se maintenir ici, à côté de nà qui, peut- être par hasard, figure dans nos inscriptions seulement comme adjec- tif, „quel" (I E 9 = II E 9, II E 28). P. 226, M. Radloif en est aussi venu à lire rt^ h H >J )^ > comme xidiyqyn (ici, p. 110, 1 E 36), et rapproche comme moi, p. 157, note AA^ tidiyq de l'osm. uiiuq, «innerer Theil des Schenkels", sans changer d'ailleurs son interprétation antérieure de ce passage, inter- prétation qui, j'en suis convaincu, est arbitraire et impossible. P. 227, M. Radloff" cesse d'expliquer, comme d'abord, h ^ h >J Y > par oyiy aty(sy), „seine Sôhne und Neff'en" (ici, p. 141, note 10); mais quand il présume que oyiyt pourrait être une forme de pluriel spéciale en -t (ce devrait alors être en -yt) de oyiil (et de même la forme isolée tarqat, I S 1, de tarqan, avec n supprimé devant le t simple?), ce qui donnerait oyiyty^ „seine Sôhne", une pareille inter- prétation (à laquelle d'ailleurs j'avais moi-même songé un instant) me paraît trop hardie pour être soutenue, surtout si l'on prend en considération que l'expression „ses fils", qui reparait un si grand nombre de fois, est toujours représentée par oyiy. Après avoir d'abord vu dans f^h^Ph(ISl = IINl) toktij prétérit de tok-, verser, et traduit ce passage par „(denn der Himmel[!]) hat meinen Ruhm ausgestreut, hôre!" (ce à quoi fait allusion ma courte remarque, p. 166, note 67, à la fin), M. Radloflf conçoit aujourd'hui (p. 460) tokti comme adverbe (comp. iidgiUi) de tôk (ouigour), „viel, zahlreich, aile, genau", et traduit: ^hore gcnau (aufmerksam) zu". Moi aussi, j'avais antérieurement songé à cette interprétation-là; mais je l'abandonnai, parce que je ne savais pas à ce mot ouigour d'autre signification que ^beaucoup, nombreux", d'où il ne me paraissait pas possible de dériver un pareil adverbe qui — 223 — s'appliquât ici («complètement"?). Même en prêtant encore à l'oui- gour tok le sens de „genau", exact, je préfère en tout cas la leçon et l'explication présentées par moi (tUkàti ou tokàti^ voir le passage cité) comme à la fois plus simples et mieux appropriées au sens de ce passage; car la sommation de „bieu écouter, de prêter l'oreille attentivement", ne vient qu'un peu plus tard. Il n'y a qu'un point que je me permettrai encore de mention- ner, point relatif aux principes. C'est à propos de la nouvelle ma- nière dont M. RadloflF interprète 1 > vL', 1 > H (P- 217 et suiv.), savoir tantôt comme aqup, „Streifzilge unternehmend, angreifend", tantôt comme oqup^ „lesend (Gebete lesend)", tantôt comme uqup, „horend, verstehend", et, d'autre part, ) > vL. (p. 219) comme aqun = osra. aqyn, „Streifzug, Einfall" (est-ce que, d'ailleurs, aqim urty pourrait signifier „er unternahm Streifzilge, machte Einfàlle?"). A moins de vouloir se jeter à corps perdu dans l'arbitraire, il faut maintenir formellement que jamais >X^ ne peut exprimer la syllabe aq: la combinaison > vL. peut bien signifier qu, qo, tiqu, oqu, mais jamais aqu, pas plus qu'à l'inverse > H ^^e pourrait signifier uqu^ oqti au lieu de gu, qo, aqu, et pas plus que, par exemple, | , au moins dans les deux inscriptions dont il s'agit ici, pourrait avoir la signification de as ou de sa ni s'employer devant ou après > (voir ma p. 36): autre règle que M. RadloflF enfreint souvent. Sur ces points je dois, tout en faisant abstraction complète d'autres objections soutenables contre ces dernières interprétations, contester, de la manière la plus formelle, la possibilité de l'opinion de M. RadloflF et, jusqu'à nouvel ordre, maintenir l'interprétation présentée par moi (qop, „beaucoup", oqun — qui figure non seulement I E 33, mais aussi I E 36, où M. RadloflF lit autrement — „avec la [des] flèche[s]"), en attendant qu'on en établisse une réellement meilleure. P. 180, M. RadloflF définit lui-même la diflFérence existant entre sa méthode et la mienne, comme je l'ai dit moi aussi, p. 92, et pour ma part, je puis accepter sa définition. En eflFet il dit, ayant surtout en vue la transcription: „Mir ist eben das alttUrkische Idiom ein Glied der grossen Kette der Dialekte, dem ich sogleich seinen Platz in derselben anweisen mochte. Herr Professer Thomsen sucht nur das Vorhandene zu deuten und benutzt die abrigen Dialekte als — 224 — Hilfsmittel dazu^. Laquelle de ces deux méthodes est la mieux ap- propriée, au moins au niveau présent du déchiffrement des monuments en question dont le langage spécial représente une phase jusqu'ici inconnue dans la philologie turque, c'est ce dont, en tout cas moi, je ne saurais douter. En somme, même sous sa forme la plus nouvelle et en ce qui concerne tant ses nouvelles interprétations que les parties maintenues de ses livraisons précédentes, Touvrage de M. Radloff, cet éminent connaisseur en langues turques, ne contient, à mon sens, que trop de choses qui ne satisfont pas aux exigences de la méthode de philo- logie critique. C'est pourquoi j'ose espérer que ma tentative saura occuper une place indépendante, comme base pour l'interprétation de ces monuments si merveilleux, mais en même temps si difficiles, dont, pour ma part, je compte être quitte dès à présent. Novembre, 1895. Errata. p. 108, hors 1. 13, I E 31, lire : I E 32. P. 193, 1. 1, sepy or slûp, lire: se/, or shyt. nu uNivntsiTY or mkhksan OUADUATE UBRARY UMVERSrTY OF MCMOAN 3 9015 03353 6593 DO NOT REMOVE OR MUTILATE